Les schistes de Burgess

Kootenayscolex barbarensis

Kootenayscolex barbarensis, paratype, ROMIP 62972

Taxonomie:

Règne: Annélides
Embranchement: Annélides
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Polychètes
Nom d’espèce: Kootenayscolex barbarensis
Remarques:

Kootenayscolex ressemble beaucoup aux polychètes actuels, mais il est actuellement considéré comme n’appartenant à aucun groupe existant. Il est plutôt considéré comme un groupe souche des polychètes, à l’instar des autres polychètes des schistes de Burgess (Parry et al., 2016 ; Nanglu et Caron 2018).

Nom du descripteur: Nanglu et Caron, 2018
Date de la description : 2018
Étymologie :

Kootenay  du nom du parc national Kootenay (Colombie-Britannique), où se trouve le site fossilifère de Marble Canyon, et du grec scolex, « ver », suffixe communément utilisé chez les polychètes et faisant référence à leur aspect généralement vermiforme.

barbarensis  en hommage à Barbara Polk Milstein, bénévole du Musée royal de l’Ontario et supportrice de longue date des recherches dans les schistes de Burgess.

Spécimens types : Holotype ROMIP 64388 ; paratypes ROMIP 63099.1, et ROMIP 64389-, 64398
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Marble Canyon et Carrière Walcott sur Fossil Ridge, Colombie-Britannique.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Ce polychète abondant fut signalé pour la première fois par Caron et al., en 2014, comme une espèce comparable à Burgessochaeta setigera de la carrière Walcott. Le genre et l’espèce ont été formellement décrits par Nanglu et Caron en 2018, sur la base decentaines de nouveaux spécimens découverts sur le site fossilifère de Marble Canyon, au parc national Kootenay.

Description

Morphologie :

La taille de Kootenayscolex varie de 1 à 30 mm. Sa tête porte deux longues structures sensorielles appelées palpes, ainsi qu’une courte antenne médiane. Comme chez les autres polychètes, son corps est divisé en une série de segments, les plus larges se trouvant au milieu du corps. Jusqu’à 25 segments ont été dénombrés chez cette espèce, chacun muni d’une paire de parapodes, ou excroissances latérales charnues. Ces parapodes portent des soies, appelées chaetae, disposées en faisceaux. Les faisceaux dorsaux comptent jusqu’à 12 soies, tandis que les faisceaux ventraux en comptent jusqu’à 16, disposées en éventails plus larges. Le dernier segment, appelé pygidium, est relativement simple et ne possède aucun appendice. La section de la tête, appelée prostomium, possède un seul ensemble de parapodes et de chaetae, tout près de la bouche.

Abondance :

Kootenayscolex est la cinquième espèce la plus abondante à Marble Canyon ; 833 spécimens y ont été collectés (Nanglu et al., 2020).

Taille maximum :
Environ 3 cm.

Écologie

Mode de vie : Annélides
Mode d'alimentation : Annélides
Interprétations écologiques :

Kootenayscolex a été interprété comme un organisme détritivore en raison de certains spécimens dont le tube digestif est rempli de sédiment. Ceci est particulièrement visible chez les spécimens dont la partie antérieure du tube digestif est élargie, presque jusqu’à la largeur du corps. Les soies dorsales allongées servaient probablement de défense contre les prédateurs, tandis que les soies ventrales auraient permis au ver de se déplacer sur le fond marin.

Références

  • NANGLU, K., AND J.-B., CARON. 2018. A new Burgess Shale polychaete and the origin of the annelid head revisited. Current Biology, 28 (2): 319-326.
  • NANGLU, K., CARON, J.-B. and GAINES, R. R. 2020. The Burgess Shale paleocommunity with new insights from Marble Canyon, British Columbia. Paleobiology, 46, 58-81.
  • PARRY, L. A., EDGECOMBE, G. D., EIBYE-JACOBSEN, D., AND J. VINTHER. 2016. The impact of fossil data on annelid phylogeny inferred from discrete morphological characters. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences283 (1837): 20161378.
Autres liens :

Peronochaeta dubia

Taxonomie:

Peronochaeta dubia (ROM 61133). Spécimen complet associé à un fossile non identifié (en haut, à droite). Longueur du spécimen = 8 mm. Spécimen sec, lumière polarisée. Carrière Walcott.

© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON

Règne: Annélides
Embranchement: Annélides
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des polychètes)
Nom d’espèce: Peronochaeta dubia
Remarques:

Peronochaeta présente des ressemblances avec les polychètes modernes, cependant il ne peut être associé à aucun groupe ayant encore des représentants (Conway Morris, 1979), ce qui suggère une position au sein du groupe souche des polychètes (Eibye-Jacobsen, 2004).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Peronochaeta – du mots grec perone, « aiguille », et khait, « longue chevelure », en référence aux soies de l’animal.

dubia – du latin dubius, « incertain », exprimant probablement l’incertitude de Walcott à l’égard de la classification du ver dans le genre Canadia.

Spécimens types : Lectotype – USNM 83936a; paralectotype – USNM 83936d conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Ce ver annélidé a été initialement décrit par Charles Walcott (1911) comme un représentant du genre Canadia. Lorsque Conway Morris (1979) a examiné à nouveau les fossiles, il a conclu que les différences entre la présente espèce et Canadia étaient trop grandes pour que les deux appartiennent au même genre. Il a donc créé le genre Peronochaeta.

Description

Morphologie :

Le ver atteignait 1 à 2 cm de long, mais son corps ne mesure que 1 mm de large, voire 2 mm, si ses soies (setae) sont incluses. Il compte approximativement 25 segments, dotés chacun d’une paire d’appendices latéraux appelés « parapodes ». Ces appendices sont simples (uniramés) et les setae, courtes. Un intestin droit parcourt toute la longueur du corps. Une paire de tentacules semble apparaître de part et d’autre de la région céphalique, cependant la petite taille de l’animal et la mauvaise conservation rendent l’interprétation hasardeuse.

Abondance :

Peronochaeta était considéré comme l’un des annélides les plus rares des schistes de Burgess, mais de nouveaux matériaux fossiles ont été recueillis dans la carrière Walcott et l’ensemble représente 0,03 % des spécimens recensés dans la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
20 mm

Écologie

Mode de vie : Annélides
Mode d'alimentation : Annélides
Interprétations écologiques :

En raison de la rareté des fossiles, le mode de vie de l’animal est difficile à établir. Il pourrait s’agir d’un animal détritivore. Ses soies l’auraient aidé à se déplacer, voire à s’enfouir.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1979. Middle Cambrian Polychaetes from the Burgess Shale of British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences, 285(1007): 227-274.

EIBYE-JACOBSEN, D. 2004. A reevaluation of Wiwaxia and the polychaetes of the Burgess Shale. Lethaia, 37(3): 317-335.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(2): 109-144.

Autres liens :

Aucun

Insolicorypha psygma

Insolicorypha psygma (USNM 198712) – Holotype, (empreinte et contre-empreinte). Seul spécimen connu présentant l’hypothétique tête (en haut) entourée d’une tache sombre (probablement des fluides de décomposition), des setæ et une trace d’intestin. Longueur du spécimen = 12 mm. Spécimen sec, lumière polarisée (images de droite et de gauche). Carrière Walcott.

© SMITHSONIAN INSTITUTION – MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Annélides
Embranchement: Annélides
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des polychètes)
Nom d’espèce: Insolicorypha psygma
Remarques:

L’unique spécimen de l’espèce, peut être incomplet (Eibye Jacobsen, 2004), est trop peu connu pour qu’une étude détaillée de ses affinités soit effectuée.

Nom du descripteur: Conway Morris
Date de la description : 1979
Étymologie :

Insolicorypha – du latin insolitus, « insolite », et du grec koryphe, « tête », soit « tête insolite ».

psygma, du mot grec qui signifie « éventail », en référence à la disposition en éventail des soies du ver.

Spécimens types : Holotype – USNM 198667 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Un seul spécimen a été recensé. À l’origine, il a été interprété comme un animal complet avec une tête anormale par Conway Morris (1979). Eibye Jacobsen (2004) a suggéré que cette tête serait en fait la partie postérieure de l’animal et que la lisière en lambeaux de la paroi corporelle déchirée donnerait l’illusion d’une tête.

Description

Morphologie :

Ce miniscule ver (12 mm de long) comptait au moins 19 segments, dotés chacun d’une paire d’appendices latéraux appelés « parapodes ». Les parapodes du premier et peut être du deuxième segment sont simples (uniramés), mais ceux des autres segments sont biramés (divisés en deux branches de longueurs inégales). Du troisième au dernier segment, les parapodes accueillent deux faisceaux principaux de soies, les notosetæ sur leur branche supérieure et les neurosetæ sur leur branche inférieure. Les notosetæ sont courtes; les neurosetæ sont beaucoup plus longues. La branche inférieure (qui porte les neurosetæ), dotée de deux cirres dorsaux et d’un cirre ventral (les cirres étant des excroissances sensorielles d’organes sécrétoires), est également beaucoup plus longue. L’hypothétique partie frontale de l’animal comporte un prostomium (lobe céphalique) allongé divisé en deux sections principales.

Abondance :

Un seul spécimen d’Insolicorypha est répertorié. Il provient de la carrière Walcott.

Taille maximum :
12 mm

Écologie

Mode de vie : Annélides
Mode d'alimentation : Annélides
Interprétations écologiques :

Insolicorypha avait probablement un mode de vie similaire à celui des annélides nageurs modernes, qui sont également munis de cirres sensoriels. Cependant, sa rareté rend toute conclusion précise sur le mode d’alimentation de l’animal impossible. Les soies en éventail constituent une adaptation claire à la nage. Les espèces vivant sur les fonds marins étant de loin les plus conservées dans les schistes de Burgess, cette adaptation expliquerait la rareté d’Insolicorypha.

Références

CONWAY MORRIS, S. 1979. Middle Cambrian Polychaetes from the Burgess Shale of British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences, 285: 227-274.

EIBYE-JACOBSEN, D. 2004. A reevaluation of Wiwaxia and the polychaetes of the Burgess Shale. Lethaia, 37: 317-335.

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Aucun

Stephenoscolex argutus

Stephenoscolex argutus (USNM 83936b) – Holotype. Spécimen avec sa tête (en haut à gauche) et son tronc bordé de fins parapodes et de setae. Les structures filamenteuses autour du corps représentent probablement des cyanobactéries. Longueur du spécimen = 32 mm. Spécimen sec, lumière directe (image de gauche); spécimen humide, lumière directe (image de droite). Carrière Walcott.

© SMITHSONIAN INSTITUTION – MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Annélides
Embranchement: Annélides
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des polychètes)
Nom d’espèce: Stephenoscolex argutus
Remarques:

Stephenoscolex présente des ressemblances avec les polychètes modernes, cependant il ne peut être associé à aucun groupe ayant encore des représentants (Conway Morris, 1979), ce qui suggère une position au sein du groupe souche des polychètes (Eibye-Jacobsen, 2004).

Nom du descripteur: Conway Morris
Date de la description : 1979
Étymologie :

Stephenoscolex – d’après le mont Stephen (3 199 m), nommé en l’honneur de George Stephen (1829-1921), premier président du Chemin de fer Canadien Pacifique, et du grec scolex, « ver ».

argutus – du latin argutus, « brillant », en référence à l’éclat des fossiles.

Spécimens types : USNM – 83936b conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis. Paratype – ROM 32574 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1911; 1931) a initialement inclus l’holotype de l’espèce dans Canadia dubia, mais Conway Morris, lors de son examen des fossiles de Polychètes des schistes de Burgess entrepris en 1979, l’a classifié en tant que Stephenoscolex. Conway Morris a par ailleurs trouvé un spécimen incomplet dans les collections du Musée royal de l’Ontario, qui a récupéré depuis d’autres spécimens en contrebas de la carrière Walcott. Ces spécimens attendent d’être étudiés en détail. Étant donné que la description publiée de Stephenoscolex ne repose que sur deux spécimens, elle doit être traitée avec circonspection (Eibye-Jacobsen, 2004).

Description

Morphologie :

Le ver a un corps mince (1 mm de large environ), qui peut atteindre 3 cm de long. La tête porte deux paires d’appendices émergeant de son front et ses côtés. Le corps comporte en outre une quarantaine de segments, dotés chacun d’une paire d’appendices latéraux simples (uniramés) appelés « parapodes ». Les parapodes sont tous couverts d’une quinzaine de soies (setae) courtes et sans particularités notables. L’animal est dépourvu de cirres et de branchies.

Abondance :

Stephenoscolex était considéré comme d’un des annélides les plus rares des schistes de Burgess, mais de nouveaux matériaux fossiles ont été recueillis dans la carrière Walcott et l’ensemble représente 0,28 % des spécimens recensés dans la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
32 mm

Écologie

Mode de vie : Annélides
Mode d'alimentation : Annélides
Interprétations écologiques :

Peu de conclusions peuvent être avancées avec certitude relativement au mode de vie de l’animal, néanmoins la disposition des soies suggère que celui-ci rampait ou nageait sur ou dans les sédiments.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1979. Middle Cambrian polychaetes from the Burgess Shale of British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences, 285(1007): 227-274.

EIBYE-JACOBSEN, D. 2004. A reevaluation of Wiwaxia and the polychaetes of the Burgess Shale. Lethaia, 37(3): 317-335.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(2): 109-144.

WALCOTT, C. D. 1931. Addenda to descriptions of Burgess Shale fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 85(3): 1-46.

Autres liens :

Aucun

Canadia spinosa

Reconstitution 3D de Canadia spinosa.

Reconstitution 3d De Phlesch Bubble © Musée Royal De L’ontario

Taxonomie:

Règne: Annélides
Embranchement: Annélides
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des polychètes)
Nom d’espèce: Canadia spinosa
Remarques:

Canadia a été brièvement comparé aux Chrysopetalidae modernes (famille des Palmyridae), mais ses similarités avec le groupe ont semblé trop générales pour permettre une inclusion (Conway Morris, 1979). Canadia est actuellement considéré comme un taxon du groupe souche des polychètes (Eibye-Jacobsen, 2004).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Canadia – d’après Canada, pays dans lequel sont situés les schistes de Burgess.

spinosa – du latin spinosus, « plein d’épines », en référence à l’apparence hirsute de l’animal.

Spécimens types : Lectotype (USNM 57654) et paralectotypes (USNM 57651, 57653 et 83929 a à e) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : un spécimen provenant des schistes de Spence (Cambrien moyen de l’Utah) décrit en tant que Canadia sp. (Robison, 1969).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1911) a décrit deux espèces différentes de Canadia (C. setigera et C. spinosa) lors de son recensement initial des schistes de Burgess. Une description plus poussée a été donnée à partir de ses notes par Resser (Walcott, 1931), qui a ajouté plusieurs espèces au genre (C. grandisC. irregularisC. sparsaC. dubia et C. simplex). Conway Morris (1979) a établi une synonymie entre C. irregularis et C. grandis d’une part et C. spinosa d’autre part et a exclu les autres espèces du genre. Nick Butterfield (1990) est parvenu à isoler des écailles en dissolvant les fossiles dans l’acide. Ces écailles ont pu être comparées aux sclérites de Wiwaxia, ce qui suggère une affinité possible entre les deux taxons. Wiwaxia est maintenant considéré comme un mollusque primitif (Caron et coll., 2006); les écailles de Canadia et les sclérites de Wiwaxia seraient probablement convergentes. À l’instar de BurgessochaetaCanadia s’est avéré utile pour calculer l’ampleur de la décomposition des ensembles fossiles (Caron et Jackson, 2006).

Description

Morphologie :

Canadia est un ver aux nombreuses soies (polychète). Légèrement aplati dorso-ventralement, il mesure de 2 à 4 cm de long. Une paire de longs tentacules dépasse de son front. Les variations de forme observées au niveau de ces tentacules laissent penser que l’animal pouvait les contracter et les allonger. Le tronc est constitué de 20 à 22 segments, dotés chacun d’une paire d’appendices latéraux appelés « parapodes ». Les parapodes du premier segment sont simples (uniramés), mais ceux de tous les autres segments sont biramés, c’est-à-dire divisés en deux branches. Les parapodes de l’animal sont invariablement munis de setæ (soies) qui, du deuxième au dernier segment, forment deux faisceaux principaux: les notosetæ (faisceau dorsal) et les neurosetæ (faisceau latéral). Entre ces faisceaux se trouvent des branchies. Les notosetæ couvrent l’organisme de façon asymétrique, les soies les plus longues et les plus grosses étant proches de la ligne médiane. La surface latérale de la soie la plus volumineuse est crantée, et toutes les setæ arborent un motif de crêtes finement espacées, qui aurait conféré à Canadia vivant une sorte de lustre (Parker, 1998). L’animal avait un intestin droit et était doté d’une proboscide souple qu’il pouvait éverser (c.-à-d. retourner comme une trompe).

Abondance :

Canadia est relativement rare dans la carrière Walcott, où il représente 0,05 % seulement des spécimens dénombrés dans la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
45 mm

Écologie

Mode de vie : Annélides
Mode d'alimentation : Annélides
Interprétations écologiques :

Canadia vivait probablement près du plancher sous-marin et se serait servi des ondulations de son corps et de ses faisceaux de soies comme de nageoires pour se propulser dans l’eau. Ses tentacules auraient assuré une fonction essentiellement sensorielle et sa proboscide lui aurait permis de se nourrir d’organismes vivants ou morts.

Références

BUTTERFIELD, N. J. 1990. A reassessment of the enigmatic Burgess Shale fossil Wiwaxia corrugata (Matthew) and its relationship to the polychaete Canadia spinosa Walcott. Paleobiology, 16(3): 287-303.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2006. Taphonomy of the Greater Phyllopod Bed Community, Burgess Shale. PALAIOS, 21: 451-465.

CARON, J.-B., A. H. SCHELTEMA, C. SCHANDER, AND D. RUDKIN. 2006. A soft-bodied mollusc with radula from the Middle Cambrian Burgess Shale. Nature, 442: 159-163.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1979. Middle Cambrian polychaetes from the Burgess Shale of British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences, 285(1007): 227-274.

EIBYE-JACOBSEN, D. 2004. A reevaluation of Wiwaxia and the polychaetes of the Burgess Shale. Lethaia, 37: 317-335.

PARKER, A. R. 1998. Colour in Burgess Shale animals and the effect of light on evolution in the Cambrian. Proceedings of the Royal Society of London, Biological Sciences. 265: 967-972.

ROBISON, R. A. 1969. Annelids from the Middle Cambrian Spence Shale of Utah. Journal of Paleontology, 43: 1169-1173.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(2): 109-144.

WALCOTT, C. 1931. Addenda to descriptions of Burgess Shale fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 85(3): 1-46.

Autres liens :

Burgessochaeta setigera

Burgessochaeta setigera(ROM61042) – Empreinte et contre-empreinte. Spécimen complet montrant le contenu du tube digestif et des déjections expulsées par l’anus (trait noir visible sur la contre-empreinte, images de droite). Longueur du spécimen = 26 mm. Spécimen humide, lumière directe (images du haut) et lumière polarisée (images du bas). Carrière Walcott.

© Musée Royal De L’ontario. Photos : Jean-Bernard Caron

Taxonomie:

Règne: Annélides
Embranchement: Annélides
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des polychètes)
Nom d’espèce: Burgessochaeta setigera
Remarques:

Burgessochaeta présente des ressemblances avec les polychètes modernes, cependant on ne peut pas l’associer à un groupe ayant encore des représentants (Conway Morris, 1979; Eibye-Jacobsen, 2004). Il constituerait donc un groupe souche des polychètes (Budd et Jensen, 2000).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Burgessia – d’après le mont Burgess (2 599 m), pic dans le parc national du Canada Yoho. Le mont Burgess a été nommé en 1886 par Otto Klotz, arpenteur-topographe du Dominion, en l’honneur d’Alexander Burgess, ancien sous-ministre de l’Intérieur; également de chaeta, suffixe communément attribué aux vers polychètes pour décrire les structures épineuses qui bordent leur corps.

setigera – du latin saetula, « petite soie ».

Spécimens types : Lectotype (USNM 57650) conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

L’existence de Burgessochaeta a été rapportée pour la première fois par Walcott, qui le place dans le genre Canadia (Walcott, 1911). Burgessochaeta a été décrit formellement et établi en tant que genre distinct par Conway Morris dans son traité de 1979 consacré aux polychètes des schistes de Burgess. Assez commun, Burgessochaeta s’est avéré utile pour calculer l’ampleur de la décomposition des ensembles fossiles (Caron et Jackson, 2006).

Description

Morphologie :

Burgessochaeta est un ver fin pouvant atteindre des longueurs de 1,8 à 4,9 cm (2,9 cm en moyenne). Excepté à ses extrémités plus étroites, il mesure environ 2 mm de large en tout point. Sa tête porte une paire de tentacules lisses pouvant s’étendre sur 6 mm de long. Les variations de forme observées au niveau de ces tentacules suggèrent que Burgessochaeta avait la capacité de les contracter et de les allonger. Son premier segment accueille une paire de parapodes (appendices non articulés) uniramés et les deux douzaines de segments suivants, des appendices biramés. Tous les segments de son corps sont similaires. Les parapodes sont dotés de 11 à 17 soies simples (généralement 15), de 2 mm de long environ, disposées sur un même plan très incliné par rapport au corps. Le bout de ces soies se divise en fourche, dont l’une des dents s’achève à la moitié de la longueur de l’autre dent. Burgessochaeta possède en outre une proboscide pouvant être éversée (appareil flexible et proéminent que l’animal pouvait incurver et retourner comme une langue), qui constitue la portion frontale de son intestin droit.

Abondance :

Burgessochaeta est relativement commun dans la carrière Walcott, où il représente 0,4 % des spécimens dénombrés dans la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
49 mm

Écologie

Mode de vie : Annélides
Mode d'alimentation : Annélides
Interprétations écologiques :

Burgessochaeta vivait probablement enfoui et utilisait ses courts parapodes pour se déplacer dans des galeries ou à la surface des sédiments. Ses tentacules lui auraient servi à recueillir de la nourriture; la présence de sédiments dans son intestin suggère qu’il s’agirait d’un dépositivore.

Références

BUDD, G. E. AND S. JENSEN. 2000. A critical reappraisal of the fossil record of the bilaterian phyla. Biological Reviews, 75: 253-295.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2006. Taphonomy of the Greater Phyllopod Bed Community, Burgess Shale. PALAIOS, 21: 451-465.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1979. Middle Cambrian polychaetes from the Burgess Shale of British Columbia. Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences, 285(1007): 227-274.

EIBYE-JACOBSEN, D. 2004. A reevaluation of Wiwaxia and the polychaetes of the Burgess Shale. Lethaia, 37: 317-335.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(2): 109-144.

Autres liens :

Aucun