The Burgess Shale

Selkirkia columbia

Reconstitution 3D de Selkirkia columbia.

RECONSTITUTION 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Remarques:

Selkirkia a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Selkirkia columbia
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Selkirkia – du nom de la chaîne de Selkirk, dans le sud-est de la Colombie-Britannique.

columbia – de la Colombie-Britannique, où se trouvent les schistes de Burgess.

Spécimens types : Holotype – USNM 57624 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Le genre Selkirkia, dont l’âge va du Cambrien inférieur au Cambrien moyen, est représenté par plusieurs espèces: S. sinica, du biote de Chengjiang du Cambrien inférieur (Luo et al., 1999; Maas et al., 2007), S. pennsylvanica, de la Formation de Kinzers du Cambrien inférieur (Resser et Howell, 1938), Selkirkia sp. cf. S. columbia et S. spencei, des schistes de Spence du Cambrien moyen, en Utah (Resser, 1939; Conway Morris et Robison, 1986, 1988), et S. willoughbyi, de la Formation de Marjum du Cambrien moyen, en Utah (Conway Morris et Robison, 1986).

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles; sites moins importants sur les monts Field et Odaray; couches à trilobites, carrière Collins, couches à tulipes (S7) et sites moins importants sur le mont Stephen.

Autres dépôts : schistes de Spence du Cambrien moyen, dans l’Utah (Resser, 1939; Conway Morris et Robison, 1986, 1988).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Charles Walcott (1908) a illustré un spécimen unique d’un tube simple qu’il a appelé « Orthotheca major ». Il a interprété le fossile comme le tube d’un ver polychète, avec une autre espèce célèbre, « O. corrugata », décrite par Matthew dix ans auparavant. Or O. corrugata, aujourd’hui appelé Wiwaxia corrugata, n’est pas le tube d’un ver mais plutôt l’écaille d’un mollusque à coquille dure! Le spécimen original d’« O. major » provenait des couches à trilobites sur le mont Stephen, mais il a fallu attendre la découverte de spécimens entiers de vers à corps mou dans leur tube sur la crête aux Fossiles pour en savoir plus sur cet animal. Walcott (1911) a nommé le genre Selkirkia pour y ranger les nouveaux matériaux fossiles. En plus de l’espèce type, S. major, il a nommé deux nouvelles espèces: S. gracilis et S. fragilis. Dans le cadre d’une révision des collections de Walcott et d’autres fossiles découverts par la Commission géologique du Canada, Conway Morris (1977) a synonymisé les trois espèces de Walcott avec une seule espèce qu’il a appelée S. columbia, nom encore en usage. Il a décrit S. columbia comme un ver priapulien primitif (Conway Morris, 1977), mais des études ultérieures ont révélé que l’espèce fait partie du groupe-souche des priapuliens (Wills, 1998; Harvey et al., 2010).

Description

Morphologie :

Selkirkia vivait dans un tube et pouvait atteindre 6 cm de longueur. Le corps du ver est semblable à celui de la plupart des priapuliens et comprend un tronc (maintenu à demeure dans le tube) et une pièce buccale antérieure qui pouvait s’éverser dans le tronc appelée proboscide. Le proboscide porte différentes séries d’épines longitudinales et présente une symétrie radiale. Les petits appendices appelés papilles présents le long de la partie antérieure du tronc avaient probablement pour fonction d’ancrer le ver à son tube. L’intestin est rectiligne, et l’anus, terminal. Le tube, non minéralisé, est de forme légèrement conique, ouvert aux deux extrémités et marqué de fines stries transversales.

Abondance :

Selkirkia est le plus abondant ver priapulien de la carrière Walcott, où il représente 2,7 % de la faune répertoriée (Caron et Jackson, 2008). Des milliers de spécimens, pour la plupart des tubes isolés, ont été découverts à ce jour.

Taille maximum :
60 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

La présence d’un proboscide bien développé et de fortes épines atteste un mode de vie carnivore. Des comparaisons avec des vers priapuliens tubicoles modernes donnent à croire que Selkirkia avait une mobilité limitée et passait le plus clair de son temps enfoui verticalement ou à angle à l’interface eau-sédiments, y capturant peut-être ses proies « au piège ». Les tubes vides étaient souvent colonisés par d’autres organismes tels que des brachiopodes, des éponges et des échinodermes primitifs (voir Echmatocrinus).

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1986. Middle Cambrian priapulids and other soft-bodied fossils from Utah and Spain. The University of Kansas paleontological contributions, 117: 1-22.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals and algae from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. University of Kansas Paleontological Contributions, Paper, 122: 23-48.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

LUO, H., S. HU, L. CHEN, S. ZHANG AND Y. TAO. 1999. Early Cambrian Chengjiang fauna from Kunming region, China. Yunnan Science and Technology Press, Kunming, 162 p.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

RESSER, C. E. AND B. F. HOWELL. 1938. Lower Cambrian Olenellus Zone of the Appalachians. Geological Society of America, Bulletin, 49: 195-248.

RESSER, C. E. 1939. The Spence Shale and its fauna. Smithsonian Miscellaneous Collections, 97(12):1-29.

WALCOTT, C. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

WILLS, M. A. 1998. Cambrian and Recent disparity: the picture from priapulids. Paleobiology, 24(2): 177-199.

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Scolecofurca rara

Scolecofurca rara (GSC 45331) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Seul spécimen connu de l’espèce, lumière directe, montrant la paire de tentacules (partie antérieure, à droite). Longueur du spécimen = 65 mm. En haut : spécimen humide, lumière directe; au centre et en bas : spécimen sec, lumière polarisée. Carrière Raymond.

© COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Remarques:

Scolecofurca appartient au groupe souche des priapuliens (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Scolecofurca rara
Nom du descripteur: Conway Morris
Date de la description : 1977
Étymologie :

Scolecofurca – du grec skolex, « ver », et du latin furca, « fourche », en référence à l’aspect fourchu de l’extrémité antérieure du corps de l’animal.

rara – du latin rarus, « rare », en référence à la rareté de l’espèce.

Spécimens types : Holotype – GSC 45331 conservé à la Commission géologique du Canada, Ottawa, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Raymond sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Conway Morris a décrit ce ver en 1977 comme un possible priapulien primitif. Des analyses ultérieures ont montré que S. rara appartient au groupe souche de cet embranchement (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Description

Morphologie :

Le seul spécimen connu est incomplet. Sa longueur totale est estimée à environ 9 cm. Comme chez les autres priapuliens, le corps comprend un proboscide et un tronc. Le proboscide est frangé de petites saillies (papilles) et terminé par une paire de tentacules bien visibles déterminant une fourche bifide. Le tronc est annelé, et l’intestin semble constitué d’un tube simple. Contrairement à toutes les autres espèces de priapuliens de la faune de Burgess, Scolecofurca ne semble porter ni épines ni crochets sur le proboscide et le reste du corps.

Abondance :

Il n’existe qu’un spécimen de l’espèce.

Taille maximum :
90 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

La forme générale du corps et la présence d’un proboscide laissent croire que Scolecofurca était un ver fouisseur. Les tentacules avaient peut-être une fonction sensorielle plutôt que préhensile. Le mode d’alimentation de l’espèce demeure inconnu.

Références

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

WILLS, M. A. 1998. Cambrian and Recent disparity: the picture from priapulids. Paleobiology, 24(2): 177-199.

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Ottoia prolifica

Reconstitution 3D d’Ottoia prolifica.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Remarques:

Ottoia a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Ottoia prolifica
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Ottoia – d’après le col d’Otto (2 106 m d’altitude), situé à quelques kilomètres au nord-ouest des schistes de Burgess, nommé d’après Otto Klotz, astronome qui a travaillé pour le ministère de l’Intérieur le long du Chemin de fer Canadien Pacifique (pour en savoir plus sur Otto Klotz, visiter la section « Premières découvertes »).

prolifica – du latin proles, « lignée », et ferax, « fécond », en référence au grand nombre de spécimens découverts.

Spécimens types : Lectotype – USNM 57619 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Ottoia sp., des schistes de Pioche (Nevada) du Cambrien inférieur (Lieberman, 2003).

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, de la zone à Bathyuriscus-Elrathina à la zone à Ptychagnostus punctuosus (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; carrière Collins; couches à tulipes (S7); sites moins importans sur le mont Stephen; sites moins importants sur les monts Field et Odaray et dans le cirque Monarch.

Autres dépôts : l’espèce est également présente dans les schistes de Spence et la formation de Marjum du Cambrien moyen, dans l’Utah (Conway Morris et Robison, 1986).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dans sa description originale, Charles Walcott (1911) a classé provisoirement Ottoia dans le groupe aujourd’hui démantelé des vers gephyrés, qui englobait les priapuliens, les sipunculiens et les échiuriens. Son insistance à le comparer aux sipunculiens a incité certains auteurs à le ranger dans cet embranchement. D’autres, cependant, ont proposé des affinités avec les acanthocéphales, vers parasites, ou avec les priapuliens (Banta et Rice, 1970). Ce n’est que dans les années 1970 qu’une nouvelle analyse des fossiles a eu lieu. Banta et Rice (1970) et Conway Morris (1977) ont alors proposé une relation avec les priapuliens, subséquemment reconnue comme située au niveau d’un groupe souche (Wills, 1998). D’autres chercheurs se sont concentrés sur l’écologie des formes connues des schistes de Burgess (Bruton, 2001; Vannier, 2009; Vannier et al., 2010).

Description

Morphologie :

Ottoia est un ver priapulien doté d’une pièce buccale dentée (proboscide) qui pouvait être éversée dans le tronc et d’une courte queue également éversible. L’animal pouvait atteindre 15 cm de long; les plus petits spécimens – vraisemblablement des juvéniles, mais par ailleurs identiques aux adultes – ne mesuraient que 1 cm. Le proboscide portait 28 rangées de crochets et, intercalées parmi elles, des épines de dimensions diverses. La plupart des spécimens sont courbés en U, et leur tube digestif rempli de sédiments est souvent visible au centre du corps. Le tronc est annelé et porte deux ensembles de quatre crochets disposés en rond dans la région postérieure. Ce sont là les seules traces de symétrie bilatérale, l’organisme présentant de façon générale une symétrie radiale. Ottoia remplaçait périodiquement sa cuticule (mue de croissance).

Abondance :

Ottoia est un des organismes les plus abondants de la faune de Burgess, comptant pour plus de 80 % des priapuliens à la carrière Walcott (Conway Morris, 1977) et pour plus de 1,3 % de toute la faune de cette carrière (Caron et Jackson, 2008); des milliers de spécimens sont connus.

Taille maximum :
150 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

La présence de spécimens d’Haplophrentis carinatus préservés dans le tube digestif du ver indique que cet hyolithe constituait une composante importante du régime alimentaire d’Ottoia (Conway Morris, 1977). Une dalle renferme également neuf spécimens en train de se nourrir sur la carcasse d’un spécimen de Sidneyia mort depuis peu (Bruton, 2001).

Références

BANTA, W. C. AND M. E. RICE. 1970. A restudy of the Middle Cambrian Burgess Shale fossil worm, Ottoia prolifica. International Symposium on the Biology of the Sipuncula and Echiura 2, Kotor: 79-90.

BRUTON, D. L. 2001. A death assemblage of priapulid worms from the Middle Cambrian Burgess Shale. Lethaia, 34(2):163-167.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL. 2009. New Palaeoscolecidan Worms from the Lower Cambrian: Sirius Passet, Latham Shale and Kinzers Shale. Acta Palaeontologica Polonica, 55(1): 141-156.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

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Louisella pedunculata

Reconstitution de Louisella pedunculata.

© MARIANNE COLLINS

Taxonomie:

Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Remarques:

Louisella a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Louisella pedunculata
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Louisella – d’après le lac Louise, situé près des schistes de Burgess, nommé en l’honneur de la princesse Louise-Caroline Alberta (1848-1939), quatrième fille de la reine Victoria et femme du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada.

pedunculata – du diminutif latin pedunculus, « petit pied », en référence aux petites structures en forme de pied (papilles) implantées le long du corps de l’animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 57558 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Lorsqu’il l’a décrit pour la première fois, en 1911,Walcott a considéré son seul spécimen de Louisella comme un concombre de mer, le croyant pourvu d’une « semelle » aplatie et de tentacules aux deux extrémités du corps (Walcott, 1911a). L’holotype de Louisella étant plié de manière inhabituelle, ses rangées de papilles ressemblaient à des tentacules à l’avant et à l’arrière. Walcott a par la suite décrit de nouveaux spécimens comme des représentants d’une nouvelle espèce de ver annélide, Miskoia preciosa (Walcott, 1911b). Subséquemment, Conway Morris (1977) a reconnu l’espèce comme un ver priapulien primitif et l’a synonymisée avec Louisella.

Description

Morphologie :

Long de 30 cm, Louisella est le plus gros ver priapulien des schistes de Burgess. Comme tous les autres membres de ce groupe, cet organisme est un ver annelé pourvu à son extrémité antérieure d’un appareil alimentaire denté (proboscide) éversible. Le tube digestif est rectiligne et relie directement la bouche à l’anus, de l’avant à l’arrière du corps. Le tronc comprend quatre sections distinctes différenciées par leur texture extérieure. Le corps est ceint d’anneaux de petites épines et porte sur une de ses faces deux rangées de papilles (possiblement utilisées comme branchies). L’extrémité postérieure, inerme, pouvait se rétracter à l’intérieur du corps. Le proboscide est couvert d’épines, dont un anneau de 25 épines plus longues près du milieu du corps. Il pouvait être retourné (éversé) et s’extruder.

Abondance :

Cette espèce n’a été trouvée que dans la carrière Walcott, où elle est relativement rare, représentant 0,09 % des spécimens recensés (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
300 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Louisella était un ver fouisseur, mais il passait peut-être un certain temps à la surface. Carnivore, il consommait probablement de grosses proies, car son proboscide semble adapté au broyage de la nourriture. On ignore toutefois si Louisella chassait activement ses proies ou s’il se nourrissait de carcasses. Les traces de sédiments relevées dans le tube digestif semblent indiquer qu’il se nourrissait de divers organismes fouisseurs ou ingérait de la boue en s’alimentant. Il est cependant possible que la boue soit entrée dans le corps après la mort de l’animal.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL. 2009. New Palaeoscolecidan Worms from the Lower Cambrian: Sirius Passet, Latham Shale and Kinzers Shale. Acta Palaeontologica Polonica, 55(1): 141-156.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

WALCOTT, C. 1911a. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian holothurians and medusae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(3): 41-68.

WALCOTT, C. 1911b. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

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Louisella pedunculata

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Taxonomie:

Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Affinité:

Louisella a été comparé aux némathelminthes (Maas et al., 2007), mais la plupart des analyses appuient l’hypothèse d’un lien avec les priapuliens au niveau du groupe souche (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Louisella pedunculata
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Louisella – d’après le lac Louise, situé près des schistes de Burgess, nommé en l’honneur de la princesse Louise-Caroline Alberta (1848-1939), quatrième fille de la reine Victoria et femme du marquis de Lorne, gouverneur général du Canada.

pedunculata – du diminutif latin pedunculus, « petit pied », en référence aux petites structures en forme de pied (papilles) implantées le long du corps de l’animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 57558 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Lorsqu’il l’a décrit pour la première fois, en 1911,Walcott a considéré son seul spécimen de Louisella comme un concombre de mer, le croyant pourvu d’une « semelle » aplatie et de tentacules aux deux extrémités du corps (Walcott, 1911a). L’holotype de Louisella étant plié de manière inhabituelle, ses rangées de papilles ressemblaient à des tentacules à l’avant et à l’arrière. Walcott a par la suite décrit de nouveaux spécimens comme des représentants d’une nouvelle espèce de ver annélide, Miskoia preciosa (Walcott, 1911b). Subséquemment, Conway Morris (1977) a reconnu l’espèce comme un ver priapulien primitif et l’a synonymisée avec Louisella.

Description

Morphologie :

Long de 30 cm, Louisella est le plus gros ver priapulien des schistes de Burgess. Comme tous les autres membres de ce groupe, cet organisme est un ver annelé pourvu à son extrémité antérieure d’un appareil alimentaire denté (proboscide) éversible. Le tube digestif est rectiligne et relie directement la bouche à l’anus, de l’avant à l’arrière du corps. Le tronc comprend quatre sections distinctes différenciées par leur texture extérieure. Le corps est ceint d’anneaux de petites épines et porte sur une de ses faces deux rangées de papilles (possiblement utilisées comme branchies). L’extrémité postérieure, inerme, pouvait se rétracter à l’intérieur du corps. Le proboscide est couvert d’épines, dont un anneau de 25 épines plus longues près du milieu du corps. Il pouvait être retourné (éversé) et s’extruder.

Abondance :

Cette espèce n’a été trouvée que dans la carrière Walcott, où elle est relativement rare, représentant 0,09 % des spécimens recensés (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
300 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Louisella était un ver fouisseur, mais il passait peut-être un certain temps à la surface. Carnivore, il consommait probablement de grosses proies, car son proboscide semble adapté au broyage de la nourriture. On ignore toutefois si Louisella chassait activement ses proies ou s’il se nourrissait de carcasses. Les traces de sédiments relevées dans le tube digestif semblent indiquer qu’il se nourrissait de divers organismes fouisseurs ou ingérait de la boue en s’alimentant. Il est cependant possible que la boue soit entrée dans le corps après la mort de l’animal.

Références

Bibliographie :

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND J. S. PEEL. 2009. New Palaeoscolecidan Worms from the Lower Cambrian: Sirius Passet, Latham Shale and Kinzers Shale. Acta Palaeontologica Polonica, 55(1): 141-156.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

MAAS, A., D. HUANG, J. CHEN, D. WALOSZEK AND A. BRAUN. 2007. Maotianshan-Shale nemathelminths – Morphology, biology, and the phylogeny of Nemathelminthes. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 254(1-2): 288-306.

WALCOTT, C. 1911a. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian holothurians and medusae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(3): 41-68.

WALCOTT, C. 1911b. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

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Fieldia lanceolata

Fieldia lanceolata (ROM32572) – Empreinte (images de gauche) et contre-empreinte (images de droite). Spécimen complet dont la section antérieure est enfouie verticalement; la section postérieure est à gauche sur les images de l’empreinte. Longueur du spécimen (conservé) = 38 mm. Spécimen humide, lumière directe (images du haut) et lumière polarisée (images du bas). Talus de la carrière Walcott.

© Musée Royal De L’ontario. Photos : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Remarques:

Fieldia appartient au groupe souche des vers priapuliens (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Fieldia lanceolata
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Fieldia – de « Field », sommet montagneux (2 643 m) et petite ville proche de la crête aux Fossiles. Le mont Field a été baptisé par William Cornelius Van Horne, le président du Chemin de fer Canadien Pacifique, en l’honneur de Cyrus West Field, qui posa le premier câble télégraphique transatlantique.

lanceolata – du latin lanceolatus, « lancéolé », en référence à la forme en fer de lance du ver.

Spécimens types : Holotype – USNM 57717 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1912) a été le premier à décrire Fieldia, qu’il a pris pour la carapace d’un crustacé. Par la suite, il a rangé un spécimen différent avec le ver priapulien Ancalagon (connu à l’époque sous le nom d’Ottoia minor Walcott, 1931). Conway Morris (1977), sur la base de nouveaux matériaux fossiles trouvés dans les collections du Smithsonian, a redécrit le genre comme un ver priapulien primitif. Des études ultérieures ont révélé que Fieldia appartient au groupe souche des vers priapuliens (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Description

Morphologie :

Fieldia est un ver cylindrique d’environ 5 cm de long au corps (tronc) couvert d’épines. La pièce buccale (proboscide), plutôt petite, est éversible et couverte de petits piquants à l’avant et de plusieurs rangées de crochets à l’arrière. On ignore si elle pouvait être rétractée ou inversée complètement, comme c’est le cas chez d’autres vers priapuliens fossiles et récents. Chez les spécimens conservés, le tube digestif contient souvent de la boue et traverse le centre du corps. Le tronc n’est pas annelé et est divisé en trois parties: antérieure, médiane et postérieure. La boue présente dans le tube digestif est surtout visible dans la partie médiane du tronc.

Abondance :

Il s’agit d’une espèce très rare. La description originale de Walcott (1912) est fondée sur un seul spécimen; Conway Morris (1977) en a étudié une douzaine.

Taille maximum :
53 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

La présence de boue dans le tube digestif de nombreux spécimens laisse penser que Fieldia se nourrissait directement des sédiments à la surface des fonds marins. Sa forme tubulaire est bien adaptée au fouissage, et l’animal utilisait probablement ses épines pour se mouvoir à travers la boue.

Références

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

WALCOTT, C. 1912. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian Branchiopoda, Malacostraca, Trilobita and Merostomata. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(6): 145-228.

WALCOTT, C. 1931. Addenda to descriptions of Burgess Shale fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 85(3): 1-46.

WILLS, M. A. 1998. Cambrian and Recent disparity: the picture from priapulids. Paleobiology, 24(2): 177-199.

Autres liens :

Aucun

Ancalagon minor

Ancalagon minor (USNM57646) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). À gauche, planche 22 de Walcott (1911) représentant une image retouchée du spécimen original (à l’envers) (figure 5). À droite, images du même spécimen présentant une tache foncée, probablement due à la présence de liquide s en décomposition à l’arrière du corps. Longueur du spécimen = 70 mm. Spécimen sec, lumière directe (en haut) et lumière polarisée (au centre et en bas). Carrière Walcott.

© Smithsonian Institution – Musée National D’histoire Naturelle. Photos : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Classe: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Remarques:

Ancalagon appartient au groupe souche des vers priapuliens (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom d’espèce: Ancalagon minor
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Ancalagon – d’après Ancalagon le Noir, dragon du monde légendaire des écrits de Tolkien (Le Seigneur des anneaux, 1954; Le Silmarillion, 1977), en référence aux rangées de puissantes griffes du ver.

minor – du latin minor, « moindre », en référence à la petite taille de l’animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 57646 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1911, 1931) a décrit et illustré plusieurs spécimens de cette espèce sous le nom d’Ottoia minor. Conway Morris (1977) a transféré l’espèce dans le genre Ancalagon et l’a redécrite comme un ver priapulien primitif. Des études plus récentes ont montré qu’elle fait partie du groupe souche des vers priapuliens (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Description

Morphologie :

Le corps tubulaire de ce ver, qui peut atteindre 11 cm de long, comprend un tronc constitué de fins anneaux et une pièce buccale antérieure éversible appelée proboscide. Le proboscide porte à l’avant de fortes griffes et, à l’arrière, des griffes plus petites pointées vers l’arrière. Le tronc est couvert de fines soies, l’intestin est droit, et l’anus est en position terminale.

Abondance :

Espèce rare; moins de 20 spécimens ont été découverts.

Taille maximum :
110 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Avec son corps tubulaire bien adapté au fouissage, Ancalagon se servait probablement de ses griffes pour se propulser dans la boue. Les fortes griffes à l’avant du proboscide indiquent un mode d’alimentation carnivore.

Références

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

WALCOTT, C. 1931. Addenda to descriptions of Burgess Shale fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 85(3): 1-46.

WILLS, M. A. 1998. Cambrian and Recent disparity: the picture from priapulids. Paleobiology, 24(2): 177-199.

Autres liens :

Aucun