Les schistes de Burgess

Ehmaniella burgessensis

Trilobite doté de 13 segments et d’une petite queue

Ehmaniella burgessensis (ROM60759) – Empreinte et contre-empreinte. Spécimen complet. Longueur du spécimen = 6 mm. Spécimen sec, lumière directe (image de gauche); spécimen enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails (images du centre et de droite). Carrière Walcott.

© Musée Royal De L’ontario. Photo : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Arthropodes
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Trilobites (Ordre : Ptychopariida)
Nom d’espèce: Ehmaniella burgessensis
Remarques:

Les trilobites sont des euarthropodes éteints, probablement des représentants de la lignée souche des mandibulés, qui regroupent les crustacés, les myriapodes et les hexapodes (Scholtz et Edgecombe, 2006).

Nom du descripteur: Rasetti
Date de la description : 1951
Étymologie :

Ehmaniella – d’Ehmania, genre de trilobites nommé en 1935 par C. E. Resser en hommage à Philip Ehman (Montana) pour son aide en matière de géologie.

burgessensis – des schistes de Burgess.

Spécimens types : Holotype (E. burgessensis) – USNM 116245; holotype (E. waptaensis) – USNM 116243 conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Ehmaniella waptaensis Rasetti, 1951.

Autres dépôts : d’autres espèces ont été recensées ailleurs dans les roches du Cambrien de l’Amérique du Nord.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles; couches à trilobites sur le mont Stephen; autres sites moins importants sur le mont Odaray.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

En établissant Ptychoparia permulta en 1918, Walcott a décrit deux spécimens de trilobites des schistes de Burgess. Resser (1937) a constaté que les deux spécimens appartenaient à des espèces différentes, mais a utilisé à tort le type primaire de permulta désigné par Walcott pour établir la nouvelle combinaison Elrathia dubia. Rasetti (1951) a invalidé dubia, conservant le type original permulta dans Elrathia. Il s’est servi de l’autre spécimen de Walcott comme paratype d’une nouvelle espèce (burgessensis), qu’il a attribuée au genre Ehmaniella (Resser, 1937). Ehmaniella waptaensis, également décrit par Resser en 1951, est presque impossible à distinguer d’Ehmaniella burgessensis.

Description

Morphologie :

Parties dures: l’exosquelette dorsal adulte peut mesurer jusqu’à 2,8 cm de long. Le céphalon hémisphérique représente environ un tiers de la longueur de la carapace dorsale; la bordure céphalique est bien définie. Les larges joues libres présentent souvent des stries anastomosées et de courtes épines génales. De fortes crêtes oculaires transverses se prolongent jusqu’à des yeux relativement grands, qui sont situés à mi-longueur du céphalon ou derrière celle-ci. La glabelle arrondie, qui s’amincit antérieurement, présente trois paires de sillons latéraux peu profonds. Le champ préglabellaire est court. Composé de treize segments à côtés parallèles, le thorax en forme de baril est muni d’un rachis assez large. Le pygidium, court et large, forme un triangle arrondi; il présente habituellement quatre ou cinq anneaux axiaux appariés à des plèvres. La granulation de la surface de l’exosquelette varie d’un spécimen à l’autre.

Anatomie non minéralisée: de rares spécimens d’Ehmaniella provenant de la carrière Walcott et plus haut sur la crête aux Fossiles ont conservé une paire de minces antennes uniramées (Walcott, 1918; Rudkin 1989). Elles sont parfois associées à une tache sombre adjacente à l’exosquelette, probablement des fluides de décomposition.

Abondance :

Relativement commun sur la crête aux Fossiles et abondant dans la carrière Walcott (au quatrième rang des trilobites les plus communs avec quelque 400 spécimens observés, dont seulement 13 sont représentés par E. waptaensis, Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
28 mm

Écologie

Mode de vie : Épibenthique, Mobile
Mode d'alimentation : Détritivore
Interprétations écologiques :

Comme d’autres trilobites ptychoparioïdes semblables, Ehmaniella peut être interprété comme un dépositivore épibenthique, entièrement mobile.

Références

CARON, J.-B. AND JACKSON, D. A. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258:222-256.

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116 (5): 277 p.

RESSER, C. E. 1935. Nomenclature of some Cambrian trilobites. Smithsonian Miscellaneous Collections, 95(22): 29 p.

RESSER, C. E. 1937. Third contribution to nomenclature of Cambrian trilobites. Smithsonian Miscellaneous Collections, 93(5): 46 p.

RUDKIN, D. M. 1989. Trilobites with appendages from the Middle Cambrian Stephen Formation of British Columbia. 28th International Geological Congress, Washington, D.C. July 9-19, 1989. Abstracts: 2-729.

SCHOLTZ, G. AND G. D. EDGECOMBE. 2006. The evolution of arthropod heads: reconciling morphological, developmental and palaeontological evidence. Development Genes and Evolution, 216: 395-415.

WALCOTT, C. 1918. Cambrian Geology and Paleontology IV. Appendages of trilobites. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(4): 115-216.

Autres liens :