Les schistes de Burgess

Sphenothallus sp.

Taxonomie:

Sphenothallus sp. (GSC 134789). Fragment d’un grand spécimen montrant des épaississements longitudinaux clairement différenciés près de la zone d’ouverture (à droite). Un brachiopode du genre Micromitra (Dictyonina) est attaché à la partie inférieure du tube. Longueur approximative du spécimen = 50 mm. Spécimen sec, lumière directe. Couches à trilobites sur le mont Stephen.

© COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON

Règne: Cnidaires
Embranchement: Cnidaires
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des cnidaires)
Nom d’espèce: Sphenothallus sp.
Remarques:

Sphenothallus a été comparé à certaines formes de vers annélidés tubicoles ou au stade sessile d’une scyphoméduse, qui aurait synthétisé des tubes chitineux fuselés pour s’agripper au substratum par l’intermédiaire d’un disque d’attache (Van Iten et al., 2002).

Nom du descripteur: Van Iten et al.
Date de la description : 2002
Étymologie :

Sphenothallus – du grec sphên, « cale »,et thallos, « branche ».

Nom de l’espèce non déterminé.

Spécimens types : Non applicable
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : de nombreuses similarités suggèrent que d’autres fossiles à thèque des schistes de Burgess, comme Byronia annulataCambrorhytium majorC. fragilis et Tubulella flagellum, seraient apparentés à Sphenothallus sp.

Autres dépôts : d’autres espèces sont représentées dans les roches des périodes cambrienne à silurienne. Sphenothallus est également connu d’après l’étude de spécimens de la formation de Kaili (Zhu et col., 2000).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobites sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Deux spécimens provenant des couches à trilobites ont été illustrés en 2002 (Van Iten et al.). Au printemps 2010, un troisième spécimen initialement non reconnu a été identifié dans les collections de la Commission géologique du Canada à Ottawa (collection Billings). En raison du faible degré de variations morphologiques entre espèces, il est actuellement impossible de placer la forme des schistes de Burgess au sein d’une espèce sans disposer de spécimens mieux conservés.

Description

Morphologie :

Le tube chitino-phosphatique (thèque) de Sphenothallus consiste en épaississements longitudinaux particulièrement évidents près de l’ouverture de l’organisme. Ce tube, légèrement incurvé, ne semble pas se subdiviser. Le diamètre maximal du plus grand spécimen atteint 4 mm, pour une longueur d’environ 75 mm. Une fine paroi est présente entre les épaississements longitudinaux; elle se termine par une marge lisse près de l’ouverture, soit quelques millimètres au-delà des épaississements. La section du tube, très mince, est plus ou moins circulaire dans la région apicale, où les épaississements sont moins différenciés. La surface de l’organisme au complet est lisse et ne présente aucune apparence de crêtes ou d’anneaux. Les extrémités apicales des trois spécimens considérés manquent; rien ne permet de penser qu’ils étaient dotés d’un système d’ancrage. De plus, aucun tissu mou n’a été conservé.

Abondance :

Connu uniquement à partir de trois spécimens des couches à trilobites sur le mont Stephen.

Taille maximum :
75 mm

Écologie

Mode de vie : Cnidaires
Mode d'alimentation : Cnidaires
Interprétations écologiques :

La thèque de Sphenothallus s’attachait vraisemblablement au substratum par l’intermédiaire d’un disque apical, à l’instar d’autres espèces mieux connues. L’absence de tissus mous conservés rend hypothétique l’attribution d’un comportement alimentaire particulier. Mais par analogie avec des formes possiblement apparentées, telles que Cambrorhytium, un régime carnivore ou suspensivore est concevable.

Références

VAN ITEN, H., M.-Y. ZHU AND D. COLLINS. 2002. First report of Sphenothallus Hall, 1847 in the Middle Cambrian. Journal of Paleontology, 76: 902-905.

ZHU, M.-Y., H. VAN ITEN, R. S. COX, Y.-L. ZHAO AND B.-D. ERDTMANN. 2000. Occurrence of Byronia Matthew and Sphenothallus Hall in the Lower Cambrian of China. Paläontologische Zeitschrift, 74: 227-238.

Autres liens :

Aucun

Mackenzia costalis

Reconstitution 3D de Mackenzia costalis.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Cnidaires
Embranchement: Cnidaires
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Anthozoaires ? (Ordre : actiniaires (?), groupe souche des cnidaires)
Nom d’espèce: Mackenzia costalis
Remarques:

Mackenzia est présumé faire partie des cnidaires (groupe comprenant les coraux et les méduses modernes) et présente une grande ressemblance avec les anémones de mer modernes (Conway Morris, 1993).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Mackenzia – d’après le mont Mackenzie (2 461 m), situé près de Revelstoke, dans le sud-ouest des schistes de Burgess. Ce sommet a été nommé en l’honneur d’Alexander Mackenzie (1822-1892), deuxième premier ministre du Canada.

costalis – du latin costalis, « relatif aux côtes », en référence aux lignes qui sillonnent l’animal dans le sens de la longueur.

Spécimens types : Lectotype – USNM 57556 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Mackenzia a d’abord été décrit comme un membre des holothuries, groupe d’échinodermes communément appelés concombres de mer (Walcott, 1911). L’étude de nouveaux fossiles récoltés par la Commission géologique du Canada et le réexamen des spécimens de Walcott par Conway Morris (1989, 1993) ont mené à la reclassification de l’animal parmi les cnidaires.

Description

Morphologie :

Mackenzia est un gros animal sacciforme d’une hauteur maximale de 16 cm qui utilisait le disque ou le crampon situé au bout de son court pédoncule pour s’ancrer aux substrats durs, probablement en position verticale. Le corps est parcouru de 8 à 10 crêtes longitudinales. Mis à part le fait qu’il possédait une grande cavité abdominale et semblait présenter une partition interne, on sait très peu de choses sur l’anatomie de cet animal. Il n’y a pas de tentacules, et la bouche se trouvait probablement à l’extrémité opposée au pédoncule.

Abondance :

Mackenzia est très rare; il ne représente que 0,03 % de la faune de la carrière Walcott (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
200 mm

Écologie

Mode de vie : Cnidaires
Mode d'alimentation : Cnidaires
Interprétations écologiques :

Mackenzia vivait probablement sur le fond marin, fixé sur des restes animaux, telles des coquilles de brachiopodes. Son mode d’alimentation est incertain.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1989. Burgess Shale faunas and the Cambrian explosion. Science, 246: 339-346.

CONWAY MORRIS, S. 1993. Ediacaran-like fossils in Cambrian Burgess Shale-type faunas of North America. Palaeontology, 36(3): 593-635.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian holothurians and medusae. Cambrian Geology and Paleontology II. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(3): 41-68.

Autres liens :

Aucun

Tubulella flagellum

Tubulella flagellum (ROM 59942) – Syntype. Figure 1a de Matthew (1899) et photographie du spécimen original. Longueur approximative du spécimen = 80 mm. Spécimen sec, lumière directe. Couches à trilobites sur le mont Stephen.

© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Cnidaires
Embranchement: Cnidaires
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des cnidaires)
Nom d’espèce: Tubulella flagellum
Remarques:

À l’origine, le fossile a été interprété comme un tube de ver polychète sédentaire (Matthew, 1899; Howell, 1949), mais il a récemment été comparé au stade sessile d’une scyphoméduse, qui aurait synthétisé des tubes chitineux fuselés pour s’agripper au substratum par l’intermédiaire d’un disque d’attache (Van Iten et al., 2002).

Nom du descripteur: Matthew
Date de la description : 1899
Étymologie :

Tubulella – du latin tubulus, « petit tube » et du suffixe diminutif ella, « petit ».

flagellum – du mot latin qui signifie « fouet », allusion à la forme allongée et fuselée de la thèque tubulaire de l’organisme.

Spécimens types : Syntype – ROM 59942 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : de nombreuses similarités suggèrent que d’autres fossiles à thèque, comme Byronia annulataSphenothallus sp., Cambrorhytium major et C. fragilis, seraient apparentés à Byronia.

Autres dépôts : d’autres espèces sont représentées dans les roches cambriennes de diverses régions du monde.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobites, Couches à tulipes (S7) et autres sites plus petits sur le mont Stephen; carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; mont Odaray et Monarch Cirque.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

En août 1887, la réunion à Toronto de la British Association for the Advancement of Science est suivie d’une excursion géologique en train dans l’ouest du Canada, organisée par l’influent banquier Byron Edmund Walker. L’un des moments forts du voyage est une visite des couches à trilobites sur le mont Stephen, après laquelle Walker prête sa collection personnelle de fossiles du mont Stephen au spécialiste canadien de la paléontologie cambrienne, George F. Matthew, de Saint John au Nouveau-Brunswick. En 1899, Matthew a publié une série de nouvelles descriptions à partir des spécimens de Walker, y compris celle d’Urotheca flagellum, forme rare alors interprétée comme un tube de ver ressemblant à un fouet, qu’il a représentée dans deux gravures. Walker a donné l’intégralité de sa collection de fossiles à l’Université de Toronto en 1904; en 1913, la collection a été transférée au nouveau Musée royal de paléontologie de l’Ontario. En 1949, le paléontologue américain B. F. Howell a découvert que le nom de genre choisi par Matthew (Urotheca) était déjà en usage pour un reptile vivant; il l’a donc remplacé par Tubulella. Par la suite, Tubulella et d’autres fossiles lui ressemblant ont été à nouveau interprétés comme des thèques de polypes de l’embranchement des cnidaires. L’unique spécimen de qualité d’Urotheca flagellum de Walker n’a pas été reconnu comme tel, jusqu’à sa « redécouverte » dans les collections du Musée royal de l’Ontario en 2010.

Description

Morphologie :

Le tube chitineux ou chitino-phosphatique (thèque) de Tubulella flagellum se présente comme un cône très étiré; son diamètre maximal atteint quelque 4 mm. Les thèques peuvent être droites ou présenter divers degrés de courbure. Leur paroi est relativement épaisse et apparaît souvent en noir profond, contrastant fortement avec la matrice schisteuse. Leur surface externe est ornée de très fines stries d’accroissement transversales, mais ne comporte habituellement pas de reliefs annulaires. Quelques plis ou crêtes se sont souvent formés sous l’effet de l’écrasement et de la compaction du plan transversal du tube, à l’origine circulaire ou ovale. Certains spécimens présentent un ensemble de caractéristiques communes avec Tubulella et Byronia, notamment de très fines thèques annelées et ornées de plis longitudinaux. De petites grappes de thèques de type Tubulella sont parfois trouvées en étroite association avec Byronia annulata. Il pourrait s’agir de « bourgeons » résultant d’un mode de reproduction asexué ou d’organismes indépendants s’étant développés fixés aux tubes de taille supérieure. Aucun tissu mou de Tubulella flagellum n’a encore été décrit.

Abondance :

Peu commun dans les couches à trilobites sur le mont Stephen. Relativement commun dans la carrière Walcott sur la crête aux Fossiles, où il représente 0,25 % environ des spécimens de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
100 mm

Écologie

Mode de vie : Cnidaires
Mode d'alimentation : Cnidaires
Interprétations écologiques :

La thèque de Tubulella se serait attachée au substratum par l’intermédiaire d’un disque apical qui, le plus souvent, est perdu. L’absence de tissus mous conservés rend hypothétique l’attribution d’un comportement alimentaire particulier. Mais par analogie avec des formes telles que Cambrorhytium, un régime carnivore ou suspensivore semble concevable.

Références

BISCHOFF, C. O. 1989. Byroniida new order from early Palaeozoic strata of eastern Australia (Cnidaria, thecate scyphopolyps). Senkenbergiana Lethaea, 69(5/6): 467-521.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals and algae from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. The University of Kansas Paleontological Contributions, Paper 122: 48 pp.

HOWELL, B. F. 1949. New hydrozoan and brachiopod and new genus of worms from the Ordovician Schenectady Formation of New York. Bulletin of the Wagner Free Institute of Science, 24(1): 8 pp.

MATTHEW, G. F. 1899. Studies on Cambrian faunas, No. 3. Upper Cambrian fauna of Mount Stephen, British Columbia. The trilobites and worms. Transactions of the Royal Society of Canada, Series 2, 4: 39-66.

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116(5): 277 pp.

VAN ITEN, H., M.-Y. MAO-YAN, AND D.COLLINS 2002. First report of Sphenothallus Hall, 1847 in the Middle Cambrian. Journal of Paleontology, 76: 902-905.

WALCOTT, C. D. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

ZHU, M.-Y., H. VAN ITEN, R. S. COX, Y.-L. ZHAO AND B.-D. ERDTMANN. 2000. Occurrence of Byronia Matthew and Sphenothallus Hall in the Lower Cambrian of China. Paläontologische Zeitschrift, 74: 227-238.

Autres liens :

Aucun

Thaumaptilon walcotti

Thaumaptilon walcotti (USNM 468028) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Spécimen complet, mesurant 212 mm de hauteur. Images des extrémités : spécimen sec, lumière directe; images du centre : spécimen humide, lumière polarisée. Carrière Walcott.

© SMITHSONIAN INSTITUTION – MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Cnidaires
Embranchement: Cnidaires
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Organisme énigmatique ressemblant à une plume
Nom d’espèce: Thaumaptilon walcotti
Remarques:

Thaumaptilon a initialement été décrit comme un représentant cambrien en forme de fronde du biote d’Édiacara apparenté aux cnidaires, en particulier aux pennatulacées (plumes de mer), groupe d’anthozoaires modernes (Conway Morris, 1993). Cette classification ne fait plus consensus (Antcliffe et Brasier, 2008), et Thaumaptilon a depuis été mentionné comme un lien essentiel entre les organismes en forme de fronde d’Édiacara et les cténophores (Dzik, 2002). La découverte de fossiles similaires dans le biote de Chengjiang appuie la classification du genre au sein du groupe souche des cnidaires (c.-à-d. groupe plus primitif que les anthozoaires) (Shu et al., 2006).

Nom du descripteur: Conway Morris
Date de la description : 1993
Étymologie :

Thaumaptilon – du grec thauma, « merveilleux », et ptilon, « plume légère », en référence à l’aspect plumacé de l’animal.

walcotti – en l’honneur de Charles Walcott, découvreur des schistes de Burgess.

Spécimens types : Holotype – USNM 468028 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott a étudié et photographié Thaumaptilon, mais il n’a jamais publié le résultat de ses travaux. Conway Morris a fait une description formelle des spécimens fossiles en 1993, après y avoir fait allusion dans des travaux antérieurs (1979; 1989; 1990).

Description

Morphologie :

Thaumaptilon est un organisme à symétrie bilatérale en forme de fronde oblongue plumeuse. Il se présente sous la forme d’un axe central ramifié en branches latérales, qui semblent reliées les unes aux autres par d’étroits canaux. Il vivait fixé au fond marin par un crampon émoussé. Des trois spécimens connus, le plus grand atteint 21 cm de hauteur et 5 cm de largeur, tandis que les deux autres, présumés juvéniles, ne mesurent quelques centimètres de long. La fronde, aplatie et légèrement effilée vers son extrémité, est constituée d’environ trois douzaines de branches fixées à l’axe central selon un angle de 45 degrés. Sa croissance s’opérait principalement par expansion, peut-être par l’addition de branches à partir de bourgeons apicaux. Contrairement à celles des plumes de mer modernes, les branches de Thaumaptilon sont rattachées à une base commune. Les lignes de pustules présentes sur un côté de la fronde ont été interprétées comme des zooïdes contractés (individus d’une espèce coloniale) répartis de façon très aléatoire en comparaison des cils des plumes de mer modernes.

Abondance :

Seulement trois spécimens sont connus.

Taille maximum :
210 mm

Écologie

Mode de vie : Cnidaires
Mode d'alimentation : Cnidaires
Interprétations écologiques :

Le crampon servait vraisemblablement à fixer l’organisme aux sédiments meubles des fonds marins et pouvait peut-être se contracter pour modifier la hauteur et l’angle de la fronde. Si les pustules étaient effectivement des zooïdes, Thaumaptilon était un organisme suspensivore au mode de vie colonial. Selon Conway Morris (1998), cet animal pouvait rétracter son corps dans sa tige en cas de danger.

Références

ANTCLIFFE, J. B. AND M. D. BRASIER. 2008. Charnia at 50: Developmental models for Ediacaran fronds. Palaeontology, 51(1): 11-26.

CONWAY MORRIS, S. 1979. The Burgess Shale (Middle Cambrian) fauna. Annual Review of Ecology and Systematics, 10(1): 327-349.

CONWAY MORRIS, S. 1989. Burgess Shale faunas and the Cambrian explosion. Science, 246(4928): 339.

CONWAY MORRIS, S. 1990. Late Precambrian and Cambrian soft-bodied faunas. Annual Review of Earth and Planetary Sciences, 18(1): 101-122.

CONWAY MORRIS, S. 1993. Ediacaran-like fossils in Cambrian Burgess Shale-type faunas of North America. Palaeontology, 36(3): 593-635.

CONWAY MORRIS, S. 1998. The Crucible of Creation, the Burgess Shale and the Rise of Animals. Oxford University Press, 242 p.

SHU, D. G., S. CONWAY MORRIS, J. HAN, Y. LI, X. L. ZHANG, H. HUA, Z. F. ZHANG, J. N. LIU, J. F. GUO, Y. YAO AND K. YASUI. 2006. Lower Cambrian vendobionts from China and early diploblast evolution. Science, 312(5774): 731-734.

Autres liens :

Cambrorhytium major

Cambrorhytium fragilis (USNM57626) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Tube complet à côté d’une pince d’Anomalocaris. Longueur du spécimen = 25 mm. Spécimen sec, lumière directe (image de gauche) et lumière polarisée (image du centre); spécimen humide, lumière directe (image de droite, en haut) et lumière polarisée (image de droite, en bas). Couches à trilobites.

© Smithsonian Institution – Musée National D’histoire Naturelle. Photo : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Règne: Cnidaires
Embranchement: Cnidaires
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des cnidaires)
Nom d’espèce: Cambrorhytium major
Remarques:

En raison de ses similarités avec le genre Byronia et de ses tentacules ressemblant à ceux de certains polypes, Cambrorhytium pourrait être apparenté aux conulariidés de l’embranchement des cnidaires. Cependant, aucune caractéristique permettant de le placer sans conteste au sein cet embranchement n’a été conservée.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1908
Étymologie :

Cambrorhytium – du nom latin de la période cambrienne et du latin rhytium, « corne à boire ».

major – du latin major, « grand ».

Spécimens types : Holotype – USNM 96542 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : C. fragilis (Walcott, 1911) Conway Morris et Robinson, 1988 des couches à trilobites du mont Stephen et de la carrière Walcott.

Autres dépôts : C. elongatum (Steiner et coll., 2005) des dépôts du Cambrien inférieur du comté de Chengjiang, de Haikou et Jingmacun dans le district de Xishan (Kunming) et de la formation Niutitang de Zhongnan dans le comté Zunyi de la province du Guizhou en Chine. C. fragilis est également connue d’après le Cambrien inférieur des schistes de Latham (Waggoner et Hagadorn, 2005) et C. major, d’après l’étage supérieur du Cambrien de la formation de Marjum en Utah (Conway Morris et Robison, 1998).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, de la zone à Bathyuriscus-Elrathina à la zone à Bolaspidella (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Couches à trilobites sur le mont Stephen, carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles. Cambrorhytium est également connu d’après l’étude de spécimens provenant de la carrière Raymond et des couches à tulipes (S7) du mont Stephen.

Autres dépôts : C. fragilis est également connue d’après le Cambrien inférieur des schistes de Latham (Waggoner et Hagadorn, 2005) et C. major, d’après l’étage supérieur du Cambrien de la formation de Marjum en Utah (Conway Morris et Robison, 1998).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Le genre Cambrorhytium a été établi en 1988 par Conway Morris et Robinson pour accueillir deux espèces fossiles autrement inclassables, Cambrorhytium major et C. fragilis. Walcott (1908) avait par ailleurs inclus un spécimen de C. major provenant des couches à trilobites sur le mont Stephen dans le genre Orthotheca (Hyolithes), en raison de sa forme triangulaire. À la lumière à de nouveaux matériaux fossiles découverts dans la carrière qui portera son nom, Walcott (1911) a déplacé ce spécimen dans le nouveau genre Selkirkia (S. major) et l’a interprété sur le moment comme le tube d’un ver polychète (Walcott, 1911). Le spécimen original de Selkirkia major (du mont Stephen), représenté pour la première fois par Walcott dans sa publication de 1908, était dépourvu de parties molles, mais d’autres spécimens, trouvés ultérieurement dans la carrière, montraient des affinités avec les vers priapuliens (Conway Morris, 1977). Un nouvel examen de l’holotype de Selkirkia major et de certains spécimens des deux espèces de Selkirkia établies par Walcott (1911) a permis de conclure qu’il ne s’agissait pas de priapulides. Ces espèces de Selkirkia ont par conséquent été déplacées dans le nouveau genre Cambrorhytium.

Description

Morphologie :

Le tube chitineux et probablement non minéralisé de Cambrorhytium major, en forme de cône légèrement incurvé, s’élargit à partir d’un point jusqu’à une ouverture circulaire souple dépourvue d’opercule ou de système de fermeture. Cinq structures charnues ressemblant à des tentacules sortent de cette ouverture. L’organisme grandissait périodiquement, ajoutant à son extrémité béante à chaque poussée. Le cône présente par conséquent une série d’anneaux de croissance. Bien qu’il puisse atteindre 6 cm de long, sa taille moyenne est de 4 cm; la plupart des spécimens se situent près de la borne inférieure de l’intervalle de taille. Les premiers stades de croissance étant moins réguliers que les derniers, généralement la base du cône est légèrement ondulée.

C. major est plus grand et effilé que C. fragilis, dont les anneaux de croissance sont moins prononcés. C. fragilis est normalement plus réfléchissant que C. major, en raison d’une différence de composition originale ou simplement d’un biais de conservation.

Abondance :

Cambrorhytium major est rare; il est connu d’après l’étude de quelques douzaines de spécimens. C. fragilis est plus commun. Dans la carrière Walcott, les deux espèces ne comptent que pour 0,35 % environ du total des fossiles (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
65 mm

Écologie

Mode de vie : Cnidaires
Mode d'alimentation : Cnidaires
Interprétations écologiques :

L’organisme semble s’être reproduit de façon sexuée plutôt que par bourgeonnement. Bien que Cambrorhytium vivait sur les fonds marins, rien ne révèle la présence d’une structure d’ancrage; l’organisme se serait partiellement enfoui dans les sédiments. Il se peut qu’il ait été suspensivore ou carnivore, car il était vraisemblablement doté de tentacules et il pourrait avoir des affinités avec les cnidaires.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals and algae from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. University of Kansas Paleontological Contributions, Paper, 122: 23-48.

STEINER, M., M. ZHU, Y. ZHAO AND B.-D. ERDTMANN. 2005. Lower Cambrian Burgess Shale-type fossil associations of South China. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 220(1-2): 129-152.

WAGGONER, B. AND J. W. HAGADORN. 2005. Conical fossils from the Lower Cambrian of Eastern California. PaleoBios, 1: 1-10.

WALCOTT, C. D. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.

Autres liens :

Aucun

Byronia annulata

Byronia annulata(ROM56648). Planche 1, figures 9 et 9a de Walcott (1908) et contre-empreinte du spécimen original recueilli dans les couches à trilobites du mont Stephen en 1975 (l’empreinte est conservée à la Smithsonian Institution). Longueur approximative du spécimen = 95 mm. Spécimen sec, lumière directe. Couches à trilobites sur le mont Stephen.

© Musée Royal De L’ontario. Photos : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Règne: Cnidaires
Embranchement: Cnidaires
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Scyphozoaires ? (Ordre : Byroniida, groupe souche des cnidaires)
Nom d’espèce: Byronia annulata
Remarques:

Byronia représenterait le stade sessile d’une scyphoméduse, qui synthétisait des tubes chitineux fuselés pour s’agripper au substratum par l’intermédiaire d’un disque d’attache (Zhu et coll., 2000).

Nom du descripteur: Matthew
Date de la description : 1899
Étymologie :

Byronia – d’après Byron Edmund Walker (1848-1924), banquier canadien et paléontologue amateur, cofondateur du Musée royal de l’Ontario.

annulat – du latin annulatus, « annelé », en référence aux reliefs annulaires transverses sur le corps de l’animal.

Spécimens types : Syntype – ROM 59941 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : de nombreuses similarités suggèrent que d’autres fossiles à thèque, comme Tubulella flagellumSphenothallus sp., Cambrorhytium major et C. fragilis, seraient apparentés à Byronia.

Autres dépôts : B. natus de la formation de Kaili (Zhu et al., 2000). D’autres espèces cambriennes sont représentées dans le monde, notamment B. displosa, B. mirrabookaensis et B. petila en Australie (Bischoff, 1989).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobites et autres sites sur le mont Stephen; carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

En août 1887, la réunion à Toronto de la British Association for the Advancement of Science est suivie d’une excursion géologique en train dans l’ouest du Canada, organisée par l’influent banquier Byron Edmund Walker. L’un des moments forts du voyage est une visite des couches à trilobites sur le mont Stephen, après laquelle Walker prête sa collection personnelle de fossiles du mont Stephen au spécialiste canadien de la paléontologie cambrienne, George F. Matthew, de Saint John au Nouveau-Brunswick. En 1899, Matthew publie une série de nouvelles descriptions à partir des spécimens de Walker. Byronia annulata exprime la reconnaissance de Walker envers le banquier. Le paléontologue, qui voyait en Byronia un tube de ver conique et aplati, a représenté l’unique spécimen complet de cette forme rare (considéré comme l’holotype) dans une gravure. Walker a donné l’intégralité de sa collection de fossiles à l’Université de Toronto en 1904; en 1913, la collection a été transférée au nouveau Musée royal de paléontologie de l’Ontario. Malheureusement, l’unique spécimen complet de Byronia annulata décrit par Matthew n’a pas été reconnu comme tel, jusqu’à sa « redécouverte » dans les collections du Musée royal de l’Ontario en 2009. Entre-temps, Byronia a été interprété comme la thèque d’un cnidaire (forme polype) à partir de spécimens d’autres sites.

Description

Morphologie :

Le tube chitineux ou chitino-phosphatique (thèque) de Byronia annulata est long et conique, circulaire ou ovale à sa base et mesure pratiquement 10 mm de diamètre en coupe transversale. Les thèques, aplaties par la compression dans la plupart des cas, peuvent être droites ou présenter divers degrés de courbure. La conservation de la paroi de la thèque, formée de multiples lamelles, peut s’avérer relativement bonne, des taches sombres et réfléchissantes contrastant fortement avec la matrice schisteuse. La surface externe de cette paroi est ornée de reliefs caractéristiques, qui forment des anneaux transversaux très rapprochés croisant de fines stries longitudinales. Les thèques complètes sont parfois pourvues d’un disque d’attache au niveau de leur extrémité étroite. Des individus ou des colonies de thèques de dimensions inférieures ressemblant à Tubulella flagellum, autre tube chitineux, sont parfois trouvés associés à Byronia, mais la question à savoir s’ils croissaient fixés aux tubes de dimensions supérieures ou s’ils « bourgeonnaient » par clonage de ces derniers est encore ouverte. Aucun tissu mou de Byronia annulata n’a pour l’instant été décrit.

Abondance :

Byronia est essentiellement connu d’après l’étude de spécimens des couches à trilobites sur le mont Stephen.

Taille maximum :
100 mm

Écologie

Mode de vie : Cnidaires
Mode d'alimentation : Cnidaires
Interprétations écologiques :

La thèque de Byronia se serait attachée au substratum par l’intermédiaire d’un disque apical qui, le plus souvent, est perdu. L’absence de tissus mous conservés rend hypothétique l’attribution d’un comportement alimentaire particulier. Mais par analogie avec des formes telles que Cambrorhytium, un régime carnivore ou suspensivore semble possible.

Références

BISCHOFF, C. O. 1989. Byroniida new order from early Palaeozoic strata of eastern Australia (Cnidaria, thecate scyphopolyps). Senkenbergiana Lethaea, 69(5/6): 467-521.

CONWAY MORRIS, S. AND R. A. ROBISON. 1988. More soft-bodied animals and algae from the Middle Cambrian of Utah and British Columbia. University of Kansas Paleontological Contributions, Paper, 122: 23-48.

MATTHEW, G. F. 1899. Studies on Cambrian faunas, No. 3. Upper Cambrian fauna of Mount Stephen, British Columbia. The trilobites and worms. Transactions of the Royal Society of Canada, Series 2, 4: 39-66.

RASETTI, F. 1951. Middle Cambrian stratigraphy and faunas of the Canadian Rocky Mountains. Smithsonian Miscellaneous Collections, 116(5): 277 p.

WALCOTT, C. D. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

ZHU, M.-Y., H. VAN ITEN, R. S. COX, Y. L. ZHAO, B.-D. ERDTMANN. 2000. Occurrence of Byronia Matthew and Sphenothallus Hall in the Lower Cambrian of China. Paläontologische Zeitschrift, 74: 227-238.

Autres liens :

Aucun