Home > Hanburia gloriosa
Hanburia gloriosa (ROM 48468). Spécimen complet (moule externe). Longueur du spécimen = 26 mm. Spécimen enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails. Couches à trilobites.
© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON
Hanburia gloriosa (ROM 52699). Spécimen complet (moule interne) sous différents éclairages. Longueur du spécimen = 9 mm. Spécimen enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails. Carrière Walcott.
© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON
Hanburia gloriosa (ROM 52700). Individu complet. Longueur du spécimen = 21 mm. Spécimen humide, lumière directe (image de gauche) et enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails. Carrière Walcott.
© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON
Hanburia gloriosa (ROM 52701). Spécimen complet (moule externe) sous différents éclairages. Longueur du spécimen = 13 mm. Spécimen enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails. Couches à trilobites.
© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON
Hanburia gloriosa (USNM 61724) – Lectotype. Lectotype. Spécimen complet. Longueur du spécimen = 14 mm. Spécimen sec, lumière directe. Carrière Walcott.
© SMITHSONIAN INSTITUTION – MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON
Les trilobites constituent, et de très loin, la classe la plus diversifiée d’arthropodes éteints, comptant plus de 2 000 espèces, quoique la biominéralisation de leur cuticule soit vraisemblablement largement responsable de la grande diversité des spécimens décrits. Une analyse probabiliste récente des rapports entre les trilobites donne à penser que plusieurs des traits diagnostiques utilisés pour établir la taxonomie des principaux groupes demeurent extrêmement variables à travers les lignées (Paterson, Edgecombe et Lee, 2019), ce qui explique les difficultés rencontrées de longues date dans la résolution de l’arbre de l’évolution des trilobites. L’élucidation des liens de parenté entre les trilobites et d’autres groupes d’arthropodes pose également un dilemme historique (Cotton et Braddy, 2004 ; Aria, Caron et Gaines, 2015 ; Paterson, 2020). Les antennules et certaines autres caractéristiques tendraient d’une part à les apparenter à des arthropodes mandibulés (hypothèse des gnathomorphes ou des Antennulata), tandis que d’autres laissent plutôt deviner une parenté avec la lignée des Chélicérates (hypothèse des arachnomorphes). Les résultats d’études phylogénétiques récentes militent en faveur de l’hypothèse des arachnomorphes, mais la question ne fait toujours pas l’unanimité (Aria, 2022).
Hanburia – origine indéterminée; probablement d’après le pic ou le glacier Hanbury dans les Rocheuses canadiennes, tous deux nommés en l’honneur de David T. Hanbury (1864-1910), un explorateur britannique des Territoires du Nord-Ouest canadien.
gloriosa – du latin gloriosus, « glorieux » ou « présomptueux », peut-être une allusion à la morphologie céphalique inhabituelle de cette espèce rare.
Schistes de Burgess et environs : aucune.
Autres dépôts : aucune.
Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles; couches à tulipes (S7) et sites moins importants sur le mont Stephen.
Les trois spécimens originaux d’Hanburia gloriosa de Walcott ont été découverts au cours une période d’excavation de cinq ans dans les couches à phyllopodes de la crête aux Fossiles (Walcott, 1916); deux autres spécimens provenant aussi de ce site font partie des collections de l’USNM. Un spécimen isolé de l’USNM a été découvert plus tard par Charles Resser, prétendument dans les « schistes d’Ogygopsis » sur le mont Stephen (Rasetti, 1951), mais il s’agit presque certainement d’une erreur. Harry Whittington a réexaminé cet étrange trilobite en 1998.
Parties dures: les rares spécimens connus d’Hanburia gloriosa mesurent entre 4 mm (stade juvénile) et 35 mm de long. La forme de la carapace dorsale se situe entre l’ovale et le demi-cercle; tous les spécimens sont considérablement aplatis à la suite de la compression du mince exosquelette. Le céphalon est hémisphérique et présente un sillon marginal peu prononcé le long des marges postérieures et latérales; le sillon s’estompe progressivement en direction des angles antérieurs de la glabelle. Chez les petits spécimens, la glabelle s’élargit vers l’avant et présente deux paires de lobes latéraux bulbeux et très peu prononcés; chez les spécimens de plus grande taille, les bords de la glabelle sont parallèles et les lobes peu marqués. Le céphalon ne présente pas d’yeux apparents disposés latéralement, et il n’y a aucune trace de suture faciale dorsale. Ces deux caractéristiques font d’Hanburia une exception chez les tribolites non agnostoïdes des schistes de Burgess.
Whittington (1998) a suggéré que la suture faciale pourrait suivre la bordure extérieure du céphalon, ou la surface ventrale, atteignant la face dorsale seulement aux angles génaux, qui semblent être arrondis chez tous les spécimens. Chez les spécimens de grande taille, le thorax relativement court est composé de six ou sept segments, et un seul spécimen connu du stade juvénile (présumé) en présente quatre. Les extrémités distales de la plèvre sont arrondies. Le pygidium hémisphérique n’a pas de bordure définie; il est approximativement de la même largeur et de la même longueur que le céphalon. Le rachis pygidial se compose de sept ou huit anneaux axiaux et d’une partie terminale; le rachis se termine avant la marge postérieure. Huit ou neuf paires de plèvres pygidiales bien définies rayonnent autour du rachis.
Anatomie non minéralisée: inconnue.
Très rare, en particulier sur la crête aux Fossiles.
En raison de sa morphologie céphalique inhabituelle (c.-à-d., absence de sutures dorsales et d’yeux composés latéraux), de sa rareté et de sa présence exclusivement dans les schistes de Burgess, Hanburia gloriosa demeure une énigme écologique. D’autres trilobites « aveugles » du Cambrien à la morphologie relativement semblable ont été interprétés comme vivant dans des eaux plus profondes, peut-être sous la zone photique (Whittington, 1998).
Aucun