The Burgess Shale

Cambrorhytium major

Organisme solitaire en forme de cêne

Cambrorhytium fragilis (USNM57626) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Tube complet à côté d’une pince d’Anomalocaris. Longueur du spécimen = 25 mm. Spécimen sec, lumière directe (image de gauche) et lumière polarisée (image du centre); spécimen humide, lumière directe (image de droite, en haut) et lumière polarisée (image de droite, en bas). Couches à trilobites.

© Smithsonian Institution – Musée National D’histoire Naturelle. Photo : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Règne: Animal
Embranchement: Cnidaires
Classe: Clade non classé (groupe souche des cnidaires)
Remarques:

En raison de ses similarités avec le genre Byronia et de ses tentacules ressemblant à ceux de certains polypes, Cambrorhytium pourrait être apparenté aux conulariidés de l’embranchement des cnidaires. Cependant, aucune caractéristique permettant de le placer sans conteste au sein cet embranchement n’a été conservée.

Nom d’espèce: Cambrorhytium major
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1908
Étymologie :

Cambrorhytium – du nom latin de la période cambrienne et du latin rhytium, « corne à boire ».

major – du latin major, « grand ».

Spécimens types : Holotype – USNM 96542 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : C. fragilis (Walcott, 1911) Conway Morris et Robinson, 1988 des couches à trilobites du mont Stephen et de la carrière Walcott.

Autres dépôts : C. elongatum (Steiner et coll., 2005) des dépôts du Cambrien inférieur du comté de Chengjiang, de Haikou et Jingmacun dans le district de Xishan (Kunming) et de la formation Niutitang de Zhongnan dans le comté Zunyi de la province du Guizhou en Chine. C. fragilis est également connue d’après le Cambrien inférieur des schistes de Latham (Waggoner et Hagadorn, 2005) et C. major, d’après l’étage supérieur du Cambrien de la formation de Marjum en Utah (Conway Morris et Robison, 1998).

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, de la zone à Bathyuriscus-Elrathina à la zone à Bolaspidella (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Couches à trilobites sur le mont Stephen, carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles. Cambrorhytium est également connu d’après l’étude de spécimens provenant de la carrière Raymond et des couches à tulipes (S7) du mont Stephen.

Autres dépôts : C. fragilis est également connue d’après le Cambrien inférieur des schistes de Latham (Waggoner et Hagadorn, 2005) et C. major, d’après l’étage supérieur du Cambrien de la formation de Marjum en Utah (Conway Morris et Robison, 1998).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Le genre Cambrorhytium a été établi en 1988 par Conway Morris et Robinson pour accueillir deux espèces fossiles autrement inclassables, Cambrorhytium major et C. fragilis. Walcott (1908) avait par ailleurs inclus un spécimen de C. major provenant des couches à trilobites sur le mont Stephen dans le genre Orthotheca (Hyolithes), en raison de sa forme triangulaire. À la lumière à de nouveaux matériaux fossiles découverts dans la carrière qui portera son nom, Walcott (1911) a déplacé ce spécimen dans le nouveau genre Selkirkia (S. major) et l’a interprété sur le moment comme le tube d’un ver polychète (Walcott, 1911). Le spécimen original de Selkirkia major (du mont Stephen), représenté pour la première fois par Walcott dans sa publication de 1908, était dépourvu de parties molles, mais d’autres spécimens, trouvés ultérieurement dans la carrière, montraient des affinités avec les vers priapuliens (Conway Morris, 1977). Un nouvel examen de l’holotype de Selkirkia major et de certains spécimens des deux espèces de Selkirkia établies par Walcott (1911) a permis de conclure qu’il ne s’agissait pas de priapulides. Ces espèces de Selkirkia ont par conséquent été déplacées dans le nouveau genre Cambrorhytium.

Description

Morphologie :

Le tube chitineux et probablement non minéralisé de Cambrorhytium major, en forme de cône légèrement incurvé, s’élargit à partir d’un point jusqu’à une ouverture circulaire souple dépourvue d’opercule ou de système de fermeture. Cinq structures charnues ressemblant à des tentacules sortent de cette ouverture. L’organisme grandissait périodiquement, ajoutant à son extrémité béante à chaque poussée. Le cône présente par conséquent une série d’anneaux de croissance. Bien qu’il puisse atteindre 6 cm de long, sa taille moyenne est de 4 cm; la plupart des spécimens se situent près de la borne inférieure de l’intervalle de taille. Les premiers stades de croissance étant moins réguliers que les derniers, généralement la base du cône est légèrement ondulée.

C. major est plus grand et effilé que C. fragilis, dont les anneaux de croissance sont moins prononcés. C. fragilis est normalement plus réfléchissant que C. major, en raison d’une différence de composition originale ou simplement d’un biais de conservation.

Abondance :

Cambrorhytium major est rare; il est connu d’après l’étude de quelques douzaines de spécimens. C. fragilis est plus commun. Dans la carrière Walcott, les deux espèces ne comptent que pour 0,35 % environ du total des fossiles (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
65 mm

Écologie

Mode de vie : Épibenthique, Sessile
Mode d'alimentation : Carnivore, Filtreur
Interprétations écologiques :

L’organisme semble s’être reproduit de façon sexuée plutôt que par bourgeonnement. Bien que Cambrorhytium vivait sur les fonds marins, rien ne révèle la présence d’une structure d’ancrage; l’organisme se serait partiellement enfoui dans les sédiments. Il se peut qu’il ait été suspensivore ou carnivore, car il était vraisemblablement doté de tentacules et il pourrait avoir des affinités avec les cnidaires.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals and algae from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. University of Kansas Paleontological Contributions, Paper, 122: 23-48.

STEINER, M., M. ZHU, Y. ZHAO AND B.-D. ERDTMANN. 2005. Lower Cambrian Burgess Shale-type fossil associations of South China. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 220(1-2): 129-152.

WAGGONER, B. AND J. W. HAGADORN. 2005. Conical fossils from the Lower Cambrian of Eastern California. PaleoBios, 1: 1-10.

WALCOTT, C. D. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

Aucun