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Une carrière remarquable

Charles Doolittle Walcott fut une figure dominante de l'histoire scientifique américaine au début du XXe siècle. Il a été directeur de la United States Geological Survey (Commission géologique des États-Unis) de 1894 à 1907, secrétaire de la Carnegie Institution of Washington de 1902 à 1905, secrétaire de la Smithsonian Institution de 1907 à 1927, président de l'American Association for the Advancement of Science en 1923 et de la National Academy of Science de 1917 à 1922; il a également été conseiller scientifique auprès de Theodore Roosevelt.

Photographie de studio en noir et blanc de Charles Walcott

Charles Walcott, secrétaire de la Smithsonian Institution (1850-1927), en 1908.

© Archives de la Smithsonian Institution

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La recherche dans les Rocheuses, une histoire de famille

Malgré ses nombreuses responsabilités professionnelles, Walcott est demeuré actif comme géologue et paléontologue jusqu'à sa mort en 1927. De 1907 à 1925, il a passé au moins une partie de chaque saison des fouilles à travailler dans les Rocheuses canadiennes, souvent accompagné par sa famille, y compris sa deuxième épouse, Helena (de 1907 à 1911), sa troisième épouse, Mary (de 1914 à 1925), et au moins un de ses quatre enfants (jusqu'en 1918).

Photographie en noir et blanc des cinq membres de la famille assis sur un tronc d'arbre dans un campement

La famille Walcott aux chutes Wapta (Parc national Yoho) en juillet 1910 (de gauche à droite : Stuart, Helena, Sidney, Charles et Helen).

© Collection de la famille Erin Younger

Photographie en noir et blanc de trois hommes assis dans une carrière et examinant une plaque de roche

Charles, Sidney et Stuart Walcott dans la carrière Walcott, 1913.

© Collection de la famille Erin Younger

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Naissance de son intérêt pour les Rocheuses : fin des années 1880

L'intérêt de Walcott pour les Rocheuses canadiennes est apparu dès la découverte des premiers fossiles dans les gisements de fossiles du mont Stephen (que l'on nomme désormais gisements ou couches de trilobites), en 1886. En 1887 et 1888, il a publié deux textes traitant de fossiles du mont Stephen qui lui avaient été envoyés par des collègues.

L'intérêt de Walcott pour les Rocheuses canadiennes est apparu dès la découverte des premiers fossiles dans les gisements de fossiles du mont Stephen (que l'on nomme désormais gisements ou couches de trilobites).

Réponse de Charles Walcott (publiée en 1888) à un article de Rominger sur les gisements (couches) de trilobites du mont Stephen publié un an plus tôt.

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Première visite des gisements de trilobites du mont Stephen : 1907

Walcott a finalement réussi à se rendre aux gisements (couches) de trilobites au cours de l'été 1907, mais seulement pour une brève visite. Son objectif principal durant les cinq semaines de la saison des fouilles était géologique : étudier la stratigraphie générale de différents secteurs cambriens de la région, y compris le mont Stephen. Walcott n'a passé qu'une seule journée dans les gisements, le 4 septembre. Une partie de ses résultats de recherche ont été publiés en 1908 dans les pages scientifiques du Canadian Alpine Journal (publication du Club alpin du Canada récemment fondé).

Il s'agissait du premier témoignage illustré sur la plupart des fossiles découverts à cet endroit. Walcott y proposait le nom de « schistes d'Ogygopsis », d'après la forme la plus courante de trilobites qu'on trouvait sur place. Le nom est encore utilisé aujourd'hui pour désigner ces couches à trilobites dans les ouvrages techniques."


Planches 1 à 4 réalisées par Walcott (1908) pour illustrer certains fossiles des gisements (couches) de trilobites du mont Stephen découverts l'année précédente. Le trilobite Ogygospis est représenté par la figure 4 de la planche 4. Canadian Alpine Journal

Walcott a écrit :

« La meilleure façon d'assembler une collection de fossiles provenant des gisements est de monter à dos de poney jusqu'à environ 2 000 pieds [environ 600 m] au-dessus du chemin de fer, de ramasser des spécimens, de les emballer soigneusement dans du papier, de les placer dans une sacoche, qu'on attache à la selle et de ramener le poney au bas de la montagne. On peut ainsi obtenir une bonne quantité de fossiles dans une journée complète de voyage, de 6 heures du matin à 6 heures du soir. »

À l'époque, cet article a dû être beaucoup lu par les touristes visitant la région, encourageant les collectionneurs privés et le public à visiter le site. (Remarque : de nos jours, il vaut mieux ne pas chercher à suivre les conseils de Walcott. La collecte des fossiles provenant du site est interdite sans un permis de recherche et de collecte.)

Les touristes qui arrivaient en train étaient hébergés à Field au confortable hôtel Mount Stephen House, juste en dessous du gisement de fossiles. Comme l'a écrit Walcott le 25 août 1907 : « Tout le monde a apprécié l'hôtel Mount Stephen House, on s'y sentait comme à la maison ». Les années suivantes, quand ils ne campaient pas près des fossiles, Walcott et sa famille ont continué de loger à l'hôtel.

Photographie en noir et blanc de l’hôtel Mount Stephen House et le petite ville de Field juste en dessous.

L’hôtel Mount Stephen House, rails du CFCP et couches à trilobites (en haut à droite) sur le versant du mont Stephen.

© Musée McCord

Walcott a aussi proposé le nom « formation Stephen », qui se retrouve dans une autre publication de 1908, pour désigner l'ensemble de roches cambriennes comprenant ce qu'il appelait lui-même les « schistes d'Ogygopsis ».

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La grande découverte : 1909

La famille Walcott est retournée dans les Rocheuses canadiennes en 1909 pour explorer davantage la formation Stephen et pour essayer de trouver plus de « schistes d'Ogygopsis » sur les montagnes environnantes.

Le 30 août, vers la fin de la saison des fouilles, Walcott se promenait seul à cheval entre le mont Wapta et le mont Field, à quelques kilomètres seulement au nord du mont Stephen, sur un sentier encore en usage pour se rendre dans les environs, quand il a par hasard trouvé « de nombreux fossiles intéressants ». C'était le lendemain d'une nouvelle découverte de « schistes d'Ogygopsis » pas très loin de là, si on en croit son carnet de fouilles, même si aucun spécimen d'Ogygopsis n'y serait jamais découvert.


Cette photographie panoramique, prise par Walcott probablement en 1910 à partir du col Burgess, montre l'emplacement des schistes de Burgess vers le centre de l'image. Entre le mont Wapta et le mont Field, on peut voir le sentier qu'a emprunté Walcott quand il a découvert les premiers fossiles.

© Archives de la Smithsonian Institution

Le lendemain, il y est retourné en compagnie de sa femme, Helena, et de l'un de ses fils, Stuart. Ensemble, ils ont découvert plusieurs autres fossiles étonnants que Walcott a tout de suite dessinés dans son carnet. Plutôt impressionné par la découverte, en date des 31 août et 1er septembre, Walcott a écrit :

« Sorti avec Helena et Stuart pour recueillir des fossiles de la formation Stephen. Nous avons trouvé un groupe remarquable de crustacés phyllopodes – Avons rapporté un grand nombre de beaux spécimens au campement ». Et le lendemain : « Nous avons continué la collecte, trouvé un beau groupe d'éponges sur la pente (in situ) – Très belles journées chaudes ».


Le carnet de fouilles de Walcott en 1909 ouvert aux pages comprenant les notes du 31 août au 3 septembre. Le texte mentionne la découverte de fossiles à corps mou dans la « formation Stephen », maintenant nommée schistes de Burgess. Les esquisses de fossiles montrent trois arthropodes et une éponge trouvés respectivement les 31 août et 1er septembre 1909. Plus tard, ils seront connus sous les noms de Marrella splendens (en haut à gauche), Waptia fieldensis (en haut à droite), Naraoia compacta (en bas à gauche), Vauxia gracilenta (en bas à gauche). Celui-ci a été trouvé in situ à un endroit maintenant appelé carrière Raymond, à environ 22 mètres (72 pieds) au-dessus de la carrière Walcott.

© Archives de la Smithsonian Institution

Les fossiles découverts par le Walcotts ont représenté des types d'animaux qui jamais avaient été vus.

Cette année-là, les Walcott ont passé cinq jours en tout à recueillir des fossiles dans les environs, provenant pour la plupart d'éboulis trouvés près du sentier ou sur les pentes.

Walcott a rapidement compris l'importance de ses découvertes. La même année, dans une lettre qu'il a envoyée un peu plus tard à Arthur Parks, un collègue de l'Université de Toronto avec qui il correspondait depuis longtemps, Walcott a écrit : « ... J'ai amassé des fossiles pendant quelques jours en septembre sur la formation Stephen [les schistes de Burgess d'aujourd'hui], près de Field, et j'ai trouvé des choses très intéressantes. »


Lettre de Charles Doolittle Walcott à William Arthur Parks, datée du 27 novembre 1909, sur la découverte des schistes de Burgess.

© Musée royal de l'Ontario


Lettres de Charles Walcott

© Musée royal de l’Ontario

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Les premières fouilles : 1910

Charles, Helena, trois de leurs enfants (Helen, Stuart et Sidney) et Arthur Brown, cuisinier de camp de Walcott depuis longtemps, sont retournés dans la région l'année suivante (1910). Ils ont établi leur campement sous le col Burgess, près du site où ont eu lieu les découvertes de 1909, un site où ils retourneraient désormais tous les ans. Voyager en train et à dos de cheval, vivre dans un campement et ramasser les fossiles des schistes de Burgess allaient devenir des activités estivales habituelles pour les Walcott au cours des étés à venir.

Photographie en noir et blanc d'un homme et de deux femmes posant devant les rails du chemin de fer avec des montagnes à l'arrière-plan

La famille Walcott arrive à Field, 1910 (de gauche à droite : Helena, Helen et Charles).

© Collection de la famille Erin Younger

Photographie en noir et blanc d'une femme avec des chevaux sur un sentier de montagne

Helen Walcott, sentier du col Burgess, août 1910.

© Collection de la famille Erin Younger

Photographie en noir et blanc du campement dans une clairière montrant un lit de camp sous une tente

« La chambre » de Charles Walcott, campement du col Burgess, août 1910.

© Archives de la Smithsonian Institution

Le 2 août, il a écrit : « Sorti ramasser des fossiles avec Helena, Stuart et Sidney. Nous avons trouvé un beau gisement de "crabes aux dentelles" [Marrella] en plus de différentes choses étranges ». Ils avaient finalement repéré la source des fossiles, dans leur propre environnement stratigraphique, c'est-à-dire les couches rocheuses , au lieu de fragments de pierre qui auraient glissé le long des pentes ici et là.

Photographie en noir et blanc de deux hommes assis dans l'ombre en position inclinée sous un affleurement rocheux

Charles et Stuart Walcott au milieu des gisements fossilifères, août 1910.

© Collection de la famille Erin Younger

Dès ce jour, la plupart des fossiles ont été extraits des strates d'une section de deux mètres (six pieds) d'épaisseur que Walcott désignerait désormais comme la « couche à
phyllopodes », nom venant de la présence d'arthropodes fossilisés comportant des appendices foliacés très bien conservés, comme Waptia.

Walcott et son équipe ont d'abord ouvert une petite carrière, mais celle-ci deviendrait bien plus grande au fil des années. De nos jours, l'emplacement se nomme carrière Walcott et, de manière non officielle, la région séparant le mont Wapta du mont Field est connue sous le nom de crête aux fossiles.


Photographie panoramique de la carrière Walcott en 1910 avec le mont Wapta à l'arrière-plan.

© Archives de la Smithsonian Institution

On devait faire glisser le long des flancs de la montagne les blocs de schistes que l'on avait dégagés et les transporter à cheval jusqu'au campement où ils étaient fendus, dégrossis et empaquetés. On envoyait ensuite les fossiles jusqu'à Field d'où ils étaient expédiés en train vers Washington D.C.

Photographie en noir et blanc montrant quatre hommes faisant glisser un grand morceau de roche le long de la pente d'une montagne

Hommes faisant glisser des blocs de schiste du haut de la carrière de fossiles. Sur la gauche, Charles Walcott tient un marteau, août 1910.

© Collection de la famille Erin Younger

À droite, une photographie en noir et blanc d'un homme assis utilisant un marteau pour fendre une roche; À gauche, une photographie en noir et blanc d'une femme assise à une table et fendant une roche

Charles et Helena Walcott fendant des schistes au campement, 1910.

© Collection de la famille Erin Younger


En direction des schistes de Burgess

© Collection de la famille Erin Younger

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Le campement de Walcott aux schistes de Burgess

© Collection de la famille Erin Younger et Archives de la Smithsonian Institution

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Triomphe et tragédie : 1911

C'est en 1911 que Walcott a eu l'occasion de publier pour la première fois ses découvertes sur les « schistes de Burgess ». Dans un texte sur les holothuries et les méduses, Walcott propose le nom de « schistes de Burgess » comme « nom géographique pour désigner des schistes auxquels le nom de schistes d'Ogygopsis [= gisements (couches) de trilobites du mont Stephen] a été donné en 1908. Il est ici proposé de les appeler maintenant les schistes de Burgess de la formation Stephen ».

Quand il a été découvert par son fils en 1910, Walcott a donné à l'un des plus spectaculaires fossiles le nom de Sidneyia inexpectans, ce qui signifie « la découverte de Sidney ». Sidneyia est devenu l'un des premiers animaux des schistes de Burgess à être décrit et illustré. La première reconstitution de cet animal est parue dans la revue The Ottawa Naturalist en 1917, mais elle s'est avérée trompeuse.

Reproduction d'une page de revue montrant trois photographies de fossiles

Sidneyia inexpectans, l'un des premiers fossiles des schistes de Burgess à être décrit et illustré par Walcott (figure 1).

© Smithsonian Institution – Musée national d’histoire naturelle. Photo (à gauche) : Jean-Bernard Caron

Reproduction de la page 78 de la revue Ottawa Naturalist montrant un grand dessin d'une créature ressemblant à un homard

Première reconstitution de Sidneyia, publiée par Lancaster Burling dans The Ottawa Naturalist en 1917, d'après une interprétation libre des textes et illustrations de Walcott portant sur cette espèce (voir ci-dessus). Burling a ajouté au fossile deux pinces qui ne lui étaient pas reliées, mais qui étaient illustrées sur une planche différente et dont Walcott pensait qu'elles appartenaient au même animal. Nous savons maintenant que ces pinces appartiennent à un groupe différent d'animaux comprenant Anomalocaris.

En plus de ses comptes-rendus techniques, Walcott a écrit en juin 1911 un article populaire intitulé « A Geologist's Paradise » (Le paradis du géologue) pour le National Geographic. Il y décrivait la beauté des paysages de la région. Dès lors, les schistes de Burgess font sensation en dehors des cercles scientifiques habituels.

Reproduction de la page couverture de l'édition de juin 1911 du National Geographic Magazine. La table des matières inclut « Panorama: In the Canadian Rockies » (Panorama : les Rocheuses canadiennes), de Charles D. Walcott, et « A Geologist's Paradise » (Le paradis du géologue) de Charles D. Walcott.

Page couverture du National Geographic, juin 1911.

© Bibliothèque du Musée royal de l'Ontario

1911 est aussi l'année de la mort tragique d'Helena, l'épouse de Walcott, dans un accident de train survenu le 11 juillet. (Walcott se remariera en 1914 avec la célèbre naturaliste Mary Vaux.) Malgré son deuil, ou peut-être pour noyer son chagrin dans le travail, Walcott est retourné sur le site avec sa famille dès le mois d'août.

 Photographie en noir et blanc d'un homme et une femme dans une carrière,l'homme examinant une grande plaque de roche

Charles et Helen Walcott travaillant à la carrière, août 1911.

© Collection de la famille Erin Younger

Son équipe a creusé le sol pendant cinq semaines à la recherche de fossiles, utilisant de temps à autre des explosifs pour se frayer un passage dans la roche. Au terme de la saison, la carrière mesurait environ 20 m (66 pieds) de largeur et 3 m (10 pieds) de profondeur. La paroi arrière faisait environ 3,5 m (11 pieds) de hauteur. Comme en 1910, d'énormes blocs de schistes ont été rapportés au campement pour qu'on les fende, qu'on les dégrossisse et qu'on les emballe.


Extrémité nord de la carrière Walcott où se trouvent des outils et de grandes plaques de schiste qui devront être transportées pour être taillées au campement, 1911.

© Archives de la Smithsonian Institution

Photographie en noir et blanc de grandes plaques de roche entassées devant une tente

Plaques de schiste rapportées de la carrière Walcott pour être taillées au campement, 1911.

© Archives de la Smithsonian Institution

Photographie en noir et blanc d'un homme qui, dans un campement, dépose quelque chose dans une boîte

Stuart Walcott empaquetant des fossiles au campement du col Burgess, 1911.

© Archives de la Smithsonian Institution

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La poursuite du travail sur le terrain : 1912-1917

Walcott est retourné sur le site en 1912, 1913 et 1917, recueillant davantage de spécimens et agrandissant la carrière, mais il y a trouvé de moins en moins de nouvelles espèces.


La carrière Walcott en 1913. Walcott porte des gants et tient un marteau, Stuart est assis.

© Archives de la Smithsonian Institution

Dès 1912, Walcott avait suggéré que le fond de la carrière n'était pas propice à la découverte de fossiles. Il avait écrit : « Les strates de schistes sont arénacées, irrégulières et non favorables à la préservation de fossiles ». Dans un compte-rendu publié en 1918, il est revenu sur ses fouilles de l'année 1917 : « Voilà qui épuise pratiquement une carrière nous ayant donné les plus belles et les plus grandes séries de fossiles du Cambrien moyen découvertes à ce jour et les plus beaux fossiles d'invertébrés trouvés dans toute formation de par le monde ».

 Photographie en noir et blanc de Charles Walcott posant avec une barre à mine devant d'une carrière

Walcott tenant une barre à mine dans la carrière Burgess, 1912 (?).

© Archives de la Smithsonian Institution

D'autres collectes de fossiles effectuées par l'Université Harvard en 1930, la Commission géologique du Canada en 1966-1967 et le Musée royal de l'Ontario à partir de 1975 viendraient réfuter les prédictions de Walcott.


À la carrière

© Collection de la famille Erin Younger et Archives de la Smithsonian Institution

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Les dernières visites : les années 1920

Walcott n'a fait que de brèves visites sur le site après 1917, y retournant en 1919, 1921 et 1924, ramassant des fossiles parmi les éboulis qui s'étaient formés au bas de la carrière. Voici ce qu'il a écrit lors de son dernier jour dans la carrière, le 11 juillet 1924 : « Nous sommes montés jusqu'à ma vieille carrière de fossiles et nous avons emballé deux paquets de fossiles provenant de la roche extraite en 1919. Rien de nouveau, mais de bonnes choses à échanger ».

Photographie en noir et blanc de Charles Walcott sur le versant de la montagne couvert de roches plates

Charles Walcott sur des éboulis.

© Collection de la famille Erin Younger


La carrière Walcott en 2006. Le trait continu montre l'emplacement approximatif de la carrière originale. Les pointillés montrent les limites actuelles des fouilles. La carrière a été agrandie par les équipes de l'Université Harvard, de la Commission géologique du Canada et du ROM.

© Parcs Canada. Photo : John Niddrie

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Epilogue: 1924

Lors du dernier été que Walcott a passé à la carrière (1924), Percy Raymond, de l'Université Harvard, s'est rendu pour la première fois sur le site dans le cadre d'un cours d'été qu'il donnait sur la géologie de terrain. Raymond n'a jamais rencontré Walcott sur place, mais il reviendrait bientôt à la carrière avec des objectifs plus ambitieux.

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Un héritage impérissable : la collection Walcott de la Smithsonian Institution

Au fil de ses nombreuses visites dans la région, Walcott a ramassé quelque 65 000 fossiles. Cette collection est devenue l'un des joyaux de la collection permanente de la Smithsonian Institution du US National Museum (désormais le National Museum of Natural History) à Washington D.C.

Photographie en couleur de l'entrée principale du National Museum of Natural History (Musée national d'histoire naturelle) administré par la Smithsonian Institution

National Museum of Natural History (Musée national d'histoire naturelle) à Washington, 2010.

© Musée royal de l'Ontario. Photo : Jean-Bernard Caron

Après chaque saison de fouilles, les spécimens provenant du site étaient taillés à la Smithsonian Institution à l'aide d'une scie à roche pour en enlever le plus de schiste possible. Cette opération diminuait le poids et le volume de la pierre à entreposer. Un numéro de catalogue était attribué à chaque spécimen (35k pour les spécimens de la carrière Walcott et 35k/10 pour les spécimens ramassés plus haut – probablement au niveau de la carrière Raymond) et une petite étiquette verte en forme de losange était apposée sur le spécimen.

Photographie en couleur d'un fossile et de son étiquette rédigée à la main. L'étiquette porte l'inscription : « Carnarvonia venosa. Walcott. Mid. Cambrian. Loc. 35k. Identified by C.D.W. » (Carnarvonia venosa. Walcott. Cambrien moy. Site 35k. Identifié par C.D.W.)

Exemple d'une étiquette d'époque et du fossile des schistes de Burgess lui correspondant, ici Carnarvonia venosa, dans la collection Walcott.

© Smithsonian Institution - MUSÉE NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE. Photos : Jean-Bernard Caron

Les spécimens étaient ensuite soigneusement disposés sur des plateaux et placés dans des tiroirs successifs selon leur groupe taxonomique. Les espèces étant classées par ordre alphabétique à l'intérieur de chaque embranchement, un spécimen comme Marrella splendens, par example, se retrouvait à son rang au sein des arthropodes.

Photographie en couleur d'un employé avec un microscope dans un corridor où sont alignées des armoires en métal

Petites armoires contenant la collection de Walcott à la Smithsonian Institution. « Desmond Collins observant des spécimens provenant des schistes de Burgess ».

© Musée royal de l'Ontario. Photo : David Rudkin

Lorsqu'une plaque de roche contenait plusieurs espèces visibles, chaque spécimen était taillé et classé séparément dans un tiroir correspondant à son espèce. En cours de route, l'empreinte et la contre-empreinte du fossile ne restaient pas toujours ensemble et se retrouvaient en diverses parties de la collection.

Photographie en couleur montrant un tiroir rempli de spécimens fossilisés

Exemple d'un tiroir de la Smithsonian Institution contenant des fossiles provenant des schistes de Burgess.

© Musée royal de l'Ontario. Photo : David Rudkin

Walcott échangeait aussi souvent avec d'autres musées certains des fossiles dont il possédait une paire (souvent les contre-empreintes), l'empreinte et la contre-empreinte d'un même spécimen (y compris les spécimens figurés) se retrouvaient donc parfois dans des collections différentes.

Photographie en couleur d'une plaque de roche où apparaissent des fossiles. L'étiquette porte la mention : « Marrella splendens Walcott. Middle Cambrian (Burgess shale). Burgess Pass, Field. British Columbia » (Marrella splendens Walcott. Cambrien moyen (schistes de Burgess). Col Burgess, Field (Colombie-Britannique.

Des spécimens de Marrella splendens envoyés par Walcott à l'Université du Michigan.

© Musée de paléontologie de l'Université du Michigan. Photo : Jean-Bernard Caron

Photographie en noir et blanc de l'homme dans une pièce, assis à un bureau et regardant par l'oculaire d'un microscope

Walcott travaillant à la Smithsonian Institution vers 1920.

© Collection de la famille Erin Younger

Après la mort de Walcott, en 1927, ses fossiles seront pratiquement ignorés durant près de 40 ans. Ils le sont demeurés jusqu'en 1962, quand Alberto Simonetta et Laura Delle Cave ont publié des articles de nature scientifique comprenant des reconstitutions d'arthropodes fossilisés. (À quelques exceptions près, Walcott n'avait inclus aucune reconstitution de ses fossiles.) Ces travaux n'étaient que préliminaires et la collection de Walcott est demeurée intacte jusqu'à ce que Harry Whittington et son équipe examinent de nouveau la collection de Walcott en même temps que celles rassemblées plus tard par Raymond et la Commission géologique du Canada.

Même si Walcott avait déjà constaté sur le terrain que certains spécimens provenaient de couches précises de la couche à phyllopodes, il n'a jamais pris note de l'origine stratigraphique exacte des spécimens. En conséquence, la collection de la Smithsonian Institution présente un mélange de fossiles tirés de différentes couches représentant différentes périodes. C'est en partie le manque d'information stratigraphique détaillée qui a justifié les expéditions ultérieures de la Commission géologique du Canada et du ROM.

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Sa collection, toujours au cœur des recherches en cours

De nos jours, la collection Walcott du National Museum of Natural History demeure une référence incontournable en ce qui a trait aux schistes de Burgess parce qu'elle héberge la plupart des spécimens types ayant été utilisés pour décrire la majorité des espèces découvertes sur le site.

Photographie en couleur du fossile

Spécimen type de l'arthropode Helmetia expansa de la collection Walcott.

© Smithsonian Institution - MUSÉE NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE. Photo : Jean-Bernard Caron

La collection demeure également une source de découverte importante surtout pour les spécimens non types et non figurés, c'est-à-dire les spécimens dont la description n'a pas fait l'objet d'une publication, et donc la majeure partie de la collection.

Par exemple, on s'est rendu compte que deux spécimens de toute évidence mis de côté et photographiés par Walcott en vue d'une publication, mais qui pour une raison ou une autre n'ont jamais été intégrés à ses articles, appartenaient à une espèce nouvelle. En 2007, ces deux spécimens ont été discutés dans une publication, en compagnie de spécimens récemment découverts et appartenant au Musée royal de l'Ontario, et l'espèce a été nommée Orthrozanclus reburrus. Il nous reste peut-être encore de nouvelles espèces à découvrir dans la collection Walcott, plusieurs décennies après leur extraction!

Deux photographies du même fossile; À gauche, une photographie récente et très nette; À droite, une image moins claire comportant des traits gris dessinés au crayon

Deux spécimens d' Orthrozanclus reburrus collectés par Walcott.

© Smithsonian Institution - Musée national d’histoire naturelle. Photos : Jean-Bernard Caron

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Artefacts

Objets provenant du campement de Walcott

Les objets suivants ont été trouvés par le Musée royal de l'Ontario au fil de plusieurs expéditions qui ont eu lieu à partir de 1975. Ils ont été découverts dans le campement de Walcott sous le col Burgess, à environ un kilomètre (0,6 mille) au sud de la principale carrière des schistes de Burgess. Des boîtes de conserve et des articles en fer-blanc rouillés sont encore visibles aujourd'hui à différents endroits du campement. On y voit également des lits fabriqués avec des branches de cèdre, qui sont maintenant en décomposition, de même que des tas de pierres schisteuses abandonnées et des restes de blocs amenés jusqu'au campement pour qu'on vérifie s'ils contiennent des fossiles puis qu'ils soient fendus. Les équipes du ROM ont découvert de nombreux fossiles dans ces tas de débris, y compris Marrella splendens.

Pièce métallique rouillée d'un poêle

Porte de poêle provenant du camp de Walcott en 1910 fabriquée par la McClary Manufacturing Company au début XXe siècle. Porte l'inscription : « Camp Stove, BC, McClary M'F'G Co, London, Canada ».

© Parcs Canada

La compagnie McClary, de London, en Ontario, vendait du matériel de camping. En traversant le Canada en train pour se rendre aux schistes de Burgess, Walcott aurait pu acheter de l'équipement au magasin de la compagnie à Toronto ou à Winnipeg.

Objets utilitaires trouvés dans le campement établi par Walcott en 1910
Tous fabriqués au début du XXe siècle.

Photographies en couleur montrant un vieux flacon de pharmacie (porte l'inscription : « F Ridgway Pharmacy Washington, D.C. »), un pichet en acier émaillé blanc et une tasse en métal très rouillée

Flacon de pharmacie (contenu original inconnu) provenant de Washington D.C. Porte l'inscription : « F.H. Ridgway Pharmacy Washington, D.C. ». Pichet à eau en acier émaillé blanc et tasse à thé en acier émaillé blanc.

© Parcs Canada

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Objets abandonnés dans la carrière Walcott, vers 1917

Ces objets ont été trouvés par les équipes du ROM en 1994 et 1995 alors qu'elles enlevaient les tas de résidus accumulés depuis les dernières fouilles de Walcott à la carrière en 1917. Ils fournissent des indices importants sur les techniques du début du XXe siècle qu'utilisait Walcott pour extraire de grands blocs de schiste et des fossiles.

Page couverture d'un journal de 1916 montrant une caricature de Theodore Roosevelt et portant le titre « Funston Believes U.S. and Carranza Troops Beat Villa » (Funston croit que les troupes des États-Unis et de Carranza vaincront Villa

Liasse de journaux (1913-1916) provenant de Washington

© Parcs Canada

Ces journaux ont été trouvés dans un bloc de glace, en 1995, par une équipe du ROM qui fouillait dans les débris tombés dans la carrière Walcott. Les journaux servaient à empaqueter les spécimens fossilisés. Ceux-ci ont dû être abandonnés sur place à la fin de la saison des fouilles de Walcott en 1917. (La caricature de la page couverture représente Theodore Roosevelt.)

Photographie en couleur d'un coin de métal rouillé montrant des traces d'usure

Grand coin métallique probablement utilisé pour fendre la roche ou pour creuser des trous dans lesquels insérer les bâtons de dynamite.

© Parcs Canada

En frappant le coin avec un gros marteau et en le faisant tourner régulièrement, on obtenait le même résultat qu'avec un marteau-piqueur pneumatique ou à essence. Mais il fallait beaucoup d'efforts pour creuser un trou assez profond pour y enfoncer un bâ ton de dynamite. Sur la paroi arrière du site, on voit encore aujourd'hui les marques des explosions.

Photographie en couleur d'un burin rouillé et couvert de petits creux

Burin brisé trouvé en 1994 dans la carrière Walcott.

© Parcs Canada

Ce type de burin servait à cliver délicatement les schistes afin de trouver des fossiles. L'objet a probablement été abandonné parce que sa pointe plate s'était brisée contre la dureté du schiste.

Photographie en couleur d'un gant à trois doigts montrant d'évidentes traces d'usure et des trous près du pouce

Gant de mineur en cuir, début XXe siècle.

© Parcs Canada

Un tel gant, avec trois doigts, procurait de la chaleur et une bonne prise en toute saison. Le cuir épais devait offrir une protection suffisante contre les arêtes coupantes du schiste pendant les opérations de collecte et d'extraction.

Photographie en couleur d'une clairière où l'on voit une accumulation de pierres

Vue du campement de Walcott prise en 1982 et montrant des branches de cèdre en décomposition de même que des morceaux de schiste abandonné sur place. À comparer avec des photos du campement prises à l'époque des expéditions de Walcott.

© MUSÉE ROYAL DE L'ONTARIO. Photo : D. Collins.


Les objets de Walcott

© Archives du ROM, paléontologie

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Publications

Confronté à l'immense tâche qui consiste à décrire le très grand nombre de nouveaux animaux et de nouvelles formes d'algues qu'il avait ramassés pendant ses fouilles, Walcott a choisi de publier de courtes descriptions de nombreux fossiles dans une série de monographies qu'il considérait lui-même comme des travaux préliminaires.

Il a publié son travail dans différentes éditions de la série Smithsonian Miscellaneous Collections (Collections mixtes de la Smithsonian Institution), ce qui n'est pas surprenant étant donné qu'à l'époque Walcott était secrétaire de la Smithsonian. Ces monographies sont d'irremplaçables ouvrages de référence et demeurent les seules sources de renseignements concernant certains taxons.

Il n'est pas inutile de souligner que les publications de Walcott étaient fondées sur les spécimens qu'il avait recueillis au cours de ses premières expéditions, en particulier pendant les saisons de fouilles 1910 et 1911. Mis à part quelques exceptions, les fossiles découverts dans les dernières années n'ont pas été décrits dans des publications.

En 1911, Walcott a fait paraître trois monographies basées en grande partie sur le matériau amassé pendant la saison des fouilles 1910. Elles décrivaient des arthropodes
(« Merostomata », y compris Sidneyia), des holothuries et des méduses, puis des vers annélides. (Voir les gisements de type Burgess.)

Reproduction de trois éditions des Smithonian Miscellaneous Collections: Cambrian Geology and Paleontology (Collections mixtes de la Smithsonian : géologie et paléontologie cambriennes); éditions rédigées par Charles D. Walcott et datées du 8 avril 1911, du 13 juin 1911 et du 4 septembre 1911

Les articles de Walcott sur les schistes de Burgess publiés en 1911 dans trois éditions séparées des Smithsonian Miscellaneous Collections (Collections mixtes de la Smithsonian).

En 1912, Walcott a publié une étude plus approfondie sur les arthropodes, notamment Marrella, Waptia et Naraoia, les premiers fossiles qu'il a découverts en 1909. Il a par la suite produit des monographies sur les trilobites (1918), les algues (1919) et les éponges (1920). De nombreux autres spécimens ont été décrits dans une dernière monographie publiée à titre posthume en 1931 sous la direction de Charles Resser.

Walcott a donné leur nom à plus de 60 nouveaux genres ainsi qu'à plusieurs nouvelles familles qu'il a regroupés dans un ordre ou une classe préétablis. En plus des spécimens qu'il a nommés, Walcott a distingué un grand nombre de nouvelles formes qu'il a classées avec soin dans ses collections (suggérant parfois pour elles de nouveaux noms sur des petites cartes), mais il n'a pas eu le temps de les décrire toutes au cours de sa vie.


Exemples de planches publiées par Walcott. On y voit les animaux suivants décrits et illustrés par Charles Walcott : Marrella (planche de gauche), Waptia (planche du milieu, figures 4 et 5) et Naraoia (planche de droite, figures 3 et 4).

© Smithsonian Miscellaneous Collections, 1912 (Collections mixtes de la Smithsonian)

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Dénomination

Walcott a dû inventer des noms pour le genre et pour l'espèce des nombreux fossiles qu'il a découverts. Il faisait souvent appel aux caractéristiques naturelles des environs (montagnes, pics, glaciers, vallées, chutes, lacs, gorges, ruisseaux) pour nommer un nouveau genre. Vers la fin du XIXe siècle, la plupart de ces éléments naturels avaient été nommés par des explorateurs ou par les premiers géomètres à se rendre sur place. Par exemple, en 1886, Otto Klotz a nommé le mont Burgess en l'honneur du sous-ministre de l'Intérieur, Alexander Burgess.

Certains des noms locaux qui ont inspiré Walcott viennent de mots autochtones stoney ou cri, comme Waptia, de « ouapta » (rivière); Takakkawia, de « takakkaw » (merveilleux) et Yohoia, de « yoho », qui correspond à un cri de stupeur.

À gauche, une photographie contemporaine en couleur montrant une chute; À droite, une photographie en noir et blanc d'une éponge fossilisée

Les chutes Takakkaw (à gauche) et l'éponge Takakkawia (à droite).

© Musée royal de l’Ontario. Photos : Jean-Bernard Caron

Les noms d'autres genres renvoyaient à des noms d'individus (Sidneyia en l'honneur de son fils Sidney, Marrella en l'honneur de John Edmund Marr, de l'Université de Cambridge), d'entités géographiques plus vastes (Canadia et Canadaspis), de villes (Banffia et Laggania, en l'honneur du village de Laggan, devenu par la suite Lake Louise) ou de tronçons du chemin de fer (Eldonia et Leanchoilia). La plupart des noms d'espèces correspondaient aux traits caractéristiques de l'espèce elle-même : compacta, elongata, perfecta ou triangulata.


Voici une carte situant les éléments géographiques que Walcott a utilisés pour nommer ses spécimens.

© Musée royal de l’Ontario

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Photographie

Walcott se servait de la photographie pour documenter son travail scientifique.

Sur le terrain, il utilisait différents appareils photographiques, y compris un Cirkut qui produisait de splendides photographies panoramiques. Un grand nombre de ces photos se retrouvaient par la suite dans des publications scientifiques ou populaires.

Photographie en noir et blanc d'un homme debout sur une pente, orientant vers l'horizon un appareil photo sur trépied

Walcott prenant une photo à l'aide d'un appareil Cirkut. (non daté)

© Collection de la famille Erin Younger.

« Le paradis du géologue », article publié par Walcott en 1911 dans le National Geographic, comportait un supplément montrant plusieurs photos, dont l'une de ses photographies panoramiques de la région. Ouverte, l'image atteignait 2,5 m (8 pieds) de longueur, ce qui en faisait la plus grande photographie qui ait été publiée dans le magazine. (Voir la page couverture citant l’article publié en 1911 dans la section Triomphe et tragédie : 1911 et la photographie panoramique de Walcott dans la section La grande découverte : 1909).

Les photographies de Walcott

© Musée royal de l’Ontario

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Diaporama sur les photographies de Walcott

© Collection de la famille Erin Younger et Archives de la Smithsonian Institution

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Walcott a utilisé une série de photographies pour illustrer ses travaux à Washington, mais comme il était difficile de réaliser de bonnes photographies des fossiles, il en a modifié beaucoup avant de les publier. (voir Orthrozanclus ci-dessous)

De telles modifications étaient pratique courante à l’époque afin de rehausser des caractéristiques difficiles à montrer avec les techniques photographiques du moment. Mais elles seraient inadmissibles aujourd’hui dans des publications scientifiques car elles risqueraient d’ajouter au spécimen des caractéristiques qui n’existent pas.

Deux photographies de la meme fossile. À gauche, une photographie moderne. À droite, le même spécimen photographié par Walcott et en partie retouché au crayon.

À gauche, Orthrozanclus reburrus de la collection de Walcott; à droite, le même spécimen photographié par Walcott et en partie retouché au crayon.

© Smithsonian Institution – Musée national d’histoire naturelle. Photos : Jean-Bernard Caron

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