Les schistes de Burgess

Ottoia prolifica

Reconstitution 3D d’Ottoia prolifica.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Nom d’espèce: Ottoia prolifica
Remarques:

Ottoia a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Ottoia – d’après le col d’Otto (2 106 m d’altitude), situé à quelques kilomètres au nord-ouest des schistes de Burgess, nommé d’après Otto Klotz, astronome qui a travaillé pour le ministère de l’Intérieur le long du Chemin de fer Canadien Pacifique (pour en savoir plus sur Otto Klotz, visiter la section « Premières découvertes »).

prolifica – du latin proles, « lignée », et ferax, « fécond », en référence au grand nombre de spécimens découverts.

Spécimens types : Lectotype – USNM 57619 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Ottoia sp., des schistes de Pioche (Nevada) du Cambrien inférieur (Lieberman, 2003).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, de la zone à Bathyuriscus-Elrathina à la zone à Ptychagnostus punctuosus (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; carrière Collins; couches à tulipes (S7); sites moins importans sur le mont Stephen; sites moins importants sur les monts Field et Odaray et dans le cirque Monarch.

Autres dépôts : l’espèce est également présente dans les schistes de Spence et la formation de Marjum du Cambrien moyen, dans l’Utah (Conway Morris et Robison, 1986).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dans sa description originale, Charles Walcott (1911) a classé provisoirement Ottoia dans le groupe aujourd’hui démantelé des vers gephyrés, qui englobait les priapuliens, les sipunculiens et les échiuriens. Son insistance à le comparer aux sipunculiens a incité certains auteurs à le ranger dans cet embranchement. D’autres, cependant, ont proposé des affinités avec les acanthocéphales, vers parasites, ou avec les priapuliens (Banta et Rice, 1970). Ce n’est que dans les années 1970 qu’une nouvelle analyse des fossiles a eu lieu. Banta et Rice (1970) et Conway Morris (1977) ont alors proposé une relation avec les priapuliens, subséquemment reconnue comme située au niveau d’un groupe souche (Wills, 1998). D’autres chercheurs se sont concentrés sur l’écologie des formes connues des schistes de Burgess (Bruton, 2001; Vannier, 2009; Vannier et al., 2010).

Description

Morphologie :

Ottoia est un ver priapulien doté d’une pièce buccale dentée (proboscide) qui pouvait être éversée dans le tronc et d’une courte queue également éversible. L’animal pouvait atteindre 15 cm de long; les plus petits spécimens – vraisemblablement des juvéniles, mais par ailleurs identiques aux adultes – ne mesuraient que 1 cm. Le proboscide portait 28 rangées de crochets et, intercalées parmi elles, des épines de dimensions diverses. La plupart des spécimens sont courbés en U, et leur tube digestif rempli de sédiments est souvent visible au centre du corps. Le tronc est annelé et porte deux ensembles de quatre crochets disposés en rond dans la région postérieure. Ce sont là les seules traces de symétrie bilatérale, l’organisme présentant de façon générale une symétrie radiale. Ottoia remplaçait périodiquement sa cuticule (mue de croissance).

Abondance :

Ottoia est un des organismes les plus abondants de la faune de Burgess, comptant pour plus de 80 % des priapuliens à la carrière Walcott (Conway Morris, 1977) et pour plus de 1,3 % de toute la faune de cette carrière (Caron et Jackson, 2008); des milliers de spécimens sont connus.

Taille maximum :
150 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

La présence de spécimens d’Haplophrentis carinatus préservés dans le tube digestif du ver indique que cet hyolithe constituait une composante importante du régime alimentaire d’Ottoia (Conway Morris, 1977). Une dalle renferme également neuf spécimens en train de se nourrir sur la carcasse d’un spécimen de Sidneyia mort depuis peu (Bruton, 2001).

Références

BANTA, W. C. AND M. E. RICE. 1970. A restudy of the Middle Cambrian Burgess Shale fossil worm, Ottoia prolifica. International Symposium on the Biology of the Sipuncula and Echiura 2, Kotor: 79-90.

BRUTON, D. L. 2001. A death assemblage of priapulid worms from the Middle Cambrian Burgess Shale. Lethaia, 34(2):163-167.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL. 2009. New Palaeoscolecidan Worms from the Lower Cambrian: Sirius Passet, Latham Shale and Kinzers Shale. Acta Palaeontologica Polonica, 55(1): 141-156.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

Orthrozanclus reburrus

Taxonomie:

Reconstitution 3D d’Orthrozanclus reburrus.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Halwaxiidés (Clade non classé, groupe souche des mollusques )
Nom d’espèce: Orthrozanclus reburrus
Remarques:

Bien que sa position taxonomique demeure ambigüe, cet animal appartiendrait aux halwaxiidés, groupe comprenant le genre Wiwaxia et les halkiériidé (Conway Morris et Caron, 2007). Selon les auteurs, les halwaxiidés ont été décrits soit comme le groupe souche des lophotrochozoaires (groupe incluant les mollusques, les annélides et les brachiopodes), soit comme le groupe souche des mollusques (voir aussi Sigwart et Sutton, 2007).

Nom du descripteur: Conway Morris and Caron
Date de la description : 2007
Étymologie :

Orthrozanclus – du grec orthros, « commencement », en référence à la position ancestrale de l’organisme, et zanclon, « ressemblant à une faucille », en référence à ses longues sclérites.

reburrus – du latin reburrus, « aux cheveux hérissés », en référence à l’aspect chevelu de l’animal.

Spécimens types : Holotype – ROM 57197 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott a prélevé deux spécimens, mais il ne les a jamais décrits. Neuf autres spécimens ont été récoltés à la carrière Walcott par le Musée royal de l’Ontario entre 1994 et 2000. Désignés comme appartenant à une forme animale inconnue pourvue de sclérites (type C, Caron et Jackson, 2006), ces spécimens ont subséquemment été décrits formellement comme une nouvelle espèce (Conway Morris et Caron, 2007).

Description

Morphologie :

Les spécimens connus mesurent 6 à 11,3 mm de long. La face ventrale est plate, tandis que la face dorsale est arrondie en section transversale et constituée de trois zones de sclérites et d’une coquille antérieure. Le corps est bordé d’un ensemble de sclérites relativement petites qui semblent plates et légèrement courbées dans une direction. Au dessus se trouve un deuxième ensemble de sclérites beaucoup plus longues qui semblent émerger d’une zone étroite ceignant tout le corps. Ces sclérites, circulaires en section transversale, plus grosses à leur base et généralement courbées vers le haut, sont probablement creuses et portent une ou deux crêtes. La présence de sclérites déformées semble être due à une absence de minéralisation. Un troisième ensemble de sclérites beaucoup plus petites mais non clairement conservées couvre la partie dorsale convexe du corps. La coquille, apparemment minéralisée, est en forme de triangle pointant vers l’avant du corps. Les fines lignes sur la coquille sont probablement des stries d’accroissement. Leur présence indique que la croissance s’opérait de l’avant vers l’arrière.

Abondance :

Très rare, seulement 11 spécimens ont été découverts dans la carrière Walcott, où ils constituent 0,02 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
11 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Par son aspect général et probablement par son écologie, Orthrozanclus rappelle Wiwaxia corrugata, espèce mieux connue. Orthrozanclus, comme Wiwaxia, était probablement herbivore et s’alimentait en rampant sur le fond marin.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. AND J.-B. CARON. 2007. Halwaxiids and the early evolution of the lophotrochozoans. Science, 315: 1255-1258.

SIGWART, J. D. AND M. D. SUTTON. 2007. Deep molluscan phylogeny: synthesis of palaeontological and neontological data. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 274: 2413-2419.

Autres liens :

Molaria spinifera

Taxonomie:

Reconstitution de Molaria spinifera.

© MARIANNE COLLINS

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Molaria spinifera
Remarques:

La position phylogénétique de Molaria est incertaine, car le taxon est peu connu. Ayant des liens étroits avec Naraoia et les trilobites (Briggs et Fortey, 1989; Wills et al., 1998), il pourrait appartenir à la superclasse Lamellipedia; il pourrait également être associé aux chélicérates (Briggs et al., 1992).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Molaria – d’après la montagne Molar (3 022 m), sommet surplombant la Vallée des Dix-Pics; la montagne a été baptisée par James Hector en 1859 en raison de sa ressemblance à une molaire.

spinifera – du latin spinifera, « épineux ».

Spécimens types : Lectotype – USNM 57688 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Le taxon a été établi par Walcott en 1912 et révisé par Simonetta en 1964. Une nouvelle description en profondeur a été entreprise par Whittington en 1981. Molaria a depuis été mentionné dans plusieurs études des relations phylogénétiques des arthropodes (p. ex., Briggs et Fortey, 1989; Briggs et al., 1992, Wills et al., 1998).

Description

Morphologie :

La taille du corps de Molaria, qui consiste en un bouclier céphalique hémicirculaire, huit segments et une longue épine postérieure, varie entre 0,8 et 2,6 cm (3,6 cm avec l’épine). Le bouclier céphalique est lisse et ne comporte ni ornementations ni yeux. Une paire d’antennes très courtes pointe vers l’avant depuis le bord antérieur de la tête; trois paires d’appendices biramés sont situées sous le bouclier à l’arrière des antennes. Ces appendices comportent un grand article basal, auquel sont attachés une branche locomotrice à cinq segments et un lobe externe frangé de lamelles. Les huit segments du tronc ont chacun une paire de membres biramés similaires aux appendices céphaliques. Du petit segment caudal subcylindrique sort une pointe postérieure très allongée. Cette pointe caudale est segmentée et flexible. Des traces d’intestin sont visibles chez certains spécimens conservés latéralement.

Abondance :

111 spécimens de Molaria de la carrière Walcott ont été initialement décrits. Cet arthropode compte pour 0,28 % de la faune de la carrière Walcott (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
36 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

La présence de membres locomoteurs suggère que Molaria vivait et se déplaçait près du lit marin en utilisant probablement son bouclier céphalique pour labourer les sédiments. Il se nourrissait de détritus ou fouillait le fond en se servant de son grand segment basal doté d’épines pour accumuler de la nourriture et la faire avancer vers la bouche orientée postérieurement. Molaria aurait été capable de s’élancer au dessus du lit marin et de nager par à coups grâce aux branches de ses membres (propulsion) et à sa pointe caudale (stabilisation et direction).

Références

BRIGGS, D. E. G. AND R. A. FORTEY. 1989. The early radiation and relationships of the major arthropod groups. Science, 246: 241-243.

BRIGGS, D. E. G., R. A. FORTEY, M. A. WILLS. 1992. Morphological disparity in the Cambrian. Science, 256: 1670-3.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

SIMONETTE, A. M. 1964. Osservazioni sugli artropodi non trilobiti della ‘Burgess Shale’ (Cambriano medio). III conributo. Monitore Zoologico Italiano, 72: 215-231.

WALCOTT, C. D. 1912. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57: 145-228.

WHITTINGTON, H. B. 1981. Rare arthropods from the Burgess Shale, Middle Cambrian, British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London Series B – Biological Sciences, 292: 329-357.

WILLS, M. A., D. E. G. BRIGGS, R. A. FORTEY, M. WILKINSON AND P. H. A. SNEATH. 1998. An arthropod phylogeny based on fossil and recent taxa, p. 33-105. In G. D. Edgecombe (ed.), Arthropod fossils and phylogeny. Columbia University Press, New York.

Autres liens :

Aucun

Marrella splendens

Reconstitution 3D deMarrella splendens.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Marrellomorpha (Ordre : Marrellida, groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Marrella splendens
Remarques:

Les affinités de Marrella demeurent incertaines. Le genre a été groupé avec les taxons dévoniens Mimetaster et Vachonisia des schistes de Hunsrück pour former la classe Marrellomorpha (Beurlen, 1934; Strømer, 1944), mais la place de cette classe dans l’évolution des arthropodes est nébuleuse. Le genre est par ailleurs considéré comme étant à la base d’un groupe d’arthropodes de la super classe Lamellipedia (Hou et Bergström, 1997), incluant les trilobites et des taxons leur ressemblant, mais il a également été placé à la position la plus basale dans la lignée souche supérieure des arthropodes (Briggs et Fortey, 1989; Wills et al., 1998).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Marrella – d’après le docteur John Marr, paléontologiste à l’Université de Cambridge et ami de Walcott.

splendens – du latin splendens, « beau » ou « brillant ».

Spécimens types : Lectotype – USNM 57674 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Marrella sp. du biote de Kaili au sud-ouest de la Chine (Zhao et al., 2003).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles. Sites moins importants sur le mont Field, le mont Stephen – couches à tulipes (S7) – et le mont Odaray.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Marrella est l’un des premiers fossiles trouvés par Walcott; des croquis apparaissent dans son carnet de notes dès le 31 août 1909. Walcott les intitule simplement « crabes aux dentelles ». L’été suivant, le 9 août 1910, Walcott et son fils Stuart trouvent les couches à « crabes aux dentelles » in situ, découvrant du coup les couches fossilifères de la carrière Walcott des schistes de Burgess. Walcott (1912) décrit formellement les « crabes aux dentelles » en tant que Marrella splendens, mais il faut attendre Raymond (1920) pour qu’une reconstitution soit tentée.

Marrella est à nouveau examiné par Simonetta (1962), puis par Whittington (1971) dans le cadre d’une étude de grande envergure. De nouvelles collectes effectuées par le Musée royal de l’Ontario ont permis la description d’un spécimen de Marrella en train de muer (García Bellido et Collins, 2004) et une nouvelle révision de la description du taxon (García Bellido et Collins, 2006).

 

Description

Morphologie :

Marrella est un petit arthropode protégé par un bouclier céphalique de forme cubique à l’avant, muni de deux paires de prolongements qui sortent respectivement des côtés, formant un fer à cheval, et de la marge postérodorsale, formant un diapason, et s’étendent vers l’arrière sur presque toute la longueur du corps pour se terminer en pointe. Une paire d’épines postéroventrales de dimensions plus modestes est également présente. La tête porte une paire d’antennes longues et minces, constituées d’une trentaine d’articles, et une paire d’appendices en forme de pagaie comportant six segments distaux très fournis en setæ.

Le corps consiste en 26 segments subcirculaires de petit diamètre dotés d’une paire d’appendices biramés. La branche interne de ces appendices est une patte comptant six articles; la branche externe porte de longs et délicats filaments branchiaux, qui raccourcissent en s’éloignant du corps. Les 12 derniers segments accueillent des excroissances internes apparentes, qui forment un réseau en dessous du corps.

La queue est minuscule et pointue. L’estomac est situé dans la tête, près de la bouche ventrale, et l’intestin s’étire sur presque toute la longueur du corps. Des taches sombres autour de certains spécimens suggèrent que le contenu digestif aurait été expulsé du corps pendant la conservation. Un petit cœur triangulaire et dorsal, à partir duquel des artères se ramifient, est observable dans la région céphalique.

Abondance :

Marrella est l’une des espèces les plus communes des schistes de Burgess. Plus de 25 000 spécimens ont été recueillis (García Bellido et Collins, 2006); elle est la deuxième espèce d’arthropode la plus commune dans la carrière Walcott avec 7,3 % des spécimens dénombrés (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
25 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Marrella nageait juste au dessus du lit marin en se nourrissant à même les sédiments. Il pouvait se reposer sur le fond en s’appuyant sur ses appendices corporels. Les ondulations de sa seconde paire d’appendices céphaliques, en forme de pagaie, lui permettaient de nager. Ses antennes, probablement sensitives, lui auraient permis de localiser sa nourriture. Le filet d’excroissances internes des 12 derniers segments aurait servi à piéger les particules alimentaires présentes dans les courants d’eau et à les déplacer sous le corps de l’animal. Ces particules auraient été amenées vers la bouche avec le bout des pattes antérieures.

Références

BRIGGS, D. E. G. AND R. A. FORTEY. 1989. The early radiation and relationships of the major arthropod groups. Science, 246: 241-243.

BRIGGS, D. E. G., B. S. LIEBERMAN, J. R. HENDRICKS, S. L. HALGEDAHL AND R. D. JARRARD. 2008. Middle Cambrian arthropods from Utah. Journal of Paleontology, 82(2): 238-254.

BEURLEN, K. 1934. Die Pygaspiden, eine neue Crustaceen – (Entomostraceen) – Gruppe aus den Mesosaurier führenden Iraty-Scichten Brasiliens. Paläontologische Zeitschrift, 16: 122-138.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

GARCÍA-BELLIDO, D. AND D. H. COLLINS. 2004. Moulting arthropod caught in the act. Nature, 429: 40.

GARCÍA-BELLIDO, D. AND D. H. COLLINS. 2006. A new study of Marrella splendens (Arthropoda, Marrellomorpha) from the Middle Cambrian Burgess Shale, British Columbia, Canada. Canadian Journal of Earth Sciences, 43: 721-742.

HOU, X. AND J. BERGSTRÖM. 1997. Arthropods of the Lower Cambrian Chengjiang fauna, southwest China. Fossils and Strata, 45: 1-116.

RAYMOND, P. E. 1920. The appendages, anatomy, and relationships of trilobites. Memoirs of the Connecticut Academy of Arts and Sciences, 7: 1-169.

SIMONETTA, A. M. 1962. Note sugli artropodi non trilobiti della Burgess Shale, Cambriano Medio della Columbia Britannica (Canada). 1. contributo: 2. genere Marrella Walcott, 1912. Monitore Zoologico Italiano, 69: 172-185.

STØMER, L. 1944. On the relationships and phylogeny of fossil and recent Arachnomorpha. Norsk Videnskaps-Akademi Skrifter I. Matematisk-Naturvidenskaplig Klasse, 5: 1-158.

WALCOTT, C. 1912. Cambrian geology and paleontology II. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(6): 145-228.

WHITTINGTON, H. B. 1971. Redescription of Marrella splendens (Trilobitoidea) from the Burgess Shale, Middle Cambrian, British Columbia. Bulletin of the Geological Survey of Canada, 209: 1-24.

WILLS, M. A., D. E. G. BRIGGS, R. A. FORTEY, M. WILKINSON AND P. H. A. SNEATH. 1998. An arthropod phylogeny based on fossil and recent taxa, p. 33-105. In G. D. Edgecombe (ed.), Arthropod fossils and phylogeny. Columbia University Press, New York.

ZHAO, Y., J. YUAN, M. ZHU, X. YANG AND J. PENG. 2003. The occurrence of the genus Marrella (Trilobitoidea) in Asia. Progress in Natural Science, 13: 708-711.

Autres liens :

http://paleobiology.si.edu/burgess/marrella.html

Lyracystis radiata

Reconstitution deLyracistis radiata.

© MARIANNE COLLINS

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: éocrinoïdes (Ordre : Gogiida, groupe souche des échinodermes)
Nom d’espèce: Lyracystis radiata
Remarques:

Lyracystis est un éocrinoïde apparenté aux blastozoaires, groupe ancien d’échinodermes (Sprinkle, 1973).

Nom du descripteur: Sprinkle
Date de la description : 1973
Étymologie :

Lyracystis – du grec lyra, « lyre », et kystis, « vessie » ou « sac », en référence à la thèque globulaire portant les bras en forme de lyre.

radiata – du latin radiatus, « muni de rayons », en référence à la position des bras.

Spécimens types : Holotype – USNM 165399 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : L. reesei Sprinkle et Collins, 2006 des schistes de Spence du Cambrien moyen, en Utah.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles, et couches à trilobites sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Cette espèce a été décrite à l’origine sous le nom de Gogia (?) radiata (Sprinkle, 1973), mais la découverte de nouveaux spécimens par le Musée royal de l’Ontario a mené à la révision du matériel déjà amassé et à la détermination de deux formes distinctes de Gogiida. Certains spécimens de G. (?) radiata ont été classés dans un nouveau genre, Lyracystis (radiata), tandis que d’autres ont été assignés à une nouvelle espèce de GogiaG. stephenensis (Sprinkle et Collins, 2006).

Description

Morphologie :

Haut de quelque 21 cm, Lyracystis est le plus grand des éocrinoïdes des schistes de Burgess. Le pédoncule est plus long que le reste du corps (thèque et bras combinés). Trois grands bras en forme de lyre sont fixés sur le pourtour du sommet de la thèque. Chacun compte de nombreuses (jusqu’à 43) petites branches bisériées droites (brachioles) formant une sorte de cœur entre les bras disposés en V. La thèque, globulaire à ellipsoïde, est composée de plaques principales et de plaques secondaires côtelées percées de pores suturaux (épispires). Le pédoncule est très fin et cylindrique et couvert de multiples plaques généralement arrondies près du point d’attache sur la thèque. La morphologie de la section basale du pédoncule n’est pas connue.

Abondance :

Cette espèce est très rare; il n’en existe qu’une douzaine de spécimens complets ou presque complets connus.

Taille maximum :
210 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Lyracystis vivait fort probablement fixé au fond marin par un pédoncule et se nourrissait de petites particules en suspension dans l’eau qu’il captait à l’aide de ses minces brachioles semblables à des vrilles. Des brachioles, la nourriture était acheminée par des sillons ambulacraires jusqu’à la bouche, située en position centrale au sommet de la thèque.

Références

SPRINKLE, J. 1973. Morphology and evolution of blastozoan echinoderms. Harvard University, Museum of Comparative Zoology Special Publication: 1-284 p.

SPRINKLE, J. AND D. COLLINS. 2006. New eocrinoids from the Burgess Shale, southern British Columbia, Canada, and the Spence Shale, northern Utah, USA. Canadian Journal of Earth Sciences, 43: 303-322.

Autres liens :

Aucun

Opabinia regalis

Reconstitution 3D d’Opabinia regalis.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Dinocarida (Ordre : Radiodonta, groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Opabinia regalis
Remarques:

Opabinia est un anomalocaride. Les anomalocarides sont considérées comme un taxon basal des euarthropodes de la lignée souche (p. ex., Budd, 1996; Zhang et Briggs, 2007; Daley et al., 2009), un taxon basal du groupe des arthropodes chélicérates (p. ex., Chen et al., 2004) et un groupe-frère des arthropodes (p. ex., Hou et al., 2006).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Opabinia – d’après le col Opabin (2 606 m) situé entre les monts Hungabee et Biddle dans le parc national du Canada Yoho. Nom donné au col par Samuel Allen en 1894 dérivé du mot assiniboine des Nakoda signifiant « rocheux ».

regalis – du latin regalis, « royal » ou « majestueux ».

Spécimens types : Lectotype – USNM 57683 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Opabinia regalis a été décrite pour la première fois par Walcott (1912) en tant qu’espèce la plus primitive de tous les arthropodes des schistes de Burgess. En raison de sa morphologie singulière, notamment son étrange « trompe » frontale, Opabinia est devenue un fossile emblématique de la faune de Burgess. De nombreuses hypothèses ont été formulées quant à ses affinités phylogénétiques et son mode de vie. Une reconstitution célèbre montre l’animal en train de nager « à l’envers », à la manière d’un crustacé anostracé (Hutchinson, 1930).

Il a cependant fallu attendre la nouvelle description de Whittington (1975) pour que la morphologie d’Opabinia soit révélée comme l’une des plus énigmatique entre tous les fossiles. En fait, cette morphologie était si originale que la première version de sa reconstitution par Whittington dans une réunion de paléontologues en 1972, a provoqué l’hilarité générale.

Dans des travaux ultérieurs, Bergström (1986) a relevé des similitudes entre Opabinia et les spécimens complets d’Anomalocaris récemment découverts (Whittington et Briggs, 1985) et a révisé la description des branchies et de la trompe frontale. Budd (1996) a été le premier à placer Opabinia dans la lignée souche des euarthropodes (juste en dessous des anomalocarides). Il a en outre émis l’hypothèse de la présence de membres au niveau du tronc, bien que Zhang et Briggs (2007) l’aient contestée. La présence ou l’absence de tels membres demeure un sujet controversé (Budd and Daley, 2011).

Description

Morphologie :

Opabinia est doté de cinq yeux et d’une « trompe » frontale ou proboscide. Son corps comporte des branchies et des lobes latéraux répétés en séries et un éventail caudal de belles dimensions. Le corps complet mesure entre 4,3 et 7 cm (proboscide exclue). La marge antérieure de la tête, arrondie, accueille les cinq yeux composés en forme de bulbe juchés sur de courts pédoncules à la surface dorsale de la tête. La proboscide, d’aspect annelé, est quatre fois plus longue que la tête. Hautement flexible, elle se termine par une pièce distale fusionnée consistant en une paire de pinces opposées munies de cinq ou six épines chacune. La bouche est ventrale et orientée vers l’arrière.

Le tronc est divisé en 15 segments portant chacun une paire de lobes latéraux, qui portent à leur tour des structures branchiales constituées de séries de lamelles lancéolées. La position exacte des branchies (dorsale, ventrale ou postérieure) par rapport aux lobes est sujette à controverse. L’éventail caudal se compose de trois paires de nageoires orientées vers le haut. La région centrale du corps donne un aperçu de la cavité abdominale principale. Sur certains fossiles, une ligne sombre, correspondant à la trace de l’intestin, forme un coude vers l’avant à partir de la bouche ventrale orientée postérieurement, puis s’étire sur toute la longueur du corps. Des structures sphériques appariées proches du canal alimentaire pourraient avoir été des glandes intestinales. D’énigmatiques formes triangulaires dans la région centrale du corps ont été alternativement interprétées comme des pattes comparables à des lobopodes (Budd, 1996) ou des diverticules (extensions) non différentiés de l’intestin (Whittington, 1975; Zhang et Briggs, 2007).

Abondance :

Opabinia est rare avec seulement 42 spécimens recensés dans toutes les collections. Dans la carrière Walcott, Opabinia ne représente que 0,006 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
101 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Opabinia nageait grâce aux vagues d’ondulations de ses lobes latéraux, qui le propulsaient en avant, et son éventail caudal jouait le rôle de gouvernail. Opabinia utilisait probablement la paire de pinces distales de sa trompe flexible pour attraper des aliments mous et les porter à sa bouche ventrale.

Références

BERGSTRÖM, J. 1986. Opabinia and Anomalocaris, unique Cambrian ‘arthropods.’ Lethaia, 19: 241-46.

BUDD, G.E. 1996: The morphology of Opabinia regalis and the reconstruction of the arthropod stem group. Lethaia, 29: 1-14.

BUDD, G.E. AND A. DALEY. 2011. The lobes and lobopods of Opabinia regalis from the middle Cambrian Burgess Shale. Lethaia, DOI: 10.1111/j.1502-3931.2011.00264.x.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

HUTCHINSON, G.E. 1930. Restudy of some Burgess Shale fossils. Proceedings of the U.S. National Museum, 78: 1-11.

WALCOTT, C. D. 1912. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57: 145-228.

WHITTINGTON, H.B. 1975. The enigmatic animal Opabinia regalis, Middle Cambrian, Burgess Shale, British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London, Series B: Biological Sciences, 271: 1-43.

WHITTINGTON, H. B. AND D. E. G. BRIGGS. 1985. The largest Cambrian animal, Anomalocaris, Burgess Shale, British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London Series B-Biological Sciences, 309: 569-609.

ZHANG, X.-G. AND D. E. G. BRIGGS. 2007: The nature and significance of the appendages of Opabinia from the Middle Cambrian Burgess Shale. Lethaia, 40: 161-173.

Autres liens :

Louisella pedunculata

Reconstitution de Louisella pedunculata.

© MARIANNE COLLINS

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Nom d’espèce: Louisella pedunculata
Remarques:

Louisella a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Louisella – d’après le lac Louise, situé près des schistes de Burgess, nommé en l’honneur de la princesse Louise-Caroline Alberta (1848-1939), quatrième fille de la reine Victoria et femme du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada.

pedunculata – du diminutif latin pedunculus, « petit pied », en référence aux petites structures en forme de pied (papilles) implantées le long du corps de l’animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 57558 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Lorsqu’il l’a décrit pour la première fois, en 1911,Walcott a considéré son seul spécimen de Louisella comme un concombre de mer, le croyant pourvu d’une « semelle » aplatie et de tentacules aux deux extrémités du corps (Walcott, 1911a). L’holotype de Louisella étant plié de manière inhabituelle, ses rangées de papilles ressemblaient à des tentacules à l’avant et à l’arrière. Walcott a par la suite décrit de nouveaux spécimens comme des représentants d’une nouvelle espèce de ver annélide, Miskoia preciosa (Walcott, 1911b). Subséquemment, Conway Morris (1977) a reconnu l’espèce comme un ver priapulien primitif et l’a synonymisée avec Louisella.

Description

Morphologie :

Long de 30 cm, Louisella est le plus gros ver priapulien des schistes de Burgess. Comme tous les autres membres de ce groupe, cet organisme est un ver annelé pourvu à son extrémité antérieure d’un appareil alimentaire denté (proboscide) éversible. Le tube digestif est rectiligne et relie directement la bouche à l’anus, de l’avant à l’arrière du corps. Le tronc comprend quatre sections distinctes différenciées par leur texture extérieure. Le corps est ceint d’anneaux de petites épines et porte sur une de ses faces deux rangées de papilles (possiblement utilisées comme branchies). L’extrémité postérieure, inerme, pouvait se rétracter à l’intérieur du corps. Le proboscide est couvert d’épines, dont un anneau de 25 épines plus longues près du milieu du corps. Il pouvait être retourné (éversé) et s’extruder.

Abondance :

Cette espèce n’a été trouvée que dans la carrière Walcott, où elle est relativement rare, représentant 0,09 % des spécimens recensés (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
300 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Louisella était un ver fouisseur, mais il passait peut-être un certain temps à la surface. Carnivore, il consommait probablement de grosses proies, car son proboscide semble adapté au broyage de la nourriture. On ignore toutefois si Louisella chassait activement ses proies ou s’il se nourrissait de carcasses. Les traces de sédiments relevées dans le tube digestif semblent indiquer qu’il se nourrissait de divers organismes fouisseurs ou ingérait de la boue en s’alimentant. Il est cependant possible que la boue soit entrée dans le corps après la mort de l’animal.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL. 2009. New Palaeoscolecidan Worms from the Lower Cambrian: Sirius Passet, Latham Shale and Kinzers Shale. Acta Palaeontologica Polonica, 55(1): 141-156.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

WALCOTT, C. 1911a. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian holothurians and medusae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(3): 41-68.

WALCOTT, C. 1911b. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

Aucun

Louisella pedunculata

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Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Affinité:

Louisella a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Louisella pedunculata
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Louisella – d’après le lac Louise, situé près des schistes de Burgess, nommé en l’honneur de la princesse Louise-Caroline Alberta (1848-1939), quatrième fille de la reine Victoria et femme du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada.

pedunculata – du diminutif latin pedunculus, « petit pied », en référence aux petites structures en forme de pied (papilles) implantées le long du corps de l’animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 57558 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Lorsqu’il l’a décrit pour la première fois, en 1911,Walcott a considéré son seul spécimen de Louisella comme un concombre de mer, le croyant pourvu d’une « semelle » aplatie et de tentacules aux deux extrémités du corps (Walcott, 1911a). L’holotype de Louisella étant plié de manière inhabituelle, ses rangées de papilles ressemblaient à des tentacules à l’avant et à l’arrière. Walcott a par la suite décrit de nouveaux spécimens comme des représentants d’une nouvelle espèce de ver annélide, Miskoia preciosa (Walcott, 1911b). Subséquemment, Conway Morris (1977) a reconnu l’espèce comme un ver priapulien primitif et l’a synonymisée avec Louisella.

Description

Morphologie :

Long de 30 cm, Louisella est le plus gros ver priapulien des schistes de Burgess. Comme tous les autres membres de ce groupe, cet organisme est un ver annelé pourvu à son extrémité antérieure d’un appareil alimentaire denté (proboscide) éversible. Le tube digestif est rectiligne et relie directement la bouche à l’anus, de l’avant à l’arrière du corps. Le tronc comprend quatre sections distinctes différenciées par leur texture extérieure. Le corps est ceint d’anneaux de petites épines et porte sur une de ses faces deux rangées de papilles (possiblement utilisées comme branchies). L’extrémité postérieure, inerme, pouvait se rétracter à l’intérieur du corps. Le proboscide est couvert d’épines, dont un anneau de 25 épines plus longues près du milieu du corps. Il pouvait être retourné (éversé) et s’extruder.

Abondance :

Cette espèce n’a été trouvée que dans la carrière Walcott, où elle est relativement rare, représentant 0,09 % des spécimens recensés (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
300 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Louisella était un ver fouisseur, mais il passait peut-être un certain temps à la surface. Carnivore, il consommait probablement de grosses proies, car son proboscide semble adapté au broyage de la nourriture. On ignore toutefois si Louisella chassait activement ses proies ou s’il se nourrissait de carcasses. Les traces de sédiments relevées dans le tube digestif semblent indiquer qu’il se nourrissait de divers organismes fouisseurs ou ingérait de la boue en s’alimentant. Il est cependant possible que la boue soit entrée dans le corps après la mort de l’animal.

Références

Bibliographie :

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL. 2009. New Palaeoscolecidan Worms from the Lower Cambrian: Sirius Passet, Latham Shale and Kinzers Shale. Acta Palaeontologica Polonica, 55(1): 141-156.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

WALCOTT, C. 1911a. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian holothurians and medusae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(3): 41-68.

WALCOTT, C. 1911b. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

Aucun

Lingulella waptaensis

Reconstitution de Lingulella waptaensis.

© Marianne Collins

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Lingulata (Ordre : Lingulida)
Nom du descripteur: Walcott
Nom d’espèce: Lingulella waptaensis
Remarques:

Lingulella appartient à la famille des Obolidae

Date de la description : 1924
Étymologie :

Lingulella – du latin, lingua, « langue », et du suffixe diminutif ellus, « petit ».

waptaensis – d’après le mont Wapta (2 778 m), situé immédiatement au nord de la carrière Walcott, Colombie Britannique, Canada.

Spécimens types : Syntypes – USNM 69822-69824 conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune à ce jour. Les brachiopodes des schistes de Burgess, en particulier ceux des couches à trilobites du mont Stephen, devraient être réexaminés (voir Bref historique des recherches).

Autres dépôts : des centaines d’espèces ont été attribuées au genre Lingulella.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Lingulella waptaensis a été décrite sommairement par Walcott (1924). Une forme apparentée possible, provenant des couches à trilobites du mont Stephen, est connue. Initialement décrite en tant que Lingulella mcconnelli (Walcott, 1889; Matthew, 1902), cette forme a été rebaptisée plus tard Obolus mconnelli (Walcott, 1908, 1912). Sutton et al. (2000) ont révisé la classification de Lingulella en restreignant la définition du genre, qui était devenu un « fourre tout » de formes allongées présentant des similitudes (obolidés). Par conséquent, une grande part des centaines d’espèces d’Obolus ne répondent pas aux critères actuels de reconnaissance du genre. Ainsi, Lingulella waptaensis devrait être réexaminée afin de confirmer ou d’infirmer son appartenance au genre. Des structures de coquille et les premiers spécimens pédonculés conservés provenant des schistes de Burgess ont récemment été décrits (Pettersson et al., 2010).

Description

Morphologie :

Lingulella waptaensis est de forme allongée et subovale en périphérie. Ses valves sont faiblement biconvexes et lisses, à l’exception des stries d’accroissement. Les sacs viscéraux sont légèrement moulés dans l’intérieur de la coquille et sont difficiles à étudier en détail. Le pédoncule est mince et sort entre les valves. Souvent ridé et tordu, il mesure au moins trois fois la longueur des valves. À l’origine, la coquille était minéralisée.

Abondance :

Lingulella waptaensis est connu grâce à l’étude de plusieurs centaines de spécimens de la carrière Walcott, mais constitue globalement une petite fraction (inférieure à 0,7 %) de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
10 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Comme chez Acanthotretella spinosa, brachiopode comparable des schistes de Burgess, le pédoncule long et mince et la forme de la coquille excluent l’hypothèse d’un mode de vie benthique. Le pédoncule maintenait probablement la coquille en position verticale au dessus de l’interface eau sédiment. Les particules alimentaires de l’eau auraient été extraites par le lophophore – un appareil filtreur situé entre les coquilles.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

MATTHEW, G. F. 1902. Notes on Cambrian Faunas: Cambrian Brachiopoda and Mollusca of Mt. Stephen, B.C. with the description of a new species of Metoptoma. Transactions of the Royal Society of Canada, 4: 93-112.

PETTERSSON, S., L. E. HOLMER AND J.-B. CARON. 2010. First record of a pediculate linguloid from the Middle Cambrian Burgess Shale. Acta Zoologica, 91: 150-162.

SUTTON, M. D., M. G. BASSET AND L. CHERNS. 2000. The type species of Lingulella (Cambrian Brachiopoda). Journal of Paleontology, 74: 426-438.

WALCOTT, C. 1889. Description of new genera and species of fossils from the Middle Cambrian. United States National Museum, Proceedings for 1888: 441-446.

WALCOTT, C. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. D. 1912. Cambrian Brachiopoda. United States Geological Survey, Monograph, 51: part I, 812 p; part II, 363 p.

WALCOTT, C. D. 1924. Cambrian and Ozarkian Brachioda. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67: 477-554.

Autres liens :

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1463-6395.2009.00394.x/abstract

Leanchoilia superlata

Reconstitution 3D de Leanchoilia superlata.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Megacheira (Ordre : Leanchoiliida, groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Leanchoilia superlata
Remarques:

La position phylogénétique de Leanchoilia est controversée. Certaines études l’associent aux arachnomorphes, groupe incluant les trilobites et les chélicérates (Wills et al., 1998; Cotton et Braddy, 2004), alors que d’autres études le placent avec Alalcomenaeus, Yohoia et Isoxys au sein de Megacheira, classe des arthropodes « à grands appendices » (Hou et Bergström, 1997). Les membres de Megacheira sont considérés comme des chélicérates de la lignée souche (Chen et al., 2004; Edgecombe, 2010) ou des euarthropodes de la lignée souche (Budd, 2002).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Leanchoilia – du nom écossais Leanchoil donné à une gare aujourd’hui désaffectée du Chemin de fer Canadien Pacifique située au sud ouest du mont Field dans le parc national du Canada Yoho.

superlata – du latin superlata, « exagéré ».

Spécimens types : Holotypes – USNM 57709 (L. superlata),USNM 155651 (L. persephone),USNM (155648) (L. protagonia) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : L. persephone des carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles et d’autres sites sur les monts Stephen et Field; L. protagonia de la carrière Walcott.

Autres dépôts : L. illecebrosa de la faune de Chengjiang du Cambrien inférieur (Liu et al., 2007); L. ? sp. protagonia et L. ? hanceyi du Cambrien moyen de l’Utah (Briggs et al., 2008).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Carrières Walcott et Raymond, crête aux Fossiles. D’autres sites sont répertoriés sur le mont Field et le mont Stephen – couches à tulipes (S7).

Autres dépôts : L. superlata du Cambrien moyen de l’Utah (Briggs et al., 2008).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Leanchoilia superlata a été décrite pour la première fois par Walcott en 1912, puis réexaminée par Simonetta (1970), qui a ajouté deux espèces, L. persephone et L. protagonia, au genre. L. superlata a été examinée à nouveau en détail par Bruton et Whittington (1983) et García Bellido et Collins (2007), qui ont inclus une analyse de L. persephone dans leur étude. L’intestin de Leanchoilia, conservé en trois dimensions, a en outre été analysé par Butterfield (2002). Briggs et al. (2008) ont effectué une description plus détaillée de L. protagonia et ont identifié L. superlata dans les sédiments du Cambrien dans l’Utah.

Description

Morphologie :

Convexe en coupe transversale, le corps de Leanchoilia s’élargit dans la partie postérieure du tronc. Le plus long animal répertorié mesure 12 cm de long, appendices inclus. Le bouclier céphalique forme une pointe à l’avant et se termine en « museau » retroussé. Les bords latéraux du bouclier sont hérissés de petites épines. La tête porte une paire de « grands appendices » frontaux constitués de trois branches terminées par un long flagelle flexible et, à l’arrière du bouclier céphalique, deux paires d’appendices biramés dotés de lamelles branchiales externes plates de grandes dimensions. Deux paires d’yeux simples se cachent sous le bouclier céphalique et la bouche est située juste en arrière des grands appendices.

Les 11 segments du tronc sont parcourus dorsalement par deux crêtes vives (carènes) symétriques par rapport à la ligne médiane. Ces segments étant bordés de courtes épines, le tronc a également une apparence dentelée. Chaque segment porte une paire de membres biramés similaires aux appendices biramés de la région céphalique. La branche interne de chaque membre se rattache à une petite coxa (hanche) dépourvue d’épines et porte des épines allongées le long de ses podomères, le dernier podomère se terminant en petite pince. Chaque côté du telson triangulaire est frangé de 11 épines latérales longues et droites. Des structures tridimensionnelles répétées en série le long du corps ont été interprétées comme des glandes intestinales conservées par les phosphates. L. persephone et L. protagonia sont dépourvues de « museau » et leurs grands appendices sont plus courts, L. protagonia ayant un telson allongé avec six paires de longues épines. L. persephone et L. superlata ont été interprétées comme des variantes sexuelles potentielles (voir García Bellido et Collins, 2007).

Abondance :

L. superlata est rare dans la carrière Walcott (0,1 % de la faune, Caron et Jackson, 2008), mais il abonde dans la carrière Raymond, où plus de 1 200 spécimens ont été trouvés. L. persephone est représenté dans les deux carrières, mais il ne compte que pour une fraction du nombre de spécimens de L. superlata. L. protagonia est extrêmement rare; il n’est connu que d’après deux spécimens de la carrière Walcott seulement.

Taille maximum :
120 mm

Écologie

Mode de vie : 2D Model
Mode d'alimentation : 2D Model
Interprétations écologiques :

Les grandes branchies externes auraient servi tant à la respiration qu’à la nage. La faible sclérotisation des membres et les solides articulations à charnière suggèrent une adaptation à la marche. Les flagelles des grands appendices étaient probablement sensoriels. Il semble que ces appendices pouvaient se replier vers l’arrière, sous le tronc, pour faciliter la nage et se déployer vers l’avant pour aider l’animal à se nourrir ou à reposer sur le fond. Les pinces distales et les branches des pattes auraient permis de creuser la couche de boue superficielle et d’amener des particules alimentaires ou de petites proies vers la bouche. Dernièrement, les glandes de l’intestin moyen, les yeux et les épines le long des membres ont également été interprétés comme des indices de mode de vie prédateur ou de régime détritivore. L’animal nageait probablement juste au dessus du fond marin à la recherche de nourriture.

Références

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Autres liens :

http://paleobiology.si.edu/burgess/leanchoilia.html

Xanioascus canadensis

Reconstitution de Xanioascus canadensis.

© MARIANNE COLLINS

Taxonomie:

Règne: 2D Model
Embranchement: 2D Model
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des cténophores)
Nom d’espèce: Xanioascus canadensis
Remarques:

Xanioascus est considéré comme un cténophore très primitif appartenant peut-être au groupe souche (Conway Morris et Collins, 1996).

Nom du descripteur: Conway Morris and Collins
Date de la description : 1996
Étymologie :

Xanioascus – du grec xanion, « peigne », en référence à la forme des rangées de cils, et askos, « outre en cuir ».

canadensis – de Canada, pays où se trouvent les schistes de Burgess.

Spécimens types : Holotype – ROM 43186 conservé au Musée Royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Glossopleura (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Collins sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Conway Morris et Collins ont décrit Xanioascus canadensis en 1996 d’après des fossiles découverts par le Musée royal de l’Ontario dans un nouveau site sur le mont Stephen. L’espèce n’a fait l’objet d’aucune autre publication depuis.

Description

Morphologie :

Le corps est sacciforme et porte 24 rangées de cils bien développés qui s’étendent jusqu’à proximité de la région buccale, vraisemblablement de grande taille mais piètrement conservée. L’espèce se distingue par la présence à l’intérieur du corps de structures ovoïdes dont l’identité est incertaine.