Les schistes de Burgess

Surusicaris elegans

Surusicaris elegans, holotype ROMIP 62976. Spécimen sec, lumière directe (colonne de gauche) et lumière polarisée (colonne de droite).

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Famille : Isoxyidae
Nom d’espèce: Surusicaris elegans
Remarques:

Surusicaris est un proche parent d’Isoxys, comme l’indique le type de carapace, les yeux et la paire frontale d’appendices préhensiles (Aria et Caron, 2015). La présence d’épines sur la face dorsale de l’appendice frontal est un caractère partagé avec les radiodontes comme Anomalocaris. Les auteurs s’entendent, en s’appuyant sur les données actuelles, pour considérer les isoxydes comme un taxon frère des vrais arthropodes (Edgecombe, 2020 ; Aria, 2022), bien qu’il ne soit pas certain que Surusicaris et Isoxys soient issus d’une seule et même lignée distincte (c’est-à-dire s’ils forment un groupe monophylétique).

Nom du descripteur: Aria et Caron
Date de la description : 2015
Étymologie :

Surusicaris – d’après Surus, « le Syrien », considéré comme le dernier des éléphants de guerre de l’armée d’Hannibal, dont les flancs auraient été protégés par de larges boucliers et qui n’aurait eu qu’une seule défense.

elegans – en référence à l’apparence délicate et dentelée des membres.

Spécimens types : Holotype ROMIP 62977, conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, portion supérieure de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Marble Canyon, parc national Kootenay, Colombie-Britannique. 

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Avec Yawunik kootenayi (Aria, Caron et Gaines, 2015), Surusicaris elegans (Aria et Caron, 2015) est l’un des deux premiers nouveaux arthropodes décrits du site de Marble Canyon des schistes de Burgess. L’étude originale est basée sur un seul spécimen de l’expédition originale de 2012. Aucun autre spécimen n’a été confirmé à ce jour, dans les schistes de Burgess ou ailleurs. Surusicaris est resté un taxon critique pour comprendre la place des isoxydes dans la transition vers le plan anatomique des euarthropodes (Fu et al., 2022; Aria, 2022).

Description

Morphologie :

Surusicaris elegans mesure environ 15 mm de long et est enfermé dans une large carapace composée de deux valves semi-circulaires inermes. Seule l’extrémité postérieure du corps et la queue restent découvertes. La tête est bien définie ; elle porte à l’avant une paire de grands yeux sphériques et un appendice préhensile segmenté, et à l’arrière, sous la carapace, trois paires de membres courts non-articulés semblables à des lobopodes. Les appendices frontaux portent un assortiment complexe d’épines sur les bords ventraux et dorsaux. Les membres du tronc sont clairement bipartites, formant deux branches bien séparées mais de morphologies similaires. Comme chez Isoxys, la segmentation externe du tronc n’est pas clairement visible. À l’intérieur du corps, une trace noire très nette longe l’intestin et se ramifie à l’intérieur d’une branche d’un membre, rappelant des canaux hémolymphatiques (« sanguins ») (Aria et Caron, 2015).

Abondance :

Un seul spécimen découvert dans la carrière de Marble Canyon.

Taille maximum :
15 mm.

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

Les grands yeux latéraux et les appendices frontaux armés de griffes donnent à penser que Surusicaris était un prédateur actif, comme son proche parent Isoxys (Legg et Vannier, 2013). Les appendices du tronc ne présentent pas d’adaptations fonctionnelles claires, mais leur aspect lobé, et leur position sous la carapace, suggèrent que Surusicaris se déplaçait surtout en nageant (Aria et Caron, 2015). Bien que certains auteurs aient suggéré un mode de vie pélagique (Vannier et Chen, 2000), les isoxydes sont couramment découverts dans les assemblages benthiques/nectobenthiques (Caron et Jackson, 2008) et partagent les caractéristiques morphologiques générales des autres arthropodes nectobenthiques du Cambrien.

Références

  • Aria, C. (2022) The origin and early evolution of arthropods. Biological Reviews 97, 1786–1809.
  • Aria, C. & Caron, J.-B. (2015) Cephalic and limb anatomy of a new isoxyid from the Burgess Shale and the role of ‘stem bivalved arthropods’ in the disparity of the frontalmost appendage. PLoS ONE 10, e0124979.
  • Aria, C., Caron, J.-B. & Gaines, R. (2015) A large new leanchoiliid from the Burgess Shale and the influence of inapplicable states on stem arthropod phylogeny. Palaeontology 58, 629–660.
  • Caron, J.B. & Jackson, D.A. (2008) Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology 258, 222–256.
  • Edgecombe, G.D. (2020) Arthropod origins: Integrating paleontological and molecular evidence. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics 51, 1–25.
  • Fu, D., Legg, D.A., Daley, A.C., Budd, G.E., Wu, Y. & Zhang, X. (2022) The evolution of biramous appendages revealed by a carapace-bearing Cambrian arthropod. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences 377, 20210034.
  • Legg, D.A. & Vannier, J. (2013) The affinities of the cosmopolitan arthropod Isoxys and its implications for the origin of arthropods. Lethaia 46, 540–550.
  • Vannier, J. & Chen, J.Y. (2000) The Early Cambrian colonization of pelagic niches exemplified by Isoxys (Arthropoda). Lethaia 33, 295–311.
Autres liens :

Collinsovermis monstruosus

Collinsovermis monstruosus, holotype ROMIP 52703

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Ordre : Luolishaniida, Famille : Collinsovermidae
Nom d’espèce: Collinsovermis monstruosus
Remarques:

Collinsovermis fait partie d’une variété de taxons lobopodiens du Cambrien qui représentent les membres ancestraux de la lignée ayant donné naissance aux arthropodes, et dont les seuls survivants modernes sont les onychophores et les tardigrades. Les lobopodiens se caractérisent par un corps anneléet doté de membres mous appelés lobopodes. Collinsovermis est bardé d’une armure et membre de l’ordre des Luolishaniida, s’apparentant en particulier aux genres Collinsium et Luolishania de Chine, ou à Acinocricus de l’Utah avec lesquels il forme la famille des Collinsovermidae. Les Luolishaniidés se caractérisent par leurs fines épines appendiculaires disposées en chevrons et par la différenciation de leur corps en régions fonctionnelles, adaptées à l’alimentation de type suspensivore (Caron et Aria, 2017, 2020).

Nom du descripteur: Caron et Aria
Date de la description : 2020
Étymologie :

Collinsovermis – de Collins, en hommage à son découvreur, Desmond Collins, et vermis, mot latin signifiant « ver ».

monstruosus – du latin, en référence au surnom « monstre de Collins » proposé par Delle Cave et Simonetta (1991).

Spécimens types : Holotype – ROMIP 52703, paratypes – ROMIP 52704 et 52705 conservés au Musée Royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess : aucune
Autres dépôts : aucune

 

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, zone à Bathyuriscus-Elrathina de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Collecté lors d’une expédition du Musée Royal de l’Ontario au Mont Stephen en 1983, Collinsovermis fut présenté pour la première fois, sans nom ni description, dans le magazine Rotunda (ancêtre du magazine du Musée Royal de l’Ontario), une revue sans comité de lecture, sous la forme d’une seule image médiocre de l’holotype accompagnée de la légende (en anglais) : « Qu’est-ce ? Un nouvel animal épineux (4 cm) aux pattes velues dont le plan anatomique n’a jamais été observé auparavant ». En 1991, les paléontologues italiens Delle Cave et Simonetta proposèrent une brève description du taxon et une reconstitution basées uniquement sur la photographie fournie par Collins dans Rotunda, le surnommant « monstre de Collins ». Malgré l’absence de nom et de documentation adéquate, le monstre de Collins a figuré à plusieurs reprises dans des études abordant l’évolution et la phylogénie des lobopodiens (par exemple, Ramsköld et Chen 1998 ; Budd, 2001; Ou et al., 2011 ; Caron et Aria, 2017). Ce n’est qu’en 2020 que l’animal fut formellement nommé Collinsovermis monstruosus, en l’honneur de Desmond Collins, et entièrement décrit sur la base de l’ensemble du matériel disponible (Caron et Aria, 2020).

Description

Morphologie :

Collinsovermis a une apparence dodue, avec un corps annelé, divisé en régions antérieure et postérieure. Le dos est entièrement couvert d’épines bien développées – trois paires courtes couvrent les trois premiers somites (« segments du corps ») derrière la tête, tandis que des triades d’épines longues couvrent les 10 somites restants. La portion antérieure porte 6 paires de lobopodes allongés à épines fines disposées en chevrons, et une petite tête protubérante portant une paire de filaments sensoriels ainsi qu’une petite plaque dorsale et une bouche frontale. La portion postérieure porte du côté ventral 8 paires de lobopodes annelés robustes se terminant par des pinces fortes et simples.

Abondance :

Comme les autres lobopodiens, Collinsovermis est excessivement rare. Il n’en existe que 3 spécimens connus, tous de la carrière Collins du mont Stephen (Fletcher et Collins, 2003). Ils sont conservés au Département d’histoire naturelle du Musée Royal de l’Ontario.

Taille maximum :
32 mm.

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

Collinsovermis est un exemple emblématique d’adaptation au mode d’alimentation suspensivore chez les lobopodiens, en association à des structures défensives fortement développées. Comme les autres membres de l’ordre des Luolishaniida, et ceux de la famille éponyme, cet animal utilisait ses solides membres postérieurs pour s’ancrer (probablement sur des éponges) et ses minces membres antérieurs épineux pour filtrer les particules organiques ou le plancton. Ses longues épines dorsales servaient très certainement à la dissuasion.

Références

  • BUDD, G. E. 2001. Tardigrades as ‘stem-group arthropods’: The evidence from the Cambrian fauna. Zoologischer Anzeiger, 240, 265–279.
  • CARON, J. and ARIA, C. 2020. The Collins’ monster, a spinous suspension‐feeding lobopodian from the Cambrian Burgess Shale of British Columbia. Palaeontology, 63, 979–994.
  • CARON, J.-B. and ARIA, C. 2017. Cambrian suspension-feeding lobopodians and the early radiation of panarthropods. BMC Evolutionary Biology, 17, 29.
  • DELLE CAVE, L. and SIMONETTA, A. M. 1991. Early Palaeozoic arthropods and problems of arthropod phylogeny; with some notes on taxa of doubtful affinities. In S, S. A. M. C. M. (ed.) The Early Evolution of Metazoa and the Significance of Problematic Taxa. Proceedings of an International Symposium Held at the University of Camerino 27-31 March 1989, Cambridge University Press, 189–244 pp.
  • FLETCHER, T. P. and COLLINS, D. 2003. The Burgess Shale and associated Cambrian formations west of the Fossil Gully Fault Zone on Mount Stephen, British Columbia. Canadian Journal of Earth Sciences, 40, 1823–1838.
  • OU, Q., LIU, J., SHU, D., HAN, J., ZHANG, Z., WAN, X. and LEI, Q. 2011. A rare onychophoran-like lobopodian from the lower Cambrian Chengjiang Lagerstätte. Journal of Paleontology, 85, 587–594.
  • RAMSKÖLD, L. and CHEN, J. Y. 1998. Cambrian lobopodians: morphology and phylogeny. In EDGECOMBE, G. D. (ed.) Arthropod Fossils and Phylogeny, Columbia University Press, New York, 107–150 pp.
Autres liens :

Ovatiovermis cribratus

Reconstitution artistique d’Ovatiovermis cribratus. Danielle Dufault © ROM

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Ordre : Luolishaniida
Nom d’espèce: Ovatiovermis cribratus
Remarques:

Ovatiovermis fait partie d’un groupe de lobopodiens du Cambrien, membres primitifs de la lignée qui a conduit aux arthropodes et dont les seuls survivants modernes sont les onychophores (vers de velours) et les tardigrades (oursons d’eau). Les lobopodiens se caractérisent par leur corps annelé, non articulé, muni de membres mous appelés lobopodes. Comme Facivermis, O. cribratus fait partie d’une lignée particulière d’animaux « dépourvus d’armure » appartenant à l’ordre des Luolishaniida et qui se caractérisent notamment par leurs fines épines disposées en chevrons et la différenciation de leur corps en régions fonctionnelles adaptées au mode d’alimentation filtreur (Caron et Aria, 2017, 2020).

Nom du descripteur: Caron et Aria
Date de la description : 2017
Étymologie :

Ovatiovermis – du latin ovatio (ovation) and vermis (ver) faisant référence à la position qu’il aurait adoptée pour se nourrir, debout sur ses lobopodes arrières et agitant les membres avant au-dessus de sa tête.

cribratus – du latin cribrare, qui signifie « cribler », ou « tamiser ».

Spécimens types : Holotype ROMIP 52707 ; paratype ROMIP 64006 conservés au Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario), Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune
Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Periode :
Cambrien moyen, étage Wuliuen, zone à Bathyuriscus-Elrathina de la formation des schistes de Burgess (environ 507 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Bien que le premier spécimen (et le plus complet) ait été découvert en 1994 lors d’une des expéditions du ROM, Ovatiovermis n’a été décrit qu’en 2017 par Caron et Aria. Il a servi à illustrer les stratégies d’alimentation par filtration au début de l’évolution des panarthropodes, et a incité à analyser l’étendue et l’importance de ce mode de vie chez les autres lobopodiens.

Description

Morphologie :

Ovatiovermis possède un corps tubulaire vermiforme, divisé en trois sections : une section antérieure munie de deux paires de lobopodes très longs et armés de fines épines disposées en chevrons et se terminant par des pinces jumelées ; une section médiane munie de quatre paires de lobopodes semblables mais plus petits ; une section postérieure munie de trois paires de lobopodes très robustes se terminant chacun par une pince puissante. La tête est petite et porte une paire d’organes visuels simples et un pharynx réversible. La surface du corps est dépourvue de tout sclérite ou épine. Les plis cuticulaires sont visibles dans l’espace qui sépare les lobopodes.

Abondance :

Seulement deux spécimens. L’holotype (ROMIP 52707) a été recueilli en 1994 dans l’assemblage de couches – 120 (environ 1,2 m sous la base du plancher original de la carrière Walcott), lequel se distingue des autres assemblages par le fait qu’il contient des spécimens particulièrement bien conservés appartenant à un éventail de taxons (92 espèces). Le paratype (ROMIP 64006) a été trouvé en 2016 par un invité lors d’une randonnée guidée dans la carrière Walcott, et transmis à Jean-Bernard Caron par le bureau des interprètes du parc.

Taille maximum :
25 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

Avec ses appendices antérieurs tamiseurs et ses appendices postérieurs préhensiles, Ovatiovermis est un exemple de spécialisation d’alimentation suspensivore chez les lobopodiens. Il s’agrippait probablement à des éponges et se tenait droit debout pour attraper des particules de nourriture ou du plancton.

Références

Bibliographie :
  • CARON, J. and ARIA, C. 2020. The Collins’ monster, a spinous suspension‐feeding lobopodian from the Cambrian Burgess Shale of British Columbia. Palaeontology, 63, 979–994.
  • CARON, J.-B. and ARIA, C. 2017. Cambrian suspension-feeding lobopodians and the early radiation of panarthropods. BMC Evolutionary Biology, 17, 29.
Autres liens :

Sphenothallus sp.

Taxonomie:

Sphenothallus sp. (GSC 134789). Fragment d’un grand spécimen montrant des épaississements longitudinaux clairement différenciés près de la zone d’ouverture (à droite). Un brachiopode du genre Micromitra (Dictyonina) est attaché à la partie inférieure du tube. Longueur approximative du spécimen = 50 mm. Spécimen sec, lumière directe. Couches à trilobites sur le mont Stephen.

© COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des cnidaires)
Nom d’espèce: Sphenothallus sp.
Remarques:

Sphenothallus a été comparé à certaines formes de vers annélidés tubicoles ou au stade sessile d’une scyphoméduse, qui aurait synthétisé des tubes chitineux fuselés pour s’agripper au substratum par l’intermédiaire d’un disque d’attache (Van Iten et al., 2002).

Nom du descripteur: Van Iten et al.
Date de la description : 2002
Étymologie :

Sphenothallus – du grec sphên, « cale »,et thallos, « branche ».

Nom de l’espèce non déterminé.

Spécimens types : Non applicable
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : de nombreuses similarités suggèrent que d’autres fossiles à thèque des schistes de Burgess, comme Byronia annulataCambrorhytium majorC. fragilis et Tubulella flagellum, seraient apparentés à Sphenothallus sp.

Autres dépôts : d’autres espèces sont représentées dans les roches des périodes cambrienne à silurienne. Sphenothallus est également connu d’après l’étude de spécimens de la formation de Kaili (Zhu et col., 2000).

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobites sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Deux spécimens provenant des couches à trilobites ont été illustrés en 2002 (Van Iten et al.). Au printemps 2010, un troisième spécimen initialement non reconnu a été identifié dans les collections de la Commission géologique du Canada à Ottawa (collection Billings). En raison du faible degré de variations morphologiques entre espèces, il est actuellement impossible de placer la forme des schistes de Burgess au sein d’une espèce sans disposer de spécimens mieux conservés.

Description

Morphologie :

Le tube chitino-phosphatique (thèque) de Sphenothallus consiste en épaississements longitudinaux particulièrement évidents près de l’ouverture de l’organisme. Ce tube, légèrement incurvé, ne semble pas se subdiviser. Le diamètre maximal du plus grand spécimen atteint 4 mm, pour une longueur d’environ 75 mm. Une fine paroi est présente entre les épaississements longitudinaux; elle se termine par une marge lisse près de l’ouverture, soit quelques millimètres au-delà des épaississements. La section du tube, très mince, est plus ou moins circulaire dans la région apicale, où les épaississements sont moins différenciés. La surface de l’organisme au complet est lisse et ne présente aucune apparence de crêtes ou d’anneaux. Les extrémités apicales des trois spécimens considérés manquent; rien ne permet de penser qu’ils étaient dotés d’un système d’ancrage. De plus, aucun tissu mou n’a été conservé.

Abondance :

Connu uniquement à partir de trois spécimens des couches à trilobites sur le mont Stephen.

Taille maximum :
75 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

La thèque de Sphenothallus s’attachait vraisemblablement au substratum par l’intermédiaire d’un disque apical, à l’instar d’autres espèces mieux connues. L’absence de tissus mous conservés rend hypothétique l’attribution d’un comportement alimentaire particulier. Mais par analogie avec des formes possiblement apparentées, telles que Cambrorhytium, un régime carnivore ou suspensivore est concevable.

Références

VAN ITEN, H., M.-Y. ZHU AND D. COLLINS. 2002. First report of Sphenothallus Hall, 1847 in the Middle Cambrian. Journal of Paleontology, 76: 902-905.

ZHU, M.-Y., H. VAN ITEN, R. S. COX, Y.-L. ZHAO AND B.-D. ERDTMANN. 2000. Occurrence of Byronia Matthew and Sphenothallus Hall in the Lower Cambrian of China. Paläontologische Zeitschrift, 74: 227-238.

Autres liens :

Aucun

Scolecofurca rara

Scolecofurca rara (GSC 45331) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Seul spécimen connu de l’espèce, lumière directe, montrant la paire de tentacules (partie antérieure, à droite). Longueur du spécimen = 65 mm. En haut : spécimen humide, lumière directe; au centre et en bas : spécimen sec, lumière polarisée. Carrière Raymond.

© COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des priapuliens)
Nom d’espèce: Scolecofurca rara
Remarques:

Scolecofurca appartient au groupe souche des priapuliens (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Nom du descripteur: Conway Morris
Date de la description : 1977
Étymologie :

Scolecofurca – du grec skolex, « ver », et du latin furca, « fourche », en référence à l’aspect fourchu de l’extrémité antérieure du corps de l’animal.

rara – du latin rarus, « rare », en référence à la rareté de l’espèce.

Spécimens types : Holotype – GSC 45331 conservé à la Commission géologique du Canada, Ottawa, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Raymond sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Conway Morris a décrit ce ver en 1977 comme un possible priapulien primitif. Des analyses ultérieures ont montré que S. rara appartient au groupe souche de cet embranchement (Harvey et al., 2010; Wills, 1998).

Description

Morphologie :

Le seul spécimen connu est incomplet. Sa longueur totale est estimée à environ 9 cm. Comme chez les autres priapuliens, le corps comprend un proboscide et un tronc. Le proboscide est frangé de petites saillies (papilles) et terminé par une paire de tentacules bien visibles déterminant une fourche bifide. Le tronc est annelé, et l’intestin semble constitué d’un tube simple. Contrairement à toutes les autres espèces de priapuliens de la faune de Burgess, Scolecofurca ne semble porter ni épines ni crochets sur le proboscide et le reste du corps.

Abondance :

Il n’existe qu’un spécimen de l’espèce.

Taille maximum :
90 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

La forme générale du corps et la présence d’un proboscide laissent croire que Scolecofurca était un ver fouisseur. Les tentacules avaient peut-être une fonction sensorielle plutôt que préhensile. Le mode d’alimentation de l’espèce demeure inconnu.

Références

CONWAY MORRIS, S. 1977. Fossil priapulid worms. Special Papers in Palaeontology, 20: 1-95.

HARVEY, T. H. P., X. DONG AND P. C. J. DONOGHUE. 2010. Are palaeoscolecids ancestral ecdysozoans? Evolution & Development, 12(2): 177-200.

WILLS, M. A. 1998. Cambrian and Recent disparity: the picture from priapulids. Paleobiology, 24(2): 177-199.

Autres liens :

Aucun

Sanctacaris uncata

Reconstitution de Sanctacaris uncata.

© MARIANNE COLLINS

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Clade non classé (groupe souche des arthropodes)
Nom d’espèce: Sanctacaris uncata
Remarques:

À l’origine, Sanctacaris était considéré comme un taxon du groupe couronne des chélicérates (Briggs et Collins, 1988), mais des analyses ultérieures l’ont associé aux arachnomorphes (Dunlop et Seldon, 1997; Wills et al., 1998; Sutton et al., 2002) ou placé dans la lignée souche des euarthropodes (Budd, 2002).

Nom du descripteur: Briggs and Collins
Date de la description : 1988
Étymologie :

Sanctacaris – du latin sanctus, « saint » (en référence au nom de terrain « santa claws »), et de caris, « crabe » ou « crevette ».

uncata – du latin uncata, « recourbé » ou « crochu », en référence aux nombreuses pinces.

Spécimens types : Holotype – ROM 43502 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Ontario, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Collins sur le mont Stephen.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Sanctacaris a été décrit pour la première fois par Briggs et Collins en 1988 et a été mentionné dans plusieurs études sur les relations phylogénétiques des arthropodes (p. ex., par Briggs et Fortey, 1989; Dunlop et Seldon, 1997; Wills et al., 1998; Sutton et al., 2002; Budd, 2002).

Description

Morphologie :

La tête de Sanctacaris est protégée par un grand bouclier céphalique et possède six paires d’appendices biramés orientés vers l’avant. Le tronc compte 11 segments et un large telson. La longueur du corps varie entre 4,6 et 9,3 cm. Le bouclier céphalique, prolongé par deux extensions triangulaires latérales, est convexe dans sa partie médiane. Ce bouclier abrite une paire d’yeux qui sortent près des coins latéraux de sa marge antérieure. Les six appendices céphaliques, biramés, ont une branche externe mince ressemblant à une antenne et un appendice interne bordé d’épines rappelant une serre d’oiseau de proie. Le reste du corps est divisé en 11 segments. Chaque segment comprend une région médiane surélevée et de larges extensions latérales. Il accueille en outre une paire de membres biramés. Chaque membre biramé consiste en une large palette frangée de setae et une branche locomotrice fine et segmentée. Le telson, ample et doté d’une bordure pileuse, a la forme d’une extrémité de pagaie.

Abondance :

Sanctacaris est connu d’après cinq spécimens du mont Stephen.

Taille maximum :
93 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

Sanctacaris aurait vécu sur le plancher sous-marin ou juste au-dessus de ce dernier. La présence d’appendices frontaux et d’yeux indique que l’animal aurait été un prédateur qui nageait librement. Les grandes palettes des appendices du tronc auraient servi à propulser l’animal dans l’eau; le telson et les extensions latérales de la tête et du corps, à le stabiliser et le diriger. Les branches en forme de serres des appendices céphaliques biramés permettaient probablement de capturer des proies, tandis que les branches en forme d’antennes auraient été sensorielles.

Références

BRIGGS, D. E. G. AND D. COLLINS. 1988. A Middle Cambrian chelicerate from Mount Stephen, British Columbia. Palaeontology, 31: 779-798.

BRIGGS, D. E. G. AND R. A. FORTEY. 1989. The early radiation and relationships of the major arthropod groups. Science, 246: 241-243.

BUDD, G. E. 2002. A palaeontological solution to the arthropod head problem. Nature, 417: 271-275.

DUNLOP, J. A. AND P. A. SELDEN. 1997. The early history and phylogeny of chelicerates, pp. 221-235. In R. A Fortey and R. Thomas (eds.), Arthropod phylogeny. Chapman and Hall, London.

SUTTON, M. D., D. E. G. BRIGGS, D. J. SIVETER, D. J. SIVETER AND P. J. ORR. 2002. The arthropod Offacolus kingi (Chelicerata) from the Silurian of Herefordshire, England: computer based morphological reconstructions and phylogenetic affinities. Proceedings of the Royal Society of London, Series B, 269: 1195-1203.

WILLS, M. A., D. E. G. BRIGGS, R. A. FORTEY, M. WILKINSON AND P. H. A. SNEATH. 1998. An arthropod phylogeny based on fossil and recent taxa, p. 33-105. In G. D. Edgecombe (ed.), Arthropod fossils and phylogeny. Columbia University Press, New York.

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Protoprisma annulata

Protoprisma annulata (ROM 53557) – Holotype. Spécimen presque complet enduit d’un sublimé de chlorure d’ammonium amplifiant les détails; un bouquet de branches émane de la base de l’éponge. Hauteur du spécimen = 150 mm. Spécimen sec, lumière directe. Couches à tulipes (S7).

© MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO. PHOTO : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Hexactinellides (Ordre : Reticulosa)
Nom d’espèce: Protoprisma annulata
Remarques:

Les éponges hexactinellides (éponges de verre) possèdent un squelette de spicules siliceux portant de quatre à six pointes. En raison de leur composition particulière, elles sont considérées comme une branche précoce au sein de l’embranchement des porifères.

Nom du descripteur: Rigby and Collins
Date de la description : 2004
Étymologie :

Protoprisma – du grec protos, « premier », et prisma, « prisme », en référence à la précocité de cette éponge prismatique.

annulata – du latin anulatus, « portant un anneau », en référence aux anneaux qui se forment durant la croissance de l’éponge.

Spécimens types : Holotype – ROM 53557 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune

Autres dépôts : aucune

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen; carrière Raymond sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Ribgy et Collins ont décrit le genre en 2004 à partir de fossiles récoltés par le Musée royal de l’Ontario.

Description

Morphologie :

Cette éponge annelée de forme allongée porte plusieurs branches, ce qui lui donne l’aspect d’une main. Chaque branche est parcourue de crêtes angulaires qui lui confèrent un aspect prismatique en coupe transversale. Les crêtes et les creux entre les branches sont constitués d’un réseau complexe de fines hexactines reliées par des brins horizontaux. L’ensemble des branches émanent d’un point central à la base de l’organisme, comme on peut le voir chez le spécimen type, presque complet à 15 cm de hauteur. La base était vraisemblablement dotée d’une structure d’ancrage permettant à l’éponge de se fixer aux sédiments. Aucun des deux spécimens récoltés n’étant complet, on ne sait pas à quoi ressemblait le sommet.

Abondance :

Seulement deux spécimens de Protoprisma sont connus, l’un provient des couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen, et l’autre de la carrière Raymond sur la crête aux Fossiles.

Taille maximum :
150 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

Protoprisma était ancré au fond marin. Les particules de matière organique étaient extraites de l’eau lors de leur passage dans les canaux de sa paroi.

Références

RIGBY, J. K. AND D. COLLINS. 2004. Sponges of the Middle Cambrian Burgess Shale and Stephen Formations, British Columbia. Royal Ontario Museum Contributions in Science (1): 155 p.

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Portalia mira

Portalia mira (USNM 83927) – Holotype (empreinte et contre-empreinte). Spécimen complet conservé avec Mackenzia costalis. La partie avant se trouve peut-être à droite. Longueur du spécimen = 100 mm. Spécimen sec, lumière polarisée. Carrière Walcott.

© SMITHSONIAN INSTITUTION – MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE. PHOTOS : JEAN-BERNARD CARON

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Sans object
Nom d’espèce: Portalia mira
Remarques:

Portalia est considéré comme un organisme problématique dont une redescription complète s’impose (Briggs et Conway Morris, 1986).

Nom du descripteur: Walcott
Date de la description : 1918
Étymologie :

Portalia – d’après le mont Portal (2 911 m), situé au nord des schistes de Burgess, dans le parc national du Canada Banff.

mira – du latin mirus, « merveilleux », en référence à la morphologie de l’animal.

Spécimens types : Holotype – USNM 83927 conservé au Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution, Washington, D.C., États Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Le seul spécimen connu de Portalia a été illustré une première fois par Walcott dans une brève communication parue en 1918, puis dans une publication posthume (Walcott, 1931). Walcott l’a classé parmi les holothuries, groupe d’Échinodermes mieux connus sous le nom de concombres de mer. Madsen (1957) a vu dans Portalia une possible éponge primitive, mais Durham (1974) a soutenu que la thèse de l’affinité avec les holothuries ne pouvait être rejetée sans que d’autres études soient menées (voir aussi Conway Morris, 1979). Les affinités phylogénétiques de Portalia demeurent difficiles à établir (Briggs et Conway Morris, 1986).

Description

Morphologie :

Le corps de Portalia, en forme de saucisse, se distingue principalement par la série d’appendices tentaculaires allongés qui le recouvrent entièrement. Ces appendices se séparent souvent en plusieurs branches individuelles. Le faisceau central à l’intérieur du corps a été interprété comme une partie de l’intestin, et la zone sombre indistincte située à une extrémité du corps, peut-être comme la tête.

Abondance :

Un seul spécimen de Portalia a été découvert à ce jour.

Taille maximum :
100 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

On en sait trop peu sur cet organisme pour se prononcer sur son mode d’alimentation.

Références

BRIGGS, D. E. G. AND S. CONWAY MORRIS. 1986. Problematica from the Middle Cambrian Burgess Shale of British Columbia, p. 167-183. In A. Hoffman and M. H. Nitecki (eds.), Problematic fossil taxa (Oxford Monographs on Geology and Geophysics No. 5). Oxford University Press & Clarendon Press, New York.

CONWAY MORRIS, S. 1979. The Burgess Shale (Middle Cambrian) fauna. Annual Review of Ecology and Systematics, 10(1): 327-349.

MADSEN, F. J. 1957. On Walcott’s supposed Cambrian holothurians. Journal of Paleontology, 31(1): 281-286.

WALCOTT, C. 1918. Geological explorations in the Canadian Rockies. From « Explorations and Field-Work of the Smithsonian Institution in 1917 ». Smithsonian Miscellaneous Collections, 68: 4-20.

WALCOTT, C. 1931. Addenda to descriptions of Burgess Shale fossils. Smithsonian Miscellaneous Collections, 85(3): 1-46.

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Petaloptyon danei

Petaloptyon danei (MCZ 101624) – Holotype. Partie inférieure d’un spécimen relativement complet comportant plusieurs panneaux dotés de pores. Hauteur du spécimen = 42 mm. Spécimen sec, lumière polarisée. Couches à trilobites.

© UNIVERSITÉ HARVARD. PHOTO : DESMOND COLLINS

Taxonomie:

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Calcisponges (Ordre : Heteractinida)
Nom d’espèce: Petaloptyon danei
Remarques:

Petaloptyon est une éponge calcaire classée dans la famille des eiffeiliidés (Rigby et Collins, 2004). Les éponges calcaires sont les seules éponges dotées de spicules de carbonate de calcium (calcite ou aragonite). Considérées comme une branche précoce au sein de l’embranchement des porifères, elles se rencontrent principalement sous les tropiques.

Nom du descripteur: Raymond
Date de la description : 1931
Étymologie :

Petaloptyon – du grec petalon, « feuille », et ptyon, « éventail », en référence à la forme pétaloïde de l’éponge.

danei – du grec dan, « flambeau », peut-être en référence à la forme en flambeau de cette éponge.

Spécimens types : Holotype – MCZ 101624 conservé au Musée de zoologie comparative de l’Université Harvard, Cambridge, États-Unis.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Couches à trilobites et couches à tulipes (S7) sur le mont Stephen; carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Raymond (1931) a nommé l’espèce d’après quelques spécimens recueillis durant ses expéditions aux couches à trilobites avec des étudiants de Harvard. Il a alors classé ce nouvel animal parmi les Octocoraux (coraux mous). En 1986, Rigby a décrit une nouvelle éponge, Canistrumella alternata, mais on a découvert par la suite qu’il s’agissait essentiellement de la forme déjà décrite par Raymond en 1931 (Rigby et Collins, 2004). Canistrumella est donc considéré comme un synonyme plus récent de Petaloptyon.

Description

Morphologie :

Petaloptyon présente une forme évasée très particulière et inhabituelle. Son squelette ouvert conique ou en forme de panier est constitué de panneaux triangulaires alternants (jusqu’à 12) percés ou non de pores circulaires ou elliptiques. Les parois sont très minces et composées de spicules à cinq rayons. Le bord osculaire est festonné. La base de l’éponge est pédonculée et comporte une structure de fixation.

Abondance :

Petaloptyon est une éponge très rare. Seulement quelques spécimens ont été découverts à ce jour.

Taille maximum :
75 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

Petalopyton était ancré au fond marin. Les particules de matière organique étaient extraites de l’eau lors de leur passage dans les canaux de sa paroi.

Références

RAYMOND, P. E. 1931. Notes on invertebrate fossils, with descriptions of new species. Bulletin of the Museum of Comparative Zoology, Harvard University, 55(6):165-213.

RIGBY, J. K. 1986. Sponges of the Burgess shale (Middle Cambrian), British Columbia. Palaeontographica Canadiana, 2: 105 p.

RIGBY, J. K. AND D. COLLINS. 2004. Sponges of the Middle Cambrian Burgess Shale and Stephen Formations, British Columbia. Royal Ontario Museum Contributions in Science (1): 155 p.

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Orthrozanclus reburrus

Taxonomie:

Reconstitution 3D d’Orthrozanclus reburrus.

MODÈLE 3D DE PHLESCH BUBBLE © MUSÉE ROYAL DE L’ONTARIO

Règne: Très rare
Embranchement: Très rare
Assignation taxonomique d’ordre supérieur: Halwaxiidés (Clade non classé, groupe souche des mollusques )
Nom d’espèce: Orthrozanclus reburrus
Remarques:

Bien que sa position taxonomique demeure ambigüe, cet animal appartiendrait aux halwaxiidés, groupe comprenant le genre Wiwaxia et les halkiériidé (Conway Morris et Caron, 2007). Selon les auteurs, les halwaxiidés ont été décrits soit comme le groupe souche des lophotrochozoaires (groupe incluant les mollusques, les annélides et les brachiopodes), soit comme le groupe souche des mollusques (voir aussi Sigwart et Sutton, 2007).

Nom du descripteur: Conway Morris and Caron
Date de la description : 2007
Étymologie :

Orthrozanclus – du grec orthros, « commencement », en référence à la position ancestrale de l’organisme, et zanclon, « ressemblant à une faucille », en référence à ses longues sclérites.

reburrus – du latin reburrus, « aux cheveux hérissés », en référence à l’aspect chevelu de l’animal.

Spécimens types : Holotype – ROM 57197 conservé au Musée royal de l’Ontario, Toronto, Canada.
Autres espèces :

Schistes de Burgess et environs : aucune.

Autres dépôts : aucune.

Âge et Sites

Age :
Cambrien moyen, zone à Bathyuriscus-Elrathina (environ 505 millions d’années).
Sites principaux :

Carrière Walcott sur la crête aux Fossiles.

Histoire de la recherche

Bref historique de la recherche :

Walcott a prélevé deux spécimens, mais il ne les a jamais décrits. Neuf autres spécimens ont été récoltés à la carrière Walcott par le Musée royal de l’Ontario entre 1994 et 2000. Désignés comme appartenant à une forme animale inconnue pourvue de sclérites (type C, Caron et Jackson, 2006), ces spécimens ont subséquemment été décrits formellement comme une nouvelle espèce (Conway Morris et Caron, 2007).

Description

Morphologie :

Les spécimens connus mesurent 6 à 11,3 mm de long. La face ventrale est plate, tandis que la face dorsale est arrondie en section transversale et constituée de trois zones de sclérites et d’une coquille antérieure. Le corps est bordé d’un ensemble de sclérites relativement petites qui semblent plates et légèrement courbées dans une direction. Au dessus se trouve un deuxième ensemble de sclérites beaucoup plus longues qui semblent émerger d’une zone étroite ceignant tout le corps. Ces sclérites, circulaires en section transversale, plus grosses à leur base et généralement courbées vers le haut, sont probablement creuses et portent une ou deux crêtes. La présence de sclérites déformées semble être due à une absence de minéralisation. Un troisième ensemble de sclérites beaucoup plus petites mais non clairement conservées couvre la partie dorsale convexe du corps. La coquille, apparemment minéralisée, est en forme de triangle pointant vers l’avant du corps. Les fines lignes sur la coquille sont probablement des stries d’accroissement. Leur présence indique que la croissance s’opérait de l’avant vers l’arrière.

Abondance :

Très rare, seulement 11 spécimens ont été découverts dans la carrière Walcott, où ils constituent 0,02 % de la faune (Caron et Jackson, 2008).

Taille maximum :
11 mm

Écologie

Mode de vie : Très rare
Mode d'alimentation : Très rare
Interprétations écologiques :

Par son aspect général et probablement par son écologie, Orthrozanclus rappelle Wiwaxia corrugata, espèce mieux connue. Orthrozanclus, comme Wiwaxia, était probablement herbivore et s’alimentait en rampant sur le fond marin.

Références

CARON, J.-B. AND D. A. JACKSON. 2008. Paleoecology of the Greater Phyllopod Bed community, Burgess Shale. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 258: 222-256.

CONWAY MORRIS, S. AND J.-B. CARON. 2007. Halwaxiids and the early evolution of the lophotrochozoans. Science, 315: 1255-1258.

SIGWART, J. D. AND M. D. SUTTON. 2007. Deep molluscan phylogeny: synthesis of palaeontological and neontological data. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 274: 2413-2419.

Autres liens :