The Burgess Shale

Haplophrentis carinatus

Petite coquille conique operculée portant deux épines courbées

Reconstitution 3D d’Haplophrentis carinatus.

Modèle 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Mollusques
Classe: Hyolithes (Ordre : Hyolithida, groupe souche des mollusques)
Remarques:

Haplophrentis appartient à un groupe de fossiles énigmatiques de forme conique à tubulaire, les hyolithes, dont les seuls spécimens connus remontent au Paléozoïque. La position taxonomique de ces fossiles est incertaine, les hyolithes étant considérés selon les auteurs comme un embranchement distinct, une classe de mollusques maintenant éteinte (Malinky et Yochelson, 2007) ou un groupe souche de mollusques.

Nom d’espèce: Haplophrentis carinatus
Nom du descripteur: Matthew
Date de la description : 1899
Étymologie :

Haplophrentis – du grec haploos, « unique », et phrentikos, « mur », en référence à la cloison divisant l’intérieur de la coquille.

carinatus – du latin carinatus, « en forme de quille », en référence à la forme en quille de bateau de l’animal.

Spécimens types : Lectotype – ROM 8463a conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : H. reesei Babcock et Robison, 1988 (espèce type), schistes de Spence du Cambrien moyen et ailleurs en Utah. H. ? cf. carinatus, dépôt de Kaili du Cambrien moyen, en Chine (Chen et al., 2003).

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, de la zone à Albertella à la zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles; couches à trilobites sur le mont Stephen; glacier Stanley dans le parc national du Canada Kootenay.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

En 1899, Matthew a décrit Hyolithes carinatus à partir de cinq spécimens incomplets provenant des couches à trilobites. Babcock et Robison (1988) ont réexaminé ces fossiles et étudié d’autres spécimens récoltés par le Musée royal de l’Ontario à divers endroits dans les schistes de Burgess. Ils ont conclu que l’espèce carinatus n’appartenait pas au genre Hyolithes et l’ont classée dans un nouveau genre créé à son intention, Haplophrentis.

Description

Morphologie :

Comme chez tous les hyolithes, le squelette était faiblement minéralisé, et sa croissance s’effectuait par accrétion. Il était constitué d’une coquille conique (conque) dont l’ouverture était fermée par une sorte de couvercle (opercule) et était bordée de part et d’autre de deux tentacules effilés, courbés et rigides. Ces tentacules servaient peut-être à fixer ou à stabiliser l’animal sur le fond marin, mais leur fonction précise demeure controversée. L’intestin était sinueux, et son contenu, conservé intact, est peu différencié de la boue environnante.

H. carinatus mesurait habituellement environ 25 mm de long, mais certains spécimens pouvaient atteindre 40 mm de long. H. reesei, son cousin de l’Utah, s’en distingue par les rainures faiblement indiquées ornant sa face supérieure, l’aspect maillé plus prononcé de son opercule et sa conque plus large et plus évasée.

Haplophrentis peut être distingué du genre d’hyolithe similaire Hyolithes par la cloison interne longitudinale divisant le sommet de sa conque.

Abondance :

Haplophrentis est relativement commun sur la crête aux Fossiles et, en particulier, dans la carrière Walcott, où il représente 0,35 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
40 mm

Écologie

Mode de vie : Épibenthique, Mobile
Mode d'alimentation : Détritivore, Herbivore
Interprétations écologiques :

Haplophrentis se déplaçait probablement très peu, ses tentacules semblant inaptes à la locomotion (voir Butterfield et Nicholas, 1996; Martí Mus et Bergström, 2005; Runnegar et al., 1975). Bien que son mode d’alimentation demeure quelque peu conjectural, l’animal se nourrissait probablement de petites particules organiques prélevées sur le fond. Les nombreux spécimens trouvés dans des agrégats ou dans l’intestin du ver priapulien Ottoia prolifica portent à penser qu’il était une proie activement recherchée et consommée (Conway Morris, 1977; Babcock et Robison, 1988).

Références

BABCOCK, L. E. AND R. A. ROBISON. 1988. Taxonomy and paleobiology of some Middle Cambrian Scenella (Cnidaria) and hyolithids (Mollusca) from western North America. University of Kansas Paleontological Contributions, Paper, 121: 1-22.

BUTTERFIELD, N. J. AND C. NICHOLAS. 1996. Burgess Shale-type preservation of both non-mineralizing and « shelly » Cambrian organisms from the Mackenzie Mountains, Northwestern Canada. Journal of Paleontology, 70: 893-899.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CHEN, X. Y. ZHAO AND P. WANG. 2003. Preliminary research on hyolithids from the Kaili Biota, Guizhou. Acta Micropalaeontologica Sinica, 20: 296-302.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

MALINKY, J. M. AND E. L. YOCHELSON. 2007. On the systematic position of the Hyolitha (Kingdom Animalia). Memoir of the Association of Australasian Palaeontologists, 34: 521-536.

MARTÍ MUS, M. AND J. BERGSTRÖM. 2005. The morphology of hyolithids and its functional implications. Palaeontology, 48:1139-1167.

MATTHEW, G. F. 1899. Studies on Cambrian faunas, No. 3. Upper Cambrian fauna of Mount Stephen, British Columbia. The trilobites and worms. Transactions of the Royal Society of Canada, Series 2, 4: 39-66.

RUNNEGAR, B., J. POJETA, N. J. MORRIS, J. D. TAYLOR, M. E. TAYLOR AND G. MCCLUNG. 1975. Biology of the Hyolitha. Lethaia, 8: 181-191.

Autres liens :

http://paleobiology.si.edu/burgess/haplophrentis.html

http://www.kumip.ku.edu/cambrianlife/Utah-Mollusks-Hyolithids.html