Les schistes de Burgess

Nereocaris exilis

Nereocaris briggsi, holotype ROMIP 62153

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Hymenocarines, Famille : Odaraiidae
Nom d’espèce: Nereocaris exilis
Remarques:

Les hyménocarines étaient des arthropodes ancestraux dotés de carapaces bivalves et de mandibules, formant l’essentiel des premiers mandibulés (représentés aujourd’hui par les myriapodes, les crustacés et les insectes) (Aria et Caron 2017 ; Vannier et al., 2018). Chez de nombreux hyménocarines, dont Nereocaris, il reste difficile de déterminer le nombre exact et les types d’appendices de la tête, ce qui rend difficile une compréhension détaillée des rapports évolutifs à l’intérieur de ce groupe. Nereocaris appartient très probablement à la famille des Odaraiidae, un groupe d’hyménocarines au corps fortement multisegmenté, aux antennes réduites ou absentes et aux pattes fortement multisegmentées.

Nom du descripteur: Legg, D. A., Sutton, M. D., Edgecombe, G. D., Caron, J-B.
Date de la description : 2012
Étymologie :

Nereocaris – inspiré de « Nérée », titan de la mythologie grecque à torse d’homme et à queue de poisson, et du latin caris, qui signifie « crabe » ou « crevette ».

exilis – mot latin signifiant « élancé ».

Spécimens types : Holotype ROMIP61831
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Nereocaris briggsi découvert dans la carrière Collins, sur le mont Stephen.

Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années)
Sites principaux :

Tulip Beds (S7) (N. exilis) et carrière Collins (N. briggsi).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

La première description de Nereocaris exilis fut publiée en 2012 sur la base de spécimens provenant desdits Tulip Beds du mont Stephen (parc national Yoho). Deux ans plus tard, Nereocaris briggsi était décrit à partir de spécimens découverts dans la carrière Collins, également du mont Stephen (Legg et Caron, 2014). Dans sa description initiale, Nereocaris est doté d’un œil médian pédonculé situé entre les yeux latéraux (Legg et al., 2012 ; Legg et Caron, 2014). Cette structure a depuis été réinterprétée et représenterait plutôt un d’une paire de filaments frontaux, c’est-à-dire de courtes structures non segmentées remplissant une fonction sensorielle (Izquierdo-López et Caron, 2022). De même, on a d’abord cru que l’éventail caudal de Nereocaris exilis était constitué de six paires de rameaux caudaux latéraux (appelés processus du telson) et d’un processus du telson médian. Cette structure a depuis été réinterprétée et représenterait plutôt deux paires de rameaux caudaux tripartites portés par le segment terminal (« te » dans Izquierdo-López et Caron, 2022). La description de N. briggsi a été corrigée dans le même sens (Izquierdo-López et Caron, 2022). La découverte des Nereocaris et les analyses phylogénétiques qui ont suivi cette publication ont constitué la base d’une interprétation des hyménocarines comme euarthropodes ancestraux (Legg et al., 2013 ; Fu et al., 2022) (ou «  euarthropodes de la branche supérieure » selon Ortega-Hernández, 2014). Néanmoins, la découverte de mandibules chez plusieurs hyménocarines (Aria et Caron, 2017 ; Vannier et al., 2018 ; Zhai et al., 2019) a conduit au placement de ce groupe à l’intérieur des mandibulés, bien qu’en raison d’informations toujours manquantes sur la nature de leurs appendices céphaliques certaines incertitudes demeurent quant à l’affinité de Nereocaris et d’autres odaraiides.

Description

Morphologie :

La carapace des Nereocaris a la forme d’un dôme comprimé latéralement et qui s’élargit graduellement vers la partie postérieure de l’animal. Elle est ornée sur toute sa longueur d’une crête dorsale qui se prolonge postérieurement en un petit processus (quille). La carapace est tronquée antérieurement, et chaque valve s’étend vers la face ventrale de l’animal, se terminant par un crochet antérieur. Les valves de la carapace dépassent la longueur des pattes ; chez N. briggsi, elles se prolongent vers la face ventrale, à l’exemple de ce qu’on observe chez Odaraia alata. La tête porte une paire d’yeux montés sur de courts pédoncules et une paire d’appendices fins et petits, non segmentés (filaments frontaux). Il ne semble pas y avoir d’antennes ni d’autres structures céphaliques spécialisées sur les spécimens connus. Le corps des Nereocaris est fortement multisegmenté, comptant plus de 90 segments chez N. exilis. Le tronc est subdivisé en une région thoracique portant les membres et en un long abdomen apode. Les membres sont courts, subdivisés en deux branches (biramés) : une branche locomotrice (endopode) et une branche respiro-natatoire (exopode). Selon ce qu’on observe chez N. briggsi, les branches locomotrices sont probablement subdivisées en 14 segments similaires (podomères). La morphologie et la taille exactes des exopodes sont incertaines. Le segment terminal est nettement plus grand que les segments précédents et se prolonge en un processus émoussé vers la face postérieure de l’animal (le « mtp » de Legg et Caron, 2014). Ce dernier segment porte une paire de rames caudales, chacune partiellement subdivisée en trois segments plus petits (tripartite). Chaque segment porte une épine sur le bord extérieur.

Abondance :

Nereocaris exilis est rare. On n’en connaît que trois spécimens provenant tous du même endroit. Nereocaris briggsi est très abondant à l’endroit où il a été découvert, avec plus de 190 spécimens connus.

Taille maximum :
Environ 14,2 cm (N. exilis).

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Les appendices de Nereocaris exilis ne dépassent pas la marge ventrale de la carapace, ce qui indique qu’ils n’étaient pas utilisés pour se déplacer sur le fond marin. En revanche, ceux de Nereocaris briggsi sont légèrement plus longs que la carapace, bien qu’ils soient aussi jugés mal adaptés pour la marche sur le benthos (Legg et Caron, 2014). Pour cette raison, dans leur nouvelle interprétation, les Nereocaris sont considérés comme des espèce nectoniques utilisant leur long abdomen comme moyen de propulsion (Legg et al., 2012 ; Perrier et al., 2015). N. exilis aurait pu être un animal filtreur si on en juge par l’absence de tout membre préhensile ou prédateur, mais cette possibilité a été mise en doute en raison de l’absence d’endites ou de soies sur les membres (Legg et al., 2012), structures largement répandues chez les crustacés filtreurs actuels (Riisgård et Larsen, 2010). L’existence chez N. briggsi d’un intestin droit, simple tube rempli de sédiments, pourrait laisser deviner un mode d’alimentation suspensivore ou détritivore, c’est-à-dire la consommation de boues contenant de la matière organique (Legg et Caron, 2014). On a également émis l’hypothèse que plusieurs odaraiides (Izquierdo-López et Caron, 2022), notamment Fibulacaris (Izquierdo-López et Caron, 2019), auraient pu nager sur le dos, facilitant ainsi la capture de particules dans la carapace.

Références

  • ARIA, C. and CARON, J. B. 2017. Burgess Shale fossils illustrate the origin of the mandibulate body plan. Nature, 545: 89–92.
  • FU, D., LEGG, D. A., DALEY, A. C., BUDD, G. E., WU, Y. and ZHANG, X. 2022. The evolution of biramous appendages revealed by a carapace-bearing Cambrian arthropod. Philosophical Transactions of the Royal Society of London B, 377.
  • IZQUIERDO-LÓPEZ, A. and CARON, J. B. 2019. A possible case of inverted lifestyle in a new bivalved arthropod from the Burgess Shale. Royal Society Open Science, 6: 191350.
  • IZQUIERDO-LÓPEZ, A. and CARON, J.-B. 2022. Extreme multisegmentation in a giant bivalved arthropod from the Cambrian Burgess Shale. IScience, 25, 104675.
  • LEGG, D., SUTTON, M. D. and EDGECOMBE, G. D. 2013. Arthropod fossil data increase congruence of morphological and molecular phylogenies. Nature Communications, 4: 1–7.
  • LEGG, D. A. and CARON, J. B. 2014. New Middle Cambrian bivalved arthropods from the Burgess Shale (British Columbia, Canada). Palaeontology, 57: 691–711.
  • LEGG, D. A., SUTTON, M. D., EDGECOMBE, G. D. and CARON, J. B. 2012. Cambrian bivalved arthropod reveals origin of arthrodization. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 279: 4699–4704.
  • ORTEGA-HERNÁNDEZ, J. 2014. Making sense of ‘lower’ and ‘upper’ stem-group Euarthropoda, with comments on the strict use of the name Arthropoda von Siebold, 1848. Biological Reviews, 91: 255–273.
  • PERRIER, V., WILLIAMS, M. and SIVETER, D. J. 2015. The fossil record and palaeoenvironmental significance of marine arthropod zooplankton. Earth-Science Reviews, 146: 146–162.
  • RIISGÅRD, H. U. and LARSEN, P. S. 2010. Particle capture mechanisms in suspension-feeding invertebrates. Marine Ecology Progress Series, 418: 255–293.
  • VANNIER, J., ARIA, C., TAYLOR, R. S. and CARON, J. B. 2018. Waptia fieldensis Walcott, a mandibulate arthropod from the middle Cambrian Burgess Shale. Royal Society Open Science, 5:172206.
  • ZHAI, D., ORTEGA-HERNÁNDEZ, J., WOLFE, J. M., HOU, X.-G., CAO, C. and LIU, Y. 2019. Three-dimensionally preserved appendages in an early Cambrian stem-group pancrustacean. Current Biology, 29: 171–177.
Autres liens :

Gyaltsenglossus senis

Gyaltsenglossus senis, holotype, ROMIP 65606.1

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Aucune
Nom d’espèce: Gyaltsenglossus senis
Remarques:

Gyaltsenglossus est actuellement considéré comme un groupe souche des hémichordés. Il présente une combinaison de caractéristiques propres aux deux groupes d’hémichordés modernes : le long rostre et le corps vermiforme des entéropneustes, et la couronne de tentacules préhensilesdes ptérobranches.

Nom du descripteur: Nanglu et al., 2020
Date de la description : 2020
Étymologie :

Gyaltsen (prononcer « GEN-zay ») en hommage au père de l’auteur principal, et glossus, du grec glossa, « langue », suffixe générique commun des hemichordés

Senis du latin senex, « vieux »

Spécimens types : Holotype ROMIP 65606.1
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années)
Sites principaux :

Mont Odaray, parc national Yoho

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Gyaltsenglossus a été décrit en 2020 sur la base de 33 spécimens, tous recueillis sur le mont Odaray. Seul l’holotype présente toutes les caractéristiques anatomiques majeures.

Description

Morphologie :

Gyaltsenglossus est un ver d’environ 2 cm de longueur. L’extrémité antérieure présente un rostre musculeux allongé et ovoïde derrière lequel se trouvent six bras portant environ 15 paires de tentacules. Ces bras étaient environ 1,5 fois plus longs que le rostre. Les tentacules donnent aux bras un aspect général duveteux ou foliacé. Derrière les bras préhensiles, un tronc à peu près cylindrique s’amincit vers l’extrémité postérieure de l’animal. Du côté dorsal du tronc, directement derrière les tentacules, une zone surélevée conduit à un ensemble d’appendices fins et filiformes. En arrière du tronc se trouve une structure bulbeuse présentant les traces foncées caractéristiques de la présence de tissus interne. Cette structure pourrait représenter un épaississement des tissus. Chez certains spécimens, un tube digestif se terminant en avant de la structure bulbeuse postérieure est visible.

Abondance :

33 spécimens décrits

Taille maximum :
Environ 2 cm

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

La morphologie de Gyaltsenglossus donne à penser qu’il avait une écologie alimentaire double. Son long rostre pouvait lui permettre de se nourrir directement de la boue des fonds marins sur lesquels il aurait vécu, à l’exemple des entéropneustes actuels. Les tentacules préhensiles auraient également pu servir à filtrer les particules alimentaires en suspension dans l’eau, comme le font les ptérobranches. L’appendice postérieur bulbeux aurait pu lui servir à s’arrimer au plancher marin, en particulier lorsqu’il se nourrissait de petites particules en suspension.

Références

  • NANGLU, K., J.-B. CARON, AND C. B. CAMERON. 2020. Cambrian tentaculate worms and the origin of the hemichordate body plan. Current Biology. 30 (21): 4238-4244
Autres liens :

Collinsovermis monstruosus

Collinsovermis monstruosus, holotype ROMIP 52703

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Ordre : Luolishaniida, Famille : Collinsovermidae
Nom d’espèce: Collinsovermis monstruosus
Remarques:

Collinsovermis fait partie d’une variété de taxons lobopodiens du Cambrien qui représentent les membres ancestraux de la lignée ayant donné naissance aux arthropodes, et dont les seuls survivants modernes sont les onychophores et les tardigrades. Les lobopodiens se caractérisent par un corps anneléet doté de membres mous appelés lobopodes. Collinsovermis est bardé d’une armure et membre de l’ordre des Luolishaniida, s’apparentant en particulier aux genres Collinsium et Luolishania de Chine, ou à Acinocricus de l’Utah avec lesquels il forme la famille des Collinsovermidae. Les Luolishaniidés se caractérisent par leurs fines épines appendiculaires disposées en chevrons et par la différenciation de leur corps en régions fonctionnelles, adaptées à l’alimentation de type suspensivore (Caron et Aria, 2017, 2020).

Nom du descripteur: Caron et Aria
Date de la description : 2020
Étymologie :

Collinsovermis – de Collins, en hommage à son découvreur, Desmond Collins, et vermis, mot latin signifiant « ver ».

monstruosus – du latin, en référence au surnom « monstre de Collins » proposé par Delle Cave et Simonetta (1991).

Spécimens types : Holotype – ROMIP 52703, paratypes – ROMIP 52704 et 52705 conservés au Musée Royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess : aucune
Autres dépôts : aucune

 

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, zone à Bathyuriscus-Elrathina de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Collecté lors d’une expédition du Musée Royal de l’Ontario au Mont Stephen en 1983, Collinsovermis fut présenté pour la première fois, sans nom ni description, dans le magazine Rotunda (ancêtre du magazine du Musée Royal de l’Ontario), une revue sans comité de lecture, sous la forme d’une seule image médiocre de l’holotype accompagnée de la légende (en anglais) : « Qu’est-ce ? Un nouvel animal épineux (4 cm) aux pattes velues dont le plan anatomique n’a jamais été observé auparavant ». En 1991, les paléontologues italiens Delle Cave et Simonetta proposèrent une brève description du taxon et une reconstitution basées uniquement sur la photographie fournie par Collins dans Rotunda, le surnommant « monstre de Collins ». Malgré l’absence de nom et de documentation adéquate, le monstre de Collins a figuré à plusieurs reprises dans des études abordant l’évolution et la phylogénie des lobopodiens (par exemple, Ramsköld et Chen 1998 ; Budd, 2001; Ou et al., 2011 ; Caron et Aria, 2017). Ce n’est qu’en 2020 que l’animal fut formellement nommé Collinsovermis monstruosus, en l’honneur de Desmond Collins, et entièrement décrit sur la base de l’ensemble du matériel disponible (Caron et Aria, 2020).

Description

Morphologie :

Collinsovermis a une apparence dodue, avec un corps annelé, divisé en régions antérieure et postérieure. Le dos est entièrement couvert d’épines bien développées – trois paires courtes couvrent les trois premiers somites (« segments du corps ») derrière la tête, tandis que des triades d’épines longues couvrent les 10 somites restants. La portion antérieure porte 6 paires de lobopodes allongés à épines fines disposées en chevrons, et une petite tête protubérante portant une paire de filaments sensoriels ainsi qu’une petite plaque dorsale et une bouche frontale. La portion postérieure porte du côté ventral 8 paires de lobopodes annelés robustes se terminant par des pinces fortes et simples.

Abondance :

Comme les autres lobopodiens, Collinsovermis est excessivement rare. Il n’en existe que 3 spécimens connus, tous de la carrière Collins du mont Stephen (Fletcher et Collins, 2003). Ils sont conservés au Département d’histoire naturelle du Musée Royal de l’Ontario.

Taille maximum :
32 mm.

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Collinsovermis est un exemple emblématique d’adaptation au mode d’alimentation suspensivore chez les lobopodiens, en association à des structures défensives fortement développées. Comme les autres membres de l’ordre des Luolishaniida, et ceux de la famille éponyme, cet animal utilisait ses solides membres postérieurs pour s’ancrer (probablement sur des éponges) et ses minces membres antérieurs épineux pour filtrer les particules organiques ou le plancton. Ses longues épines dorsales servaient très certainement à la dissuasion.

Références

  • BUDD, G. E. 2001. Tardigrades as ‘stem-group arthropods’: The evidence from the Cambrian fauna. Zoologischer Anzeiger, 240, 265–279.
  • CARON, J. and ARIA, C. 2020. The Collins’ monster, a spinous suspension‐feeding lobopodian from the Cambrian Burgess Shale of British Columbia. Palaeontology, 63, 979–994.
  • CARON, J.-B. and ARIA, C. 2017. Cambrian suspension-feeding lobopodians and the early radiation of panarthropods. BMC Evolutionary Biology, 17, 29.
  • DELLE CAVE, L. and SIMONETTA, A. M. 1991. Early Palaeozoic arthropods and problems of arthropod phylogeny; with some notes on taxa of doubtful affinities. In S, S. A. M. C. M. (ed.) The Early Evolution of Metazoa and the Significance of Problematic Taxa. Proceedings of an International Symposium Held at the University of Camerino 27-31 March 1989, Cambridge University Press, 189–244 pp.
  • FLETCHER, T. P. and COLLINS, D. 2003. The Burgess Shale and associated Cambrian formations west of the Fossil Gully Fault Zone on Mount Stephen, British Columbia. Canadian Journal of Earth Sciences, 40, 1823–1838.
  • OU, Q., LIU, J., SHU, D., HAN, J., ZHANG, Z., WAN, X. and LEI, Q. 2011. A rare onychophoran-like lobopodian from the lower Cambrian Chengjiang Lagerstätte. Journal of Paleontology, 85, 587–594.
  • RAMSKÖLD, L. and CHEN, J. Y. 1998. Cambrian lobopodians: morphology and phylogeny. In EDGECOMBE, G. D. (ed.) Arthropod Fossils and Phylogeny, Columbia University Press, New York, 107–150 pp.
Autres liens :

Nisusia burgessensis

Reconstitution 3D de Nisusia burgessensis avec d’autres brachiopodes (Acrothyra gregaria, Diraphora bellicostata, Micromitra burgessensis, et Paterina zenobia).

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Kutorginata (Ordre : Kutorginida)
Nom d’espèce: Nisusia burgessensis
Remarques:

Nisusia appartient à la famille des Nisusiidae.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1889
Étymologie :

Nisusia – du latin nisus, « effort ».

burgessensis – d’après le mont Burgess (2 599 m), pic dans le parc national du Canada Yoho. Le mont Burgess a été nommé en 1886 par Otto Klotz, arpenteur topographe du Dominion, en l’honneur d’Alexander Burgess, ancien sous ministre de l’Intérieur.

Spécimens types : Syntypes – USNM 69690-69697 conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : Nisusia alberta des couches à trilobites du mont Stephen (Walcott, 1905, 1908). Les brachiopodes des schistes de Burgess, en particulier ceux des couches à trilobites du mont Stephen, devraient être réexaminés (voir Bref historique des recherches).

Autres dépôts : plusieurs autres espèces sont connues dans le Cambrien inférieur moyen de l’Amérique du Nord, du Groenland, de la Russie, de la Chine et de l’Australie.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Nisusia burgessensis a été décrit en tant qu’Orthisina alberta (Walcott, 1889) avant d’être renommé Nisusia alberta (Walcott, 1905). Des spécimens de la carrière Walcott (Walcott, 1912) ont été décrits comme des représentants de l’espèce Nisusia burgessensis (Walcott, 1924), combinaison encore utilisée de nos jours. L’espèce, qui n’a pas été étudiée depuis 1924, a besoin d’une révision.

Description

Morphologie :

L’espèce est couverte de fines lignes décoratives (costae) rayonnantes et de stries d’accroissement concentriques. À l’origine, la coquille était minéralisée. Elle est environ 1,5 fois plus large que longue. Ses deux valves sont convexes, mais la convexité de la coquille ventrale est plus prononcée. À l’instar de Diraphora, forme comparable représentée dans les schistes de Burgess, ses coquilles auraient été articulées avec de petites dents courtes. Un spécimen présente des soies (setae) très fines à la marge de la coquille, sur le devant. Elles auraient été fixées à la bordure du manteau le long des valves dorsale et ventrale, comme chez Micromitra.

Abondance :

Nisusia burgessensis est relativement commun dans la carrière Walcott, mais il ne représente qu’une petite fraction (inférieure à 0,3 %) de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
23 mm

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Nisusia était probablement doté d’un petit pédoncule épais, qui s’attachait au substratum ou à d’autres organismes, tels que l’éponge Pirania, et lui permettait de s’élever au-dessus de l’interface sédiment eau. Le Brachiopode aurait ainsi été protégé de la boue floculée et mouvante qui aurait pu encrasser le lophophore – un appareil filtreur situé entre les coquilles. Les soies (setae) auraient contribué à empêcher l’entrée de particules de boue.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

WALCOTT, C. 1889. Description of new genera and species of fossils from the Middle Cambrian. United States National Museum, Proceedings for 1888: 441-446.

WALCOTT, C. 1905. Cambrian brachiopods with descriptions of new genera and species. United States National Museum, Proceedings for 1905: 227-337.

WALCOTT, C. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. D. 1912. Cambrian Brachiopoda. United States Geological Survey, Monograph, 51: part I, 812 p; part II, 363 p.

WALCOTT, C. D. 1924. Cambrian and Ozarkian Brachiopoda. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Publications, 67: 477-554.

Autres liens :

Aucun

Pirania muricata

Reconstitution 3D de Pirania muricata avec d’autres éponges (Choia ridleyi, Diagoniella cyathiformis, Eiffelia globosa, Hazelia conferta, Vauxia bellula, et Wapkia elongata) et Chancelloria eros, un animal couvert d’épines disposées en étoile qui ressemble à une éponge.

RECONSTITUTION 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Démosponges (Ordre : Monaxonides)
Nom d’espèce: Pirania muricata
Remarques:

Pirania est considéré comme un démosponge primitif (Rigby, 1986). Les démosponges, qui comprennent les éponges de toilette, forment aujourd’hui classe d’éponges la plus importante.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1920
Étymologie :

Pirania – d’après le mont Saint-Piran (2 649 m), dans la vallée de la rivière Bow, parc national du Canada Banff, en Alberta, nommé par Samuel Allen en 1894 en l’honneur du saint patron de Cornouailles.

muricata – du latin muricatus, « hérissé de pointes », en référence aux gros spicules pointus qui hérissent la paroi de l’éponge.

Spécimens types : Lectotype – USNM 66495 (désigné à tort par le numéro 66496 dans Rigby, 1986) conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune

Autres dépôts : Pirania auraeum Botting, 2007 de l’Ordovicien inférieur du Maroc (Botting, 2007); Pirania llanfawrensis Botting, 2004 de l’Ordovicien supérieur d’Angleterre (Botting, 2004).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles; couches à trilobites et couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen; plusieurs sites moins importants sur les monts Field, Stephen et Odaray.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Pirania a été décrit pour la première fois par Walcott (1920). Rigby (1986) en a fait une nouvelle description et conclu que le squelette est constitué de canaux répartis selon une configuration hexagonale, de gros spicules pointus et de touffes de petits spicules. Rigby et Collins ont également examiné cette éponge à partir de nouveaux fossiles récoltés par le Musée royal de l’Ontario (2004).

Description

Morphologie :

Pirania est une éponge cylindrique à paroi épaisse qui peut compter jusqu’à quatre branches. Le squelette est constitué de touffes de petits spicules et de longs spicules pointus très distinctifs émergeant de la paroi externe. Celle-ci est percée de longs canaux y assurant le passage de l’eau. Les branches naissent près de la base de l’organisme.

Abondance :

Pirania est commun dans la plupart des sites de Burgess, mais il ne représente que 0,38 % de la faune de la carrière Walcott (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
30 mm

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Pirania vivait fixé au fond marin et filtrait les particules de matière organique en suspension dans l’eau par les canaux de sa paroi. Des brachiopodes Nisusia et Micromitra, diverses autres éponges et même des Chancelloriidés juvéniles ont souvent été trouvés fixés aux longs spicules de Pirania. Cette stratégie permettait probablement à ces organismes d’éviter la forte turbidité présente près du fond.

Références

BOTTING, J. P. 2004. An exceptional Caradoc sponge fauna from the Llanfawr Quarries, Central Wales and phylogenetic implications. Journal of Systematic Paleontology, 2: 31-63.

BOTTING, J. P. 2007. ‘Cambrian’ demosponges in the Ordovician of Morocco: insights into the early evolutionary history of sponges. Geobios, 40: 737-748.

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

RIGBY, J. K. 1986. Sponges of the Burgess shale (Middle Cambrian), British Columbia. Palaeontographica canadiana, 2: 105 p.

RIGBY, J. K. AND D. COLLINS. 2004. Sponges of the Middle Cambrian Burgess Shale and Stephen Formations, British Columbia. Royal Ontario Museum Contributions in Science (1): 155 p.

WALCOTT, C. D. 1920. Middle Cambrian Spongiae. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(6): 261-365.

Autres liens :

Paterina zenobia

Reconstitution 3D de Paterina zenobia avec d’autres brachiopodes (Acrothyra gregaria, Diraphora bellicostata, Micromitra burgessensis, et Nisusia burgessensis).

RECONSTITUTION 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Paterinata (Ordre : Paterinida)
Nom d’espèce: Paterina zenobia
Remarques:

Brachiopode de la famille des Paterinidae.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1912
Étymologie :

Paterina – du latin pater, « père », l’espèce étant considérée comme l’ancêtre des brachiopodes modernes, et du suffixe diminutif ina, « dérivé de ».

zenobia – peut-être du grec Zeon, variante de Zeus.

Spécimens types : Syntype – USNM 58311; plésiotypesUSNM 56907, 51483 et 69631-69637 conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune à ce jour. Les brachiopodes des schistes de Burgess, en particulier ceux des couches à trilobites du mont Stephen, devraient être réexaminés (voir Bref historique des recherches).

Autres dépôts : plusieurs espèces du Cambrien inférieur à moyen sont connues dans le monde.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zones à Glossopleura et Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles et couches à trilobites du mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

À l’origine, Walcott a associé les spécimens recueillis dans les schistes de Burgess et sur le mont Stephen à Micromitra zenobia (Walcott, 1912) et à une sous-espèce de Paterina stissingensis appelée Paterina stissingensis ora (Walcott, 1912). Les deux taxons ont été redécrits par Resser (1938) en tant que Paterina zenobia, nom encore utilisé actuellement. Cependant, des similarités étroites entre espèces des deux genres susmentionnés ont compliqué la définition des caractéristiques propres à chaque genre et ont entraîné des erreurs d’identification touchant de nombreux spécimens.

Description

Morphologie :

Paterina est le genre type de la classe Paterinata, l’une des plus anciennes et des plus primitives de l’embranchement. À la différence de nombreux brachiopodes modernes, sa ligne cardinale est droite et s’étend sur presque toute la largeur de la coquille. La coquille, modérément biconvexe, ne présente pas de marques de phases distinctes de développement et devait s’accroître de manière continue. Les stries d’accroissement extérieures sont épaisses et régulières. Certains spécimens adultes présentent à l’apex des crêtes rayonnantes à peine visibles. Aucune partie molle conservée n’a été observée; à l’origine, la coquille était minéralisée.

Abondance :

L’espèce est rare dans la carrière Walcott et représente une très petite fraction (inférieure à 0,05 %) de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
11 mm

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Paterina s’attachait probablement au substratum à l’aide d’un très court pédoncule. Les particules alimentaires de l’eau aurait été extraites par le lophophore – un appareil filtreur situé entre les coquilles.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

RESSER, C. E. 1938. Fourth contribution to nomenclature of Cambrian Fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 97: 1-43.

WALCOTT, C. D. 1912. Cambrian Brachiopoda. United States Geological Survey, Monograph, 51: part I, 812 p; part II, 363 p.

Autres liens :

Aucun

Micromitra burgessensis

Reconstitution 3D de Micromitra burgessensis avec d’autres brachiopodes (Acrothyra gregaria, Diraphora bellicostata, Nisusia burgessensis, et Paterina zenobia).

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Paterinata (Ordre : Paterinida)
Nom d’espèce: Micromitra burgessensis
Remarques:

Micromitra appartient à la famille des Paterinidae.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1908
Étymologie :

Micromitra – du grec mikros, « petit », et mitra, « turban ».

burgessensis – d’après le mont Burgess (2 599 m), pic dans le parc national du Canada Yoho. Le mont Burgess a été nommé en 1886 par Otto Klotz, arpenteur topographe du Dominion, en l’honneur d’Alexander Burgess, ancien sous ministre de l’Intérieur.

Spécimens types : Holotype – USNM 69646 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune à ce jour. Les brachiopodes des schistes de Burgess, en particulier ceux des couches à trilobites du mont Stephen, devraient être réexaminés (voir Bref historique des recherches).

Autres dépôts : de nombreuses espèces. toutes de l’époque cambrienne ont été reconnues dans le monde.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles. D’autres sites sont répertoriés sur les monts Field et Stephen et près du glacier Stanley.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Initialement identifiée sous le nom de Micromitra (Iphidella) pannula par Walcott en 1908, d’après les spécimens des couches à trilobites du mont Stephen (voir aussi Walcott, 1912), l’espèce a été redécrite en tant que nouvelle espèce par Resser en 1938. Basée sur une seule valve, et non illustrée, la description de Resser ne distingue pas Micromitra burgessensis des autres espèces du genre. La validité de l’espèce est par conséquent douteuse et exige une nouvelle évaluation.

Description

Morphologie :

Micromitra burgessensis est le plus paré des brachiopodes des schistes de Burgess. À l’origine, la coquille était minéralisée. Les stries d’accroissement sont prononcées et de fines lignes surélevées rayonnent sur toute la coquille à partir de la charnière. Les intersections entre les différentes lignes créent de petits losanges sur le dessus de la coquille. Les valves sont subcirculaires et la charnière, presque droite. Les soies (setæ) longues et minces, qui s’étendent loin au delà des marges de la coquille, sont probablement les caractéristiques conservées les plus frappantes de l’animal. Elles auraient été attachées à la bordure du manteau le long des valves dorsale et ventrale.

Abondance :

Micromitra burgessensis est relativement commun dans la carrière Walcott, mais il ne représente qu’une petite fraction (inférieure à 0,3 %) de la faune (Caron et Jackson, 2008). Il est également présent dans la carrière Raymond sur la crête aux Fossiles.

Taille maximum :
10 mm

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Beaucoup de spécimens de Micromitra burgessensis ont été fossilisés attachés aux spicules de l’éponge Pirania, ce qui suggère un mode de vie benthique. Soutenu au-dessus de l’interface sédiment eau, le brachiopode était probablement protégé de la boue floculée et mouvante qui aurait pu encrasser son appareil filtreur, le lophophore, situé entre les coquilles. Les soies auraient également aidé à empêcher l’entrée de particules de boue.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

RESSER, C. E. 1938. Fourth contribution to nomenclature of Cambrian Fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 97: 1-43.

WALCOTT, C. 1908. Mount Stephen rocks and fossils. Canadian Alpine Journal, 1: 232-248.

WALCOTT, C. D. 1912. Cambrian Brachiopoda. United States Geological Survey, Monograph, 51: part I, 812 p; part II, 363 p.

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Aucun

Mackenzia costalis

Reconstitution 3D de Mackenzia costalis.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Anthozoaires ? (Ordre : actiniaires (?), groupe souche des cnidaires)
Nom d’espèce: Mackenzia costalis
Remarques:

Mackenzia est présumé faire partie des cnidaires (groupe comprenant les coraux et les méduses modernes) et présente une grande ressemblance avec les anémones de mer modernes (Conway Morris, 1993).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Mackenzia – d’après le mont Mackenzie (2 461 m), situé près de Revelstoke, dans le sud-ouest des schistes de Burgess. Ce sommet a été nommé en l’honneur d’Alexander Mackenzie (1822-1892), deuxième premier ministre du Canada.

costalis – du latin costalis, « relatif aux côtes », en référence aux lignes qui sillonnent l’animal dans le sens de la longueur.

Spécimens types : Lectotype – USNM 57556 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrières Walcott et Raymond sur la crête aux Fossiles; couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Mackenzia a d’abord été décrit comme un membre des holothuries, groupe d’échinodermes communément appelés concombres de mer (Walcott, 1911). L’étude de nouveaux fossiles récoltés par la Commission géologique du Canada et le réexamen des spécimens de Walcott par Conway Morris (1989, 1993) ont mené à la reclassification de l’animal parmi les cnidaires.

Description

Morphologie :

Mackenzia est un gros animal sacciforme d’une hauteur maximale de 16 cm qui utilisait le disque ou le crampon situé au bout de son court pédoncule pour s’ancrer aux substrats durs, probablement en position verticale. Le corps est parcouru de 8 à 10 crêtes longitudinales. Mis à part le fait qu’il possédait une grande cavité abdominale et semblait présenter une partition interne, on sait très peu de choses sur l’anatomie de cet animal. Il n’y a pas de tentacules, et la bouche se trouvait probablement à l’extrémité opposée au pédoncule.

Abondance :

Mackenzia est très rare; il ne représente que 0,03 % de la faune de la carrière Walcott (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
200 mm

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Mackenzia vivait probablement sur le fond marin, fixé sur des restes animaux, telles des coquilles de brachiopodes. Son mode d’alimentation est incertain.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. 1989. Burgess Shale faunas and the Cambrian explosion. Science, 246: 339-346.

CONWAY MORRIS, S. 1993. Ediacaran-like fossils in Cambrian Burgess Shale-type faunas of North America. Palaeontology, 36(3): 593-635.

WALCOTT, C. D. 1911. Middle Cambrian holothurians and medusae. Cambrian Geology and Paleontology II. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(3): 41-68.

Autres liens :

Aucun

Vauxia gracilenta

Reconstitution 3D de Vauxia bellula avec d’autres éponges (Choia ridleyi, Diagoniella cyathiformis, Eiffelia globosa, Hazelia conferta, Pirania muricata, et Wapkia elongata) et Chancelloria eros, un animal couvert d’épines disposées en étoile qui ressemble à une éponge.

RECONSTITUTION 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Démosponges (Ordre : Verongida)
Nom d’espèce: Vauxia gracilenta
Remarques:

Dans sa description initiale publiée en 1920, Walcott a classé Vauxia parmi les éponges hexactinellides, mais Rigby (1980) a transféré le genre et la famille dans les démosponges. Les démosponges, qui comprennent les éponges de toilette, forment aujourd’hui la classe d’éponges la plus importante.

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1920
Étymologie :

Vauxia – d’après le mont Vaux (3 319 m), sommet situé dans le parc national du Canada Yoho, Colombie-Britannique, nommé en l’honneur de William Sandys Wright Vaux (1818-1885), spécialiste des antiquités au British Museum.

gracilenta – du latin gracilis, « fin », en référence à la structure délicate de l’éponge.

Spécimens types : Lectotypes – USNM 66515 (V. gracilenta),USNM 66508 (V. bellula),USNM 66517 (V. densa),USNM 66520 (V. venata) conservés au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Holotype – ROM 53572 (V. irregulara) conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : V. bellula Walcott, 1920; V. densa Walcott, 1920; V. irregulara Rigby et Collins, 2004; V. venata Walcott, 1920.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Schistes de Burgess et environs : Des spécimens de plusieurs espèces du genre Vauxia sont connus dans les carrières Walcott, Raymond et Collins sur la crête aux Fossiles, les couches à trilobites, les couches à tulipes (S7) et la carrière Collins sur le mont Stephen, ainsi que dans des sites moins importants sur les monts Field et Odaray. Vauxia est également connu sur le mont Monarch dans le parc national du Canada Kootenay.

Autres dépôts : V. bellula Walcott, 1920, des formations de Wheeler et de Marjum du Cambrien moyen dans l’Utah (Rigby et al., 2010); V. magna Rigby, 1980, des schistes de Spence du Cambrien moyen dans l’Utah (Rigby, 1980).

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Cette éponge a été décrite pour la première fois par Walcott en 1920. Rigby (1980) a révisé le genre, et Rigby (1986) et Rigby et Collins (2004) ont redécrit l’espèce dans le cadre de leur examen des éponges des schistes de Burgess.

Description

Morphologie :

Vauxia gracilenta comprend des formes simples non ramifiées et des formes ramifiées plus complexes pouvant atteindre 8 cm de hauteur. Chaque branche, quasi cylindrique et formant un cône très accentué, comporte une cavité centrale simple (spongocoele) à ouverture (oscule) concave ou plate. Le squelette se compose d’une couche externe mince (derme) et d’une couche interne (endosome). Le derme est percé de petites ouvertures appelées ostiums (ou pores de sortie) et constitué d’un réseau dense de fibres entrecroisées supportées par les fibres radiales de l’endosome. Ce dernier forme un réseau de fibres à polygones de 4 ou 6 faces caractéristique du genre et de l’espèce. Les éléments fibreux (spongine) sont constitués de collagène, une protéine résistante. Le squelette ne portait pas de spicules siliceux.

Les différentes espèces sont distinguées principalement d’après les variations des éléments du squelette et de la forme des branches. Certaines espèces (V. bellula et V. densa) peuvent atteindre au moins 15 cm de hauteur.

Abondance :

Vauxia est relativement commun dans la carrière Raymond et ailleurs sur le mont Stephen, mais rare dans la carrière Walcott, où il représente moins de 0,05 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
80 mm

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Vauxia était ancré au fond marin. Les particules de matière organique étaient extraites de l’eau lors de leur passage dans les canaux de sa paroi.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

RIGBY, J. K. 1980. The new Middle Cambrian sponge Vauxia magna from the Spence Shale of Northern Utah and taxonomic position of the Vauxiidae. Journal of Paleontology, 54(1): 234-240.

RIGBY, J. K. 1986. Sponges of the Burgess Shale (Middle Cambrian), British Columbia. Palaeontographica Canadiana, 2: 1-105 p.

RIGBY, J. K. AND D. COLLINS. 2004. Sponges of the Middle Cambrian Burgess Shale and Stephen Formations, British Columbia. Royal Ontario Museum Contributions in Science (1): 155 p.

RIGBY, J. K., S. B. CHURCH AND N. K. ANDERSON. 2010. Middle Cambrian Sponges from the Drum Mountains and House Range in Western Utah. Journal of Paleontology, 84: 66-78.

WALCOTT, C. D. 1920. Middle Cambrian Spongiae. Cambrian Geology and Paleontology IV. Smithsonian Miscellaneous Collections, 67(6): 261-365.

Autres liens :

Aucun

Oesia disjuncta

Oesia disjuncta (USNM 57630) – Lectotype, (empreinte et contre-empreinte). Spécimen complet. Longueur du spécimen = 85 mm. Spécimen humide, lumière directe (images du haut) et lumière polarisée (images du bas). Carrière Walcott.

© SMITHSONIAN INSTITUTION – MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Les filtreurs
Embranchement: Les filtreurs
Classe: Enteropneusta
Nom d’espèce: Oesia disjuncta
Affinité:

Oesia est considéré comme un groupe souche des entéropneustes. Il possède un corps tripartite – rostre, collier et tronc – caractéristique du groupe (Nanglu et al., 2016 ; Nanglu et al., 2020).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1911
Étymologie :

Oesia – d’après le lac Oesa, petit plan d’eau situé à quelques kilomètres au sud-est des schistes de Burgess.

disjuncta – du préfixe de négation latin dis et de junctus, « joint », probablement en référence à l’aspect de l’espèce.

Spécimens types : Lectotype – USNM 57630 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.
Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, formation des schistes de Burgess (ca. 505 millions d’années).
Sites principaux :

Marble Canyon (Kootenay National Park) et carrière Walcott, Colombie-Britannique.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott (1911) a décrit l’espèce comme un ver polychète, mais cette vision a été contestée par Lohman (1920), partisan d’une affinité avec les tuniciers (chordés). Conway Morris (1979) a rejeté ces deux interprétations, et l’animal a par la suite été jugé problématique et sans affinité connue (Briggs et Conway Morris, 1986). Szaniawski suggéra en 2005 une affinité avec les chétognathes, mais cette idée fut contestée par Conway Morris en 2009. Nanglu et ses collaborateurs ont proposé en 2016 une redescription officielle d’Oesia en tant qu’entéropneuste (hemichordé).

Description

Morphologie :

Oesia varie en longueur de 2,4 à 120 mm, pour une longueur moyenne de 53 mm. La région la plus antérieure est un rostre ovale ou en forme de gland, qui explique le nom commun anglais d’acorn worms (« vers glands ») donné aux entéropneustes. Le rostre est souvent conservé avec une plus grande densité de carbone que les tissus environnants, ce qui donne à penser qu’il était très musclé, comme le rostre des entéropneustes actuels. Le rostre est suivi d’une courte région cylindrique appelée collier où se trouve la bouche. Suit une longue section cylindrique appelée tronc, de largeur à peu près uniforme. Contrairement à ce qu’on observe chez les entéropneustes actuels ou chez  Spartobranchus, le tronc d’Oesia n’était pas divisé en un pharynx et en un tronc postérieur. Les barres branchiales de collagène qui définissent le pharynx se poursuivent ici sur toute la longueur, ce qui donne à Oesia une apparence relativement rigide. On observe à l’extrémité postérieure une structure d’ancrage de forme bilobée qui a elle aussi conservé une forte teneur en carbone et qui, du fait de sa forme, suggère une possible action de préhension. Oesia est souvent trouvé à l’intérieur d’un autre fossile précédemment décrit comme l’algue Margaretia dorus, mais qui s’est depuis avéré être un tube sécrété par le ver, qui lui servait d’abris et de sans doute de filet de pré-filtration pour son alimentation. Ce tube était généralement deux fois plus large que son hôte et pouvait atteindre une longueur totale de près de 50 cm. Il présentait une série de pores disposés en spirale et pouvait former jusqu’à 5 ou 6 branches (plus couramment deux).

Abondance :

Oesia est relativement rare à la carrière Walcott, mais il est abondant à Marble Canyon, où il représente la troisième espèce en abondance avec 3 373 spécimens (Nanglu et al., 2020).

Taille maximum :
120 mm.

Écologie

Mode de vie : Les filtreurs
Mode d'alimentation : Les filtreurs
Interprétations écologiques :

Oesia était probablement un suspensivore comme le suggère son pharynx allongé équipé de nombreuses barres branchiales. Ces barres branchiales pourraient avoir été recouvertes de petites structures capillaires appelées cils dont les oscillations auraient engendré un flux d’eau vers la bouche et jusque dans le corps. L’excès d’eau était ensuite expulsé par des pores, tandis que la nourriture était acheminée dans le tube digestif. Les grands tubes d’Oesia se seraient dressés verticalement, les pores laissant l’eau entrer et sortir, permettant ainsi à l’animal de se nourrir des particules en suspension et de s’oxygéner.

Références

 

  • BRIGGS, D. E. G. AND S. CONWAY MORRIS. 1986. Problematica from the Middle Cambrian Burgess Shale of British Columbia, p. 167-183. In A. Hoffman and M. H. Nitecki (eds.), Problematic fossil taxa (Oxford Monographs on Geology and Geophysics No. 5). Oxford University Press & Clarendon Press, New York.
  • CONWAY MORRIS, S. 1979. The Burgess Shale (Middle Cambrian) fauna. Annual Review of Ecology and Systematics, 10(1): 327-349.
  • CONWAY MORRIS, S. 2009. The Burgess Shale animal Oesia is not a chaetognath: A reply to Szaniawski (2005). Acta Palaeontologica Polonica, 54(1): 175-179.
  • LOHMANN, H. 1920. Oesia disjuncta Walcott, eine Appendicularie aus dem Kambrium. Mitteilungen aus dem Zoologischen Staatsinstitut und Zoologischen Museum in Hamburg, 38: 69-75.
  • NANGLU, K., CARON, J.-B., CONWAY MORRIS, S.C., AND C. B. CAMERON. 2016. Cambrian suspension-feeding tubicolous hemichordates. BMC Biology 14: 1-9.
  • NANGLU, K., J.-B. CARON, AND C. B. CAMERON. 2020a. Cambrian tentaculate worms and the origin of the hemichordate body plan. Current Biology 30 (21): 4238-4244
  • NANGLU, K., CARON, J.-B. and GAINES, R. R. 2020b. The Burgess Shale paleocommunity with new insights from Marble Canyon, British Columbia. Paleobiology, 46, 58-81.
  • SZANIAWSKI, H. 2005. Cambrian chaetognaths recognized in Burgess Shale fossils. Acta Palaeontologica Polonica, 50(1): 1-8.
  • WALCOTT, C. 1911. Cambrian Geology and Paleontology II. Middle Cambrian annelids. Smithsonian Miscellaneous Collections, 57(5): 109-145.
Autres liens :

Aucun