Les schistes de Burgess

Misszhouia canadensis

Misszhouia canadensis, deux spécimens, ROMIP 65408

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Nom d’espèce: Misszhouia canadensis
Remarques:

Sous-phylum Artiopoda (Hou et Bergström, 1997) ; Classe Nektaspida (Raymond, 1920) ; Famille Naraoiidae (Walcott, 1912).

Nom du descripteur: Mayers, Aria et Caron
Date de la description : 2018
Étymologie :

Misszhouia – en hommage à mademoiselle Guiqing Zhou, préparatrice de fossiles et assistante technique du professeur Junyuan Chen, de l’Institut de géologie et de paléontologie de Nanjing, Academia Sinica (Chine).

canadensis – en raison de sa découverte au Canada.

Spécimens types : Holotype ROMIP 64408 ; paratypes ROMIP 64411, 64438, 64450, 64451, 64509, 64510, 64511, conservés au Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune

Autres dépôts : Misszhouia a été érigé à l’origine sur la base de Misszhouia (précédemment Naraoia) longicaudata issu du biote de Chengjiang (Chen et al., 1997 ; Zhang et al., 2007).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années)
Sites principaux :

Sites de Marble Canyon et de Tokumm Creek, schistes de Burgess, Colombie-Britannique.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Chen et ses collègues créèrent le genre Misszhouia en se basant principalement sur le fait que ces spécimens de « Naraoia » longicaudata ne possédaient pas de ramifications du tube digestif à l’intérieur de la tête, contrairement aux autres espèces de Naraoia du biote de Chengjiang et des schistes de Burgess. La morpho-anatomie et la taxonomie des Naraoiidae de Chine furent ultérieurement révisés en détail par Zhang et ses collègues (2007). Misszhouia canadensis fut l’un des premiers taxons découverts sur le talus lorsque l’affleurement de Marble Canyon fut mis à jour en 2012 (Caron et al., 2014). Bien que le céphalon de ces fossiles présente un système de ramifications du tube digestif, les analyses morphométriques de la forme du corps ont démontré que les spécimens découverts au Canada et en Chine appartiennent tous à Misszhouia (Mayers et al., 2019). Les données morphométriques ont aussi permis d’identifier quantitativement des variantes sexuelles potentielles (Zhang et al., 2007 ; Mayers et al., 2019).

Description

Morphologie :

Comme les autres Artiopodes, Misszhouia possède un corps aplati composé d’un céphalon circulaire et d’un tronc, une paire d’antennules sensorielles, et des membres locomoteurs robustes munis de gnathobases masticatoires, orientés parallèlement à la surface ventrale du corps. Le céphalon et le tronc prennent la forme d’un bouclier lisse articulé. Dans le céphalon, le tube digestif se ramifie en un vaste système de diverticules, et se prolonge en extensions latérales appelées caeca dans le tronc. Outre les antennules frontales, la tête porte trois autres paires de membres. Le tronc représente 65 % de la longueur totale du corps, et compte au moins 30 paires de pattes. Les appendices sont probablement similaires à ceux de M. longicaudata, avec une branche ambulatoire interne et une branche respiratoire externe, en forme de bâtonnet, portant des lamelles densément disposées.

Abondance :

Misszhouia est relativement rare dans la carrière de Marble Canyon, mais il peut être abondant dans les sites de Tokumm Creek (Mayers et al., 2019).

Taille maximum :

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

On a supposé que Misszhouia était un prédateur ou un charognard en raison de la présence de longues antennules et de gnathobases (surfaces masticatoires à la base des membres) bien développées (Chen et al., 1997). L’absence de ramifications digestives dans la tête de l’espèce des schistes de Burgess, par rapport à celle de Chengjiang, laisse conclure à des régimes alimentaires ou à des fréquences d’alimentation différents (Mayers et al., 2019).

Références

  • ARIA, C., CARON, J.-B. and GAINES, R. 2015. A large new leanchoiliid from the Burgess Shale and the influence of inapplicable states on stem arthropod phylogeny. Palaeontology, 58, 629–660.
  • CARON, J.-B., GAINES, R. R., ARIA, C., MANGANO, M. G. and STRENG, M. 2014. A new phyllopod bed-like assemblage from the Burgess Shale of the Canadian Rockies. Nature Communications, 5.
  • CHEN, J. Y., EDGECOMBE, G. D. and RAMSKÖLD, L. 1997. Morphological and ecological disparity in naraoiids (Arthropoda) from the Early Cambrian Chengjiang fauna, China. Records of the Austalian Museum, 49, 1–24.
  • HOU, X. G. and BERGSTRÖM, J. 1997. Arthropods of the Lower Cambrian Chengjiang fauna, southwest China. Fossils and Strata, 45, 1–116.
  • LEROSEY-AUBRIL, R., ZHU, X. and ORTEGA-HERNÁNDEZ, J. 2017. The Vicissicaudata revisited – insights from a new aglaspidid arthropod with caudal appendages from the Furongian of China. Scientific Reports, 7, Article number: 11117.
  • MAYERS, B., ARIA, C. and CARON, J. B. 2019. Three new naraoiid species from the Burgess Shale, with a morphometric and phylogenetic reinvestigation of Naraoiidae. Palaeontology, 62, 19–50.
  • MOYSIUK, J. and CARON, J. B. 2019. Burgess Shale fossils shed light on the agnostid problem. Proc Biol Sci, 286, 20182314.
  • PATERSON, J. R. 2020. The trouble with trilobites: classification, phylogeny and the cryptogenesis problem. Geological Magazine, 157, 35–46.
  • RAYMOND, P. E. 1920. The appendages, anatomy and relationships of trilobites. Memoirs of the Connecticut Academy of Arts and Sciences, 7, 1–169.
  • WALCOTT, C. 1912. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(6), 145–228.
  • ZHANG, X. L., SHU, D. G. and ERWIN, D. H. 2007. Cambrian naraoiids (Arthropoda): morphology, ontogeny, systematics, and evolutionary relationships. Journal of Paleontology, 81, 1–52.
Autres liens :

Kootenayscolex barbarensis

Kootenayscolex barbarensis, paratype, ROMIP 62972

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Polychètes
Nom d’espèce: Kootenayscolex barbarensis
Remarques:

Kootenayscolex ressemble beaucoup aux polychètes actuels, mais il est actuellement considéré comme n’appartenant à aucun groupe existant. Il est plutôt considéré comme un groupe souche des polychètes, à l’instar des autres polychètes des schistes de Burgess (Parry et al., 2016 ; Nanglu et Caron 2018).

Nom du descripteur: Nanglu et Caron, 2018
Date de la description : 2018
Étymologie :

Kootenay  du nom du parc national Kootenay (Colombie-Britannique), où se trouve le site fossilifère de Marble Canyon, et du grec scolex, « ver », suffixe communément utilisé chez les polychètes et faisant référence à leur aspect généralement vermiforme.

barbarensis  en hommage à Barbara Polk Milstein, bénévole du Musée royal de l’Ontario et supportrice de longue date des recherches dans les schistes de Burgess.

Spécimens types : Holotype ROMIP 64388 ; paratypes ROMIP 63099.1, et ROMIP 64389-, 64398
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Marble Canyon et Carrière Walcott sur Fossil Ridge, Colombie-Britannique.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Ce polychète abondant fut signalé pour la première fois par Caron et al., en 2014, comme une espèce comparable à Burgessochaeta setigera de la carrière Walcott. Le genre et l’espèce ont été formellement décrits par Nanglu et Caron en 2018, sur la base decentaines de nouveaux spécimens découverts sur le site fossilifère de Marble Canyon, au parc national Kootenay.

Description

Morphologie :

La taille de Kootenayscolex varie de 1 à 30 mm. Sa tête porte deux longues structures sensorielles appelées palpes, ainsi qu’une courte antenne médiane. Comme chez les autres polychètes, son corps est divisé en une série de segments, les plus larges se trouvant au milieu du corps. Jusqu’à 25 segments ont été dénombrés chez cette espèce, chacun muni d’une paire de parapodes, ou excroissances latérales charnues. Ces parapodes portent des soies, appelées chaetae, disposées en faisceaux. Les faisceaux dorsaux comptent jusqu’à 12 soies, tandis que les faisceaux ventraux en comptent jusqu’à 16, disposées en éventails plus larges. Le dernier segment, appelé pygidium, est relativement simple et ne possède aucun appendice. La section de la tête, appelée prostomium, possède un seul ensemble de parapodes et de chaetae, tout près de la bouche.

Abondance :

Kootenayscolex est la cinquième espèce la plus abondante à Marble Canyon ; 833 spécimens y ont été collectés (Nanglu et al., 2020).

Taille maximum :
Environ 3 cm.

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Kootenayscolex a été interprété comme un organisme détritivore en raison de certains spécimens dont le tube digestif est rempli de sédiment. Ceci est particulièrement visible chez les spécimens dont la partie antérieure du tube digestif est élargie, presque jusqu’à la largeur du corps. Les soies dorsales allongées servaient probablement de défense contre les prédateurs, tandis que les soies ventrales auraient permis au ver de se déplacer sur le fond marin.

Références

  • NANGLU, K., AND J.-B., CARON. 2018. A new Burgess Shale polychaete and the origin of the annelid head revisited. Current Biology, 28 (2): 319-326.
  • NANGLU, K., CARON, J.-B. and GAINES, R. R. 2020. The Burgess Shale paleocommunity with new insights from Marble Canyon, British Columbia. Paleobiology, 46, 58-81.
  • PARRY, L. A., EDGECOMBE, G. D., EIBYE-JACOBSEN, D., AND J. VINTHER. 2016. The impact of fossil data on annelid phylogeny inferred from discrete morphological characters. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences283 (1837): 20161378.
Autres liens :

Gyaltsenglossus senis

Gyaltsenglossus senis, holotype, ROMIP 65606.1

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Aucune
Nom d’espèce: Gyaltsenglossus senis
Remarques:

Gyaltsenglossus est actuellement considéré comme un groupe souche des hémichordés. Il présente une combinaison de caractéristiques propres aux deux groupes d’hémichordés modernes : le long rostre et le corps vermiforme des entéropneustes, et la couronne de tentacules préhensilesdes ptérobranches.

Nom du descripteur: Nanglu et al., 2020
Date de la description : 2020
Étymologie :

Gyaltsen (prononcer « GEN-zay ») en hommage au père de l’auteur principal, et glossus, du grec glossa, « langue », suffixe générique commun des hemichordés

Senis du latin senex, « vieux »

Spécimens types : Holotype ROMIP 65606.1
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années)
Sites principaux :

Mont Odaray, parc national Yoho

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Gyaltsenglossus a été décrit en 2020 sur la base de 33 spécimens, tous recueillis sur le mont Odaray. Seul l’holotype présente toutes les caractéristiques anatomiques majeures.

Description

Morphologie :

Gyaltsenglossus est un ver d’environ 2 cm de longueur. L’extrémité antérieure présente un rostre musculeux allongé et ovoïde derrière lequel se trouvent six bras portant environ 15 paires de tentacules. Ces bras étaient environ 1,5 fois plus longs que le rostre. Les tentacules donnent aux bras un aspect général duveteux ou foliacé. Derrière les bras préhensiles, un tronc à peu près cylindrique s’amincit vers l’extrémité postérieure de l’animal. Du côté dorsal du tronc, directement derrière les tentacules, une zone surélevée conduit à un ensemble d’appendices fins et filiformes. En arrière du tronc se trouve une structure bulbeuse présentant les traces foncées caractéristiques de la présence de tissus interne. Cette structure pourrait représenter un épaississement des tissus. Chez certains spécimens, un tube digestif se terminant en avant de la structure bulbeuse postérieure est visible.

Abondance :

33 spécimens décrits

Taille maximum :
Environ 2 cm

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

La morphologie de Gyaltsenglossus donne à penser qu’il avait une écologie alimentaire double. Son long rostre pouvait lui permettre de se nourrir directement de la boue des fonds marins sur lesquels il aurait vécu, à l’exemple des entéropneustes actuels. Les tentacules préhensiles auraient également pu servir à filtrer les particules alimentaires en suspension dans l’eau, comme le font les ptérobranches. L’appendice postérieur bulbeux aurait pu lui servir à s’arrimer au plancher marin, en particulier lorsqu’il se nourrissait de petites particules en suspension.

Références

  • NANGLU, K., J.-B. CARON, AND C. B. CAMERON. 2020. Cambrian tentaculate worms and the origin of the hemichordate body plan. Current Biology. 30 (21): 4238-4244
Autres liens :

Fibulacaris nereidis

Fibulacaris nereidis, carapace ROMIP 64511

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Hymenocarines, Famille : Odaraiidae
Nom d’espèce: Fibulacaris nereidis
Remarques:

Les hyménocarines étaient des arthropodes ancestraux dotés de carapaces bivalves et de mandibules, formant l’essentiel des premiers mandibulés (représentés aujourd’hui par les myriapodes, les crustacés et les insectes) (Aria et Caron, 2017 ; Vannier et al., 2018). Chez de nombreux hyménocarines, dont Fibulacaris, il reste difficile de déterminer le nombre exact et les types d’appendices de la tête, ce qui rend difficile une compréhension détaillée des rapports évolutifs à l’intérieur de ce groupe. Fibulacaris appartient très probablement à la famille des Odaraiidae, un groupe d’hyménocarines au corps fortement multisegmenté, aux antennes réduites ou absentes et aux pattes fortement multisegmentées.

Nom du descripteur: Izquierdo-López et Caron
Date de la description : 2019
Étymologie :

Fibulacaris – du latin fibula, « agrafe », et caris, qui signifie « crabe » ou « crevette ».

nereidis – inspiré des créatures mythologiques grecques appelées Néréides, filles de Nérée, compte tenu de la similitude de Fibulacaris avec Nereocaris (Legg et al., 2012).

Spécimens types : Holotype ROMIP65380
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années)
Sites principaux :

Marble Canyon, Tokumm Creek.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Plusieurs spécimens de Fibulacaris nereidis ont été découverts sur le site de Marble Canyon en 2014 et surnommés « arthropode epsilon » en raison de la forme caractéristique de leur carapace. La majorité des spécimens ont été découverts sur les sites du Mont Whymper et de Tokumm Creek lors des expéditions de 2016 et 2018, et ont parfois été surnommés « épingles de sûreté » pour la même raison. Le genre et l’espèce ont été décrits en 2019 (Izquierdo-López et Caron, 2019).

Description

Morphologie :

Fibulacaris est généralement petit, la plupart des spécimens mesurant environ 1 cm. Cet arthropode possède une carapace bivalve qui couvre jusqu’aux deux tiers de sa longueur totale. La face dorsale de la carapace est voûtée et ornée d’une petite crête qui s’étend sur toute la longueur, ainsi que d’une petite excroissance épineuse du côté postérieur. La face frontale de la carapace s’incurve ventralement en une épine très allongée, presque aussi longue que la carapace elle-même. Les marges ventrales de la carapace sont plus épaisses et se terminent des deux côtés par de petites excroissances postérieures. Deux yeux pédonculés dépassent des encoches formées par l’espace entre la carapace et l’épine dorsale. Les autres détails de la tête restent inconnus, mais les antennules sont soit absentes, soit très réduites. La face antérieure du corps est « pliée », de sorte que les yeux sont orientés vers l’arrière. Le corps est multisegmenté, subdivisé en 30 segments, chacun portant des membres subdivisés en deux branches (biramés). La queue porte deux petits appendices en forme de pagaie (rames caudales).

Abondance :

Fibulacaris est rare sur le site de Marble Canyon, mais très abondant (plus de 100 spécimens) le long de Tokumm Creek.

Taille maximum :
Environ 2 cm.

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Fibulacaris était probablement un suspensivore nectobenthique (Izquierdo-López et Caron, 2019). Son intestin est parfois préservé comme une structure tridimensionnelle, un type de préservation qui a été associé aux organismes détritivores (Legg et Caron, 2014). Cependant, sa carapace se prolonge du côté ventral, ce qui indique que cet arthropode était incapable de marcher sur des surfaces et de recueillir de la matière organique à partir des sédiments, à la façon d’un détritivore. Les crustacés branchiopodes actuels, comme de nombreuses puces d’eau (Cladocera), ont des carapaces semblables à celle de Fibulacaris. À l’aide de leurs membres, ils génèrent de petits courants d’eau qui soulèvent les particules organiques et les acheminent entre leurs pattes et leur carapace. Fibulacaris utilisait donc très probablement une stratégie similaire d’alimentation. De la même manière, puisque la face dorsale de Fibulacaris était recouverte par la carapace et que les yeux étaient tournés vers l’arrière, il fut proposé que l’animal nageait le ventre vers le haut (Izquierdo-López et Caron, 2019) à l’exemple des anostracés actuels (Anostraca) (Fryer, 2006). Fibulacaris aurait ainsi pu capturer des particules organiques tombant de la colonne d’eau, tout en restant protégé des prédateurs par sa carapace dorsale et par l’épine de la face ventrale et postérieure.

Références

  • ARIA, C. and CARON, J. B. 2017. Burgess Shale fossils illustrate the origin of the mandibulate body plan. Nature, 545: 89–92.
  • FRYER, G. 1968. Evolution and adaptive radiation in the Chydoridae (Crustacea: Cladocera): a study in comparative functional morphology and ecology. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. B, Biological Sciences, 254: 221–382.
  • FRYER, G. 2006. The brine shrimp’s tale: a topsy turvy evolutionary fable. Biological Journal of the Linnean Society, 88(3): 377–382.
  • IZQUIERDO-LÓPEZ, A. and CARON, J. B. 2019. A possible case of inverted lifestyle in a new bivalved arthropod from the Burgess Shale. Royal Society Open Science, 6: 191350.
  • IZQUIERDO-LÓPEZ, A. and CARON, J. B. 2021. A Burgess Shale mandibulate arthropod with a pygidium: a case of convergent evolution. Papers in Palaeontology, 7: 1877–1894.
  • LEGG, D. A. and CARON, J. B. 2014. New Middle Cambrian bivalved arthropods from the Burgess Shale (British Columbia, Canada). Palaeontology, 57: 691–711.
  • LEGG, D. A., SUTTON, M. D., EDGECOMBE, G. D. and CARON, J. B. 2012. Cambrian bivalved arthropod reveals origin of arthrodization. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 279: 4699–4704.
  • PARI, G., BRIGGS, D. E. G. and GAINES, R. R. 2022. The soft-bodied biota of the Cambrian Series 2 Parker Quarry Lagerstätte of northwestern Vermont, USA. Journal of Paleontology, 1–21.
  • VANNIER, J., ARIA, C., TAYLOR, R. S. and CARON, J. B. 2018. Waptia fieldensis Walcott, a mandibulate arthropod from the middle Cambrian Burgess Shale. Royal Society Open Science, 5:172206.
Autres liens :

Collinsovermis monstruosus

Collinsovermis monstruosus, holotype ROMIP 52703

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Ordre : Luolishaniida, Famille : Collinsovermidae
Nom d’espèce: Collinsovermis monstruosus
Remarques:

Collinsovermis fait partie d’une variété de taxons lobopodiens du Cambrien qui représentent les membres ancestraux de la lignée ayant donné naissance aux arthropodes, et dont les seuls survivants modernes sont les onychophores et les tardigrades. Les lobopodiens se caractérisent par un corps anneléet doté de membres mous appelés lobopodes. Collinsovermis est bardé d’une armure et membre de l’ordre des Luolishaniida, s’apparentant en particulier aux genres Collinsium et Luolishania de Chine, ou à Acinocricus de l’Utah avec lesquels il forme la famille des Collinsovermidae. Les Luolishaniidés se caractérisent par leurs fines épines appendiculaires disposées en chevrons et par la différenciation de leur corps en régions fonctionnelles, adaptées à l’alimentation de type suspensivore (Caron et Aria, 2017, 2020).

Nom du descripteur: Caron et Aria
Date de la description : 2020
Étymologie :

Collinsovermis – de Collins, en hommage à son découvreur, Desmond Collins, et vermis, mot latin signifiant « ver ».

monstruosus – du latin, en référence au surnom « monstre de Collins » proposé par Delle Cave et Simonetta (1991).

Spécimens types : Holotype – ROMIP 52703, paratypes – ROMIP 52704 et 52705 conservés au Musée Royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess : aucune
Autres dépôts : aucune

 

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, zone à Bathyuriscus-Elrathina de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Collecté lors d’une expédition du Musée Royal de l’Ontario au Mont Stephen en 1983, Collinsovermis fut présenté pour la première fois, sans nom ni description, dans le magazine Rotunda (ancêtre du magazine du Musée Royal de l’Ontario), une revue sans comité de lecture, sous la forme d’une seule image médiocre de l’holotype accompagnée de la légende (en anglais) : « Qu’est-ce ? Un nouvel animal épineux (4 cm) aux pattes velues dont le plan anatomique n’a jamais été observé auparavant ». En 1991, les paléontologues italiens Delle Cave et Simonetta proposèrent une brève description du taxon et une reconstitution basées uniquement sur la photographie fournie par Collins dans Rotunda, le surnommant « monstre de Collins ». Malgré l’absence de nom et de documentation adéquate, le monstre de Collins a figuré à plusieurs reprises dans des études abordant l’évolution et la phylogénie des lobopodiens (par exemple, Ramsköld et Chen 1998 ; Budd, 2001; Ou et al., 2011 ; Caron et Aria, 2017). Ce n’est qu’en 2020 que l’animal fut formellement nommé Collinsovermis monstruosus, en l’honneur de Desmond Collins, et entièrement décrit sur la base de l’ensemble du matériel disponible (Caron et Aria, 2020).

Description

Morphologie :

Collinsovermis a une apparence dodue, avec un corps annelé, divisé en régions antérieure et postérieure. Le dos est entièrement couvert d’épines bien développées – trois paires courtes couvrent les trois premiers somites (« segments du corps ») derrière la tête, tandis que des triades d’épines longues couvrent les 10 somites restants. La portion antérieure porte 6 paires de lobopodes allongés à épines fines disposées en chevrons, et une petite tête protubérante portant une paire de filaments sensoriels ainsi qu’une petite plaque dorsale et une bouche frontale. La portion postérieure porte du côté ventral 8 paires de lobopodes annelés robustes se terminant par des pinces fortes et simples.

Abondance :

Comme les autres lobopodiens, Collinsovermis est excessivement rare. Il n’en existe que 3 spécimens connus, tous de la carrière Collins du mont Stephen (Fletcher et Collins, 2003). Ils sont conservés au Département d’histoire naturelle du Musée Royal de l’Ontario.

Taille maximum :
32 mm.

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Collinsovermis est un exemple emblématique d’adaptation au mode d’alimentation suspensivore chez les lobopodiens, en association à des structures défensives fortement développées. Comme les autres membres de l’ordre des Luolishaniida, et ceux de la famille éponyme, cet animal utilisait ses solides membres postérieurs pour s’ancrer (probablement sur des éponges) et ses minces membres antérieurs épineux pour filtrer les particules organiques ou le plancton. Ses longues épines dorsales servaient très certainement à la dissuasion.

Références

  • BUDD, G. E. 2001. Tardigrades as ‘stem-group arthropods’: The evidence from the Cambrian fauna. Zoologischer Anzeiger, 240, 265–279.
  • CARON, J. and ARIA, C. 2020. The Collins’ monster, a spinous suspension‐feeding lobopodian from the Cambrian Burgess Shale of British Columbia. Palaeontology, 63, 979–994.
  • CARON, J.-B. and ARIA, C. 2017. Cambrian suspension-feeding lobopodians and the early radiation of panarthropods. BMC Evolutionary Biology, 17, 29.
  • DELLE CAVE, L. and SIMONETTA, A. M. 1991. Early Palaeozoic arthropods and problems of arthropod phylogeny; with some notes on taxa of doubtful affinities. In S, S. A. M. C. M. (ed.) The Early Evolution of Metazoa and the Significance of Problematic Taxa. Proceedings of an International Symposium Held at the University of Camerino 27-31 March 1989, Cambridge University Press, 189–244 pp.
  • FLETCHER, T. P. and COLLINS, D. 2003. The Burgess Shale and associated Cambrian formations west of the Fossil Gully Fault Zone on Mount Stephen, British Columbia. Canadian Journal of Earth Sciences, 40, 1823–1838.
  • OU, Q., LIU, J., SHU, D., HAN, J., ZHANG, Z., WAN, X. and LEI, Q. 2011. A rare onychophoran-like lobopodian from the lower Cambrian Chengjiang Lagerstätte. Journal of Paleontology, 85, 587–594.
  • RAMSKÖLD, L. and CHEN, J. Y. 1998. Cambrian lobopodians: morphology and phylogeny. In EDGECOMBE, G. D. (ed.) Arthropod Fossils and Phylogeny, Columbia University Press, New York, 107–150 pp.
Autres liens :

Capinatator praetermissus

Capinatator praetermissus, ROMIP, 64247

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Higher Taxonomic assignment: Aucune
Nom d’espèce: Capinatator praetermissus
Remarques:

Capinatator est considéré comme une forme ancestrale des chétognathes sans lien avec les formes modernes (Briggs et Caron, 2017 ; voir également Vinther et Parry, 2019). Les chétognathes actuels sont difficiles à classer sur la base de leurs caractéristiques morphologiques, mais les techniques phylogénomiques d’aujourd’hui permettent de les considérer comme appartenant aux Gnathifères, groupe d’organismes invertébrés minuscules munis de mâchoires complexes (Marlétaz et al., 2019).

Nom du descripteur: Briggs et Caron
Date de la description : 2017
Étymologie :

Capinatator  du latin capere, « agripper » et natator, « nageur »

praetermissus  du latin praeter, « par-delà, au-delà », et mittere, « envoyer, communiquer, annoncer », par allusion au fait que ce fossile a pendant longtemps été ignoré.

Spécimens types : Holotype ROMIP 64271_1, conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune

Autres dépôts : aucune

 

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, formation des schistes de Burgess (environ 505 millions d’années)
Sites principaux :

Mont Stephen (site de la carrière Collins), carrière Walcott, Colombie-Britannique

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Deux espèces distinctes provenant des schistes de Burgess avaient à l’origine été considérées comme des chétognathes : Amiskwia sagittiformis (Walcott, 1911) et Oesia disjuncta (Szaniawski, 2005). Depuis, Amiskwia a été reclassé parmi les gnathifères (Caron et Cheung, 2019 ; Vinther et Parry, 2019), et Oesia a été reclassé parmi les hémichordés (Nanglu et al., 2020). Conway Morris (2009) est le premier à avoir illustré les épines préhensiles d’un chétoghathe des schistes de Burgess en s’inspirant d’un spécimen découvert par Walcott. Les fossiles des chétognathes du Cambrien sont extrêmement rares. En dehors des schistes de Burgess, seuls quelques spécimens découverts ne représentant vraisemblablement qu’une seule espèce (Vannier et al., 2007) ainsi qu’un assemblage très semblable d’épines, mais ne préservant rien du corps sinon une trace de la tête (Shu et al., 2017), ont été découverts en Chine.

Description

Morphologie :

Le corps est divisé en une grosse tête portée par un cou réduit, un tronc allongé et une courte queue. Les nageoires latérales et terminales ne se sont pas conservées ; ce furent sans doute les premiers éléments à se décomposer (Casenove et al., 2011). La tête est munie d’environ 50 épines préhensiles simples, 25 de part et d’autre de la bouche. Les épines sont recourbées, et chacune présente une pointe renforcée par une structure conique. Les structures de la tête et une trace du tube digestif sont visibles chez certains spécimens.

Abondance :

49 spécimens ont été décrits, mais seulement 18 préservent des traces du corps.

Taille maximum :
Environ 9,5 cm.

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Capinatator nageait probablement comme les espèces actuelles par ondulations, utilisant sa nageoire caudale pour se propulser et ses nageoires latérales pour se diriger. La rareté des spécimens complets conservés porte à croire que cette espèce ne vivait pas généralement à proximité du fond de la mer, où elle aurait pu être piégée par des coulées de boue rapides. Il est plus probable qu’elle se nourrissait dans les colonnes d’eau et utilisait ses robustes épines préhensiles pour capturer de petites proies nageuses.

Références

  • RIGGS, D. E. G. and CARON, J. B. 2017. A large Cambrian chaetognath with supernumerary grasping spines. Current Biology, 27, 2536-2543.e1.
  • CARON, J.-B. and CHEUNG, B. 2019. Amiskwia is a large Cambrian gnathiferan with complex gnathostomulid-like jaws. Communications Biology, 2, 164.
  • CASENOVE, D., OJI, T. and GOTO, T. 2011. Experimental Taphonomy of Benthic Chaetognaths: Implications for the Decay Process of Paleozoic Chaetognath Fossils. Paleontological Research, 15, 146-153, 8.
  • CONWAY MORRIS, S. 2009. The Burgess Shale animal Oesia is not a chaetognath: A reply to Szaniawski (2005). Acta Palaeontologica Polonica, 54, 175-179.
  • MARLÉTAZ, F., PEIJNENBURG, K. T. C. A., GOTO, T., SATOH, N. and ROKHSAR, D. S. 2019. A new spiralian phylogeny places the enigmatic arrow worms among gnathiferans. Current Biology, 29, 312-318.e3.
  • NANGLU, K., CARON, J.-B. and CAMERON, C. B. 2020. Cambrian tentaculate worms and the origin of the hemichordate body plan. Current Biology, 30, 4238-4244.e1.
  • SHU, D., CONWAY MORRIS, S., HAN, J., HOYAL CUTHILL, J. F., ZHANG, Z., CHENG, M. and HUANG, H. 2017. Multi-jawed chaetognaths from the Chengjiang Lagerstätte (Cambrian, Series 2, Stage 3) of Yunnan, China. Palaeontology, 60, 763-772.
  • SZANIAWSKI, H. 2005. Cambrian chaetognaths recognized in Burgess Shale fossils. Acta Palaeontologica Polonica, 50, 1-8.
  • VANNIER, J., STEINER, M., RENVOISÉ, E., HU, S. X. and CASANOVA, J. P. 2007. Early Cambrian origin of modern food webs: evidence from predator arrow worms. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 274, 627-633.
  • VINTHER, J. and PARRY, L. A. 2019. Bilateral jaw elements in Amiskwia sagittiformis bridge the morphological gap between gnathiferans and chaetognaths. Current Biology, 29, 881-888.e1.
  • WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5), 109-145.
Autres liens :

Cambroraster falcatus

Cambroraster falcatus, élément « H » isolé ROMIP 65316

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Ordre : Radiodonta, Famille : Hurdiidae
Nom d’espèce: Cambroraster falcatus
Remarques:

Avec son unique paire d’appendices frontaux articulés, ses lobes natatoires et son appareil buccal circulaire, Cambroraster présente toutes les caractéristiques des radiodontes, faisant partie du groupe souche des arthropodes véritables parmi lesquels figure Anomalocaris, animal emblématique de la période cambrienne (Collins 1996). Les appendices frontaux munis d’une série d’épines ventrales formant un peigne ou un râteau sont caractéristiques de la famille des Hurdiidae (Radiodontes). L’analyse phylogénétique a suggéré qu’il était étroitement apparenté à Titanokorys des schistes de Burgess et à Zhenghecaris des sites de Chengjiang, qui possèdent tous deux une carapace de forme semblable et des appendices garnis d’un grand nombre d’épines finement espacées (Caron et Moysiuk, 2021).

Nom du descripteur: Moysiuk et Caron
Date de la description : 2019
Étymologie :

CambrorasterCambro, pour Cambrien ; raster, du latin rastellus, « râteau », rappelant la morphologie des épines internes des appendices frontaux.

falcatus – signifiant « en forme de faux », faisant référence aux appendices filtreurs mais aussi à l’aspect de la carapace dorsale rappelant celui du vaisseau spatial Faucon Millenium du blockbuster américain « La Guerre des étoiles ».

Spécimens types : Holotype ROMIP 65078 ; paratypes ROMIP 65079, 65081, 65083, 65084, 65092, conservés au Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune

Autres dépôts : Cambroraster sp. du biote de Chengjiang du Cambrien inférieur (Liu et al. 2020) ; Cambroraster cf. C. falcatus de la formation Mantou du Cambrien moyen, Chine du Nord (Sun et al., 2020).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Marble Canyon et Mount Whymper / Tokumm Creek, parc national Kootenay (Colombie-Britannique).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Plusieurs spécimens de Cambroraster ont été découverts sur les sites de Marble Canyon et de North Tokumm, dans le parc national Kootenay, en 2014. En raison de la forme distinctive de leurs boucliers céphaliques, ces arthropodes ont été initialement surnommés « spaceships » (vaisseaux spatiaux en anglais). Des appendices frontaux isolés avaient d’abord été attribués provisoirement au genre Hurdia (Caron et al., 2014). Les affinités de Cambroraster sont restées mal comprises jusqu’à de nouvelles découvertes de matériel abondant à North Tokumm, en 2018. Le genre et l’espèce ont été formellement décrits en 2019 (Moysiuk et Caron, 2019). La modélisation numérique 3D d’un appendice de Cambroraster a révélé qu’il présentait le plus faible degré d’articulation potentielle parmi les appendices de tous les radiodontes étudiés (de Vivo et al., 2021).

Description

Morphologie :

Cambroraster falcatus se caractérise principalement par sa grande carapace dorsale en forme de fer à cheval. Cette carapace est arrondie à l’avant et se prolonge de chaque côté ver l’arrière en deux ailes aux marges ornées de petites épines. La portion centrale arrière de la carapace est prolongée par une projection bilobée. Entre les « ailes » latérales et la projection centrale se trouvent de profondes encoches qui accueillent des yeux elliptiques, tournés vers le haut. Sur la face inférieure, la tête est protégée par deux plaques additionnelles en forme de palettes allongées et réunies à l’avant par leurs extrémités étroites. Sur la face inférieure, près de l’avant de la tête, on trouve une pièce circulaire bordée de dents et une paire d’appendices frontaux articulés munis de cinq longues épines internes incurvées et puissantes, formant une sorte de râteau. Le corps est robuste, plus court que la carapace dorsale, et composé de 11 segments portant des rangées de lames branchiales empilées et de courtes lobes natatoires latéraux, ainsi que quatre lobes caudaux distincts.

Abondance :

Cambroraster est présent en abondance au parc national Kootenay, où on en a trouvé plus de 100 spécimens. Il est particulièrement fréquent aux alentours de la localité de North Tokumm, parfois en groupes de douzaines de spécimens, ce qui donne à penser à un comportement grégaire et à des mues collectives. Des restes plus rares ont été découverts au site de Marble Canyon, et des fragments de carapace isolés ont été découverts aux monts Stephen et Field.

Taille maximum :
Environ 300 mm

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Comme d’autres hurdiidés, Cambroraster présente des adaptations à au tamisage de sédiments. Ses appendices frontaux robustes et rigides seraient mal adaptés à la saisie de grandes proies mobiles (de Vivo et al., 2021). Au lieu de cela, les épines internes qui ornent ces appendices et leur donnent un aspect de râteau forment un panier rigide autour de la bouche. Les mouvements latéraux de ces appendices auraient ainsi pu tamiser les sédiments pour en extraire les organismes fouisseurs, à proximité de la bouche (Moysiuk et Caron, 2019). Contrairement à ce qu’on observe chez les hurdiidés apparentés comme Hurdia et Stanleycaris, les épines secondaires particulièrement nombreuses et finement espacées, fortes et incurvées sur les épines internes, pourraient avoir permis la capture d’organismes benthiques minuscules aussi bien que de proies plus grandes. Étant l’un des plus gros animaux des communautés de Marble Canyon et de Tokumm, Cambroraster devait se trouver au sommet de la chaîne alimentaire. Sa large carapace dorsale, ses yeux orientés vers le haut et son corps trapu donnent à penser qu’il passait la plupart de son temps près du fond de la mer (Moysiuk et Caron, 2019). Comme chez les autres radiodontes, la nage était facilitée par l’ondulation des lobes latéraux, tandis que la respiration aurait été assurée principalement par les rangées de lames branchiales disposées sur la face ventrale du corps (Usami 2006 ; Daley et al., 2013).

Références

  • CARON, J.-B. and MOYSIUK, J. 2021. A giant nektobenthic radiodont from the Burgess Shale and the significance of hurdiid carapace diversity. Royal Society Open Science, 8: 210664.
  • CARON, J.-B., GAINES, R. R., ARIA, C., MÁNGANO, M. G. and STRENG, M. 2014. A new phyllopod bed-like assemblage from the Burgess Shale of the Canadian Rockies. Nature communications, 5: 1–6.
  • COLLINS, D. 1996. The “evolution” of Anomalocaris and its classification in the arthropod class Dinocarida (nov.) and order Radiodonta (nov.). Journal of Paleontology, 70: 280–293.
  • DALEY, A. C., BUDD, G. E. and CARON, J.-B. 2013. Morphology and systematics of the anomalocaridid arthropod Hurdia from the Middle Cambrian of British Columbia and Utah. Journal of Systematic Palaeontology, 11: 743–787.
  • LIU, Y., LEROSEY-AUBRIL, R., AUDO, D., ZHAI, D., MAI, H. and ORTEGA-HERNÁNDEZ, J. 2020. Occurrence of the eudemersal radiodont Cambroraster in the early Cambrian Chengjiang Lagerstätte and the diversity of hurdiid ecomorphotypes. Geological Magazine, 157: 1200–1206.
  • MOYSIUK, J. and CARON, J.-B. 2019. A new hurdiid radiodont from the Burgess Shale evinces the exploitation of Cambrian infaunal food sources. Proceedings of the Royal Society B, 286: 20191079.
  • SUN, Z., ZENG, H. and ZHAO, F. 2020. Occurrence of the hurdiid radiodont Cambroraster in the middle Cambrian (Wuliuan) Mantou Formation of North China. Journal of Paleontology, 94: 881–886.
  • USAMI, Y. 2006. Theoretical study on the body form and swimming pattern of Anomalocaris based on hydrodynamic simulation. Journal of Theoretical Biology, 238: 11–17.
  • DE VIVO, G., LAUTENSCHLAGER, S. and VINTHER, J. 2021. Three-dimensional modelling, disparity and ecology of the first Cambrian apex predators. Proceedings of the Royal Society B, 288.
Autres liens :

Ovatiovermis cribratus

Reconstitution artistique d’Ovatiovermis cribratus. Danielle Dufault © ROM

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Ordre : Luolishaniida
Nom d’espèce: Ovatiovermis cribratus
Remarques:

Ovatiovermis fait partie d’un groupe de lobopodiens du Cambrien, membres primitifs de la lignée qui a conduit aux arthropodes et dont les seuls survivants modernes sont les onychophores (vers de velours) et les tardigrades (oursons d’eau). Les lobopodiens se caractérisent par leur corps annelé, non articulé, muni de membres mous appelés lobopodes. Comme Facivermis, O. cribratus fait partie d’une lignée particulière d’animaux « dépourvus d’armure » appartenant à l’ordre des Luolishaniida et qui se caractérisent notamment par leurs fines épines disposées en chevrons et la différenciation de leur corps en régions fonctionnelles adaptées au mode d’alimentation filtreur (Caron et Aria, 2017, 2020).

Nom du descripteur: Caron et Aria
Date de la description : 2017
Étymologie :

Ovatiovermis – du latin ovatio (ovation) and vermis (ver) faisant référence à la position qu’il aurait adoptée pour se nourrir, debout sur ses lobopodes arrières et agitant les membres avant au-dessus de sa tête.

cribratus – du latin cribrare, qui signifie « cribler », ou « tamiser ».

Spécimens types : Holotype ROMIP 52707 ; paratype ROMIP 64006 conservés au Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, zone à Bathyuriscus-Elrathina de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Bien que le premier spécimen (et le plus complet) ait été découvert en 1994 lors d’une des expéditions du ROM, Ovatiovermis n’a été décrit qu’en 2017 par Caron et Aria. Il a servi à illustrer les stratégies d’alimentation par filtration au début de l’évolution des panarthropodes, et a incité à analyser l’étendue et l’importance de ce mode de vie chez les autres lobopodiens.

Description

Morphologie :

Ovatiovermis possède un corps tubulaire vermiforme, divisé en trois sections : une section antérieure munie de deux paires de lobopodes très longs et armés de fines épines disposées en chevrons et se terminant par des pinces jumelées ; une section médiane munie de quatre paires de lobopodes semblables mais plus petits ; une section postérieure munie de trois paires de lobopodes très robustes se terminant chacun par une pince puissante. La tête est petite et porte une paire d’organes visuels simples et un pharynx réversible. La surface du corps est dépourvue de tout sclérite ou épine. Les plis cuticulaires sont visibles dans l’espace qui sépare les lobopodes.

Abondance :

Seulement deux spécimens. L’holotype (ROMIP 52707) a été recueilli en 1994 dans l’assemblage de couches – 120 (environ 1,2 m sous la base du plancher original de la carrière Walcott), lequel se distingue des autres assemblages par le fait qu’il contient des spécimens particulièrement bien conservés appartenant à un éventail de taxons (92 espèces). Le paratype (ROMIP 64006) a été trouvé en 2016 par un invité lors d’une randonnée guidée dans la carrière Walcott, et transmis à Jean-Bernard Caron par le bureau des interprètes du parc.

Taille maximum :
25 mm

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Avec ses appendices antérieurs tamiseurs et ses appendices postérieurs préhensiles, Ovatiovermis est un exemple de spécialisation d’alimentation suspensivore chez les lobopodiens. Il s’agrippait probablement à des éponges et se tenait droit debout pour attraper des particules de nourriture ou du plancton.

Références

Bibliographie :
  • CARON, J. and ARIA, C. 2020. The Collins’ monster, a spinous suspension‐feeding lobopodian from the Cambrian Burgess Shale of British Columbia. Palaeontology, 63, 979–994.
  • CARON, J.-B. and ARIA, C. 2017. Cambrian suspension-feeding lobopodians and the early radiation of panarthropods. BMC Evolutionary Biology, 17, 29.
Autres liens :

Balhuticaris voltae

Balhuticaris voltae, holotype ROMIP 66238

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Higher Taxonomic Assignment: Hymenocarines, Famille : Odaraiidae
Nom d’espèce: Balhuticaris voltae
Remarques:

Les hyménocarines étaient des arthropodes ancestraux dotés de carapaces bivalves et de mandibules, formant l’essentiel des premiers mandibulés (représentés aujourd’hui par les myriapodes, les crustacés et les insectes) (Aria et Caron, 2017 ; Vannier et al., 2018). Chez de nombreux hyménocarines, dont Balhuticaris, il reste difficile de déterminer le nombre exact et les types d’appendices de la tête, ce qui rend difficile une compréhension détaillée des rapports évolutifs à l’intérieur de ce groupe. Balhuticaris appartient très probablement à la famille des Odaraiidae, un groupe d’hyménocarines au corps fortement multisegmenté, aux antennes réduites ou absentes et aux pattes fortement multisegmentées.

Nom du descripteur: Izquierdo-López & Caron
Date de la description : 2022
Étymologie :

Balhuticaris – inspiré de la créature mythologique « Balhut », animal aquatique géant décrit dans certaines cosmologies perses, et du latin caris, qui signifie « crabe » ou « crevette »

voltae – du catalan a volta, qui signifie « voûté ».

Spécimens types : Holotype ROMIP66238
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 505 millions d’années)
Sites principaux :

Marble Canyon, Tokumm Creek

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Balhuticaris a été trouvé parmi les fossiles des sites de Marble Canyon et de Tokumm Creek au cours de plusieurs expéditions ayant eu lieu entre 2012 et 2022. À l’origine, les différents spécimens n’avaient pas été attribués au même organisme mais à des euarthropodes non identifiés ou peut-être à des radiodontes (Nanglu et al., 2020). Balhuticaris fut formellement décrit en 2022 (Izquierdo-López et Caron, 2022).

Description

Morphologie :

Balhuticaris est un grand arthropode bivalve qui peut atteindre 25 cm de longueur. La carapace, en forme de dôme, ne couvre que le premier quart de la longueur totale du corps. En vue frontale, elle ressemble à une voûte : chaque valve s’étend vers la face ventrale de l’animal, dépassant la longueur des pattes. La face dorsale s’étend vers l’extrémité postérieure, donnant aux valves en vue latérale une forme de « haricot ». La tête porte une paire d’yeux bien développés, pédonculés et « bilobés ». Elle porte également une paire d’antennes courtes et une structure qui pourrait représenter un sclérite de la tête. Le corps est fortement multisegmenté, comptant environ 110 segments postérieurs à la tête. Les quelque dix premiers segments sont plus longs, et portent des pattes dont la taille se réduit en direction de la tête. Tous les segments portent une paire de pattes, chacune subdivisée en deux branches, ou rames (càd biramée) : une rame locomotrice (endopode) et une rame natatoire et respiratoire, en forme de pagaie (exopode). L’endopode est fin et semble se subdiviser en 14 segments. L’exopode est ovoïde, et presque aussi long que l’endopode. Le dernier segment est plus long que les autres et de forme triangulaire aplatie. Il porte deux projections en forme de pagaie (rames caudales), subdivisées en trois segments. Ces projections sont ornementées de trois épines sur leur bord externe et des filaments allongés (setae) sur leur bord postérieur.

Abondance :

Balhuticaris est rare. Seule une douzaine de spécimens provenant des sites de Marble Canyon et de Tokumm Creek est connue.

Taille maximum :
Environ 25 cm.

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Balhuticaris est le plus grand des arthropodes bivalves cambriens connus à ce jour. Il dépasse en longueur Tuzoia (Vannier et al., 2007) et Nereocaris exilis (Legg et al., 2012), et rivalise avec d’autres arthropodes des schistes de Burgess, comme les radiodontes, y compris le plus grand spécimen complet d’Anomalocaris (Briggs, 1975) et Cambroraster (Moysiuk et Caron, 2019). Il demeure cependant plus petit que Titanokorys, dont la longueur est estimée à 50 cm (Caron et Moysiuk, 2021). L’anatomie générale de Balhuticaris, notamment son corps allongé et ses grandes rames caudales segmentées, porte à croire qu’il était probablement un bon nageur. L’hypothèse a été émise qu’il pouvait nager sur le dos (Izquierdo-López et Caron, 2022), comme l’apparenté Fibulacaris et, peut-être Odaraia (Briggs, 1981 ; Izquierdo-López et Caron, 2019). Bien que dépourvu d’appendices prédateurs préhensiles, Balhuticaris, en raison de sa grande taille, pourrait avoir eu une alimentation variant de filtreur à prédateur (Izquierdo-López et Caron, 2022), à l’image de certains des plus grands anostracés actuels (Fryer, 1966).

Références

  • ARIA, C. and CARON, J. B. 2017. Burgess Shale fossils illustrate the origin of the mandibulate body plan. Nature, 545: 89–92.
  • BRIGGS, D. E. G. 1975. Anomalocaris, the largest known Cambrian arthropod. Palaeontology, 22: 631–664.
  • BRIGGS, D. E. G. 1981. The arthropod Odaraia alata Walcott, middle Cambrian, Burgess Shale, British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. B, Biological Sciences, 291: 541–582.
  • CARON, J.-B. and MOYSIUK, J. 2021. A giant nektobenthic radiodont from the Burgess Shale and the significance of hurdiid carapace diversity. Royal Society Open Science, 8: 210664.
  • FRYER, G. 1966. Branchinecta gigas Lynch, a non‐filter‐feeding raptatory anostracan, with notes on the feeding habits of certain other anostracans. Proceedings of the Linnean Society of London, 177: 19–34.
  • IZQUIERDO-LÓPEZ, A. and CARON, J. B. 2019. A possible case of inverted lifestyle in a new bivalved arthropod from the Burgess Shale. Royal Society Open Science, 6: 191350:
  • IZQUIERDO-LÓPEZ, A. and CARON, J. B. 2021. A Burgess Shale mandibulate arthropod with a pygidium: a case of convergent evolution. Papers in Palaeontology, 7: 1877–1894.
  • IZQUIERDO-LÓPEZ, A. and CARON, J. B. 2022. Extreme multisegmentation in a giant bivalved arthropod from the Cambrian Burgess Shale. IScience, 25, 104675.
  • LEGG, D. A., SUTTON, M. D., EDGECOMBE, G. D. and CARON, J. B. 2012. Cambrian bivalved arthropod reveals origin of arthrodization. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 279: 4699–4704.
  • MOYSIUK, J. and CARON, J.-B. 2019. A new hurdiid radiodont from the Burgess Shale evinces the exploitation of Cambrian infaunal food sources. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 286:201910.
  • NANGLU, K., CARON, J. and GAINES, R. 2020. The Burgess Shale paleocommunity with new insights from Marble Canyon, British Columbia. Paleobiology, 46(1): 58–81.
  • VANNIER, J., ARIA, C., TAYLOR, R. S. and CARON, J. B. 2018. Waptia fieldensis Walcott, a mandibulate arthropod from the middle Cambrian Burgess Shale. Royal Society Open Science, 5:172206.
  • VANNIER, J. CARON, J. B., YUAN, J., BRIGGS, D. E. G., COLLINS, D., ZHAO, Y. and ZHU, M. 2007. Tuzoia: morphology and lifestyle of a large bivalved arthropod of the Cambrian seas. Journal of Paleontology, 81(3): 445–471.
Autres liens :

Zacanthoides romingeri

Zacanthoides romingeri (figure 3) illustré par Rominger (1887) sous le nom d’Embolimus spinosa.

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Animal
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Trilobites (Ordre : Corynexochida)
Nom d’espèce: Zacanthoides romingeri
Remarques:

Les trilobites sont des euarthropodes éteints, probablement des représentants de la lignée souche des mandibulés, qui regroupent les crustacés, les myriapodes et les hexapodes (Scholtz et Edgecombe, 2006).

Nom du descripteur: Rominger
Date de la description : 1887
Étymologie :

Zacanthoides – probablement du grec z(a), « très », akanthion, « chardon », « porc-épic » ou « hérisson », et oïdes, « semblable à », soit très semblable à un chardon ou à un porc-épic.

romingeri – d’après Carl Rominger, paléontologue du Michigan qui a publié les premières descriptions de trilobites du mont Stephen en 1887.

Spécimens types : Statut du type en cours de révision – UMMP 4871 (deux spécimens) conservés au Musée de paléontologie de l’Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan, États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Zacanthoides sexdentatus, Z. submuticus, Z. longipygus, Z. planifrons et Z. divergens, provenant tous de roches plus anciennes ou plus récentes du Cambrien moyen des monts Stephen, Odaray et Park (Rasetti, 1951).

Autres dépôts : autres espèces ailleurs en Amérique du Nord.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobite sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

En 1887, Carl Rominger a publié la gravure d’un trilobite presque complet et nettement épineux qu’il a nommé Embolimus spinosa. En 1908, Charles Walcott a établi Zacanthoides spinosus pour décrire l’espèce du mont Stephen et un trilobite semblable du Nevada. En 1942, Charles Resser, de l’United States National Museum, affirme que l’espèce du mont Stephen est suffisamment distincte pour qu’on lui attribue un nouveau nom. Resser décide de rendre hommage à celui qui avait été le premier à décrire officiellement de nombreux trilobites du mont Stephen; Zacanthoides romingeri est toujours en usage.

Description

Morphologie :

Parties dures : l’exosquelette dorsal adulte peut mesurer jusqu’à 6 cm de long, s’amincissant à partir d’un grand céphalon en forme de croissant, à travers un thorax composé de neuf segments, jusqu’à un pygidium triangulaire relativement petit et arrondi présentant de longues épines marginales.

Les larges joues libres sont dotées de robustes épines génales; de courtes épines intragénales marquent les angles postérieurs des joues libres. La glabelle est longue et étroite, légèrement plus développée vers l’avant. On compte quatre paires de sillons glabellaires latéraux; les deux paires antérieures sont moins prononcées et forment un angle antérieur, alors que les deux paires postérieures sont plus prononcées et forment un angle postérieur. Les yeux, très longs et étroits, sont situés sur la partie antérieure du céphalon et se courbent en arc vers l’extérieur. L’anneau occipital se prolonge antérieurement en une épine robuste. Les longues épines terminales de la large plèvre se courbent progressivement vers l’arrière. Une mince épine émerge de l’anneau axial du huitième segment thoracique. Le pygidium compte quatre anneaux axiaux; cinq paires d’épines marginales, chacune plus courte que la précédente, sont orientées vers l’arrière et se prolongent au-delà de l’extrémité du pygidium.

Anatomie non minéralisée : inconnue.

Abondance :

Zacanthoides romingeri est relativement abondant dans les couches à trilobites sur le mont Stephen, mais absent sur la crête aux Fossiles. Les spécimens complets, avec les joues libres en place, sont très rares. L’espèce est surtout présente sous forme de sclérites désarticulées. Cependant, ses caractéristiques permettent habituellement de l’identifier facilement, même lorsqu’il s’agit de fragments isolés.

Taille maximum :
60 mm

Écologie

Mode de vie : Animal
Mode d'alimentation : Animal
Interprétations écologiques :

Zacanthoides romingeri adulte marchait très probablement sur le fond marin. Son aspect épineux servait peut-être à dissuader les prédateurs, ou encore, à « brouiller » sa silhouette, le rendant plus difficile à discerner sur le fond marin (Rudkin, 1996).

Références

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116 (5): 1-277.

RESSER, C. E. 1942. Fifth contribution to nomenclature of Cambrian trilobites. Smithsonian Miscellaneous Collections, 101 (15): 1-58.

ROMINGER, C. 1887. Description of primordial fossils from Mount Stephens, N. W. Territory of Canada. Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, 1887: 12-19.

RUDKIN, D. M. 1996. The Trilobite Beds of Mount Stephen, Yoho National Park, p. 59-68. In R. Ludvigsen (ed.), Life in Stone – A Natural History of British Columbia’s Fossils. UBC Press, Vancouver.

RUDKIN, D. M. 2009. The Mount Stephen Trilobite Beds, p. 90-102. In J.-B. Caron and D. Rudkin (eds.), A Burgess Shale Primer – History, Geology, and Research Highlights. The Burgess Shale Consortium, Toronto.

SCHOLTZ, G. AND G. D. EDGECOMBE. 2006. The evolution of arthropod heads: reconciling morphological, developmental and palaeontological evidence. Development Genes and Evolution, 216: 395-415.

WALCOTT, C. D. 1888. Cambrian fossils from Mount Stephens, Northwest Territory of Canada. American Journal of Science, Series 3, 36: 163-166.

WALCOTT, C. D. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1:232-248.

Autres liens :