Les schistes de Burgess

Xanioascus canadensis

Reconstitution de Xanioascus canadensis.

© MARIANNE COLLINS

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des cténophores)
Nom d’espèce: Xanioascus canadensis
Remarques:

Xanioascus est considéré comme un cténophore très primitif appartenant peut-être au groupe souche (Conway Morris et Collins, 1996).

Nom du descripteur: Conway Morris and Collins
Date de la description : 1996
Étymologie :

Xanioascus – du grec xanion, « peigne », en référence à la forme des rangées de cils, et askos, « outre en cuir ».

canadensis – de Canada, pays où se trouvent les schistes de Burgess.

Spécimens types : Holotype – ROM 43186 conservé au Musée Royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Glossopleura (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Collins sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Conway Morris et Collins ont décrit Xanioascus canadensis en 1996 d’après des fossiles découverts par le Musée royal de l’Ontario dans un nouveau site sur le mont Stephen. L’espèce n’a fait l’objet d’aucune autre publication depuis.

Description

Morphologie :

Le corps est sacciforme et porte 24 rangées de cils bien développés qui s’étendent jusqu’à proximité de la région buccale, vraisemblablement de grande taille mais piètrement conservée. L’espèce se distingue par la présence à l’intérieur du corps de structures ovoïdes dont l’identité est incertaine.

Abondance :

Seulement 8 spécimens de l’espèce sont connus.

Taille maximum :
125 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

La présence de rangées de cils laisse croire que cet animal était un grand nageur. Son mode d’alimentation est plus incertain, car la bouche n’est pas bien préservée et il n’existe aucune indication de la présence de tentacules.

Références

CONWAY MORRIS, S. AND D. COLLINS. 1996. Middle Cambrian ctenophores from the Stephen Formation, British Columbia, Canada. Philosophical Transactions of the Royal Society of London, Series B, 351: 279-308.

Autres liens :

Aucun

Wiwaxia corrugata

Reconstitution 3D de Wiwaxia corrugata broutant la cyanobactérie Morania confluens.

RECONSTITUTION 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Halwaxiidés (Clade non classé, groupe souche des mollusques )
Nom d’espèce: Wiwaxia corrugata
Remarques:

La position phylogénétique de Wiwaxia est l’objet d’un vif débat. Les similarités du genre avec les mollusques ont été soulignées (Conway Morris, 1985; Scheltema et al., 2003; Caron et al., 2006; Caron et al., 2007), mais l’hypothèse de sa parenté avec les vers annélides, posée originalement par Matthew (1899), reçoit encore des appuis (Butterfield, 1990; Conway Morris et Peel, 1995; Butterfield, 2006, 2008). La divergence du genre Wiwaxia pourrait également être antérieure à celle des mollusques et des vers annélides (Eibye-Jacobsen, 2004). Wiwaxia a été classé récemment dans un groupe appelé halwaxiidés avec les genres d’halkiériidés Orthrozanclus et Odontogriphus (Conway Morris et Caron, 2007).

Nom du descripteur: Matthew
Date de la description : 1899
Étymologie :

Wiwaxia – d’après les pics Wiwaxy (2 703 m), dans le parc national du Canada Yoho. Chez les Nakoda, le mot assiniboine wiwaxy

Wiwaxia – d’après les pics Wiwaxy (2 703 m), dans le parc national du Canada Yoho. Chez les Nakoda, le mot assiniboine wiwaxy signifie « venteux ».

corrugata – du latin corrugis, « froncé » ou « plissé », en référence à l’aspect ridé des sclérites recouvrant l’animal.

signifie « venteux ».

Spécimens types : Holotype – ROM 8596 conservé au Musée Royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune espèce n’a été décrite, mais des sclérites ont été trouvées dans un certain nombre de dépôts du Cambrien moyen situés entre le nord du Canada (Butterfield, 1994) et la Chine (Zhao et al., 1994).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; couches à trilobites, couches à tulipes (S7) et carrière Collins sur le mont Stephen; autres sites moins importants sur les monts Field et Odaray.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dans le cadre d’une étude de fossiles prélevés par Walker dans les couches à trilobites sur le mont Stephen, le paléontologue canadien G. F. Matthew (1899) a décrit plusieurs formes qu’il assimilait aux tubes de différents vers annélides, dont une qu’il a nommée Orthotheca corrugata. À l’époque, Matthew ignorait que ce fossile particulier n’était qu’une partie d’un organisme beaucoup plus grand. C’est seulement lorsque Walcott (1911) a découvert des spécimens articulés et bien mieux conservés dans la couche à phyllopodes que la morphologie de l’espèce est devenue plus évidente. Walcott a transféré corrugata dans le nouveau genre Wiwaxia et classé l’espèce dans le groupe des vers annélides polychètes (Walcott, 1911). Le spécimen le mieux conservé d’« Orthotheca corrugata », selon la désignation de Walker, est demeuré inconnu jusqu’à ce qu’il soit « redécouvert » dans les collections du Musée royal de l’Ontario en 1977.

L’interprétation de Walcott a d’abord été mise en question dans une réévaluation détaillée du genre (Conway Morris, 1985), puis par Scheltema et al. (2003) et Caron et al. (2006), qui se sont appuyés sur le lien établi par Conway Morris entre les pièces buccales de Wiwaxia et la radula propre aux mollusques. Butterfield (1990) était toutefois partisan d’une affinité avec les vers annélides, en majeure partie sur la base d’une étude de sclérites individuelles, d’abord au niveau du groupe-couronne puis à celui du groupe-souche (Butterfield, 2003; 2006). Des travaux ultérieurs ont cependant montré que les données disponibles ne permettent pas de conclure de façon probante à l’existence d’un lien étroit avec les vers annélides (Eibye-Jacobsen, 2004). L’hypothèse d’une relation avec les halkiériidés, évoquée antérieurement (Bengtson et Morris, 1984; Conway Morris et Peel, 1995), a été explorée plus à fond récemment (Conway Morris et Caron, 2007).

D’autres études ont porté plus spécifiquement sur l’écologie et la taphonomie de cet animal. L’iridescence de Wiwaxia était peut-être due à la présence de plans parallèles rapprochés sur les écailles (Parker, 1998). Wiwaxia a permis de mesurer l’étendue de la décomposition dans les assemblages de fossiles (Caron et Jackson, 2006) et de reconstituer les processus taphonomiques à plus long terme qui ont favorisé la conservation des fossiles des schistes de Burgess (Butterfield et al., 2007).

Description

Morphologie :

Wiwaxia corrugata est un organisme ressemblant à une limace qui peut atteindre 5,5 cm de longueur. Le corps, à l’exception de la face ventrale, est entièrement couvert d’éléments en forme d’écaille connus sous le nom de sclérites et d’épines. De forme à peu près ovale, il n’est pas segmenté. Les sclérites qui le recouvrent sont disposées en une cinquantaine de rangées, et le dos porte deux rangées de 7 à 11 piquants allongés en forme de lame. Ces sclérites et lames sont insérées directement dans la paroi corporelle. L’appareil buccal de Wiwaxia comprend deux (ou dans de rares cas trois) plaques dentées qui ont été comparées à la radula des mollusques ou aux mâchoires des vers annélides.

Abondance :

Wiwaxia a été trouvé surtout dans la carrière Walcott, où il est relativement commun et représente 0,9 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
55 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

La similarité entre l’appareil buccal d’Odontogriphus et celui de Wiwaxia laisse supposer que ce dernier se nourrissait lui aussi parmi les amas de la cyanobactérie Morania qui tapissaient les fonds marins durant le Cambrien. Son armure de sclérites et ses longs piquants, cassés chez certains spécimens, donnent à croire qu’il servait de proie à divers prédateurs non identifiés.

Références

BENGSTON, S. AND S. CONWAY MORRIS, 1984. A comparative study of Lower Cambrian Halkieria and Middle Cambrian Wiwaxia. Lethaia, 17:307-329.

BUTTERFIELD, N. J. 1990. A reassessment of the enigmatic Burgess Shale fossil Wiwaxia corrugata (Matthew) and its relationship to the polychaete Canadia spinosa Walcott. Paleobiology: 287-303.

BUTTERFIELD, N. J. 1994. Burgess Shale-type fossils from a Lower Cambrian shallow-shelf sequence in northwestern Canada. Nature, 369(6480): 477-479.

BUTTERFIELD, N. J. 2003. Exceptional fossil preservation and the Cambrian Explosion. Integrative and Comparative Biology, 43:166-177.

BUTTERFIELD, N. J. 2006. Hooking some stem-group “worms”: fossil lophotrochozoans in the Burgess Shale. BioEssays, 28: 1161-1166.

BUTTERFIELD, N. J. 2008. An early Cambrian radula. Journal of Paleontology, 82(3): 543-554.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON, 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CARON, J.-B., A. H. SCHELTEMA, C. SCHANDER AND D. RUDKIN, 2006. A soft-bodied mollusc with radula from the Middle Cambrian Burgess Shale. Nature, 442(7099): 159-163.

CARON, J.-B., A. H. SCHELTEMA, C. SCHANDER AND D. RUDKIN. 2007. Reply to Butterfield on stem-group « worms: » fossil lophotrochozoans in the Burgess Shale. BioEssays, 29:200-202.

CONWAY MORRIS, S. 1985. The Middle Cambrian metazoan Wiwaxia corrugata (Matthew) from the Burgess Shale and Ogygopsis Shale, British Columbia, Canada. Philosophical Transactions of the Royal Society of London, Series B, 307(1134): 507-582.

CONWAY MORRIS, S. AND J.-B. CARON, 2007. Halwaxiids and the Early Evolution of the Lophotrochozoans. Science, 315(5816): 1255-1258.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL, 1995. Articulated halkieriids from the Lower Cambrian of North Greenland and their role in early protostome evolution. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B: Biological Sciences, 347(1321): 305-358.

EIBYE-JACOBSEN, D. 2004. A reevaluation of Wiwaxia and the polychaetes of the Burgess Shale. Lethaia, 37(3): 317-335.

MATTHEW, G. F. 1899. Studies on Cambrian Faunas, No. 3. Upper Cambrian fauna, Mount Stephen, British Columbia. The trilobites and worms. Transactions of the Royal Society, 5: 39-66

PARKER, A. R. 1998. Colour in Burgess Shale animals and the effect of light on evolution in the Cambrian. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 265(1400): 967.

SCHELTEMA, A. H., K. KERTH AND A. M. KUZIRIAN, 2003. Original molluscan radula: Comparisons among Aplacophora, Polyplacophora, Gastropoda, and the Cambrian fossil Wiwaxia corrugata. Journal of Morphology, 257(2): 219-245.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(2): 109-144.

ZHAO, Y.-l., Y. QIAN AND X.-S. LI, 1994. Wiwaxia from Early-Middle Cambrian Kaili Formation in Taijiang, Guizhou. Acta Palaeontologica Sinica, 33:359-366.

Autres liens :

Vauxia gracilenta

Reconstitution 3D de Vauxia bellula avec d’autres éponges (Choia ridleyi, Diagoniella cyathiformis, Eiffelia globosa, Hazelia conferta, Pirania muricata, et Wapkia elongata) et Chancelloria eros, un animal couvert d’épines disposées en étoile qui ressemble à une éponge.

RECONSTITUTION 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Démosponges (Ordre : Verongida)
Nom d’espèce: Vauxia gracilenta
Remarques:

Dans sa description initiale publiée en 1920, Walcott a classé Vauxia parmi les éponges hexactinellides, mais Rigby (1980) a transféré le genre et la famille dans les démosponges. Les démosponges, qui comprennent les éponges de toilette, forment aujourd’hui la classe d’éponges la plus importante.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1920
Étymologie :

Vauxia – d’après le mont Vaux (3 319 m), sommet situé dans le parc national du Canada Yoho, Colombie-Britannique, nommé en l’honneur de William Sandys Wright Vaux (1818-1885), spécialiste des antiquités au British Museum.

gracilenta – du latin gracilis, « fin », en référence à la structure délicate de l’éponge.

Spécimens types : Lectotypes – USNM 66515 (V. gracilenta),USNM 66508 (V. bellula),USNM 66517 (V. densa),USNM 66520 (V. venata) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Holotype – ROM 53572 (V. irregulara) conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : V. bellula Walcott, 1920; V. densa Walcott, 1920; V. irregulara Rigby et Collins, 2004; V. venata Walcott, 1920.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Des spécimens de plusieurs espèces du genre Vauxia sont connus dans les carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles, les couches à trilobites, les couches à tulipes (S7) et la carrière Collins sur le mont Stephen, ainsi que dans des sites moins importants sur les monts Field et Odaray. Vauxia est également connu sur le mont Monarch dans le parc national du Canada Kootenay.

Autres dépôts : V. bellula Walcott, 1920, des formations de Wheeler et de Marjum du Cambrien moyen dans l’Utah (Rigby et al., 2010); V. magna Rigby, 1980, des schistes de Spence du Cambrien moyen dans l’Utah (Rigby, 1980).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Cette éponge a été décrite pour la première fois par Walcott en 1920. Rigby (1980) a révisé le genre, et Rigby (1986) et Rigby et Collins (2004) ont redécrit l’espèce dans le cadre de leur examen des éponges des schistes de Burgess.

Description

Morphologie :

Vauxia gracilenta comprend des formes simples non ramifiées et des formes ramifiées plus complexes pouvant atteindre 8 cm de hauteur. Chaque branche, quasi cylindrique et formant un cône très accentué, comporte une cavité centrale simple (spongocoele) à ouverture (oscule) concave ou plate. Le squelette se compose d’une couche externe mince (derme) et d’une couche interne (endosome). Le derme est percé de petites ouvertures appelées ostiums (ou pores de sortie) et constitué d’un réseau dense de fibres entrecroisées supportées par les fibres radiales de l’endosome. Ce dernier forme un réseau de fibres à polygones de 4 ou 6 faces caractéristique du genre et de l’espèce. Les éléments fibreux (spongine) sont constitués de collagène, une protéine résistante. Le squelette ne portait pas de spicules siliceux.

Les différentes espèces sont distinguées principalement d’après les variations des éléments du squelette et de la forme des branches. Certaines espèces (V. bellula et V. densa) peuvent atteindre au moins 15 cm de hauteur.

Abondance :

Vauxia est relativement commun dans la carrière Raymond et ailleurs sur le mont Stephen, mais rare dans la carrière Walcott, où il représente moins de 0,05 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
80 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

Vauxia était ancré au fond marin. Les particules de matière organique étaient extraites de l’eau lors de leur passage dans les canaux de sa paroi.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

RIGBY, J. K. 1980. The new Middle Cambrian sponge Vauxia magna from the Spence Shale of Northern Utah and taxonomic position of the Vauxiidae. Journal of Paleontology, 54(1): 234-240.

RIGBY, J. K. 1986. Sponges of the Burgess Shale (Middle Cambrian), British Columbia. Palaeontographica Canadiana, 2: 1-105 p.

RIGBY, J. K. AND D. COLLINS. 2004. Sponges of the Middle Cambrian Burgess Shale and Stephen Formations, British Columbia. Royal Ontario Museum Contributions in Science (1): 155 p.

RIGBY, J. K., S. B. CHURCH AND N. K. ANDERSON. 2010. Middle Cambrian Sponges from the Drum Mountains and House Range in Western Utah. Journal of Paleontology, 84: 66-78.

WALCOTT, C. D. 1920. Middle Cambrian Spongiae. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(6): 261-365.

Autres liens :

Aucun

Isoxys acutangulus

Reconstitution 3D d’Isoxys carinatus.

RECONSTITUTION 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Isoxys acutangulus
Remarques:

Les affinités d’Isoxys sont incertaines. Pendant longtemps, le genre n’était connu que d’après l’étude de carapaces vides. Des descriptions récentes des parties molles font état d’appendices frontaux similaires à ceux observés dans certains taxons de Megacheira, classe d’arthropodes « à grands appendices », tels que LeanchoiliaAlalcomenaeus et Yohoia (Vannier et al., 2009; García Bellido et al., 2009a) Les affinités de Megacheira sont elles mêmes nébuleuses. La classe est cependant placée dans les lignées souches des euarthropodes (Budd, 2002) ou des chélicérates (Chen et al., 2004; Edgecombe, 2010).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1908
Étymologie :

Isoxys – du grec isos, « égal », et xystos, « lisse », en référence aux deux valves lisses.

acutangulus – du latin acutus, « pointu » ou « tranchant », et angulus, « angle », en référence à l’angle aigu des épines cardinales.

Spécimens types : Statut du type en cours de révision – USNM 56521 (I. acutangulus) et holotypeUSNM189170 (I. longissimus) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : I. longissimus des carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles.

Autres dépôts : I. chilhoweanus du groupe Chilhowee au Tennessee, États Unis; I. auritus, I. paradoxus et I. curvirostratus des schistes de Maotianshan, Chine; I. bispinatus de la formation de Shuijingtuo dans le Hubei, Chine; I. wudingensis de la faune de Guanshan, Chine; I. communis et I. glaessneri des schistes d’Emu Bay, Australie; I. volucris de la faune de Sirius Passet dans la formation de Buen, Groenland; I. carbonelli de la Sierra Morena, Espagne et I. zhurensis de la zone à Profallotaspis jakutensis, Sibérie occidentale. Espèces du Canada non décrites : formation de Mount Cap dans les montagnes Mackenzie, Territoires du Nord Ouest, et formation Eager près de Cranbrook. Autres espèces non décrites dans la formation de Kaili de la province du Guizhou, Chine, et la formation Kinzers en Pennsylvanie, États-Unis. Voir Briggs et al. (2008), García Bellido et al. (2009a et b), Stein et al. (2010) et Vannier et Chen (2000).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone de Glossopleura à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles. D’autres sites sont répertoriés sur le mont Field, le mont Stephen – couches à tulipes (S7) et couches à trilobites – et près du glacier Stanley.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

En 1890, Walcott a donné le nom Isoxys aux spécimens du Cambrien inférieur trouvés dans le groupe Chilhowee au Tennessee, États Unis. Il a ensuite nommé Anomalocaris ? acutangulus (Walcott 1908) la première espèce trouvée dans les couches à trilobites du mont Stephen, la plaçant à tort dans le genre Anomalocaris. Simonetta et Delle Cave (1975) ont rebaptisé cette espèce Isoxys acutangulus et ont découvert une autre espèce du genre dans les schistes de Burgess, I. longissimus. Les premières appellations étant basées sur la description de carapaces, il a été difficile de mener des recherches sur l’écologie et les affinités phylogénétiques d’Isoxys. Les parties molles ont été récemment décrites d’après les taxons des schistes de Burgess (Vannier et al., 2009; García Bellido et al., 2009a).

Description

Morphologie :

La caractéristique la plus remarquable d’Isoxys est sa carapace non minéralisée, qui couvre la majeure partie du corps et mesure de 1 à presque 4 cm de long. Cette carapace se plie pour former deux valves hémisphériques armées d’épines cardinales, qui dépassent des régions antérieure et postérieure du corps. Une paire d’yeux globuleux se fraye un chemin en dessous des carapaces et saille vers l’avant et les côtés. Ces yeux sont attachés à la tête par de très courts pédoncules. Une paire d’appendices frontaux segmentés et non dédoublés (uniramés) voisine les yeux pédonculés. Ces appendices flexibles, avec leur bordure en dents de scie, sont courbés et comptent cinq segments, dont un segment basal, trois segments dotés de protubérances et un segment terminal pointu.

Les 13 paires d’appendices du tronc sont implantées à intervalles réguliers. Les appendices sont segmentés et dédoublés en deux branches (biramés), avec des membres locomoteurs minces et non segmentés d’une part et de grandes palettes en forme de pagaie bordées de longues soies (setæ) d’autre part. Le telson porte une paire de palettes latérales. Un intestin cylindrique bordé de paires de glandes intestinales lobées va de la tête à l’extrémité ventrale du telson. I. longissimus se distingue d’I. acutangulus par la présence d’épines très allongées et la forme également allongée de son corps.

Abondance :

Isoxys est connu d’après l’étude de centaines de spécimens prélevés sur la crête aux Fossiles. Dans la carrière Walcott, Isoxys acutangulus est relativement commun et compte pour environ 0,35 % de la faune, alors qu’Isoxys longissimus y est extrêmement rare (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
40 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

Le corps profilé, la carapace mince et les appendices dotés de grandes palettes en forme de pagaie indiquent qu’Isoxys aurait nagé librement. Les épines et le large telson auraient servi à diriger et à stabiliser l’animal lors de ses déplacements dans la colonne d’eau. Les grands yeux, les appendices frontaux et la présence de glandes intestinales suggèrent un mode de vie de prédateur. Isoxys aurait nagé juste au dessus du lit marin à la recherche de proies dans la colonne d’eau et l’interface eau sédiment.

Références

BRIGGS, D. E. G., B. S. LIEBERMAN, J. R. HENDRICK, S. L. HALGEDAHL AND R. D. JARRARD. 2008. Middle Cambrian arthropods from Utah. Journal of Paleontology, 82: 238-254.

BUDD, G. E. 2002. A palaeontological solution to the arthropod head problem. Nature, 417: 271-275.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CHEN, J. Y., D. WALOSZEK AND A. MAAS. 2004. A new ‘great-appendage’ arthropod from the Lower Cambrian of China and homology of chelicerate chelicerae and raptorial antero-ventral appendages. Lethaia, 37: 3-20.

EDGECOMBE, G. D. 2010. Arthropod phylogeny: An overview from the perspectives of morphology, molecular data and the fossil record. Arthropod Structure & Development, 39: 74-87.

GARCÍA-BELLIDO, D. C., J. VANNIER AND D. COLLINS. 2009a. Soft-part preservation in two species of the arthropod Isoxys from the middle Cambrian Burgess Shale of British Columbia, Canada. Acta Palaeontologica Polonica, 54: 699-712.

GARCÍA-BELLIDO, D. C., J. R. PATERSON, G. D. EDGECOMBE, J. B. JAGO, J. G. GEHLING AND M. S. Y. LEE. 2009b. The bivavled arthropods Isoxys and Tuzoia with soft-part preservation from the lower Cambrian Emu Bay Shale Lagerstätte (Kangaroo Island, Australia). Palaeontology, 52: 1221-1241.

SIMONETTA, A.M. AND L. DELLE CAVE. 1975. The Cambrian non trilobite arthropods from the Burgess Shale of British Columbia. A study of their comparative morphology, taxonomy and evolutionary significance. Palaeontographia Italica, 69: 1-37.

STEIN, M., J. S. PEEL, D. J. SIVETER AND M. WILLIAMS. 2010. Isoxys (Arthropoda) with preserved soft anatomy from the Sirius Passet Lagerstätte, lower Cambrian of North Greenland. 2010. Lethaia, 43: 258-265.

VANNIER, J. AND J.-Y. CHEN. 2000. The Early Cambrian colonization of pelagic niches exemplified by Isoxys (Arthropoda). Lethaia, 35: 107-120.

VANNIER, J., D. C. GARCÍA-BELLIDO, S. X. HU AND A. L. CHEN. 2009. Arthropod visual predators in the early pelagic ecosystem: evidence from the Burgess Shale and Chengjiang biotas. Proceedings of the Royal Society of London Series B, 276: 2567-2574.

WALCOTT, C. D. 1890. The fauna of the Lower Cambrian or Olenellus Zone. Reports of the U.S. Geological Survey, 10: 509-763.

WALCOTT, C. D. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. The Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WILLIAM, M., D. J. SIVETER AND J. S. PEEL. 1996. Isoxys (Arthropoda) from the early Cambrian Sirius Passet Lagerstätte, North Greenland. Journal of Paleontology, 70: 947-954.

Autres liens :

Aucun

Herpetogaster collinsi

Reconstitution 3D d’Herpetogaster collinsi.

Modèle 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Cambroernides (Clade non classé, groupe souche des ambulacraires )
Nom d’espèce: Herpetogaster collinsi
Remarques:

À l’instar d’autres fossiles pédonculés ou discoïdes comme EldoniaHerpetogaster appartient probablement au groupe souche des ambulacraires, clade comprenant les échinodermes et les hémichordés (Caron et al., 2010).

Nom du descripteur: Caron et Conway Morris
Date de la description : 2010
Étymologie :

Herpetogaster – du grec herpo, « ramper », et gaster, « estomac », en référence à l’aspect rampant et au gros estomac de l’animal.

collinsi – en l’honneur de Desmond Collins, ancien conservateur de paléontologie du Musée royal de l’Ontario qui a dirigé des expéditions aux schistes de Burgess de 1975 à 2000.

Spécimens types : Holotype – ROM 58051 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; carrière Collins sur le mont Stephen; glacier Stanley dans le parc national du Canada Kootenay.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Herpetogaster a été décrit en 2010 en tant que membre possible des ambulacraires (Caron et Conway Morris 2010).

Description

Morphologie :

Herpetogaster est d’un corps constitué d’une partie principale pourvue d’une paire de tentacules à l’avant et d’un stolon souple. La partie principale est divisée en treize segments et forme une spire dans le sens des aiguilles d’une montre en vue dorsale. Les tentacules, longs et flexibles, se ramifient plusieurs fois. L’estomac est la partie la plus visible du tube digestif et détermine souvent, comme chez Eldonia, genre étroitement apparenté à Herpetogaster, une zone très réfléchissante. L’anus est terminal, et la bouche s’ouvre entre les deux tentacules. Le stolon est parfois plus long que la partie principale du corps et se termine par un disque plat, qui servait de toute évidence à fixer l’animal au fond de l’eau ou à d’autres organismes.

Abondance :

Des 101 spécimens découverts à ce jour, seulement 6 l’ont été dans la carrière Walcott, où l’espèce ne représente que 0,011 % de la faune locale (Caron et Jackson, 2008). La plupart des spécimens (68) proviennent de la carrière Raymond.

Taille maximum :
48 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

Les spécimens d’Herpetogaster ont été découverts en association avec l’éponge Vauxia, ce qui porte à croire que l’animal vivait sur le fond marin ou à proximité. On ignore toutefois si Herpetogaster menait une existence sessile, et s’il se nourrissait exclusivement de particules en suspension dans l’eau ou de proies qu’il capturait à l’aide de ses tentacules préhensiles.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CARON, J.-B., S. CONWAY MORRIS AND D. SHU. 2010. Tentaculate fossils from the Cambrian of Canada (British Columbia) and China (Yunnan) interpreted as primitive deuterostomes. PLoS ONE, 5(3): e9586.

Autres liens :

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0009586

Choia carteri

Reconstitution 3D de Choia ridleyi avec d’autres éponges (Diagoniella cyathiformis, Eiffelia globosa, Hazelia conferta, Pirania muricata, Vauxia bellula, et Wapkia elongata) et Chancelloria eros, un animal couvert d’épines disposées en étoile qui ressemble à une éponge.

Reconstitution 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Démosponges (Ordre : Monaxonida)
Nom d’espèce: Choia carteri
Remarques:

Choia appartient aux protomonaxonides, branche ancestrale d’éponges siliceuses, à la base de la classe des démosponges (Rigby, 1986). Les démosponges représentent aujourd’hui la vaste majorité des éponges.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1920
Étymologie :

Choia – peut-être de l’espagnol cholla, cactus du genre Opuntia, dont la forme et les épines évoquent celles de l’éponge (origine inconnue).

carteri – d’après d’H. J. Carter, éminent spécialiste des éponges hexactinellides du XIXe siècle.

Spécimens types : Lectotypes – USNM 66482 (C. carteri),USNM 66487 (C. ridleyi) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis. (Les types et renseignements d’archivage de C. hindei sont inconnus.)
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : C. ridleyi (Walcott, 1920) de la carrière Walcott; C. hindei (Dawson, 1896) de la carrière de Raymond.

Autres dépôts : C. utahensis (Walcott, 1920) du Cambrien moyen des formations de Wheeler et Marjum en Utah (Rigby et coll., 2010). C. xiaolantianensis du Cambrien inférieur de la faune de Chengjiang en Chine (Hou et coll., 1999), C. sp. de la même formation près de Haikou dans la province du Yunnan (Luo et coll., 1999) et C.? sriata du Cambrien inférieur de la formation d’Hetang dans la province de l’Anhui (Xiao et coll., 2005). Choia est également connu d’après l’étude de spécimens de l’Ordovicien du Maroc (Botting, 2007).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, de la zone à Bathyuriscus-Elrathina à la cénozone (zone d’association) à Bolaspidella du Cambrien moyen tardif (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; carrière Collins et couches à trilobites sur le mont Stephen.

Autres dépôts : C. hindei (Dawson, 1896) de l’Ordovicien du Québec à Petit-Métis au Cambrien moyen des schistes de Burgess; C. carteri du Cambrien moyen des formations de Wheeler et Marjum dans l’Utah (Rigby et coll., 2010).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Choia a été décrit pour la première fois par Walcott (1920) à partir de spécimens des schistes de Burgess, de l’Utah et du Québec. Les matériaux fossiles des schistes de Burgess ont été examinés à nouveau en détail par Rigby (1986) et Rigby et Collins (2004).

Description

Morphologie :

Choia carteri consiste en un disque elliptique pouvant atteindre 2 cm de diamètre (5 cm avec les longs spicules) constitué de fins spicules rayonnants à partir desquels des spicules plus longs (jusqu’à 30 mm) et plus solides rayonnent également. Les autres espèces se distinguent par leurs tailles et l’épaisseur de leurs pointes. C. ridleyi est généralement plus petit (moins de 1,5 cm) et C. hindei, plus grand (jusqu’à 8 cm).

Abondance :

Choia n’est pas commun dans la carrière Walcott, où il ne représente que 0,2 % de la faune (Caron et Jackson, 2008). Seul un spécimen de C. hindei est répertorié dans les schistes de Burgess (Rigby et Collins, 2004).

Taille maximum :
50 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

L’éponge n’était pas ancrée aux sédiments, mais reposait plutôt sur le plancher sous-marin. Ses longs spicules auraient servi à la maintenir au-dessus de l’interface eau-sédiment. Les particules de matière organique étaient extraites de l’eau lors de leur passage dans les canaux de la paroi de l’éponge.

Références

BOTTING, J. P. 2007. ‘Cambrian’ demosponges in the Ordovician of Morocco: insights into the early evolutionary history of sponges. Geobios, 40: 737-748.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

DAWSON, J. W. 1896. Additional notes on fossil sponges and other organic remains from the Québec Group of Little Métis on the lower St. Lawrence; with notes on some of the specimens by Dr. G.J. Hinde. Transactions of the Royal Society of Canada, 2: 91-129.

HOU, X., J. BERGSTRÖM, H. WANG, X. FENG AND A. CHEN. 1999. The Chengjiang fauna exceptionally well-preserved animals from 530 million years ago. Yunnan Science and Technology Press, Kunming, 170 p.

LUO, H., S. HU, L. CHEN, S. ZHANG AND Y. TAO. 1999. Early Cambrian Chengjiang fauna from Kunming region, China. Yunnan Science and Technology Press, Kunming, 162 p.

RIGBY, J. K. 1986. Sponges of the Burgess Shale (Middle Cambrian), British Columbia. Palaeontographica Canadiana, 2: 1-105.

RIGBY, J. K. AND D. COLLINS. 2004. Sponges of the Middle Cambrian Burgess Shale and Stephen Formations, British Columbia, 1, 155 p.

RIGBY, J. K., S. B. CHURCH AND N. K. ANDERSON. 2010. Middle Cambrian Sponges from the Drum Mountains and House Range in Western Utah. Journal of Paleontology, 84: 66-78.

WALCOTT, C. D. 1920. Middle Cambrian Spongiae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(6): 261-364.

XIAO, S., J. HU, X. YUAN, R. L. PARSLEY AND R. CAO. 2005. Articulated sponges from the Lower Cambrian Hetang Formation in southern Anhui, South China: their age and implications for the early evolution of sponges. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 220: 89-117.

Autres liens :

Branchiocaris pretiosa

Reconstitution de Branchiocaris pretiosa.

© Marianne Collins

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Branchiocaris pretiosa
Remarques:

Branchiocaris est considéré soit comme un euarthropode de la lignée souche (Budd, 2002; 2008), soit comme un branchiopode (crustacé primitif), arthropode du groupe couronne (Resser, 1929; Hou et Bergström, 1997; Briggs et al., 2008), qui pourrait s’apparenter étroitement à Marrella (Briggs et al., 1992; Wills et al., 1998).

Nom du descripteur: Resser
Date de la description : 1929
Étymologie :

Branchiocaris – du grec branchion, « branchie », et du latin caris, « crabe » ou « crevette », soit « crevette à branchie ».

pretiosa – du latin pretiosus, « précieux » ou « séduisant ».

Spécimens types : Holotype – USNM 80483 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Branchiocaris a également été trouvé dans les sédiments cambriens de l’Utah (Briggs et al., 2008); une seconde espèce possible, Branchiocaris ? yunnanensis, a été décrite à partir de spécimens de la faune de Chengjiang du Cambrien inférieur, en Chine (Hou, 1987).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zones à Glossopleura et Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles. Couches à tulipes (S7) et carrière Collins sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

L’animal a été initialement décrit en 1929 par Resser comme Protocaris pretiosa, seconde espèce du genre Protocaris établi par Walcott en 1884. Resser (1929) l’a considéré comme un Phyllocaride (crustacé), mais Raymond (1935) et Størmer (1944) lui ont trouvé des affinités avec les trilobites. À l’issue d’une redescription complète, Briggs (1976) a placé P. pretiosa dans un nouveau genre, Branchiocaris, en raison de différences observées dans la morphologie du telson et le contour de la carapace. Bien que Briggs (1976) ait reconnu des similitudes entre Branchiocaris et les crustacés branchiopodes, il n’a pas associé l’animal à un groupe d’arthropodes existant. Hou et Bergström (1997) ont suggéré que Branchiocaris était un branchiopode du clade Calmanostraca, tandis que d’autres analyses phylogénétiques l’ont rapproché de Marrella (Briggs et al., 1992; Wills et al., 1998). Une réévaluation des structures céphaliques a incité Budd (2002, 2008) à suggérer que Branchiocaris serait un euarthropode de la lignée souche appartenant au même clade qu’OdaraiaFuxianhuiaPerspicaris et Canadaspis.

Description

Morphologie :

Le corps finement segmenté de Branchiocaris, avec ses nombreux membres au niveau du tronc et son telson particulier à deux pales, est couvert d’une imposante carapace. Il mesure de 7 à plus de 9 cm de long. La carapace subovale est séparée par une ligne cardinale droite et se termine par une épine pointant à chaque coin. La carapace est lisse, excepté le long de sa marge, sur une fine bordure parsemée de 150 à 200 fossettes allongées et irrégulièrement espacées. Elle couvre la majeure partie de la tête et la moitié antérieure du corps et s’étend partiellement au-dessus des flancs de l’animal. Le devant de la tête est couvert d’une sclérite hémicirculaire en dessous de laquelle sont attachées deux paires d’appendices céphaliques. La paire la plus proéminente est constituée d’antennes robustes, mais très flexibles, qui s’enracinent près de l’avant de la surface supérieure (position antérodorsale) et s’affinent graduellement vers l’arrière. Chaque antenne compte un minimum de 20 segments. Sous les antennes se trouve une paire d’appendices semblables à des pinces (subchéliformes). Chacun de ces appendices est divisé en sept segments au moins, le dernier segment étant allongé en épine avec un sillon central. Rien n’indique la présence d’yeux. Le tronc est divisé en 44 segments; les appendices sont attachés à une crête parcourant le bord ventrolatéral de l’animal. Les segments du tronc supportent des appendices constitués d’une large palette triangulaire abritant des lamelles branchiales et des poils (setæ) et d’une courte partie proximale pouvant compter jusqu’à sept segments. La partie postérieure du corps se termine par un grand segment suboval, le telson, auquel s’attachent deux procès (prolongements) lancéolés, qui s’étendent depuis la surface ventrale du telson. Visibles sous forme de taches sombres très réfléchissantes ou de crête surélevée, des vestiges de tube digestif traversent le corps de certains spécimens.

Abondance :

Branchiocaris est très rare dans la carrière Walcott sur la crête aux Fossiles, où il compte pour un pourcentage négligeable (0,008 %) de la faune (Caron et Jackson, 2008). Il est plus commun dans la zone à Glossopleura, légèrement plus ancienne, du mont Stephen (Collins et al., 1983).

Taille maximum :
155 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

Les appendices du tronc sont peu adaptés à la marche, mais les larges palettes semblent idéales pour propulser l’animal dans la colonne d’eau par ondulations. En créant un courant d’eau le long de la surface ventrale du corps, la nage aurait stimulé la respiration au niveau des lamelles branchiales. Le telson participait probablement à la propulsion et à la direction pendant la nage. Les appendices frontaux subchéliformes auraient servi à prélever les particules alimentaires du lit marin et à les acheminer vers la bouche. Les antennes devaient avoir une fonction sensitive. Branchiocaris n’ayant apparemment pas d’yeux, il est très peu probable qu’il eût été un prédateur actif. Nageant au ras du fond pour recueillir sa nourriture, il était probablement dépositivore.

Références

BRIGGS, D. E. G. 1976. The arthropod Branchiocaris n. gen. Middle Cambrian, Burgess Shale, British Columbia. Geological Survey of Canada Bulletin, 264: 1-29.

BRIGGS, D. E. G. AND R. A. ROBISON. 1984. Exceptionally preserved non-trilobite arthropods and Anomalocaris from the Middle Cambrian of Utah. The University of Kansas Paleontological Contributions, 111: 1-24.

BRIGGS, D. E. G., R. A. FORTEY, M. A. WILLS. 1992. Morphological disparity in the Cambrian. Science, 256: 1670-3.

BRIGGS, D. E. G., B. S. LIEBERMAN, J. R. HENDRICK, S. L. HALGEDAHL AND R. D. JARRARD. 2008. Middle Cambrian arthropods from Utah. Journal of Paleontology, 82: 238-254.

BUDD, G. E. 2002. A palaeontological solution to the arthropod head problem. Nature, 417: 271-275.

BUDD, G. E. 2008. Head structures in upper stem-group euarthropods. Palaeontology, 51: 561-573.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

COLLINS, D., D. BRIGGS AND S. CONWAY MORRIS. 1983. New Burgess Shale fossil sites reveal Middle Cambrian faunal complex. Science, 222: 163-167.

HOU, X. 1987. Early Cambrian large bivalved arthropods from Chengjiang, eastern Yunnan. Acta Palaeontologica Sinica, 26: 286-298.

HOU, X. and J. BERGSTRÖM. 1997. Arthropods of the Lower Cambrian Chengjiang fauna, southwest China. Fossils and Strata, 45: 1-116.

HOU, X., R. J. ALDRIDGE, J. BERGSTRÖM, D. J. SIVETER, D. J. SIVETER, AND X. FENG. 2004. The Cambrian Fossils of Chengjiang, China. The Flowering of Early Animal Life. Blackwell, Oxford.

RAYMOND, P. E. 1935. Leanchoilia and other Mid-Cambrian Arthropoda. Harvard University Museum of Comparative Zoology Bulletin, 76: 205-230.

RESSER, C. E. 1929. New Lower and Middle Cambrian Crustacea. Proceedings of the United States National Museum, 76: 1-18.

STØMER, L. 1944. On the relationships and phylogeny of fossil and recent Arachnomorpha. Norsk Videnskaps-Akademi Skrifter I. Matematisk-Naturvidenskaplig Klasse, 5: 1-158.

WALCOTT, C. D. 1884. On a new genus and species of Phyllopoda from the Middle Cambrian, p. 330-331. In On the Cambrian faunas of North America, preliminary studies. U.S. Geological Survey Bulletin, 30.

WILLS, M. A., D. E. G. BRIGGS, R. A. FORTEY, M. WILKINSON, AND P. H. SNEATH. 1998. An arthropod phylogeny based on fossil and recent taxa. p. 33-105. In G. D. Edgecombe (ed.), Arthropod Fossils and Phylogeny. Columbia University Press, New York.

Autres liens :

Aucun

Bathyuriscus rotundatus

Bathyuriscus rotundatus (USNM 116232b) – Plesiotype. Individu presque complet montrant la joue libre droite. Longueur du spécimen = 14 mm. Spécimen sec, lumière directe. Couches à trilobites sur le mont Stephen.

© Smithsonian Institution – Musée National D’histoire Naturelle. Photo : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Trilobites (Ordre : Corynexochida)
Nom d’espèce: Bathyuriscus rotundatus
Remarques:

Les trilobites sont des euarthropodes éteints, probablement des représentants de la lignée souche des mandibulés, qui regroupent les crustacés, les myriapodes et les hexapodes (Scholtz et Edgecombe, 2006).

Nom du descripteur: Rominger
Date de la description : 1887
Étymologie :

Bathyuriscus – variante de Bathyurus, genre ancestral des trilobites, du mot grec bathys, « profond », et oura, « queue », soit trilobite à queue « profonde ».

rotundatus – du latin rotundus, « rond », allusion à la forme arrondie de la carapace dorsale.

Spécimens types : Statut du type en cours de révision – UMMP 4884 (neuf spécimens) conservés au Musée de paléontologie de l’Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan, États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Bathyuriscus adaeus Walcott, 1916 dans plusieurs sites plus élevés de la zone à Bathyuriscus-Elrathina des monts Stephen, Odaray et Park.

Autres dépôts : d’autres espèces de Bathyuriscus ont été décrites à partir de spécimens provenant de nombreux sites dans les gisements du Cambrien, en Amérique du Nord.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobites et autres sites sur le mont Stephen; crête aux Fossiles dans des couches sédimentaires plus anciennes que celles de la carrière Walcott.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Bathyuriscus rotundatus a été décrit pour la première fois dans une publication (1887) traitant de plusieurs trilobites importants du mont Stephen. À l’origine, Carl Rominger a donné le nom d’Embolimus rotundata aux spécimens partiels de ce trilobite, et celui d’Embolimus spinosa à une seconde espèce semblable de sa collection (aujourd’hui connue en tant que Zacanthoides romingeri). En 1908, Walcott a redécrit l’espèce en tant que Bathyuriscus rotundatus, désignation encore en usage aujourd’hui (Walcott, 1908). Tout comme son voisin Elrathina cordilleraeB. rotundatus est un fossile type de la zone à Bathyuriscus-Elrathina du Cambrien moyen, dans le sud des Rocheuses canadiennes.

Description

Morphologie :

Parties dures : l’exosquelette dorsal adulte, en forme d’ovale, peut mesurer jusqu’à 5 cm de long; il est doté d’un céphalon hémisphérique, un thorax de neuf segments lamelliformes hérissés de courtes épines et un pygidium hémisphérique inerme.

La longue glabelle se prolonge presque jusqu’à la marge céphalique antérieure; la partie postérieure est étroite et ses côtés sont parallèles, et le tiers antérieur se dilate rapidement vers l’avant. L’animal a quatre paires de sillons glabellaires latéraux, les deux paires frontales faisant un angle vers l’avant et la paire postérieure orientée obliquement vers l’arrière. Les yeux sont relativement longs et situés près de la glabelle. De larges joues libres se prolongent vers l’arrière en formant de courtes épines génales. Le pygidium est légèrement plus petit que le céphalon, avec un rachis étroit et bien défini, composé de cinq anneaux et d’une partie terminale; quatre paires de côtes pygidiales sont habituellement visibles. En général, la surface de l’exosquelette est lisse, mais certains spécimens bien conservés présentent de légères stries anastomosées sur les joues libres.

Anatomie non minéralisée : inconnue.

Abondance :

Extrêmement commun dans les couches à trilobites sur le mont Stephen où il rivalise en abondance avec Ogygopsis klotzi.

Taille maximum :
50 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

Bathyuriscus rotundatus était un trilobite épibenthique mobile. L’absence de données sur sa structure anatomique empêche de préciser son mode d’alimentation. Il était peut-être un dépositivore, voire un détritivore opportuniste. Comme dans le cas d’Ogygopsis, on trouve parfois des spécimens complets de Bathyuriscus (probablement des carcasses), chez qui les joues libres sont manquantes, inversées ou tournées (probablement des exuvies); on trouve également des spécimens incomplets. Certains spécimens présentent des cicatrices, peut-être de blessures infligées par un prédateur (Rudkin, 2009).

Références

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116 (5): 1-277.

ROMINGER, C. 1887. Description of primordial fossils from Mount Stephens, N. W. Territory of Canada. Proceedings of the Academy of Natural Sciences of Philadelphia, 1887: 12-19.

RUDKIN, D. M. 2009. The Mount Stephen Trilobite Beds, pp. 90-102. In J.-B. Caron and D. Rudkin (eds.), A Burgess Shale Primer – History, Geology, and Research Highlights. The Burgess Shale Consortium, Toronto.

SCHOLTZ, G. AND EDGECOMBE, G. D. 2006. The evolution of arthropod heads: reconciling morphological, developmental and palaeontological evidence. Development Genes and Evolution, 216: 395-415.

WALCOTT, C. D. 1888. Cambrian fossils from Mount Stephens, Northwest Territory of Canada. American Journal of Science, series 3: 163-166.

WALCOTT, C. D. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. D. 1916. Cambrian Geology and Paleontology III. Cambrian Trilobites. Smithsonian Miscellaneous Collections, 64(5): 303-456.

Autres liens :

Anomalocaris canadensis

Reconstitution 3D d’Anomalocaris canadensis

Reconstitution 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: :+Dinocarida (Ordre : Radiodonta, groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Anomalocaris canadensis
Remarques:

Anomalocaris est un anomalocaride. Les anomalocarides ont été considérés comme un taxon basal des euarthropodes de la lignée souche (p. ex., Daley et al., 2009), un taxon basal des arthropodes chélicérates (p. ex., Chen et al., 2004) et un groupe-frère des arthropodes (p. ex., Hou et al., 2006).

Nom du descripteur: Whiteaves
Date de la description : 1892
Étymologie :

Anomalocaris – du grec anomoios, « étrange », et du latin caris, « crevette » ou « crabe », soit « étrange crevette ».

canadensis – de Canada, le pays où se trouvent les schistes de Burgess.

Spécimens types : Lectotype – GSC 3418 conservé à la Commission géologique du Canada, Ottawa, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : A. pennsylvanica dans la formation de Kinzers du Cambrien inférieur, en Pennsylvanie (Resser, 1929); A. saron dans la faune de Chengjiang du Cambrien inférieur, en Chine (Hou et al., 1995); A. briggsi dans les schistes d’Emu Bay du Cambrien inférieur, en Australie (Nedin, 1995).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Collins, Raymond et Walcott sur la crête aux Fossiles; couches à trilobites, couches à tulipes (S7) et carrière Collins sur le mont Stephen; autres sites sur les monts Field et Stephen, près du glacier Stanley, et dans les schistes de Cranbrook du Cambrien inférieur, formation Eager, en Colombie-Britannique.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

La description d’Anomalocaris est une histoire complexe. Certains chercheurs ont décrit isolément des parties de son corps avant de se rendre compte qu’elles provenaient d’un même animal. L’appendice frontal d’Anomalocaris a été décrit par Whiteaves (1892) comme le corps d’une crevette. Les parties buccales ont été présentées par Walcott (1911) comme la méduse Peytoia nathorsti. Un spécimen complet d’un anomalocaride a initialement été décrit comme étant le concombre de mer Laggania cambria (Walcott, 1911). Suite à un réexamen, Conway Morris (1978) a conclu qu’il s’agissait d’une superposition de « la méduse » Peytoia nathorsti sur une éponge. Henriksen (1928) a associé Anomalocaris à la carapace de Tuzoia, puis Briggs (1979) a avancé que le spécimen était plutôt l’appendice d’un arthropode inconnu, une hypothèse qui s’est confirmée.

Au début des années 1980, Harry Whittington résout le mystère de l’identité d’Anomalocaris en procédant à l’« excavation » d’un fossile non identifié des schistes de Burgess collecté lors de l’expédition de la Commission géologique du Canada. À sa grande surprise, Whittington découvre deux « crevettes » Anomalocaris attachées à la région céphalique d’un grand corps qui comportait lui aussi l’appareil buccal de la « méduse » Peytoia. D’autres fossiles de la Smithsonian Institution, à Washington, D.C., ayant subi un traitement semblable, révèlent la même morphologie générale, y compris le spécimen de Laggania cambria que Conway Morris (1978) avait interprété comme une superposition de la méduse Peytoia sur une éponge et qui, en fait, était une seconde espèce d’Anomalocaris. Ainsi, Whittington et Briggs (1985) ont pu décrire deux espèces: Anomalocaris canadensis, doté d’une paire d’appendices typiques à Anomalocaris, et Anomalocaris nathorsti, qui est doté d’un type différent d’appendices frontaux et qui comprend le spécimen original de Laggania cambria. Bergström (1986) a réexaminé la morphologie et l’affinité phylogénétique d’Anomalocaris et a avancé des similitudes avec les arthropodes.

Au début des années 1990, les fouilles des schistes de Burgess effectuées par le Musée royal de l’Ontario ont mené à la découverte de plusieurs spécimens complets qui ont permis à Collins (1996) de reconstruire Anomalocaris canadensis avec plus de précision. Ainsi, Anomalocaris nathorsti a été rebaptisé Laggania cambria. Depuis, Anomalocaris a fait l’objet de nombreuses études portant sur son affinité phylogénétique (par ex., Hou et al., 1995; Chen et al., 2004; Daley et al., 2009), son écologie (par ex., Rudkin, 1979; Nedin, 1999) et sa fonctionnalité morphologique (par ex., Usami, 2006).

Description

Morphologie :

Anomalocaris est un animal bilatéralement symétrique et dorso-ventralement aplati, dont l’exosquelette est non minéralisé. Son tronc est segmenté et comporte au moins 11 palettes natatoires latérales présentant des branchies. Son éventail caudal proéminent consiste en trois grandes paires de nageoires qui se prolongent verticalement à partir du corps. Chez certains spécimens, des glandes intestinales appariées sont associées aux segments du corps. La région céphalique est dotée d’une paire d’appendices antérieurs, deux yeux sur pédoncules et un appareil buccal circulaire, orienté ventralement et composé de nombreuses plaques épineuses. Les appendices frontaux sont allongés et comportent 14 segments dont chacun est muni d’une paire d’épines pointues sur la surface ventrale. Les yeux pédonculés sont dorsaux et relativement gros. L’appareil buccal ventral est composé de 32 plaques rectangulaires (4 grandes et 28 petites) disposées en cercle et hérissées d’épines orientées vers une ouverture centrale rectangulaire. Le spécimen le plus complet d’Anomalocaris est long de 25 centimètres. Cela dit, des fragments isolés laissent supposer que certains individus pouvaient atteindre jusqu’à 100 centimètres.

Abondance :

Les appendices frontaux d’Anomalocaris sont extrêmement communs dans les couches à trilobites sur le mont Stephen, et plusieurs centaines de spécimens d’appendices isolés et de parties buccales ont été collectés sur le mont Stephen et dans la carrière Raymond sur la crête aux Fossiles. Ces fragments sont relativement rares dans la carrière Walcott, où moins de 50 spécimens d’Anomalocaris sont connus (Caron et Jackson, 2008). Plusieurs douzaines d’assemblages désarticulés et 5 spécimens complets ont été recensés dans la carrière Raymond.

Taille maximum :
1000 mm

Écologie

Mode de vie : Carrière Collins
Mode d'alimentation : Carrière Collins
Interprétations écologiques :

Le corps profilé d’Anomalocaris se prêtait à la nage. Les mouvements ondulatoires des palettes natatoires propulsaient l’animal dans la colonne d’eau et servaient peut-être aussi à ventiler les branchies. En position de nage, les appendices frontaux d’Anomalocaris pendaient sous son corps, mais en position d’attaque proie, sa tête et ses appendices étaient poussés en avant, à un angle de 180 degrés.

Les grands yeux, les appendices frontaux et l’appareil buccal hérissés d’épines ainsi que les glandes intestinales suggèrent un mode de vie prédateur. L’appareil buccal circulaire est sans pareil dans le règne animal. Il semble peu probable que l’animal s’en servait pour écraser les proies en opposant les plaques latérales, il s’en servait plutôt pour les saisir soit en pivotant les plaques vers l’extérieur, soit en les contractant vers l’intérieur. Certains ont avancé qu’Anomalocaris s’attaquait aux trilobites. Certains trilobites du Cambrien portent des cicatrices rondes ou en en forme de « W », qui ont été interprétées comme étant des morsures (Rudkin, 1979). Des coprolithes composés de parties de trilobites ont été trouvés dans les archives fossilifères du Cambrien. Or, les anomalocarides sont les seuls animaux qu’on sait avoir été assez gros pour produire de tels coprolithes. Anomalocaris aurait pu se nourrir en saisissant une extrémité du trilobite dans son appareil buccal et en secouant l’animal à l’aide de ses appendices frontaux jusqu’à ce que l’exosquelette se brise (Nedin, 1999). Cependant, l’appareil buccal non minéralisé d’Anomalocaris était probablement trop faible pour percer la coquille calcifiée des trilobites de cette façon, et les parties buccales ne portent aucune trace de cassure ou d’usure. Anomalocaris se nourrissait peut-être d’organismes à corps mou, y compris de trilobites à « carapace molle » au moment de la mue (Rudkin, 2009).

Références

BERGSTRÖM, J. 1986. Opabinia and Anomalocaris, unique Cambrian ‘arthropods’. Lethaia, 19: 241-46.

BRIGGS, D. E. G. 1979. Anomalocaris, the largest known Cambrian arthropod. Palaeontology, 22: 631-663.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CHEN, J. Y., D. WALOSZEK AND A. MAAS. 2004. A new « great-appendage » arthropod from the Lower Cambrian of China and homology of chelicerate chelicerae and raptorial antero-ventral appendages. Lethaia, 37: 3-20.

COLLINS, D. 1996. The « evolution » of Anomalocaris and its classification in the arthropod class Dinocarida (nov) and order Radiodonta (nov). Journal of Paleontology, 70: 280-293.

CONWAY MORRIS, S. 1978. Laggania cambria Walcott: a composite fossil. Journal of Paleontology, 52: 126-131.

DALEY, A. C., G. E. BUDD, J. B. CARON, G. D. EDGECOMBE AND D. COLLINS. 2009. The Burgess Shale anomalocaridid Hurdia and its significance for early euarthropod evolution. Science, 323: 1597-1600.

HENRIKSEN, K. L. 1928. Critical notes upon some Cambrian arthropods described from Charles D. Walcott. Videnskabelige Meddelelser fra Dansk Naturhistorisk Forening: Khobenhavn, 86: 1-20.

HOU, X., J. BERGSTRÖM AND P. AHLBERG. 1995. Anomalocaris and other large animals in the Lower Cambrian Chengjiang fauna of Southwest China. GFF, 117: 163-183.

HOU, X., J. BERGSTRÖM AND Y. JIE. 2006. Distinguishing anomalocaridids from arthropods and priapulids. Geological Journal, 41:259-269.

NEDIN, C. 1999. Anomalocaris predation on nonmineralized and mineralized trilobites. Geology, 27: 987-990.

RESSER, C. E. 1929. New Lower and Middle Cambrian Crustacea. Proceedings of the United States National Museum, 76: 1-18.

RUDKIN, D. M. 1979. Healed injuries in Ogygosis klotzi (Trilobita) from the Middle Cambrian of British Columbia. Royal Ontario Museum, Life Sciences Occasional Paper, 32: 1-8.

RUDKIN, D. M. 2009. The Mount Stephen Trilobite Beds, pp. 90-102. In J.-B. Caron and D. Rudkin (eds.), A Burgess Shale Primer – History, Geology, and Research Highlights. The Burgess Shale Consortium, Toronto.

USAMI, Y. 2006. Theoretical study on the body form and swimming pattern of Anomalocaris based on hydrodynamic simulation. Journal of Theoretical Biology, 238: 11-17.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian holothurians and medusae. Cambrian geoogy and paleontology II. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57: 41-68.

WHITEAVES, J. F. 1892. Description of a new genus and species of phyllocarid Crustacea from the Middle Cambrian of Mount Stephen, B.C. Canadian Record of Science, 5: 205-208.

WHITTINGTON, H. B. AND D. E. G. BRIGGS. 1985. The largest Cambrian animal, Anomalocaris, Burgess Shale, British-Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London Series B-Biological Sciences, 309: 569-609.

Autres liens :

Alalcomenaeus cambricus

Reconstitution d’Alalcomenaeus cambricus.

© Marianne Collins

Taxonomie:

Règne: Carrière Collins
Embranchement: Carrière Collins
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Classe : Megacheira ; Famille : Leanchoiliidae
Nom d’espèce: Alalcomenaeus cambricus
Remarques:

Les Megacheira sont de vrais arthropodes ancestraux dotés d’un appendice frontal pointant vers le haut et armé de multiples griffes (la « cheira », ou « grand appendice ». Alalcomenaeus et d’autres leanchoiliidés se caractérisent également par la présence sur leurs appendices frontaux de longs filaments, appelés flagelles, qui font vraisemblablement office d’organes sensoriels. Les Megacheira sont généralement considérés comme faisant partie des premiers arthropodes véritables (c’est-à-dire des arthropodes au corps et aux appendices segmentés), et peut-être comme les premiers représentants de la lignée étendue des Chélicérates (Aria, 2022).

Nom du descripteur: Simonetta
Date de la description : 1970
Étymologie :

Alalcomenaeus – du grec Alalcomenae, ville de la Béotie ancienne et lieu de naissance de la déesse Athena.
cambricus – « d’âge cambrien », dérivé de Cambria, nom latin du pays de Galles.

Spécimens types : Holotype – USNM 155658 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution à Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :