The Burgess Shale

Morania confluens

Taxonomie:

Classe: Cyanophycées (Ordre : Nostocales ?)
Remarques:

Selon Walcott (1919), Morania était apparenté aux cyanobactéries modernes du genre Nostoc. Aucune révision de ses affinités phylogénétiques n’a été réalisée depuis.

Nom d’espèce: Morania confluens
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1919
Étymologie :

Morania – d’après le lac Moraine, situé dans le parc national du Canada Banff, à 1 885 m d’altitude.

confluens – du latin fluens, « coulant », et du préfixe con, « avec », en référence à l’abondance de l’espèce.

Spécimens types : Syntypes – USNM 35378-35390, 35398 (M. confluens); USMN 35391, 35392 (M. costellifera); USNM 35393 (M. elongata);USNM 35394 (M. fragmenta); USNM 35395-35397, 35401 (M. ? globosa); USNM 57718 (M. parasitica); USNM 35402 (M.? reticulata) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : M. costellifera Walcott, 1919; M. elongata Walcott, 1919; M. fragmenta Walcott, 1919; M. ? globosa Walcott, 1919; M. parasitica Walcott, 1919; M.? reticulata Walcott, 1919, tous de la carrière Walcott.

Autres dépôts : M. ? antiqua Fenton et Fenton, 1937, des argiles de la formation d’Altyn du Protérozoïque moyen du Montana et du groupe Little Dal, monts Mackenzie (voir Hofmann et Aitken, 1979).

Reconstitution 3D de Morania confluens (brouté par Wiwaxia corrugata).

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dans un article traitant des algues des schistes de Burgess publié en 1919, Walcott a décrit Morania et établi huit espèces, comparant le genre aux cyanobactéries du genre Nostoc, encore présent de nos jours. On y trouve des images de sections minces et des détails des microstructures de M. confluens qui montrent que l’espèce est formée de filaments de pyrite entremêlés. Satterthwait (1976), qui a étudié dans le cadre de ses travaux de doctorat les spécimens de M. confluens récoltés par la Commission géologique du Canada, était largement d’accord avec les interprétations de Walcott, notamment en ce qui concerne la classification de l’espèce au sein des nostocacées. Dans sa thèse demeurée inédite, Sattertwahit a émis des doutes sur la validité de nombreuses espèces établies par Walcott, voyant plutôt dans celles-ci des parties d’algues plus complexes. Après avoir examiné à son tour les sections minces de Walcott, Mankiewicz (1992) a confirmé la présence de Morania dans plusieurs échantillons. Rigby (1986) a reclassé M. ? frondosa Walcott, 1919, parmi les éponges et l’a transféré dans un nouveau genre (voir Crumillospongia frondosa).

Description

Morphologie :

La forme des espèces du genre Morania varie de sphérique à foliacée. La forme foliacée M. confluens est de loin l’espèce la plus commune. Les spécimens mesurent généralement entre 1 et plus de 13 centimètres de longueur. Les feuillets sont typiquement criblés de trous pouvant atteindre 3 centimètres de diamètre. La forme, la taille, le nombre et la distribution des trous sont très variables. Des sections minces révèlent que la microstructure de M. confluens est formée d’une masse de filaments entremêlés appelés trichomes. Ces filaments sont eux-mêmes constitués de petits sphéroïdes de pyrite de 3 à 7 micromètres de diamètre semblables à des billes qui, selon Walcott, déterminaient des structures cellulaires.

Abondance :

Il est difficile d’estimer l’abondance de Morania, car certaines couches géologiques renferment d’importantes masses entremêlées de cette cyanobactérie qui, dans bien des cas, pourraient être des fragments d’une même colonie. Morania est très commun dans la carrière Walcott, où il représente 4,9 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
130 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

Selon Caron et Jackson (2006), Morania colonisait de vastes zones de benthos et constituait peut-être un substrat et une source de nourriture stables pour les animaux benthiques, dont divers organismes brouteurs comme Odontogriphus et Wiwaxia.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2006. Taphonomy of the Greater Phyllopod Bed Community, Burgess Shale. Palaios, 21: 451-465.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

HOFMANN, H. J. AND J. D. AITKEN. 1979. Precambrian biota from the Little Dal Group, Mackenzie Mountains, northwestern Canada. Canadian Journal of Earth Sciences, 16: 150-166.

MANKIEWICZ, C. 1992. Obruchevella and other microfossils in the Burgess Shale: preservation and affinity. Journal of Paleontology, 66(5): 717-729.

SATTERTHWAIT, D. F. 1976. Paleobiology and Paleoecology of Middle Cambrian Algae from Western North America. Unpublished PhD thesis, California, Los Angeles, 120 p.

WALCOTT, C. 1919. Cambrian Geology and Paleontology IV. Middle Cambrian Algae. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(5): 217-260.

Autres liens :

Aucun

Marpolia spissa

Reconstitution 3D de Marpolia spissa.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Classe: Cyanophycées (Ordre : Oscillatoriales ?)
Remarques:

Walcott (1919) considérait cette espèce comme une cyanobactérie, mais Walton la croyait apparentée aux algues rouges (Walton, 1923). Des études plus récentes ont conforté l’interprétation de Walcott (Conway Morris et Robison, 1988).

Nom d’espèce: Marpolia spissa
Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1919
Étymologie :

Marpolia – d’après le mont Marpole (2 997 m), pic situé près des schistes de Burgess, au nord-ouest du lac Emerald, dans le parc national du Canada Yoho.

spissa – du latin spissus, « dense », en référence à l’aspect buissonnant de cette Cyanobactérie.

Spécimens types : Lectotype – USNM 35403 (M. spissa); holotype – USNM 35412 (M. aequalis) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : M. aequalis Walcott 1919, des couches à trilobites sur le mont Stephen (un seul spécimen).

Autres dépôts : Marpolia (peut-être représenté par différentes espèces) est commun dans divers dépôts fossilifères exceptionnels du Cambrien, en particulier ceux des schistes de Spence et de la formation de Wheeler du Cambrien en Utah (Conway Morris et Robison, 1988), et ceux de la formation de Kaili du Cambrien moyen en Chine (Yang et al., 2001).

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles; couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen; autres sites moins importants sur les monts Field et Stephen, et dans le cirque Monarch.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Dans sa description de Marpolia, en 1919, Walcott a nommé deux espèces d’après des spécimens des schistes de Burgess: M. spissa, de la carrière Walcott, et M. equalis,des couches à trilobites. M. spissa a été comparé aux oscillatoriales modernes dans une thèse inédite (Satterthwait, 1976). Cette interprétation a été reprise par Conway Morris et Robison (1988) après étude de spécimens provenant de divers dépôts de l’Utah. M. spissa se présente généralement en sections minces (Mankiewicz, 1992) et peut être isolée par macération acide (Butterfield, 1990). Une analyse taphonomique récente a montré que le mode de conservation des spécimens du genre Marpolia est comparable à celui d’autres organismes des schistes de Burgess (Butterfield et al., 2007).

Description

Morphologie :

Marpolia forme des touffes denses composées d’une multitude de filaments et peut atteindre 5 cm de longueur. Les filaments sont généralement ramifiés près de la base des touffes et mesurent en moyenne près de 40 microns. Ils sont composés d’une gaine externe et d’une à quatre chaînes de cellules internes d’environ 2 microns de longueur. M. aequalis est pourvu d’une tige centrale, et ses structures ramifiées sont plus robustes que celles de M. spissa.

Abondance :

Il est difficile d’estimer l’abondance de Marpolia, car certaines couches géologiques renferment d’importantes masses entremêlées de cette cyanobactérie qui, dans bien des cas, pourraient être des fragments d’une même colonie. M. spissa est rare; elle ne représente que 0,07 % de la faune de la carrière Walcott (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
50 mm

Écologie

Interprétations écologiques :

L’absence de structure de fixation laisse supposer que les cyanobactéries du genre Marpolia menaient une existence libre et formaient de grandes masses flottantes (planctoniques). Ces masses pouvaient se fixer à d’autres corps flottants, à la manière des cyanobactéries libres actuelles. L’absence de structure de fixation pourrait également avoir une origine taphonomique (perte au moment du dépôt), cette structure s’étant détachée du sédiment pendant le transport avant l’enfouissement sous l’action de coulées de boue.

Références

BUTTERFIELD, N. J. 1990. Organic preservation of non-mineralizing organisms and the taphonomy of the Burgess Shale. Paleobiology, 16: 272-286.

BUTTERFIELD, N. J., U. BALTHASAR AND L. WILSON. 2007. Fossil diagenesis in the Burgess Shale. Palaeontology, 50: 537-543.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. University of Kansas Paleontological Contributions, 122 p.

MANKIEWICZ, C. 1992. Obruchevella and other microfossils in the Burgess Shale: preservation and affinity. Journal of Paleontology, 66: 717-729.

SATTERTHWAIT, D. F. 1976. Paleobiology and Paleoecology of Middle Cambrian Algae from Western North America. Unpublished PhD thesis, California, Los Angeles, 120 p.

WALCOTT, C. D. 1919. Middle Cambrian Algae. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(5): 217-260.

WALTON, J. 1923. On the structure of a Middle Cambrian alga from British Columbia (Marpolia spissa Walcott). Proceedings of the Cambridge Philosophical Society-Biological Sciences, 1: 59-62.

YANG, R., J. MAO, Y. ZHAO, X. CHEN AND X. YANG. 2001. Branching macroalgal fossils of the Early-Middle Cambrian Kaili Formation from Taijiang, Guizhou Province, China. Acta Geologica Sinica, 75: 433-440.

Autres liens :

Aucun