Les schistes de Burgess

Pagetia bootes

Pagetia bootes (ROM 60756). Individu complet. Longueur du spécimen = 4,5 mm. Spécimen sec, lumière directe (image de gauche); spécimen enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails (image de droite). Carrière Walcott.

© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Trilobites (Ordre : Agnostida)
Nom d’espèce: Pagetia bootes
Remarques:

Les trilobites sont des euarthropodes éteints, probablement des représentants de la lignée souche des mandibulés, qui regroupent les crustacés, les myriapodes et les hexapodes (Scholtz et Edgecombe, 2006).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1916
Étymologie :

Pagetia – origine indéterminée; probablement d’après le pic Paget (2 565 m), situé dans le parc national du Canada Yoho, nommé en l’honneur du très révérend Dean Paget, membre fondateur du Club Alpin du Canada, qui en a fait la première ascension officielle en 1904.

bootes – origine indéterminée; probablement du grec Boώτης (Boötes), « bouvier » ou « laboureur »; également le nom de la constellation boréale du Bouvier.

Spécimens types : Syntypes (P. bootes) – USNM 62855-62861; holotype (P. walcotti) – USNM 146310 conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : P. walcotti Rasetti, 1966

Autres dépôts : nombreuses espèces dans les roches du Cambrien inférieur et moyen partout dans le monde.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années)
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; couches à trilobites sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1916) n’a publié qu’une très brève description de l’espèce lorsqu’il l’a nommée et illustrée pour la première fois. Rasetti en a fait une description exhaustive en 1966, en même temps que celle d’une nouvelle espèce provenant des schistes de Burgess, P. walcotti.

Description

Morphologie :

Parties dures: l’exosquelette dorsal adulte mesure environ 10 mm de long, épine pygidiale comprise. Le céphalon est hémisphérique; l’étroite bordure céphalique présente des sillons autour de la marge frontale. La glabelle est étroite, pointant vers l’avant, avec de faibles resserrements latéraux; une épine délicate (habituellement brisée et manquante) se prolonge vers l’arrière depuis l’anneau occipital. Des yeux minuscules sont situés à l’extrémité de courtes joues étroites bordées de sutures faciales propariennes. Le thorax est composé de deux segments. Le pygidium est approximativement de la même taille et de la même forme que le céphalon, avec un axis étroit composé de cinq anneaux et d’une partie terminale portant une mince épine inclinée postérieurement (souvent brisée). Chez certains spécimens, le pygidium porte des sillons pleuraux peu prononcés.

P. walcotti est très semblable à P. bootes, mais son exosquelette dorsal est parsemé de fins granules.

Anatomie non minéralisée – inconnue.

Abondance :

P. bootes est très commun dans la carrière Walcott (troisième trilobite en importance, avec au moins 1 000 spécimens observés, Caron et Jackson, 2008), ce qui a incité Rasetti (1951) à définir la « faunule Pagetia bootes » comme l’assemblage classique de fossiles à carapace associé à un biote à corps mou exceptionnellement bien conservé. Son voisin P. walcotti est très rare.

Taille maximum :
10 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

Les trilobites adultes Eodiscina étaient des membres de l’épifaune benthique mobile. À l’instar de leurs cousins et voisins Agnostina, ils étaient peut-être des microbrouteurs ou des dépositivores adaptés à des eaux plus froides et profondes, au large des côtes.

Références

CARON, J.-B. AND JACKSON, D. A. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258:222-256.

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116(5):277 p.

RASETTI, F. 1966. Revision of the North American species of the Cambrian trilobite genus Pagetia. Journal of Paleontology, 40:502-511.

SCHOLTZ, G. AND G. D. EDGECOMBE. 2006. The evolution of arthropod heads: reconciling morphological, developmental and palaeontological evidence. Development Genes and Evolution, 216:395-415.

WALCOTT, C. D. 1916. Cambrian trilobites. Smithsonian Miscellaneous Collections, 64(5):301-456.

Autres liens :

Ottoia prolifica

Reconstitution 3D d’Ottoia prolifica.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Nom d’espèce: Ottoia prolifica
Remarques:

Ottoia a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Ottoia – d’après le col d’Otto (2 106 m d’altitude), situé à quelques kilomètres au nord-ouest des schistes de Burgess, nommé d’après Otto Klotz, astronome qui a travaillé pour le ministère de l’Intérieur le long du Chemin de fer Canadien Pacifique (pour en savoir plus sur Otto Klotz, visiter la section « Premières découvertes »).

prolifica – du latin proles, « lignée », et ferax, « fécond », en référence au grand nombre de spécimens découverts.

Spécimens types : Lectotype – USNM 57619 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Ottoia sp., des schistes de Pioche (Nevada) du Cambrien inférieur (Lieberman, 2003).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, de la zone à Bathyuriscus-Elrathina à la zone à Ptychagnostus punctuosus (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; carrière Collins; couches à tulipes (S7); sites moins importans sur le mont Stephen; sites moins importants sur les monts Field et Odaray et dans le cirque Monarch.

Autres dépôts : l’espèce est également présente dans les schistes de Spence et la formation de Marjum du Cambrien moyen, dans l’Utah (Conway Morris et Robison, 1986).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dans sa description originale, Charles Walcott (1911) a classé provisoirement Ottoia dans le groupe aujourd’hui démantelé des vers gephyrés, qui englobait les priapuliens, les sipunculiens et les échiuriens. Son insistance à le comparer aux sipunculiens a incité certains auteurs à le ranger dans cet embranchement. D’autres, cependant, ont proposé des affinités avec les acanthocéphales, vers parasites, ou avec les priapuliens (Banta et Rice, 1970). Ce n’est que dans les années 1970 qu’une nouvelle analyse des fossiles a eu lieu. Banta et Rice (1970) et Conway Morris (1977) ont alors proposé une relation avec les priapuliens, subséquemment reconnue comme située au niveau d’un groupe souche (Wills, 1998). D’autres chercheurs se sont concentrés sur l’écologie des formes connues des schistes de Burgess (Bruton, 2001; Vannier, 2009; Vannier et al., 2010).

Description

Morphologie :

Ottoia est un ver priapulien doté d’une pièce buccale dentée (proboscide) qui pouvait être éversée dans le tronc et d’une courte queue également éversible. L’animal pouvait atteindre 15 cm de long; les plus petits spécimens – vraisemblablement des juvéniles, mais par ailleurs identiques aux adultes – ne mesuraient que 1 cm. Le proboscide portait 28 rangées de crochets et, intercalées parmi elles, des épines de dimensions diverses. La plupart des spécimens sont courbés en U, et leur tube digestif rempli de sédiments est souvent visible au centre du corps. Le tronc est annelé et porte deux ensembles de quatre crochets disposés en rond dans la région postérieure. Ce sont là les seules traces de symétrie bilatérale, l’organisme présentant de façon générale une symétrie radiale. Ottoia remplaçait périodiquement sa cuticule (mue de croissance).

Abondance :

Ottoia est un des organismes les plus abondants de la faune de Burgess, comptant pour plus de 80 % des priapuliens à la carrière Walcott (Conway Morris, 1977) et pour plus de 1,3 % de toute la faune de cette carrière (Caron et Jackson, 2008); des milliers de spécimens sont connus.

Taille maximum :
150 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

La présence de spécimens d’Haplophrentis carinatus préservés dans le tube digestif du ver indique que cet hyolithe constituait une composante importante du régime alimentaire d’Ottoia (Conway Morris, 1977). Une dalle renferme également neuf spécimens en train de se nourrir sur la carcasse d’un spécimen de Sidneyia mort depuis peu (Bruton, 2001).

Références

BANTA, W. C. AND M. E. RICE. 1970. A restudy of the Middle Cambrian Burgess Shale fossil worm, Ottoia prolifica. International Symposium on the Biology of the Sipuncula and Echiura 2, Kotor: 79-90.

BRUTON, D. L. 2001. A death assemblage of priapulid worms from the Middle Cambrian Burgess Shale. Lethaia, 34(2):163-167.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL. 2009. New Palaeoscolecidan Worms from the Lower Cambrian: Sirius Passet, Latham Shale and Kinzers Shale. Acta Palaeontologica Polonica, 55(1): 141-156.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

Oryctocephalus reynoldsi

Oryctocephalus burgessensis (ROM 49962). Petit individu complet; présumée carcasse avec joues libres en place. Longueur du spécimen = 5,5 mm. Spécimen sec, lumière directe (image de gauche); spécimen enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails (image de droite). Talus de la carrière Walcott.

© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Trilobites (Ordre : Corynexochida)
Nom d’espèce: Oryctocephalus reynoldsi
Remarques:

Les trilobites sont des euarthropodes éteints, probablement des représentants de la lignée souche des mandibulés, qui regroupent les crustacés, les myriapodes et les hexapodes (Scholtz et Edgecombe, 2006).

Nom du descripteur: Reed
Date de la description : 1899
Étymologie :

Oryctocephalus – du gec oryktos, « creusé », et kephalos, « tête ».

reynoldsi – d’après M. S. H. Reynolds, qui a collecté et fait don du spécimen type au Musée Woodwardian de l’Université de Cambridge (aujourd’hui le Musée des sciences de la Terre Sedgwick).

Spécimens types : Holotype (O. reynoldsi) – MCZ A1425 conservé au Musée des sciences de la Terre Sedgwick, Université de Cambridge, Cambridge, Royaume-Uni. Holotype(O. burgessensis) – USNM 96487 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Oryctocephalus burgessensis Resser, 1938.

Autres dépôts : beaucoup d’autres espèces à travers le monde.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, de la zone à Glossopleura à la zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobites et autres sites moins importants sur le mont Stephen; carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Le genre Oryctocephalus a été établi par Charles Walcott en 1886 pour inclure l’espèce O. primus en se fondant sur des cranidia et pygidia isolés du Cambrien moyen du Nevada. En 1899, Reed a nommé et décrit O. reynoldsi à partir d’un spécimen complet (y compris le thorax articulé), probablement collecté dans les couches à trilobites sur le mont Stephen. La même année où paraissait l’article de Reed, G. F. Matthew publiait un article dans lequel il décrivait O. walkeri à partir de spécimens trouvés sur le mont Stephen. Bien qu’on ait relevé de légères différences entre O. reynoldsi et O. walkeri (Matthew, 1899), il s’agit presque certainement de la même espèce et l’appellation de Reed prime en raison de la date de sa publication. En 1938, Resser a établi une nouvelle espèce, O. burgessensis, à partir de spécimens provenant de la carrière Walcott. Rasetti (1951) a illustré O. reynoldsi et O. burgessensis, et il a nommé une nouvelle espèce, O. matthewi, provenant des deux sites. En 1995, Whittington a réexaminé l’espèce Oryctocephalus des schistes de Burgess et a conclu que rien ne distinguait O. matthewi (Rasetti, 1951) d’O. reynoldsi.

Description

Morphologie :

Parties dures: Oryctocephalus reynoldsi et O. burgessensis sont de petits trilobites dont l’exosquelette adulte mesure habituellement entre 15 et 20 cm, épines pygidiales non comprises. La carapace dorsale, de forme ovoïde, s’amincit légèrement à l’extrémité postérieure. O. reynoldsi a un large céphalon hémisphérique; les angles génaux sont ramenés en de longues épines fines atteignant presque le pygidium. La glabelle caractéristique s’élargit légèrement vers l’avant jusqu’à présenter une surface arrondie à l’extrémité antérieure. Trois paires de fossettes se trouvent en avant de l’anneau occipital, juste à l’intérieur des sillons axiaux; la paire postérieure est reliée par un sillon transverse peu profond. Les crêtes oculaires peu prononcées s’étendent du front de la glabelle jusqu’aux longs globes oculaires en forme de croissant à l’extrémité des joues. Le thorax est composé de sept larges segments portant des sillons pleuraux incurvés et de longues épines terminales orientées obliquement vers l’arrière. Le pygidium caractéristique est hémisphérique et plus étroit que le céphalon; le pygidium a un axis de cinq anneaux et une partie terminale prenant fin à l’intérieur de la marge postérieure. Six plèvres disposées en étoile se terminent toutes par des épines, la quatrième paire étant beaucoup plus large à la base et très longue, orientée vers l’extérieur et l’arrière sur une longueur au moins deux fois supérieure à celle du pygidium. Les cinquième et sixième paires d’épinesse sont courtes et se prolongent postérieurement. O. burgessensis se distingue surtout par son épine génale légèrement plus courte ainsi que sa quatrième épine pygidiale; l’épine génale semble se dresser légèrement plus en avant que celle d’O. reynoldsi.

Anatomie non minéralisée: inconnue.

Abondance :

Rare sur le mont Stephen et sur la crête aux Fossiles.

Taille maximum :
25 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

Des espèces très semblables d’Oryctocephalus sont présentes dans les roches en eau plus profonde du Cambrien moyen dans de nombreux endroits à travers le monde, ce qui suggère que ces trilobites cosmopolites vivaient habituellement dans des milieux océaniques ouverts.

Références

MATTHEW, G. F. 1899. Studies on Cambrian faunas, No. 3. Upper Cambrian Fauna of Mount Stephen, British Columbia: The trilobites and worms. Transactions of the Royal Society of Canada, Series 2, Vol. 5, Section IV: 39-66.

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116 (5): 1-277.

REED, F. R. C. 1899. Woodwardian Museum Notes: a new trilobite from Mount Stephen, Field, B.C. Geological Magazine, New Series (Decade 4), 6: 358-361.

RESSER, C. E. 1938. Fourth contribution to nomenclature of Cambrian fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 97: 1-43.

SCHOLTZ, G. AND G. D. EDGECOMBE. 2006. The evolution of arthropod heads: reconciling morphological, developmental and palaeontological evidence. Development Genes and Evolution, 216: 395-415.

WALCOTT, C. D. 1886. Second contribution to the studies on the Cambrian faunas of North America. Bulletin of the US Geological Survey, 30: 1-255.

WHITTINGTON, H. B. 1995. Oryctocephalid trilobites from the Cambrian of North America. Palaeontology, 38: 543-562.

Autres liens :

Aucun

Micromitra burgessensis

Reconstitution 3D de Micromitra burgessensis avec d’autres brachiopodes (Acrothyra gregaria, Diraphora bellicostata, Nisusia burgessensis, et Paterina zenobia).

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Paterinata (Ordre : Paterinida)
Nom d’espèce: Micromitra burgessensis
Remarques:

Micromitra appartient à la famille des Paterinidae.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1908
Étymologie :

Micromitra – du grec mikros, « petit », et mitra, « turban ».

burgessensis – d’après le mont Burgess (2 599 m), pic dans le parc national du Canada Yoho. Le mont Burgess a été nommé en 1886 par Otto Klotz, arpenteur topographe du Dominion, en l’honneur d’Alexander Burgess, ancien sous ministre de l’Intérieur.

Spécimens types : Holotype – USNM 69646 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune à ce jour. Les brachiopodes des schistes de Burgess, en particulier ceux des couches à trilobites du mont Stephen, devraient être réexaminés (voir Bref historique des recherches).

Autres dépôts : de nombreuses espèces. toutes de l’époque cambrienne ont été reconnues dans le monde.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles. D’autres sites sont répertoriés sur les monts Field et Stephen et près du glacier Stanley.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Initialement identifiée sous le nom de Micromitra (Iphidella) pannula par Walcott en 1908, d’après les spécimens des couches à trilobites du mont Stephen (voir aussi Walcott, 1912), l’espèce a été redécrite en tant que nouvelle espèce par Resser en 1938. Basée sur une seule valve, et non illustrée, la description de Resser ne distingue pas Micromitra burgessensis des autres espèces du genre. La validité de l’espèce est par conséquent douteuse et exige une nouvelle évaluation.

Description

Morphologie :

Micromitra burgessensis est le plus paré des brachiopodes des schistes de Burgess. À l’origine, la coquille était minéralisée. Les stries d’accroissement sont prononcées et de fines lignes surélevées rayonnent sur toute la coquille à partir de la charnière. Les intersections entre les différentes lignes créent de petits losanges sur le dessus de la coquille. Les valves sont subcirculaires et la charnière, presque droite. Les soies (setæ) longues et minces, qui s’étendent loin au delà des marges de la coquille, sont probablement les caractéristiques conservées les plus frappantes de l’animal. Elles auraient été attachées à la bordure du manteau le long des valves dorsale et ventrale.

Abondance :

Micromitra burgessensis est relativement commun dans la carrière Walcott, mais il ne représente qu’une petite fraction (inférieure à 0,3 %) de la faune (Caron et Jackson, 2008). Il est également présent dans la carrière Raymond sur la crête aux Fossiles.

Taille maximum :
10 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

Beaucoup de spécimens de Micromitra burgessensis ont été fossilisés attachés aux spicules de l’éponge Pirania, ce qui suggère un mode de vie benthique. Soutenu au-dessus de l’interface sédiment eau, le brachiopode était probablement protégé de la boue floculée et mouvante qui aurait pu encrasser son appareil filtreur, le lophophore, situé entre les coquilles. Les soies auraient également aidé à empêcher l’entrée de particules de boue.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

RESSER, C. E. 1938. Fourth contribution to nomenclature of Cambrian Fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 97: 1-43.

WALCOTT, C. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. D. 1912. Cambrian Brachiopoda. United States Geological Survey, Monograph, 51: part I, 812 p; part II, 363 p.

Autres liens :

Aucun

Marrella splendens

Reconstitution 3D deMarrella splendens.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Marrellomorpha (Ordre : Marrellida, groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Marrella splendens
Remarques:

Les affinités de Marrella demeurent incertaines. Le genre a été groupé avec les taxons dévoniens Mimetaster et Vachonisia des schistes de Hunsrück pour former la classe Marrellomorpha (Beurlen, 1934; Strømer, 1944), mais la place de cette classe dans l’évolution des arthropodes est nébuleuse. Le genre est par ailleurs considéré comme étant à la base d’un groupe d’arthropodes de la super classe Lamellipedia (Hou et Bergström, 1997), incluant les trilobites et des taxons leur ressemblant, mais il a également été placé à la position la plus basale dans la lignée souche supérieure des arthropodes (Briggs et Fortey, 1989; Wills et al., 1998).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Marrella – d’après le docteur John Marr, paléontologiste à l’Université de Cambridge et ami de Walcott.

splendens – du latin splendens, « beau » ou « brillant ».

Spécimens types : Lectotype – USNM 57674 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Marrella sp. du biote de Kaili au sud-ouest de la Chine (Zhao et al., 2003).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles. Sites moins importants sur le mont Field, le mont Stephen – couches à tulipes (S7) – et le mont Odaray.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Marrella est l’un des premiers fossiles trouvés par Walcott; des croquis apparaissent dans son carnet de notes dès le 31 août 1909. Walcott les intitule simplement « crabes aux dentelles ». L’été suivant, le 9 août 1910, Walcott et son fils Stuart trouvent les couches à « crabes aux dentelles » in situ, découvrant du coup les couches fossilifères de la carrière Walcott des schistes de Burgess. Walcott (1912) décrit formellement les « crabes aux dentelles » en tant que Marrella splendens, mais il faut attendre Raymond (1920) pour qu’une reconstitution soit tentée.

Marrella est à nouveau examiné par Simonetta (1962), puis par Whittington (1971) dans le cadre d’une étude de grande envergure. De nouvelles collectes effectuées par le Musée royal de l’Ontario ont permis la description d’un spécimen de Marrella en train de muer (García Bellido et Collins, 2004) et une nouvelle révision de la description du taxon (García Bellido et Collins, 2006).

 

Description

Morphologie :

Marrella est un petit arthropode protégé par un bouclier céphalique de forme cubique à l’avant, muni de deux paires de prolongements qui sortent respectivement des côtés, formant un fer à cheval, et de la marge postérodorsale, formant un diapason, et s’étendent vers l’arrière sur presque toute la longueur du corps pour se terminer en pointe. Une paire d’épines postéroventrales de dimensions plus modestes est également présente. La tête porte une paire d’antennes longues et minces, constituées d’une trentaine d’articles, et une paire d’appendices en forme de pagaie comportant six segments distaux très fournis en setæ.

Le corps consiste en 26 segments subcirculaires de petit diamètre dotés d’une paire d’appendices biramés. La branche interne de ces appendices est une patte comptant six articles; la branche externe porte de longs et délicats filaments branchiaux, qui raccourcissent en s’éloignant du corps. Les 12 derniers segments accueillent des excroissances internes apparentes, qui forment un réseau en dessous du corps.

La queue est minuscule et pointue. L’estomac est situé dans la tête, près de la bouche ventrale, et l’intestin s’étire sur presque toute la longueur du corps. Des taches sombres autour de certains spécimens suggèrent que le contenu digestif aurait été expulsé du corps pendant la conservation. Un petit cœur triangulaire et dorsal, à partir duquel des artères se ramifient, est observable dans la région céphalique.

Abondance :

Marrella est l’une des espèces les plus communes des schistes de Burgess. Plus de 25 000 spécimens ont été recueillis (García Bellido et Collins, 2006); elle est la deuxième espèce d’arthropode la plus commune dans la carrière Walcott avec 7,3 % des spécimens dénombrés (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
25 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

Marrella nageait juste au dessus du lit marin en se nourrissant à même les sédiments. Il pouvait se reposer sur le fond en s’appuyant sur ses appendices corporels. Les ondulations de sa seconde paire d’appendices céphaliques, en forme de pagaie, lui permettaient de nager. Ses antennes, probablement sensitives, lui auraient permis de localiser sa nourriture. Le filet d’excroissances internes des 12 derniers segments aurait servi à piéger les particules alimentaires présentes dans les courants d’eau et à les déplacer sous le corps de l’animal. Ces particules auraient été amenées vers la bouche avec le bout des pattes antérieures.

Références

BRIGGS, D. E. G. AND R. A. FORTEY. 1989. The early radiation and relationships of the major arthropod groups. Science, 246: 241-243.

BRIGGS, D. E. G., B. S. LIEBERMAN, J. R. HENDRICKS, S. L. HALGEDAHL AND R. D. JARRARD. 2008. Middle Cambrian arthropods from Utah. Journal of Paleontology, 82(2): 238-254.

BEURLEN, K. 1934. Die Pygaspiden, eine neue Crustaceen – (Entomostraceen) – Gruppe aus den Mesosaurier führenden Iraty-Scichten Brasiliens. Paläontologische Zeitschrift, 16: 122-138.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

GARCÍA-BELLIDO, D. AND D. H. COLLINS. 2004. Moulting arthropod caught in the act. Nature, 429: 40.

GARCÍA-BELLIDO, D. AND D. H. COLLINS. 2006. A new study of Marrella splendens (Arthropoda, Marrellomorpha) from the Middle Cambrian Burgess Shale, British Columbia, Canada. Canadian Journal of Earth Sciences, 43: 721-742.

HOU, X. AND J. BERGSTRÖM. 1997. Arthropods of the Lower Cambrian Chengjiang fauna, southwest China. Fossils and Strata, 45: 1-116.

RAYMOND, P. E. 1920. The appendages, anatomy, and relationships of trilobites. Memoirs of the Connecticut Academy of Arts and Sciences, 7: 1-169.

SIMONETTA, A. M. 1962. Note sugli artropodi non trilobiti della Burgess Shale, Cambriano Medio della Columbia Britannica (Canada). 1. contributo: 2. genere Marrella Walcott, 1912. Monitore Zoologico Italiano, 69: 172-185.

STØMER, L. 1944. On the relationships and phylogeny of fossil and recent Arachnomorpha. Norsk Videnskaps-Akademi Skrifter I. Matematisk-Naturvidenskaplig Klasse, 5: 1-158.

WALCOTT, C. 1912. Cambrian geology and paleontology II. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(6): 145-228.

WHITTINGTON, H. B. 1971. Redescription of Marrella splendens (Trilobitoidea) from the Burgess Shale, Middle Cambrian, British Columbia. Bulletin of the Geological Survey of Canada, 209: 1-24.

WILLS, M. A., D. E. G. BRIGGS, R. A. FORTEY, M. WILKINSON AND P. H. A. SNEATH. 1998. An arthropod phylogeny based on fossil and recent taxa, p. 33-105. In G. D. Edgecombe (ed.), Arthropod fossils and phylogeny. Columbia University Press, New York.

ZHAO, Y., J. YUAN, M. ZHU, X. YANG AND J. PENG. 2003. The occurrence of the genus Marrella (Trilobitoidea) in Asia. Progress in Natural Science, 13: 708-711.

Autres liens :

http://paleobiology.si.edu/burgess/marrella.html

Marpolia spissa

Reconstitution 3D de Marpolia spissa.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Cyanophycées (Ordre : Oscillatoriales ?)
Nom d’espèce: Marpolia spissa
Remarques:

Walcott (1919) considérait cette espèce comme une cyanobactérie, mais Walton la croyait apparentée aux algues rouges (Walton, 1923). Des études plus récentes ont conforté l’interprétation de Walcott (Conway Morris et Robison, 1988).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1919
Étymologie :

Marpolia – d’après le mont Marpole (2 997 m), pic situé près des schistes de Burgess, au nord-ouest du lac Emerald, dans le parc national du Canada Yoho.

spissa – du latin spissus, « dense », en référence à l’aspect buissonnant de cette Cyanobactérie.

Spécimens types : Lectotype – USNM 35403 (M. spissa); holotype – USNM 35412 (M. aequalis) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : M. aequalis Walcott 1919, des couches à trilobites sur le mont Stephen (un seul spécimen).

Autres dépôts : Marpolia (peut-être représenté par différentes espèces) est commun dans divers dépôts fossilifères exceptionnels du Cambrien, en particulier ceux des schistes de Spence et de la formation de Wheeler du Cambrien en Utah (Conway Morris et Robison, 1988), et ceux de la formation de Kaili du Cambrien moyen en Chine (Yang et al., 2001).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles; couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen; autres sites moins importants sur les monts Field et Stephen, et dans le cirque Monarch.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dans sa description de Marpolia, en 1919, Walcott a nommé deux espèces d’après des spécimens des schistes de Burgess: M. spissa, de la carrière Walcott, et M. equalis,des couches à trilobites. M. spissa a été comparé aux oscillatoriales modernes dans une thèse inédite (Satterthwait, 1976). Cette interprétation a été reprise par Conway Morris et Robison (1988) après étude de spécimens provenant de divers dépôts de l’Utah. M. spissa se présente généralement en sections minces (Mankiewicz, 1992) et peut être isolée par macération acide (Butterfield, 1990). Une analyse taphonomique récente a montré que le mode de conservation des spécimens du genre Marpolia est comparable à celui d’autres organismes des schistes de Burgess (Butterfield et al., 2007).

Description

Morphologie :

Marpolia forme des touffes denses composées d’une multitude de filaments et peut atteindre 5 cm de longueur. Les filaments sont généralement ramifiés près de la base des touffes et mesurent en moyenne près de 40 microns. Ils sont composés d’une gaine externe et d’une à quatre chaînes de cellules internes d’environ 2 microns de longueur. M. aequalis est pourvu d’une tige centrale, et ses structures ramifiées sont plus robustes que celles de M. spissa.

Abondance :

Il est difficile d’estimer l’abondance de Marpolia, car certaines couches géologiques renferment d’importantes masses entremêlées de cette cyanobactérie qui, dans bien des cas, pourraient être des fragments d’une même colonie. M. spissa est rare; elle ne représente que 0,07 % de la faune de la carrière Walcott (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
50 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

L’absence de structure de fixation laisse supposer que les cyanobactéries du genre Marpolia menaient une existence libre et formaient de grandes masses flottantes (planctoniques). Ces masses pouvaient se fixer à d’autres corps flottants, à la manière des cyanobactéries libres actuelles. L’absence de structure de fixation pourrait également avoir une origine taphonomique (perte au moment du dépôt), cette structure s’étant détachée du sédiment pendant le transport avant l’enfouissement sous l’action de coulées de boue.

Références

BUTTERFIELD, N. J. 1990. Organic preservation of non-mineralizing organisms and the taphonomy of the Burgess Shale. Paleobiology, 16: 272-286.

BUTTERFIELD, N. J., U. BALTHASAR AND L. WILSON. 2007. Fossil diagenesis in the Burgess Shale. Palaeontology, 50: 537-543.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. University of Kansas Paleontological Contributions, 122 p.

MANKIEWICZ, C. 1992. Obruchevella and other microfossils in the Burgess Shale: preservation and affinity. Journal of Paleontology, 66: 717-729.

SATTERTHWAIT, D. F. 1976. Paleobiology and Paleoecology of Middle Cambrian Algae from Western North America. Unpublished PhD thesis, California, Los Angeles, 120 p.

WALCOTT, C. D. 1919. Middle Cambrian Algae. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(5): 217-260.

WALTON, J. 1923. On the structure of a Middle Cambrian alga from British Columbia (Marpolia spissa Walcott). Proceedings of the Cambridge Philosophical Society-Biological Sciences, 1: 59-62.

YANG, R., J. MAO, Y. ZHAO, X. CHEN AND X. YANG. 2001. Branching macroalgal fossils of the Early-Middle Cambrian Kaili Formation from Taijiang, Guizhou Province, China. Acta Geologica Sinica, 75: 433-440.

Autres liens :

Aucun

Olenoides serratus

Reconstitution 3D d’Olenoides serratus.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Trilobites (Ordre : Corynexochida)
Nom d’espèce: Olenoides serratus
Remarques:

Les trilobites sont des euarthropodes éteints, probablement des représentants de la lignée souche des mandibulés, qui regroupent les crustacés, les myriapodes et les hexapodes (Scholtz et Edgecombe, 2006).

Nom du descripteur: Rominger
Date de la description : 1887
Étymologie :

Olenoides – d’après Olenus, figure de mythologie grecque qui fut changée en pierre avec sa femme Lethaea. Olenus a été utilisé pour la première fois pour décrire un genre de trilobites en 1827; le suffixe grec oïdes, « semblable à », a été ajouté ultérieurement.

serratus – du latin signifiant « en dents de scie », probablement en référence à la marge épineuse du pygidium.

Spécimens types : Statut du type en cours de révision – UMMP 4882 (onze spécimens) conservés au Musée de paléontologie de l’Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan, États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Kootenia dawsoniOlenoides serratus (les espèces de Kootenia ne sont plus jugées suffisamment différentes d’Olenoides pour justifier leur classification dans un genre différent; dans le présent cas, Kootenia a été retenu pour faciliter les références bibliographiques).

Autres dépôts : Olenoides est largement répandu dans le Cambrien de l’Amérique du Nord et du Groenland; il est aussi connu en Sibérie, en Chine et ailleurs.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années)
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles; couches à trilobites et autres sites sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Olenoides serratus compte parmi les premiers animaux des schistes de Burgess à être nommés et décrits. Les fossiles ayant servi à la première description de Rominger en 1887 avaient été prélevés l’année précédente dans les couches à trilobites sur le mont Stephen. Rominger a nommé ce trilobite Ogygia serrata, accompagnant sa description de gravures d’un spécimen complet. À la suite de plusieurs changements, le nom maintenant en usage a été publié pour la première fois par Kobayashi en 1935. De remarquables spécimens munis d’appendices, découverts lors des fouilles de Walcott sur la crête aux Fossiles en 1910-1911, attirent l’attention du monde entier sur Olenoides serratus (alors appelé Neolenus serratus) à titre d’un des trilobites à l’anatomie la plus complète connus. Cette espèce type des schistes de Burgess a été complètement réinterprétée par Harry Whittington (1975, 1980); Whittington a conclu que Nathorstia transitans (nommé par Walcott en 1912) représentait un Olenoides serratus à « carapace molle », à l’étape de la mue.

Description

Morphologie :

Parties dures: l’exosquelette dorsal adulte, de forme ovale, peut mesurer jusqu’à 9 cm de long; le céphalon est hémisphérique, le thorax est composé de sept segments se terminant par des épines et le pygidium hémisphérique est muni de pointes marginales. Le céphalon, le thorax et le pygidium sont approximativement de la même longueur. La glabelle, dont les côtés sont parallèles, est arrondie antérieurement et atteint presque le bord antérieur. Les minces crêtes oculaires sont repliées vers l’arrière depuis la glabelle jusqu’à de petits yeux arqués vers l’extérieur. Les joues libres s’amincissent postérieurement en des épines génales droites qui se prolongent jusqu’à la troisième plèvre. Les extrémités des plèvres se prolongent en des épines. Le pygidium épineux se compose de six anneaux axiaux décroissant postérieurement; cinq paires de pointes marginales se replient vers l’arrière. La surface de l’exosquelette est granuleuse et présente de minces crêtes et des cuspides près des marges.

Anatomie non minéralisée: Olenoides serratus avait une paire d’« antennes » céphaliques flexibles et multiarticulées. Derrière celles-ci, trois paires de membres biramés étaient rattachées sous le céphalon de chaque côté de la ligne médiane. Chaque branche interne avait une large coxa épineuse en forme de lame et six podomères cylindriques et hérissés d’épines qui s’amincissaient en s’éloignant du corps, les derniers portant à leur extrémité trois courtes « pinces ». La branche externe était composée de nombreux filaments plats se chevauchant et se dégageant d’un long lobe, avec un petit lobe ovale et chevelu à l’extrémité extérieure. Des paires d’appendices biramés semblables étaient rattachées sous chaque segment thoracique; quatre à six paires étaient rattachées sous le pygidium, devenant plus courtes et plus minces vers l’arrière. Cas unique parmi tous les trilobites ayant conservé des membres, Olenoides serratus avait aussi une paire d’appendices semblables à des antennes (cerques caudaux) sous le pygidium, derrière les derniers membres biramés.

Abondance :

Olenoides serratus est relativement commun, surtout dans les couches à trilobites sur le mont Stephen, où des milliers de parties et des centaines d’exosquelettes partiaux ou complets ont été observés ou prélevés. Olenoides est le plus gros et le plus visible des trilobites dans la carrière Walcott sur la crête aux Fossiles, où on a trouvé des spécimens conservant des appendices.

Taille maximum :
90 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

Olenoides serratus adulte marchait sur le fond marin, creusant peut-être des sillons peu profonds à la recherche de carcasses ou de petits animaux à corps mous ou à carapace fragile. Les proies étaient déchiquetées entre les « pieds » des membres épineux et acheminées vers la bouche, orientée vers l’arrière. Les Olenoides pouvaient probablement nager sur de courtes distances, juste au-dessus du fond marin. Des cicatrices sont présentes sur un certain nombre de spécimens d’Olenoides; certaines d’entre-elles apparaissant sur des spécimens à « carapace molle », à l’étape de la mue, témoignent peut-être de l’activité de prédation de gros arthropodes comme Anomalocaris. Certains fossiles d’Olenoides présentent des traces évidentes de blessures guéries, ce qui porte à croire qu’ils avaient été la proie, au moment où leur carapace était molle à la suite de la mue, de grands arthropodes comme Anomalocaris. Les minuscules larves ou les « jeunes » juvéniles nageaient probablement, se laissant emporter par la colonne d’eau.

Références

KOBAYASHI, T. 1935. The Cambro-Ordovician formations and faunas of south Chosen. Paleontology, Part 3: Cambrian faunas of south Chosen with a special study on the Cambrian trilobite genera and families. Journal of the Faculty of Science, Imperial University of Tokyo, Section II. 4(2): 49-344.

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116 (5): 1-277.

ROMINGER, C. 1887. Description of primordial fossils from Mount Stephens, N. W. Territory of Canada. Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, 1887: 12-19.

SCHOLTZ, G. AND G. D. EDGECOMBE. 2006. The evolution of arthropod heads: reconciling morphological, developmental and palaeontological evidence. Development Genes and Evolution, 216: 395-415.

WALCOTT, C. D. 1912. Cambrian Geology and Paleontology, II. No. 6. – Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita, and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(6): 145-228.

WHITTINGTON, H. B. 1975. Trilobites with appendages from the Middle Cambrian, Burgess Shale, British Columbia. Fossils and Strata, No. 4: 97-136.

WHITTINGTON, H. B. 1980. Exoskeleton, moult stage, appendage morphology, and habits of the Middle Cambrian trilobite Olenoides serratus. Palaeontology, 23: 171-204.

Autres liens :

Leptomitus lineatus

Leptomitus undulatus (ROM 53571) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Seul spécimen connu de l’espèce; on voit une partie de la base, les crêtes proéminentes et le sommet (oscule). Hauteur du spécimen = 78 mm. Spécimen humide, lumière directe. Carrière Walcott.

© MUSÉE ROYAL D’ L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Démosponges (Ordre : Monaxonides)
Nom d’espèce: Leptomitus lineatus
Remarques:

Leptomitus est considéré comme un démosponge primitif (Rigby, 1986). Les démosponges, qui comprennent les éponges de toilette, forment aujourd’hui la classe d’éponges la plus importante.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1920
Étymologie :

Leptomitus – du grec lept, « mince », et mitos, « filament », en référence à l’aspect général de l’éponge.

lineatus – du Latin lineatus, « ligné », en référence à l’aspect ridé de l’organisme.

Spécimens types : Lectotype – USNM 66448 (L. lineatus) conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis. Holotype – ROM 53558 (L. undulatus) conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : L. undulatus Rigby et Collins, 2004 de la carrière Walcott.

Autres dépôts : L. zitteli Walcott, 1886 des ardoises de Parker du Cambrien moyen, au Vermont; L. metta Rigby, 1983 de la formation de Marjum du Cambrien moyen, dans l’Utah; L. conicus García-Bellido et al., 2007 de la formation de Murero du Cambrien moyen, en Espagne; L. teretiusculus Chen, Hou et Lu, 1989 du biote de Chengjiang du Cambrien inférieur, en Chine (voir Rigby et Hou, 1995); espèce non identifiée, de la formation de Niutitang du Cambrien inférieur, en Chine (Yang et al., 2003).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, de la zone à Glossopleura à la zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles; couches à tulipes (S7); carrière Collins sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Lors de sa description originale, Leptomitus a été classé par Charles Walcott (1920) dans un nouveau genre, Tuponia, avec plusieurs autres espèces (T. lineatea, T. flexilis, T. flexilis var. intermedia). Resser et Howell (1938) ont par la suite synonymisé Tuponia avec Leptomitus, autre genre créé par Walcott en 1886. Ribgy (1986) a redécrit les éponges des schistes de Burgess, dont le genre Leptomitus, et considéré L. flexilis comme un synonyme plus récent de L. lineatus. Rigby et Collins (2004) ont décrit une deuxième espèce, L. undulatus, à partir de nouveaux spécimens récoltés par le Musée royal de l’Ontario.

Description

Morphologie :

L. lineatus est une éponge tubulaire allongée pourvue d’un squelette à deux couches. La couche externe est composée de longs spicules monoaxiaux (spicules simples pointus) dressés verticalement le long du corps. Les variations de l’épaisseur de ces longs spicules confèrent aux fossiles un aspect ridé distinctif. La couche interne est constituée de petits spicules horizontaux formant des touffes éparses visibles sur la marge de l’oscule (orifice situé au sommet de l’éponge). La base de l’éponge, de forme arrondie, était vraisemblablement dotée d’un petit crampon. L. undulatus ressemble à L. lineatus par la structure de sa paroi, mais son squelette est plus arrondi, en forme de gobelet.

Abondance :

L. lineatus est relativement commun à la carrière Walcott, où il représente 0,26 % de la faune (Caron et Jackson, 2008). Un seul spécimen de L. undulatus a été découvert à ce jour.

Taille maximum :
360 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

Leptomitus était ancré au fond marin. Les particules de matière organique étaient extraites de l’eau lors de leur passage dans les canaux de sa paroi.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CHEN, J. Y., X. G. HOU AND H. Z. LU. 1989. Lower Cambrian leptomitids (Demospongea), Chengjiang, Yunnan. Acta Palaeontologica Sinica, 28: 17-31.

GARCÍA-BELLIDO, D. C., R. GOZALO, J. B. CHIRIVELLA MARTORELL AND E. LIÑÁN. 2007. The demosponge genus Leptomitus and a new species from the Middle Cambrian of Spain. . Palaeontology, 50: 467-478.

RESSER, C. F. AND B. F. HOWELL. 1938. Lower Cambrian Olenellus Zone of the Appalachians. Geological Society of American Bulletin, 49: 195-248.

RIGBY, J. K. 1983. Sponges of the Middle Cambrian Marjum Limestone from the House Range and Drum Mountains of Western Millard County, Utah. Journal of Paleontology, 57: 240-270.

RIGBY, J. K. 1986. Sponges of the Burgess shale (Middle Cambrian), British Columbia. Palaeontographica Canadiana, 2: 105 p.

RIGBY, J. K. AND D. COLLINS. 2004. Sponges of the Middle Cambrian Burgess Shale and Stephen Formations, British Columbia. Royal Ontario Museum Contributions in Science (1): 155 p.

YANG, R., W. ZHANG, L. JIANG AND H. GAO. 2003. Chengjiang biota from the Lower Cambrian Niutitang Formation, Zunyi County, Guizhou Province, China. Acta Palaeontologica Sinica, 77: 145-150.

WALCOTT, C. 1886. Second contribution to the studies on the Cambrian faunas of North America. U.S. Geological Survey Bulletin, 30: 1-369.

WALCOTT, C. D. 1920. Middle Cambrian Spongiae. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(6): 261-365.

Autres liens :

Aucun

Ogygopsis klotzi

Ogygopsis klotzi (figure 1) illustré par Rominger (1887) sous le nom d’Ogygia klotzi.

NULL

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Trilobites (Ordre : Corynexochida)
Nom d’espèce: Ogygopsis klotzi
Remarques:

Les trilobites sont des euarthropodes éteints, probablement des représentants de la lignée souche des mandibulés, qui regroupent les crustacés, les myriapodes et les hexapodes (Scholtz et Edgecombe, 2006).

Nom du descripteur: Rominger
Date de la description : 1887
Étymologie :

Ogygopsis – d’après Ogygia, dans la mythologie grecque, la septième fille d’Amphion et de Niobé; Ogygia a été utilisé pour la première fois pour décrire un genre de trilobites en 1817.

klotzi – d’après Otto Klotz, arpenteur-topographe du Dominion, qui a fourni les fossiles étudiés et décrits par Rominger.

Spécimens types : Holotype (K. burgessensis) – USNM 65511 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis (Resser, 1942); statut du type en cours de révision – (K. dawsoni) conservé au Musée de paléontologie de l’Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan, États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Ogygopsis spinulosa Rasetti, 1951 dans la formation Cathedral sur le mont Stephen, qui est légèrement plus ancienne.

Autres dépôts : on a trouvé des espèces d’Ogygopsis dans les roches cambriennes d’autres gisements en Amérique du Nord, en Sibérie et au Groenland.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années)
Sites principaux :

Couches à trilobites et autres sites sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Ogygopsis klotzi a d’abord été décrit en 1887 dans une publication traitant de plusieurs autres trilobites importants du mont Stephen. Rominger a nommé les espèces les plus grosses et les plus abondantes d’après Klotz, les rassemblant dans le genre Ogygia. L’année suivante, Charles Walcott remettait en question ce classement et, en 1889, il proposait le nom de genre Ogygopsis. Au cours des décennies suivantes, on a cru qu’Ogygopsis était unique aux couches à trilobites du mont Stephen, où il est le fossile le plus visible sur les pentes. En fait, Walcott avait désigné l’endroit « schiste Ogygopsis » en 1908, par la suite il a nommé son équivalent géographique « schistes de Burgess » (bien qu’on n’ait jamais trouvé Ogygopsis sur la crête aux Fossiles!).

Description

Morphologie :

Parties dures: l’exosquelette dorsal adulte, de forme ovoïde, peut mesurer jusqu’à 13 cm de long; le grand céphalon est en forme de croissant, le thorax est composé de huit segments effilés, et le grand pygidium hémisphérique est inerme. La glabelle, qui est longue et en forme de baril, est arrondie antérieurement et atteint presque le bord antérieur. Les minces crêtes oculaires sont repliées vers l’arrière depuis la région frontale de la glabelle jusqu’aux longs yeux étroits en face de la mi-longueur de la glabelle. Les joues libres se prolongent vers l’arrière en des épines génales courtes et droites. Le grand pygidium se compose de neuf anneaux axiaux décroissant postérieurement, suivi d’une partie terminale; huit ou neuf paires de côtes pygidiales deviennent progressivement plus courtes et davantage orientées vers l’arrière. La surface de l’exosquelette est principalement lisse, avec de fines crêtes parallèles aux marges; des joues libres et des joues fixes postérieures peuvent présenter un réseau distinctif de fines stries anastomosées.

Anatomie non minéralisée: seuls quelques rares spécimens d’Ogygopsis klotzi conservent des traces de membres; ils démontrent que le céphalon était muni d’une paire d’antennes flexibles et multiarticulées (Hofmann et Parsley, 1966).

Abondance :

Ogygopsis klotzi est extrêmement abondant dans les couches à trilobites sur le mont Stephen, où il est le fossile le plus commun (Rudkin, 1996; 2009), mais il n’est pas connu sur la crête aux Fossiles. La grande majorité des spécimens plus ou moins complets sont dépourvus de joues libres et de nombreux paléontologistes les ont interprétés comme étant des spécimens qui venaient de muer.

Taille maximum :
130 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

La forme et la taille d’Ogygopsis klotzi adulte suggèrent qu’il marchait sur le fond marin. Compte tenu de l’abondance d’Ogygopsis, il est difficilement concevable qu’il ait été un prédateur/charognard comme Olenoides. Il se nourrissait peut-être de petits débris organiques dans des milieux inhabituels. Des cicatrices sont présentes sur un certain nombre de spécimens d’Ogygopsis; certaines d’entre elles apparaissant sur des trilobites à « carapace molle », à l’étape de la mue, témoignent peut-être de l’activité de prédation de gros arthropodes comme Anomalocaris (Rudkin, 1979; 2009). Les minuscules larves et les « jeunes » juvéniles nageaient probablement, se laissant emporter par la colonne d’eau.

Références

HOFFMAN, H. J. AND R. L. PARSLEY. 1966. Antennae of Ogygopsis. Journal of Paleontology, 40: 209-211.

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116 (5): 1-277.

ROMINGER, C. 1887. Description of primordial fossils from Mount Stephens, N. W. Territory of Canada. Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, 1887: 12-19.

RUDKIN, D. M. 1979. Healed injuries in Ogygopsis klotzi (Trilobita) from the Middle Cambrian of British Columbia. Royal Ontario Museum, Life Sciences Occasional Paper, 32: 1-8.

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Autres liens :

Leanchoilia superlata

Reconstitution 3D de Leanchoilia superlata.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Autres
Embranchement: Autres
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Megacheira (Ordre : Leanchoiliida, groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Leanchoilia superlata
Remarques:

La position phylogénétique de Leanchoilia est controversée. Certaines études l’associent aux arachnomorphes, groupe incluant les trilobites et les chélicérates (Wills et al., 1998; Cotton et Braddy, 2004), alors que d’autres études le placent avec Alalcomenaeus, Yohoia et Isoxys au sein de Megacheira, classe des arthropodes « à grands appendices » (Hou et Bergström, 1997). Les membres de Megacheira sont considérés comme des chélicérates de la lignée souche (Chen et al., 2004; Edgecombe, 2010) ou des euarthropodes de la lignée souche (Budd, 2002).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Leanchoilia – du nom écossais Leanchoil donné à une gare aujourd’hui désaffectée du Chemin de fer Canadien Pacifique située au sud ouest du mont Field dans le parc national du Canada Yoho.

superlata – du latin superlata, « exagéré ».

Spécimens types : Holotypes – USNM 57709 (L. superlata),USNM 155651 (L. persephone),USNM (155648) (L. protagonia) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : L. persephone des carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles et d’autres sites sur les monts Stephen et Field; L. protagonia de la carrière Walcott.

Autres dépôts : L. illecebrosa de la faune de Chengjiang du Cambrien inférieur (Liu et al., 2007); L. ? sp. protagonia et L. ? hanceyi du Cambrien moyen de l’Utah (Briggs et al., 2008).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Carrières Walcott et Raymond, crête aux Fossiles. D’autres sites sont répertoriés sur le mont Field et le mont Stephen – couches à tulipes (S7).

Autres dépôts : L. superlata du Cambrien moyen de l’Utah (Briggs et al., 2008).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Leanchoilia superlata a été décrite pour la première fois par Walcott en 1912, puis réexaminée par Simonetta (1970), qui a ajouté deux espèces, L. persephone et L. protagonia, au genre. L. superlata a été examinée à nouveau en détail par Bruton et Whittington (1983) et García Bellido et Collins (2007), qui ont inclus une analyse de L. persephone dans leur étude. L’intestin de Leanchoilia, conservé en trois dimensions, a en outre été analysé par Butterfield (2002). Briggs et al. (2008) ont effectué une description plus détaillée de L. protagonia et ont identifié L. superlata dans les sédiments du Cambrien dans l’Utah.

Description

Morphologie :

Convexe en coupe transversale, le corps de Leanchoilia s’élargit dans la partie postérieure du tronc. Le plus long animal répertorié mesure 12 cm de long, appendices inclus. Le bouclier céphalique forme une pointe à l’avant et se termine en « museau » retroussé. Les bords latéraux du bouclier sont hérissés de petites épines. La tête porte une paire de « grands appendices » frontaux constitués de trois branches terminées par un long flagelle flexible et, à l’arrière du bouclier céphalique, deux paires d’appendices biramés dotés de lamelles branchiales externes plates de grandes dimensions. Deux paires d’yeux simples se cachent sous le bouclier céphalique et la bouche est située juste en arrière des grands appendices.

Les 11 segments du tronc sont parcourus dorsalement par deux crêtes vives (carènes) symétriques par rapport à la ligne médiane. Ces segments étant bordés de courtes épines, le tronc a également une apparence dentelée. Chaque segment porte une paire de membres biramés similaires aux appendices biramés de la région céphalique. La branche interne de chaque membre se rattache à une petite coxa (hanche) dépourvue d’épines et porte des épines allongées le long de ses podomères, le dernier podomère se terminant en petite pince. Chaque côté du telson triangulaire est frangé de 11 épines latérales longues et droites. Des structures tridimensionnelles répétées en série le long du corps ont été interprétées comme des glandes intestinales conservées par les phosphates. L. persephone et L. protagonia sont dépourvues de « museau » et leurs grands appendices sont plus courts, L. protagonia ayant un telson allongé avec six paires de longues épines. L. persephone et L. superlata ont été interprétées comme des variantes sexuelles potentielles (voir García Bellido et Collins, 2007).

Abondance :

L. superlata est rare dans la carrière Walcott (0,1 % de la faune, Caron et Jackson, 2008), mais il abonde dans la carrière Raymond, où plus de 1 200 spécimens ont été trouvés. L. persephone est représenté dans les deux carrières, mais il ne compte que pour une fraction du nombre de spécimens de L. superlata. L. protagonia est extrêmement rare; il n’est connu que d’après deux spécimens de la carrière Walcott seulement.

Taille maximum :
120 mm

Écologie

Mode de vie : Autres
Mode d'alimentation : Autres
Interprétations écologiques :

Les grandes branchies externes auraient servi tant à la respiration qu’à la nage. La faible sclérotisation des membres et les solides articulations à charnière suggèrent une adaptation à la marche. Les flagelles des grands appendices étaient probablement sensoriels. Il semble que ces appendices pouvaient se replier vers l’arrière, sous le tronc, pour faciliter la nage et se déployer vers l’avant pour aider l’animal à se nourrir ou à reposer sur le fond. Les pinces distales et les branches des pattes auraient permis de creuser la couche de boue superficielle et d’amener des particules alimentaires ou de petites proies vers la bouche. Dernièrement, les glandes de l’intestin moyen, les yeux et les épines le long des membres ont également été interprétés comme des indices de mode de vie prédateur ou de régime détritivore. L’animal nageait probablement juste au dessus du fond marin à la recherche de nourriture.

Références

BRIGGS, D. E. G., B. S. LIEBERMAN, J. R. HENDRICKS, S. L. HALGEDAHL AND R. D. JARRARD. 2008. Middle Cambrian arthropods from Utah. Journal of Paleontology, 82: 238-254.

BRUTON, D. L. AND H. B. WHITTINGTON. 1983. Emeraldella and Leanchoilia, Two arthropods from the Burgess Shale, Middle Cambrian, British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London, Series B, 300: 553-582.

BUDD, G. E. 2002. A palaeontological solution to the arthropod head problem. Nature, 417: 271-275.

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Autres liens :

http://paleobiology.si.edu/burgess/leanchoilia.html