The Burgess Shale

Priscansermarinus barnetti

Priscansermarinus barnetti (ROM 36064) – Holotype (spécimen A). Dalle contenant 62 individus, dont l’holotype (cadre blanc dans l’image de gauche et gros plan à droite). Longueur du spécimen (holotype) = 32 mm. Spécimen sec, lumière polarisée (les deux images). Talus de la carrière Walcott.

© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Classe: Sans object
Remarques:

Les affinités de Priscansermarinus, initialement proposé comme un arthropode crustacé et un membre possible des bernaches lépadomorphes à pédoncule de la sous-classe Thecostraca au sein de Maxillopoda (Collins et Rudkin, 1981), font l’objet de discussions et demeurent incertaines.

Nom d’espèce: Priscansermarinus barnetti
Nom du descripteur: Collins and Rudkin
Date de la description : 1981
Étymologie :

Priscansermarinus – du latin priscus, « ancien », anser, « oie » et marinus, « mer », soit « oie de mer », en référence aux bernaches ou outardes modernes.

barnetti – d’après Robert Barnett, membre de l’expédition de 1975 du Musée royal de l’Ontario, qui découvrit les premiers spécimens.

Spécimens types : Holotype – ROM 36064a conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Ontario, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Niveaux des carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles, mont Field.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

La « plaque de découverte » portant 62 représentants d’un organisme jusqu’alors inconnu a été trouvée en 1975 par Robert Barnett dans un talus (éboulis) sous le niveau de la carrière Walcott lors de l’expédition inaugurale du Musée royal de l’Ontario dans les schistes de Burgess. En 1981, Priscansermarinus barnetti a été décrit, nommé et interprété comme un bernache lépadomorphe, en attendant la récupération de spécimens additionnels conservant les caractères définitifs. Ses affinités d’anatife (bernache), voire d’arthropode, ont depuis été contestées (Briggs, 1983; Briggs et al., 2005).

Description

Morphologie :

Priscansermarinus est constitué de deux composants primaires: un corps oviforme, voire pyramidale, compressé latéralement et un pédoncule court et épais. De chaque côté, le corps présente une région subtriangulaire centrale et hautement réfléchissante, qui a été initialement interprétée comme la trace d’une mince plaque externe non minéralisée. Cette région est aujourd’hui reconnue comme une structure interne anatomiquement complexe. Un stolon (pédoncule) de forme cylindrique, modérément flexible, semble émerger du corps plutôt que fusionner avec lui; son extrémité distale accueille un disque terminal à motif rayonnant. Chez la plupart des spécimens connus, le pédoncule mesure légèrement plus de la moitié de la longueur totale de l’animal.

Abondance :

Relativement commun à certains niveaux de la carrière Raymond; peu commun ailleurs.

Taille maximum :
50 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

L’espèce est trop peu connue pour que son mode de vie soit décrit avec certitude. Le disque terminal à la base du stolon servait probablement à ancrer l’animal dans ou sur la boue. En l’absence de tentacules apparents et de structures alimentaires évidentes, un régime suspensivore est fortement possible.

Références

BRIGGS, D. E. G. 1983. Affinities and early evolution of the Crustacea: the evidence of the Cambrian fossils, p. 1-22. In F. R. Schram (ed.), Crustacean Phylogeny. Balkema, Rotterdam.

BRIGGS, D. E. G., M. D. SUTTON AND D. J. SIVETER. 2005. Metamorphosis in a Silurian barnacle. Proceedings of the Royal Society, B, 272: 2365-2369.

COLLINS, D. AND RUDKIN, D. M. 1981. Priscansermarinus barnetti, a probable lepadomorph barnacle from the Middle Cambrian Burgess Shale of British Columbia. Journal of Paleontology, 55: 1006-1015.

Autres liens :

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Portalia mira

Portalia mira (USNM 83927) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Spécimen complet conservé avec Mackenzia costalis. La partie avant se trouve peut-être à droite. Longueur du spécimen = 100 mm. Spécimen sec, lumière polarisée. Carrière Walcott.

© SMITHSONIAN INSTITUTION – MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Classe: Sans object
Remarques:

Portalia est considéré comme un organisme problématique dont une redescription complète s’impose (Briggs et Conway Morris, 1986).

Nom d’espèce: Portalia mira
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1918
Étymologie :

Portalia – d’après le mont Portal (2 911 m), situé au nord des schistes de Burgess, dans le parc national du Canada Banff.

mira – du latin mirus, « merveilleux », en référence à la morphologie de l’animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 83927 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Le seul spécimen connu de Portalia a été illustré une première fois par Walcott dans une brève communication parue en 1918, puis dans une publication posthume (Walcott, 1931). Walcott l’a classé parmi les holothuries, groupe d’Échinodermes mieux connus sous le nom de concombres de mer. Madsen (1957) a vu dans Portalia une possible éponge primitive, mais Durham (1974) a soutenu que la thèse de l’affinité avec les holothuries ne pouvait être rejetée sans que d’autres études soient menées (voir aussi Conway Morris, 1979). Les affinités phylogénétiques de Portalia demeurent difficiles à établir (Briggs et Conway Morris, 1986).

Description

Morphologie :

Le corps de Portalia, en forme de saucisse, se distingue principalement par la série d’appendices tentaculaires allongés qui le recouvrent entièrement. Ces appendices se séparent souvent en plusieurs branches individuelles. Le faisceau central à l’intérieur du corps a été interprété comme une partie de l’intestin, et la zone sombre indistincte située à une extrémité du corps, peut-être comme la tête.

Abondance :

Un seul spécimen de Portalia a été découvert à ce jour.

Taille maximum :
100 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

On en sait trop peu sur cet organisme pour se prononcer sur son mode d’alimentation.

Références

BRIGGS, D. E. G. AND S. CONWAY MORRIS. 1986. Problematica from the Middle Cambrian Burgess Shale of British Columbia, p. 167-183. In A. Hoffman and M. H. Nitecki (eds.), Problematic fossil taxa (Oxford Monographs on Geology and Geophysics No. 5). Oxford University Press & Clarendon Press, New York.

CONWAY MORRIS, S. 1979. The Burgess Shale (Middle Cambrian) fauna. Annual Review of Ecology and Systematics, 10(1): 327-349.

MADSEN, F. J. 1957. On Walcott’s supposed Cambrian holothurians. Journal of Paleontology, 31(1): 281-286.

WALCOTT, C. 1918. Geological explorations in the Canadian Rockies. From « Explorations and Field-Work of the Smithsonian Institution in 1917 ». Smithsonian Miscellaneous Collections, 68: 4-20.

WALCOTT, C. 1931. Addenda to descriptions of Burgess Shale fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 85(3): 1-46.

Autres liens :

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Pollingeria grandis

Pollingeria grandis (GSC 8362). Dalle renfermant plusieurs spécimens. Longueur du plus grand spécimen = 15 mm. Spécimens secs, lumière polarisée. Carrière Walcott.

© COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Classe: Sans object
Remarques:

Pollingeria est un des organismes de Burgess les moins bien connus, et sa situation phylogénétique demeure indéterminée (Briggs et Conway Morris, 1986).

Nom d’espèce: Pollingeria grandis
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Pollingeria – d’après le mont Pollinger (2 816 m), situé au nord ouest des schistes de Burgess, nommé en l’honneur de Joseph Pollinger (1873 1943).

grandis – du latin grandis, « grand », en référence à la supposée grande taille des fossiles.

Spécimens types : Syntypes – USNM 57639 àUSNM 57641 conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; sites moins importants sur les monts Field et Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott a présenté une première description de Pollingeria en 1911 dans une monographie portant sur différents vers de Burgess. Il a considéré les fossiles comme des écailles d’un organisme de plus grande taille ressemblant à Wiwaxia. Toutefois, cette interprétation a été mise en doute (Conway Morris, 1979) puis fermement rejetée après une nouvelle étude de Wiwaxia (Conway Morris, 1985). Il demeure difficile d’établir les affinités taxonomiques de Pollingeria (Briggs et Conway Morris, 1986).

Description

Morphologie :

Ce fossile est ovoïde mais les détails de sa forme varient, et la plupart des individus mesurent entre 10 et 15 mm de long. Il se distingue par une série d’étroits éléments tubulaires plus foncés que le reste du corps et souvent légèrement soulevés qui sont tordus et ne semblent pas faire partie d’un tube digestif.

Abondance :

Pollingeria est très abondant par endroits, des centaines de spécimens ayant été découverts dans certaines couches géologiques. À la carrière Walcott, l’espèce représente 5,83 % des spécimens recensés (Caron et Jackson, 2008)

Taille maximum :
15 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Le manque d’information sur cet organisme empêche d’en faire une interprétation écologique.

Références

BRIGGS, D. E. G. AND S. CONWAY MORRIS. 1986. Problematica from the Middle Cambrian Burgess Shale of British Columbia, p. 167-183. In A. Hoffman and M. H. Nitecki (eds.), Problematic fossil taxa (Oxford Monographs on Geology and Geophysics No. 5). Oxford University Press & Clarendon Press, New York.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1979. The Burgess Shale (Middle Cambrian) fauna. Annual Review of Ecology and Systematics, 10(1): 327-349.

CONWAY MORRIS, S. 1985. The Middle Cambrian metazoan Wiwaxia corrugata (Matthew) from the Burgess Shale and Ogygopsis Shale, British Columbia, Canada. Philosophical Transactions of the Royal Society of London, Series B, 307:507-582.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

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Herpetogaster collinsi

Reconstitution 3D d’Herpetogaster collinsi.

Modèle 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Classe: Cambroernides (Clade non classé, groupe souche des ambulacraires )
Remarques:

À l’instar d’autres fossiles pédonculés ou discoïdes comme EldoniaHerpetogaster appartient probablement au groupe souche des ambulacraires, clade comprenant les échinodermes et les hémichordés (Caron et al., 2010).

Nom d’espèce: Herpetogaster collinsi
Nom du descripteur: Caron et Conway Morris
Date de la description : 2010
Étymologie :

Herpetogaster – du grec herpo, « ramper », et gaster, « estomac », en référence à l’aspect rampant et au gros estomac de l’animal.

collinsi – en l’honneur de Desmond Collins, ancien conservateur de paléontologie du Musée royal de l’Ontario qui a dirigé des expéditions aux schistes de Burgess de 1975 à 2000.

Spécimens types : Holotype – ROM 58051 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; carrière Collins sur le mont Stephen; glacier Stanley dans le parc national du Canada Kootenay.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Herpetogaster a été décrit en 2010 en tant que membre possible des ambulacraires (Caron et Conway Morris 2010).

Description

Morphologie :

Herpetogaster est d’un corps constitué d’une partie principale pourvue d’une paire de tentacules à l’avant et d’un stolon souple. La partie principale est divisée en treize segments et forme une spire dans le sens des aiguilles d’une montre en vue dorsale. Les tentacules, longs et flexibles, se ramifient plusieurs fois. L’estomac est la partie la plus visible du tube digestif et détermine souvent, comme chez Eldonia, genre étroitement apparenté à Herpetogaster, une zone très réfléchissante. L’anus est terminal, et la bouche s’ouvre entre les deux tentacules. Le stolon est parfois plus long que la partie principale du corps et se termine par un disque plat, qui servait de toute évidence à fixer l’animal au fond de l’eau ou à d’autres organismes.

Abondance :

Des 101 spécimens découverts à ce jour, seulement 6 l’ont été dans la carrière Walcott, où l’espèce ne représente que 0,011 % de la faune locale (Caron et Jackson, 2008). La plupart des spécimens (68) proviennent de la carrière Raymond.

Taille maximum :
48 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Les spécimens d’Herpetogaster ont été découverts en association avec l’éponge Vauxia, ce qui porte à croire que l’animal vivait sur le fond marin ou à proximité. On ignore toutefois si Herpetogaster menait une existence sessile, et s’il se nourrissait exclusivement de particules en suspension dans l’eau ou de proies qu’il capturait à l’aide de ses tentacules préhensiles.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CARON, J.-B., S. CONWAY MORRIS AND D. SHU. 2010. Tentaculate fossils from the Cambrian of Canada (British Columbia) and China (Yunnan) interpreted as primitive deuterostomes. PLoS ONE, 5(3): e9586.

Autres liens :

http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0009586

Eldonia ludwigi

Reconstitution 3D d’Eldonia ludwigi.

Reconstitution 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Classe: Cambroernides (Clade non classé, groupe souche des ambulacraires )
Remarques:

Comme d’autres fossiles discoïdes ou pédonculés tel qu’HerpetogasterEldonia fait partie, au sein du groupe souche, du clade des ambulacraires, qui regroupe les échinodermes et les hémichordés (Caron et al., 2010).

Nom d’espèce: Eldonia ludwigi
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Eldonia – d’après Eldon, arrêt de train du Chemin de fer Canadien Pacifique situé à 30 km à l’est de Field, de la ville du même nom, dans le comté de Durham, en Angleterre, qui signifie « colline d’Aelle ».

ludwigii – d’après Hubert Ludwig, spécialiste allemand des échinodermes qui a décrit de nombreuses holothuries fossiles.

Spécimens types : Lectotype – USNM 7540 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Stellostomites eumorphus (Sun et Hou, 1987), de la faune de Chengjiang du Cambrien inférieur, a été redécrit sous le nom d’Eldonia eumorpha (Chen et al., 1995). Toutefois, S. eumorphus est considéré dans la littérature comme la seule espèce valide (Zhu et al., 2002). E. berbera a été décrit comme remontant à l’Ordovicien supérieur du Maroc (Alessandrello et Bracchi, 2003). Si cela est confirmé, il s’agirait de l’occurrence stratigraphique la plus récente pour ce genre.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, de la zone à Bathyuriscus-Elrathina à la zone à Bolaspidella (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles.

Autres dépôts : schistes de Spence et formation de Marjum du Cambrien moyen, en Utah (Conway Morris et Robison, 1988).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Décrit par Walcott en 1911, le genre Eldonia était considéré originellement comme partie des holothuries (concombres de mer, au sein des échinodermes), point de vue accepté par d’éminents spécialistes à l’époque (Clark A.H., 1913) et conforté par un examen ultérieur du matériel (Durham, 1974). Toutefois, cette interprétation a toujours eu des détracteurs (Clark H.L., 1912; Dzik, 1991, 1997; Madsen, 1956, 1957, 1962; Paul et Smith, 1984), et l’absence de caractères clés des échinodermes infirme l’existence d’une relation étroite avec ce groupe (Conway Morris, 1993; voir aussi Zhu et al., 2002). Un vaste consensus s’est dégagé sur le fait que les eldoniidés n’ont aucune affinité avec les cnidaires même s’ils ressemblent aux méduses (scyphozoaires). Certains auteurs (Chen et al., 1995, Dzik, 1997) ont soutenu plus en détail l’existence d’une relation avec les « lophophoriens » (p. ex. brachiopodes, phoronidiens), mais la question demeure ouverte. La description du genre Herpetogaster, étroitement apparenté à Eldonia, offre la possibilité d’un lien avec les ambulacraires, qui regroupent les échinodermes et les hémichordés (Caron et Conway Morris, 2010).

Des fragments de l’intestin, réfléchissant, ont été extraits par macération acide et analysés en vue d’études taphonomiques (Butterfield, 1990).

Description

Morphologie :

Le corps est discoïde, et l’anus et la bouche s’ouvrent sur la face ventrale. De fins rayons irradient à partir d’un point central dans le disque. En vue dorsale, le tube digestif est enroulé dans le sens des aiguilles d’une montre autour du centre de l’organisme et est distinctement différencié en un pharynx, un estomac (partie la plus sombre) et un étroit intestin. La paire de tentacules relativement rigides qui borde la bouche servait probablement à l’alimentation.

Abondance :

Walcott a récolté des centaines de spécimens d’Eldonia dans une seule couche fossilifère au sein de la couche à phyllopodes, qu’il a appelée « Grande couche à Eldonia ». Depuis, d’autres spécimens ont été prélevés à la carrière Walcott, où ils représentent 0,4 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
150 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Eldonia a longtemps été considéré comme un organisme filtreur flottant librement. Toutefois, au vu de sa morphologie, de son mode de conservation et de sa similarité avec Herpetogaster, on a également soutenu qu’il menait une existence benthique, utilisant ses tentacules pour capter sa nourriture dans l’eau ou balayer les fonds marins à la recherche de particules de détritus (Caron et Conway Morris, 2010). On ne sait pas si l’animal se déplaçait, à l’occasion, ou s’il était stationnaire (sessile).

Références

ALESSANDRELLO, A. AND G. BRACCHI. 2003. Eldonia berbera n. sp. a new species of the enigmatic genus Eldonia Walcott, 1911 from the Rawtheyan (Upper Ordovician) of Anti-Atlas (Erfoud, Tafilalt, Morocco). Atti della Società italiana di scienze naturali e del Museo civico di storia naturale in Milano, 144(2): 337-358.

BUTTERFIELD, N. J. 1990. Organic preservation of non-mineralizing organisms and the taphonomy of the Burgess Shale. Paleobiology, 16(3): 272-286.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CARON, J.-B., S. CONWAY MORRIS AND D. SHU. 2010. Tentaculate fossils from the Cambrian of Canada (British Columbia) and China (Yunnan) interpreted as primitive deuterostomes. PLoS ONE, 5(3): e9586.

CHEN, J.-Y., M.-Y. ZHU AND G.-Q. ZHOU. 1995. The early Cambrian medusiform metazoan Eldonia from the Chengjiang Lagerstätte. Acta Palaeontologica Polonica, 40: 213-244.

CLARK, H. L. 1912. Fossil holothurians. Science, 35(894): 274-278.

CLARK, A. H. 1913. Cambrian holothurians. American Naturalist, 48: 488-507.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals and algae from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. The University of Kansas Paleontological Contributions, 122: 23-84.

CONWAY MORRIS, S. 1993. The fossil record and the early evolution of the Metazoa. Nature, 361(6409): 219-225.

DURHAM, J. W. 1974. Systematic Position of Eldonia ludwigi Walcott. Journal of Paleontology, 48(4): 751-755.

DZIK, J. 1991. Is fossil evidence consistent with traditional views of the early metazoan phylogeny?, p. 47-56. In A. M. Simonetta and S. Conway Morris (eds.), The Early Evolution of Metazoa and the Significance of Problematic Taxa. Cambridge University Press, Cambridge.

DZIK, J. Y., L. ZHAO AND M. Y. ZHU. 1997. Mode of life of the Middle Cambrian eldonioid lophophorate Rotadiscus. Palaeontology, 40(2):385-396.

MADSEN, F. J. 1956. Eldonia, a Cambrian siphonophore-formerly interpreted as a holoturian[sic]. Videnskabelige meddelelser fra Dansk naturhistorisk forening i Københaven, 118: 7-14.

MADSEN, F. J. 1957. On Walcott’s supposed Cambrian holothurians. Journal of Paleontology, 31(1): 281-282.

MADSEN, F. J. 1962. The systematic position of the Middle Cambrian fossil Eldonia. Meddelelser fra Dansk Geologisk Førening, 15: 87-89.

PAUL, C. R. C. AND A. B. SMITH. 1984. The early radiation and phylogeny of echinoderms. Biological Reviews, 59(4): 443-481.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian holothurians and medusae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(3): 41-68.

ZHU, M. Y., Y. L. ZHAO AND J. Y. CHEN. 2002. Revision of the Cambrian discoidal animals Stellostomites eumorphus and Pararotadiscus guizhouensis from South China. Geobios, 35(2): 165-185.

Autres liens :

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Diraphora bellicostata

Reconstitution 3D de Diraphora bellicostata avec d’autres brachiopodes (Acrothyra gregaria, Micromitra burgessensis, Nisusia burgessensis, et Paterina zenobia).

Reconstitution 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Classe: Rhynchonellata (Ordre : Orthida)
Remarques:

Diraphora appartient à la famille des Bohemiellidae.

Nom d’espèce: Diraphora bellicostata
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1924
Étymologie :

Diraphora – du grec deiras, « strie », et phoras,« porteur ».

bellicostata – du latin bellus,« beau », et costatus, « strié ».

Spécimens types : Syntypes – USNM 69731-69737 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune à ce jour. Les brachiopodes des schistes de Burgess, en particulier ceux des couches à trilobites du mont Stephen, devraient être réexaminés (voir Bref historique des recherches).

Autres dépôts : plusieurs espèces sont connues en Amérique du Nord et en Australie.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Initialement classée dans le genre Eoorthis par Walcott (1924), l’espèce a ensuite été attribuée par Bell (1941) à un nouveau genre, Diraphora, dont elle est devenue l’espèce type. Diraphora bellicostata n’a pas été étudiée depuis sa première description par Walcott en 1924. La description sommaire de Walcott identifie inadéquatement le spécimen et aucun type n’y est désigné. Les espèces devraient être décrites à nouveau.

Description

Morphologie :

Diraphora bellicostata est orné de stries fines (costæ) rayonnant sur la coquille depuis la charnière. À l’instar de Nisusia, forme comparable représentée dans les schistes de Burgess, ses coquilles auraient été articulées avec de petites dents courtes. Aucune partie molle conservée n’a été observée; la coquille était minéralisée à l’origine.

Abondance :

Diraphora bellicostata est connu grâce à l’étude de plusieurs centaines de spécimens de la carrière Walcott. Brachiopode le plus représenté, il ne constitue cependant qu’une fraction relativement mince (inférieure à 1,3 %) de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
10 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Diraphora était probablement doté d’un pédoncule épais et court, avec lequel il s’attachait au substratum. Certains spécimens sont liés aux spicules d’éponges, en particulier de Pirania. D’autres organismes (p. ex., Mackenzia) s’attachaient à des valves isolées de Diraphora (appartenant à des individus morts), qu’ils utilisaient comme ancres. Les particules alimentaires de l’eau auraient été extraites par le lophophore – un appareil filtreur situé entre les coquilles.

Références

BELL, C. W. 1941. Cambrian Brachiopoda from Montana. Journal of Paleontology, 15: 193-255.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

WALCOTT, C. D. 1924. Cambrian and Ozarkian Brachiopoda. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67: 477-554.

Autres liens :

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Dinomischus isolatus

Reconstitution deDinomischus isolatus.

© Marianne Collins

Taxonomie:

Classe: Sans object
Remarques:

Bien que le genre Dinomischus ait été décrit comme apparenté aux ectoproctes (Conway Morris, 1977), ses affinités phylogénétiques demeurent incertaines, car on n’a pas réussi à associer de façon concluante sa morphologie inhabituelle à un embranchement connu.

Nom d’espèce: Dinomischus isolatus
Nom du descripteur: Conway Morris
Date de la description : 1977
Étymologie :

Dinomischus – du grec dinos, « gobelet », et michos, « pied » ou « tige », en référence à la forme en verre à vin de l’animal.

isolatus – du latin insula, « île », allusion au mode de vie solitaire de cet animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 198735 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts: D. venutus Chen, Hou et Lu, 1989, de la faune de Chengjiang du Cambrien inférieur.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Carrières Walcott et Raymond, et couches à tulipes (S7).

Autres dépôts: Un spécimen unique de D. isolatus a également été découvert dans la formation de Kaili du Cambrien moyen (Peng et al., 2006).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dinomischus isolatus figurait parmi les fossiles collectés par Walcott, mais ce n’est qu’en 1977 qu’il a été formellement décrit par Conway Morris. La description originale était fondée sur trois spécimens. Chen et al. (1989) ont ajouté une deuxième espèce d’après des spécimens issus du Chengjiang, en Chine. D’autres spécimens ont été récoltés par le Musée royal de l’Ontario sur la crête aux Fossiles et le mont Stephen.

Description

Morphologie :

Dinomischus consiste en un calice porté sur une longue tige terminée par un crampon bulbeux basal. Le bord supérieur du calice est entouré de 20 bractées rigides dressées au-dessus de la bouche et de l’anus. D’une longueur pouvant atteindre 4,5 mm de longueur, ces bractées sont considérées comme faisant partie d’un appareil d’alimentation par filtration. La partie réfléchissante au centre du calice a été assimilée à un tube digestif en U comprenant un grand estomac central en forme de sac débouchant vers le haut sur une bouche et un anus. La tige semble être une structure rigide et sa base bulbeuse, une pièce d’ancrage au substrat.

Abondance :

Dinomischus est très rare. La description originale reposait sur seulement trois spécimens des schistes de Burgess. Les collections du Musée royal de l’Ontario contiennent quelques autres spécimens de même provenance.

Taille maximum :
28 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Dinomischus était un organisme filtreur porté sur une tige et ancré au fond marin. Il utilisait vraisemblablement sa couronne de bractées pour capter les particules de nourriture dans l’eau et les porter à sa bouche.

Références

CONWAY MORRIS, S. 1977. A new entoproct-like organism from the Burgess Shale of British Columbia. Palaeontology, 20(4): 833-845.

CHEN, J. HOU, X. AND H. LU. 1989. Early Cambrian hock glass-like rare sea animal Dinomischus (Entoprocta) and its ecological features. Acta Palaeontologica Sinica., 28 (1): 58-71.

PENG, J., Y. L. ZHAO AND J. P. LIN. 2006. Dinomischus from the Middle Cambrian Kaili Biota, Guizhou, China. Acta Geologica Sinica-English Edition, 80: 498-501.

Autres liens :

Aucun

Dictyophycus gracilis

Dictyophycus gracilis (USNM83483e) – Syntype. Fragment associé à plusieurs autres organismes, dont quelques spécimens de l’arthropode Marrella splendens. Longueur du spécimen = 28 mm. Spécimen sec, lumière polarisée (image de gauche); spécimen humide, lumière directe (image du centre); spécimen humide, lumière polarisée (image de droite). Carrière Walcott.

© Smithsonian Institution – Musée National D’histoire Naturelle. Photo : Jean-bernard Caron

Taxonomie:

Classe: Sans object
Remarques:

Aucune nouvelle analyse des affinités phylogénétiques de cette présumée algue n’a été publiée depuis sa description originale.

Nom d’espèce: Dictyophycus gracilis
Nom du descripteur: Ruedemann
Date de la description : 1931
Étymologie :

Dictyophycus – du grec diktyon, « filet », et phykos, « algue ».

gracilis – du latin gracilis, « mince », « grêle » ou « simple ». Les noms du genre et de l’espèce font référence à la forme et à la structure de l’organisme.

Spécimens types : Syntypes – USNM 83483a-d conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Ruedemann (1931) a décrit brièvement Dictyophycus comme un genre d’algue. Ce genre, comme toutes les autres présumées algues des schistes de Burgess, devrait toutefois faire l’objet d’une nouvelle description formelle.

Description

Morphologie :

Dictyophycus a la forme d’une fronde et présente une délicate structure constituée de fibres lisses formant des mailles tantôt régulières, tantôt irrégulières. Aucune particule de matière organique n’est visible entre les fibres. La structure de fixation, qui est rarement préservée, pourrait avoir été brisée lors de l’enfouissement.

Abondance :

Les seuls spécimens connus de Dictyophycus proviennent de la carrière Walcott, où le genre est relativement commun dans certaines strates, représentant 0,59 % du total des spécimens recensés (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
50 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Dictyophycus vivait probablement fixé au fond marin, dans la zone photique.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

RUEDEMANN, R. 1931. Some new Middle Cambrian fossils from British Columbia. Proceedings of the United States National Museum. 79: 1-18.

Autres liens :

Aucun

Chancelloria eros

Reconstitution 3D de Chancelloria eros, un animal couvert d’épines disposées en étoile qui ressemble à une éponge, avec diverses éponges (Choia ridleyi, Diagoniella cyathiformis, Eiffelia globosa, Hazelia conferta, Pirania muricata, Vauxia bellula, et Wapkia elongata).

Reconstitution 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Classe: Coeloscleritophora (Clade non classé, Ordre : Chancelloriida)
Remarques:

Deux hypothèses dominent au sujet des affinités des chancelloriidés: avec Halkieria et les taxons apparentés, ils formeraient un groupe placé près de la base de l’arbre phylogénétique des bilatériens (Bengtson, 2005), ou bien ils représenteraient simplement des organismes du groupe des éponges caractérisés par un mode de formation inhabituel des spicules (Sperling et al., 2007).

Nom d’espèce: Chancelloria eros
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1920
Étymologie :

Chancelloria – d’après le pic Chancellor (3 280 m), nommé en l’honneur de Sir John Alexander Boyd, chancelier de l’Ontario, qui arbitra avec succès un litige opposant le Chemin de fer du Canadien Pacifique au gouvernement du Canada.

eros – du latin erosus, « rongé » ou « consumé », ou du grec erotikos, « relatif à l’amour ».

Spécimens types : Non spécifié.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Walcott (1920) décrit C. drusillaC. libo et C. yorkensis dans les dépôts du Cambrien moyen des schistes de Conasauga en Georgie; des schistes de Conasauga en Alabama; de la formation de York en Pennsylvanie. D’autres chercheurs ont décrit C. maroccana Szduy, 1969 du Cambrien inférieur de la formation de Campo Pisano en Sardaigne, Italie; C. pentacta Rigby, 1978, du Cambrien moyen des schistes de Wheeler dans l’Utah (Rigby, 1978); C. sp., du Cambrien des schistes de Bright Angel en Arizona (Elliott and Martin, 1987); C. cf. eros du Cambrien inférieur (Branchien) de la formation de Sekwi, Mackenzie Mountains, Territoires du Nord-Ouest (Randell et al., 2005); C. sp., des schistes de Collier de la zone à Elvinia (Cambrien supérieur), Ouachita Mountains, Arkansas (Hohensee et Stitt, 1989); C. sp. de l’île King George, Antarctique (Wrona, 2004).

Âge et Sites

Periode :
De la deuxième série du Cambrien (Botomien basal) à l’étage supérieur du Cambrien (Postdamien), zone à Bolaspidella (il y a 525 à 505 millions d’années environ).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Les Chancelloriidés sont connus d’après l’étude de spécimens provenant de tous les sites fossilifères des schistes de Burgess, particulièrement des carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles, du mont Stephen – couches à trilobites et couches à tulipes (S7) – de Monarch Cirque et d’autres sites de moindre importance. Des travaux sont en cours pour déterminer quels spécimens de Chancelloria appartiennent en fait à d’autres genres, notamment Allonnia et Archiasterella (voir ci-après).

Autres dépôts : C. eros est présent partout dans le monde: dans le Cambrien moyen des schistes de Wheeler (et la formation de Marjum ) dans l’Utah (Janussen et al., 2002); le Cambrien inférieur des calcaires de Comley en Angleterre (Reid, 1959); le Cambrien inférieur supérieur à moyen inférieur de la formation de La Laja en Argentine (Beresi et Rigby, 1994); les calcaires d’Andrarum et les schistes d’alun supérieurs (Cambrien moyen) de Bornholm au Denmark (Berg-Madsen, 1985); le Cambrien inférieur du Nevada et de la Californie (Mason, 1938); le Cambrien inférieur de l’île du Cap-Breton (Landing, 1991); le Cambrien précoce de Todd River Dolomite dans le bassin Amadeus en Australie centrale (Laurie, 1986), la formation Çal Tepe dans les monts Taurus en Turquie (Sarmiento et al., 2001); le Cambrien inférieur de la formation de Forteau à l’ouest de Terre-Neuve (Skovsted et Peel, 2007); le Cambrien inférieur des calcaires à Hyolithes de Nuneaton en Angleterre (Brasier, 1984).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1920) considérait Chancelloria comme une éponge, position approuvée par la majorité des chercheurs qui ont étudié l’organisme après lui. Cependant, le mode de formation des sclérites de l’organisme est réputé ne ressembler à rien de ce qui existe chez les éponges actuelles: ses sclérites creuses sont composées de multiples éléments joints ensemble (Bengtson et Missarzhevsky, 1981) et leur structure est similaire à celle des sclérites d’Halkieria (Porter, 2008). Ce mode de formation a convaincu la plupart des chercheurs que les chancelloriidés n’appartiennent pas au groupe des éponges (Bengtson et Hou, 2001). Certains détracteurs objectent que la microstructure organique des chancelloriidés présente des similitudes avec les fibres des éponges cornées (Butterfield et Nicholas, 1996) et suggèrent par conséquent une position au sein du groupe des éponges (voir également Sperling et al., 2007). Les spécimens des schistes de Burgess sont actuellement réexaminés en détail; il ne fait aucun doute que certains d’entre eux seront déplacés vers un autre genre des chancelloriidés (Bengtson et Collins, 2009).

Description

Morphologie :

Chancelloria ressemble à un cactus cylindrique pouvant mesurer jusqu’à 20 centimètres. Un assortiment d’épines disposées en étoile constitue un réseau discontinu arrangé de diverses manières. Ces épines forment un anneau serré au sommet de l’organisme et semblent entourer un pore. L’eau entrait et sortait probablement par ce pore, les particules organiques en suspension étant retenues pour alimenter Chancelloria.

Les spicules de Chancelloria, dont le diamètre varie d’une taille millimétrique à environ un centimètre de diamètre, sont composés de rayons creux qui se rejoignent en un point central pour former une structure tridimensionnelle en forme de parapluie. Un rayon central pointe vers l’extérieur, tandis que les autres rayons sont répartis (également vers l’extérieur) en formant un angle serré avec la surface de l’organisme pour participer éventuellement à sa défense. La nature des rayons permet de distinguer les genres et espèces de chancelloriidés; C. eros compte quatre à sept rayons par spicule. Allonnia, genre étroitement apparenté à Chancelloria, se différencie de ce dernier par sa forme plus sphérique et le détail de son architecture scléritique, qui comprend trois rayons principaux. Un troisième genre, Archiasterella, est représenté dans les schistes de Burgess; il se distingue également des deux autres genres par la morphologie de ses sclérites et le nombre de ses rayons.

Abondance :

Chancelloria compte pour moins de 0,5 % des spécimens de la faune de Burgess (Caron et Jackson, 2008) et inclut des spécimens qui pourraient appartenir en fait à Allonnia ou Archiasterella.

Taille maximum :
200 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Chancelloria adhérait à d’autres organismes, tels des éponges et d’autres chancelloriidés, et à l’occasion, à des fragments de coquille qui auraient été partiellement enfouis dans le plancher sous-marin. Il demeurait ancré et se nourrissait en extrayant des particules en suspension dans l’eau de mer, qu’il aspirait et expulsait par une ouverture ménagée au sommet de son corps. Ses épines lui servaient probablement à se protéger contre des prédateurs.

Références

BENGTSON, S. 2005. Mineralized skeletons and early animal evolution, p. 101-124. In D. E. G. Briggs (ed.), Evolving form and function: fossils and development. Proceedings of a symposium honoring Adolf Seilacher for his contributions to paleontology, in celebration of his 80th birthday. Peabody Museum of Natural History, New Haven, Connecticut.

BENGTSON, S. AND D. COLLINS. 2009. Burgess Shale Chancelloriids – A Prickly Problem. International Conference on the Cambrian Explosion (Walcott 2009), Banff.

BENGTSON, S. AND X. HOU. 2001. The integument of Cambrian chancelloriids. Acta Palaeontologica Polonica, 46: 1-22.

BENGTSON, S. AND V. V. MISSARZHEVSKY. 1981. Coeloscleritophora-a major group of enigmatic Cambrian metazoans. United States Geological Survey Open-file Report, 81-743: 19-21.

BERESI, M. S. AND J. K. RIGBY. 1994. Sponges and Chancelloriids from the Cambrian of Western Argentina. Journal of Paleontology, 68: 208-217.

BRASIER, M. D. 1984. Microfossils and small shelly fossils from the Lower Cambrian Hyolithes Limestone at Nuneaton, English Midlands. Geological Magazine, 121: 229-253.

BUTTERFIELD, N. J. AND C. J. NICHOLAS. 1996. Burgess Shale-type preservation of both non-mineralizing and « shelly » Cambrian organisms from the Mackenzie Mountains, northwestern Canada. Journal of Paleontology, 70: 893-899.

ELLIOTT, D. K. AND D. L. MARTIN. 1987. Chancelloria, an Enigmatic Fossil from the Bright Angel Shale (Cambrian) of Grand Canyon, Arizona. Journal of the Arizona-Nevada Academy of Science, 21: 67-72.

GORYANSKY, V. Y. 1973. O neobkhodimosti isklucheniya roda Chancelloria Walcott iz tipa gubok. [On the necessity of exclusion of Chancelloria Walcott from the phylum Porifera.] Trudy Institute Geologia; Geofizika Sibirskoye Otdeieniye 49: 34-44. [in Russian].

HOHENSEE, S. R. AND J. H. STITT. 1989. Redeposited Elvinia Zone (Upper Cambrian) trilobites from the Collier Shale, Ouachita Mountains, west-central Arkansas. Journal of Paleontology, 63: 857-879.

JANUSSEN, D. M. STEINER, AND Z. MAOYAN. 2002. New well-preserved scleritomes of Chancelloridae from the Early Cambrian Yuanshan Formation (Chengjiang, China) and the Middle Cambrian Wheeler Shale (Utah, USA) and paleobiological implications. Journal of Paleontology, 76: 596-606.

LANDING, E. 1991. Upper Precambrian through Lower Cambrian of Cape Breton Island: Faunas, Paleoenvironments, and Stratigraphic Revision. Journal of Paleontology, 65: 570-595.

LAURIE, J. R. 1986. Phosphatic fauna of the Early Cambrian Todd River Dolomite, Amadeus Basin, central Australia. Alcheringa: An Australasian Journal of Palaeontology, 10: 431-454.

MASON, J. F. 1938. Cambrian Faunal Succession in Nevada and California. Journal of Paleontology, 12: 287-294.

PORTER, S. M. 2008. Skeletal microstructure indicates Chancelloriids and Halkieriids are closely related. Palaeontology, 51: 865-879.

RANDELL, R. D., B. S. LIEBERMAN, S. T. HASIOTIS, AND M. C. POPE, 2005. New chancelloriids from the Early Cambrian Sekwi Formation with a comment on chancelloriid affinities. Journal of Paleontology, 79: 987-996.

REID, R. E. H. 1959. Occurrence of Chancelloria Walcott in the Comley Limestone. Geological Magazine, 96: 261-262.

RIGBY, J. K. 1978. Porifera of the Middle Cambrian Wheeler Shale, from the Wheeler Amphitheater, House Range, in Western Utah. Journal of Paleontology, 52: 1325-1345.

SARMIENTO, G. N., D. FERNÁNDEZ REMOLAR, AND M. CEMAL GONCÜOGLU. 2001. Cambrian small shelly fossils from the Çal Tepe Formation, Taurus Mountains, Turkey. Coloquios de paleontología:117.

SKOVSTED, C. B. AND J. S. PEEL. 2007. Small shelly fossils from the argillaceous facies of the Lower Cambrian Forteau Formation of western Newfoundland. Acta Palaeontologica Polonica, 52: 729.

WALCOTT, C. D. 1920. Cambrian geology and paleontology. IV. Middle Cambrian Spongiae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67: 261-364.

WRONA, R. 2004. Cambrian microfossils from glacial erratics of King George Island, Antarctica. Acta Palaeontologica Polonica, 49: 13-56.

Autres liens :

Aucun

Banffia constricta

Reconstitution de Banffia constricta.

© Marianne Collins

Taxonomie:

Classe: Vetulicolides (Clade non classé, Ordre : Banffozoa)
Remarques:

Banffia est considéré au sein de sa propre classe, les banffozoaires, comme un membre terminal d’un groupe plus vaste, les vétulicolidés (Caron, 2005). Contrairement à la plupart des membres de ce groupe, Banffia est dépourvu de sillons antérieurs et de sacs latéraux. La position phylogénétique des vétulicolidés est encore incertaine (Aldridge et al., 2007).

Nom d’espèce: Banffia constricta
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Banffia – de la ville de Banff, dans le parc national du Canada Banff, nommée par Sir William Van Horne en 1888 d’après le comté de Banff, en Écosse.

constricta – du latin conus, « cône », et strictus, « étroit », en référence au resserrement du milieu du corps conique de l’animal.

Spécimens types : Lectotype – USNM 57638 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : Banffia confusa, de la faune de Chengjiang du Cambrien inférieur, en Chine (Chen et al., 1996).

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott a été le premier à décrire Banffia, d’après une demi-douzaine de spécimens, dans une monographie sur différents vers des schistes de Burgess publiée en 1911. Il a placé Banffia dans le groupe des gephyrés, maintenant éteint, avec d’autres fossiles vermiformes, comme Pikaia et OesiaBanffia a été classé ultérieurement dans les Problematica, groupe d’organismes dont les affinités phylogénétiques demeurent à préciser (Briggs et Conway Morris, 1986). Caron (2005) a redécrit l’organisme d’après des spécimens étudiés initialement par Walcott et plus de 300 spécimens prélevés par le Musée royal de l’Ontario.

Description

Morphologie :

Cet animal peut atteindre 10 cm de long. Son corps comprend deux grandes sections d’à peu près égale longueur. La section antérieure est constituée de deux carapaces lisses fusionnées formant un tube grossier en coupe transversale. La section postérieure, qui peut comporter jusqu’à 50 segments fins, est à l’évidence plus souple que la première. La bouche est en position antérieure et entourée d’une structure en forme de couronne, tandis que l’anus est terminal et s’ouvre dans une petite encoche caudale. L’intestin semble entouré de petits diverticules. Vu de l’avant, l’ensemble du corps est spiralé dans le sens des aiguilles d’une montre. Du fait de ce plan d’organisation, les constrictions des sections antérieure et postérieure sont bien visibles, surtout chez les spécimens conservés latéralement.

Abondance :

De façon générale, Banffia est rare. Quelques spécimens ont été trouvés à la carrière Raymond, mais le genre est plus commun dans les strates supérieures de la carrière Collins sur la crête aux Fossiles. Plus de 60 spécimens sont préservés sur une seule dalle (350 cm²) provenant de ce site.

Taille maximum :
105 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

L’absence d’appendices et la taille imposante de la section antérieure du corps donnent à croire que cet animal ne nageait pas et vivait plutôt sur la boue des fonds marins. La section postérieure souple favorisait vraisemblablement sa locomotion. La présence de boue dans l’intestin porte à conclure que celui-ci se nourrissait de petites particules de matière organique dans la partie floculée des sédiments. Toutefois, Banffia n’était probablement pas un organisme fouisseur efficace à cause de la grande taille de ses carapaces antérieures.

Références

ALDRIDGE, R. J., X. G. HOU, D. J. SIVETER, D. J. SIVETER AND S. E. GABBOTT. 2007. The systematics and phylogenetic relationships of vetulicolians. Palaeontology, 50: 131-168.

BRIGGS, D. E. G. AND S. CONWAY MORRIS. 1986. Problematica from the Middle Cambrian Burgess Shale of British Columbia, p. 167-183. In A. Hoffman and M. H. Nitecki (eds.), Problematic fossil taxa (Oxford Monographs on Geology and Geophysics No. 5). Oxford University Press and Clarendon Press, New York.

CARON, J.-B. 2005. Banffia constricta, a putative vetulicolid from the Middle Cambrian Burgess Shale. Transactions of the Royal Society of Edinburgh, 96: 95-111.

CHEN, J. Y., G. Q. ZHOU, M. Y. ZHU AND K. Y. YEH. 1996. The Chengjiang biota a unique window of the Cambrian explosion. National Museum of Natural Science Taiwan, Taichung, 230 p.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=1199992