Histoire

Mary Vaux et son journal photographique

Née à Philadelphie (Pennsylvanie) le 30 juillet 1860


Décédée à Saint-Andrews (Nouveau-Brunswick) le 22 août 1940

Mary Vaux était la troisième épouse de Charles Walcott, le célèbre explorateur qui a découvert les schistes de Burgess. C'était une photographe accomplie de la nature qui connaissait parfaitement le travail sur le terrain.

Photographie en noir et blanc d'une femme tenant un bouquet sur un arrière-plan montagneux

Mary Vaux Walcott photographiée devant le col Burgess par Charles Walcott. Date inconnue.

© Archives de la Smithsonian Institution

Contexte

À partir de 1887, et d'habitude avec sa famille, Mary M. Vaux a effectué de nombreux voyages dans les Rocheuses canadiennes. Artiste, photographe et naturaliste de renom, Vaux se passionnait pour la faune et les paysages. Une montagne porte même son nom, le mont Mary Vaux dans le Parc national Jasper, en Alberta. (Il ne s'agit pas du mont Vaux, près des schistes de Burgess, qui a été nommé en l'honneur de William Vaux, un spécialiste des antiquités au British Museum.)

Elle a raconté quelques-unes de ses expériences en montagne dans un article paru en 1907 dans le Canadian Alpine Journal. C'est au cours de ses voyages dans les Rocheuses canadiennes qu'elle a rencontré Charles Walcott, de la Smithsonian Institution (le 16 août 1907), et qu'elle s'est mise à partager l'intérêt qu'il portait à l'histoire géologique des montagnes.

Avec Walcott dans les Rocheuses

En tant que photographe expérimentée, Vaux aidait souvent Walcott à développer ses négatifs au campement. Lorsqu'ils ne se trouvaient pas ensemble sur le terrain, Vaux et Walcott s'écrivaient. Après la mort tragique de la seconde épouse de Walcott, Helena, dans un accident de train en 1911, l'estime qu'ils se vouaient l'un à l'autre s'est transformée en amour (bien que, en bonne quaker, l'artiste vouvoyait Walcott dans ses premières lettres). Ils se sont mariés en 1914.

Héritage

Mary Vaux a pris des centaines de photographies illustrant ses voyages dans les Rocheuses. Plusieurs d'entre elles sont conservées au Musée Whyte des Rocheuses canadiennes, à Banff, en Alberta. Ses photographies, de même que ses écrits, nous offrent une perspective unique sur ces majestueuses montagnes qu'aurait contemplées la première génération de touristes parcourant la région.

Écrits et photographies

Ce « journal photographique » montre un éventail des photographies de Mary Vaux illustrant différentes facettes de la vie sur le terrain, dont elle a également brossé le tableau dans ses écrits de 1907 à 1912.

La photographie de terrain

« L'appareil photo est un merveilleux allié puisqu'il est agréable d'avoir certains résultats tangibles à montrer une fois de retour à la maison. Un Kodak, si l'on ne peut obtenir un appareil plus grand, produit les résultats les plus satisfaisants, même si de meilleures photographies tirées d'un appareil de plus grand format procurent un plus vif contentement, si l'on a la patience et les habiletés nécessaires à leur réalisation. Pour changer les plaques au campement, un tipi de fortune peut être confectionné avec des couvertures, ce qui, si le tout est effectué après le coucher du soleil, est plutôt satisfaisant. »

« Camping in the Canadian Rockies » (Campement dans les Rocheuses canadiennes), Canadian Alpine Journal 1, no 1 (1907), 67-71.

Photographie en noir et blanc de Mary Vaux penchée sur un appareil photo

Mary Vaux photographiant des fleurs dans les montagnes Rocheuses, date inconnue.

© Archives de la Smithsonian Institution

Photographie en couleur montrant des fleurs

Anémones des prairies photographiées par Mary Vaux dans les Rocheuses canadiennes entre 1894 et 1912.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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Établir le campement

« Passons maintenant à l'équipement et à la tenue : d'abord, il faut une bonne tente, beaucoup de couvertures chaudes et une couverture de toile qui sera étendue en dessous et au-dessus des couvertures, sur le lit de branchages, afin de se préserver de l'humidité venant du haut et du bas; et puis, un petit oreiller est un grand luxe et ne prend que très peu de place dans les bagages. »

« Chaque individu doit être muni d'un sac de toile pouvant être solidement boutonné dans lequel il mettra les articles de toilette. Une paire supplémentaire de chaussures légères, une jupe courte qui sera portée au campement et une cape de golf avec capuchon rehaussent grandement le confort du campeur; aussi, un bon morceau de toile moustiquaire pour éloigner ces moustiques voraces et agressifs; on peut également glisser dans ses bagages une bouillotte et une boîte de moutarde de même que les médicaments courants pour les situations d'urgence. »

« Camping in the Canadian Rockies » (Campement dans les Rocheuses canadiennes), Canadian Alpine Journal 1, no 1 (1907), 67-71.

Photographie en noir et blanc d'une personne dormant dans un sac de couchage

Un homme dormant dans un campement, Parc national Yoho, 1907.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en couleur du campement

Campement du Club alpin du Canada, lac Sherbrooke (Colombie-Britannique), 1911.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc du campement avec feu de camp et fumée

Site du campement, lac Spray (Alberta), 1907.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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La tenue d'une femme

« Évidemment, on s'attend à ce que les femmes de l'expédition portent des vêtements sensés : pantalon de golf, tunique de flanelle et fichu noué au cou; bottes robustes, avec clous et lacées jusqu'au genou, ou bien avec bande molletière; chaussettes de laine, chapeau de feutre à bord moyen et chandail ou manteau court pour compléter le tout. »

« Camping in the Canadian Rockies » (Campement dans les Rocheuses canadiennes), Canadian Alpine Journal 1, no 1 (1907), 67-71.

Photographie en noir et blanc d'un homme et d'une femme assis sur un rocher

Homme et femme non identifiés dans un sentier près du lac O'Hara (Colombie-Britannique), 1907.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'une femme posant avec une canne

Hommes et femme avec des cannes, lieu inconnu dans les Rocheuses canadiennes, 1904.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'individus posant sur le roc dans un champ de glace

Homme et femmes dans un sentier, lieu inconnu dans les Rocheuses canadiennes, 1909.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'une femme en tenue de style cowboy sur le terrain

Femme inconnue portant un vêtement en daim, lac Spray (Alberta), 1907.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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À cheval…

« Un léger imperméable, pourvu d'une fente à l'arrière qui peut s'ouvrir sur le dos du cheval, et qui peut s'attacher à la selle, est des plus nécessaires dans une région où l'on doit s'attendre à de fréquentes tempêtes. »

« Camping in the Canadian Rockies » (Campement dans les Rocheuses canadiennes), Canadian Alpine Journal 1, no 1 (1907), 67-71.

Photographie en couleur de chevaux dans un sentier

En route vers le col Burgess (Colombie-Britannique), 1910.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'un homme menant un cheval le long d'un sentier

Randonnée au long d'un sentier inconnu dans les Rocheuses canadiennes, 1909.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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L'alimentation

« L'approvisionnement en nourriture est en grande partie laissé au choix de chacun. Nous avons grandement éliminé les aliments en conserve et trouvons que la nourriture séchée n'est, bien sûr, pas désagréable, à condition qu'elle ait été bien cuite. Bacon, jambon, thé, café, crème évaporée, beurre, gruau, riz, fèves, farine, tomates en conserve, soupe en conserve, oignons, pommes de terre, cornichons, marmelade, fromage et fruits séchés peuvent être préparés de sorte que, avec de la sauce affamée, c'est à peine si on envie un menu plus copieux. De la truite et du gibier sont toujours des ajouts bienvenus dans le garde-manger. »

« Camping in the Canadian Rockies » (Campement dans les Rocheuses canadiennes), Canadian Alpine Journal 1, no 1 (1907), 67-71.

Photographie en noir et blanc d'une femme avec des provisions dans un campement

Femme inconnue avec des provisions dans un campement, lac O'Hara (Colombie-Britannique), 1907.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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Les guides suisses

« Si l'on a envie de grimper plus haut, on peut s'aventurer par le col Abbot, à 9 000 pieds
[2 750 m] au dessus du niveau de la mer, et ensuite vers le bas du glacier Victoria jusqu'au lac Louise. Mais ce n'est sécuritaire qu'avec un guide suisse expérimenté, car le versant nord du col est sujet à de fréquentes avalanches. »


« Camping in the Canadian Rockies » (Campement dans les Rocheuses canadiennes), Canadian Alpine Journal 1, no 1 (1907), 67-71.

Photographie en noir et blanc d'un guide suisse aidant une femme à avancer sur un glacier

Un guide suisse aide une femme à traverser un pont de neige, montagnes Selkirk? (Colombie-Britannique), 1900?

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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L'appel des montagnes

« Bien sûr, le golf est un sport agréable, mais peut-il se comparer à une journée passée dans les sentiers de montagne, ou à une escalade sur un glacier, ou même à une journée tranquille au campement dans le but de préparer la conquête du lendemain? Je ne sais trop comment, mais quand ce souffle sauvage s'infiltre dans le sang, les terrains de golf et les terrasses d'hôtel, aussi merveilleux soient-ils, n'ont plus de charme, et je ne pense plus qu'à repartir. »

Lettre à Charles Walcott, 11-03-1912

Photographie en noir et blanc d'un groupe d'alpinistes se reposant au sommet d'une montagne

Groupe d'alpinistes au sommet du mont Stephen (Colombie-Britannique), entre 1894 et 1912.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'une avalanche au loin

Avalanche en Colombie-Britannique entre 1894 et 1912.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'une chute

Vue de la chute Takakkaw prise depuis la pointe Lookout (Colombie-Britannique), 1901.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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D'imposants glaciers

« On doit mesurer les glaciers, et j’espère faire bon usage de l’appareil pour photographier tout ce que je peux. Les résultats photographiques de l’été dernier se sont avérés tellement décevants. »

Lettre à Charles Walcott, 01-04-1912

Photographie en noir et blanc de deux personnes escaladant un glacier

Escalade de glacier, lieu inconnu des Rocheuses canadiennes, 1905.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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D'intrigants fossiles

« J'avais un peu de temps hier soir alors je me suis emparée de votre rapport sur le gisement fossilifère de Burgess. Ces merveilleux fossiles m'ont beaucoup intéressée et j'espère avoir l'occasion un jour de les voir moi-même. Nous avons quelques très beaux trilobites provenant du mont Stephen, obtenus avant que l'endroit ne devienne si fréquenté, mais ils ne sont que de la variété commune. Combien de choses nous échappent seulement parce que nous ne savons pas reconnaître la valeur de ce que nous voyons. »

Lettre à Charles Walcott, 01-04-1912

Photographie en noir et blanc d'une montagne

Le mont Field vu du sentier menant au gisement de fossiles (Colombie-Britannique), 1901.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'un homme observant des roches

Homme inconnu observant des roches (à la recherche de fossiles?), Field (Colombie-Britannique), 1900.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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Le glacier Yoho

« Il s'agit pour moi du plus bel endroit à découvrir, et mon pouls s'accélère chaque fois que j'en parle ou que j'en entends parler, et je ne peux rien imaginer de plus grandiose que d'y camper loin des touristes et du bruit de la locomotive. »

« Camping in the Canadian Rockies » (Campement dans les Rocheuses canadiennes), Canadian Alpine Journal 1, no 1 (1907), 67-71.

Photographie en noir et blanc de gens se tenant près du glacier

Des visiteurs au glacier Yoho (Colombie-Britannique), 1907.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'un homme à cheval près du glacier

Homme à cheval près du glacier Yoho (Colombie-Britannique), 1907.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

Photographie en noir et blanc d'un train à vapeur sur un pont

Train à vapeur sur le pont Kicking Horse, le mont Stephen en arrière-plan (Colombie-Britannique), 1901.

© Musée Whyte des Rocheuses canadiennes

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Lettre à Charles Walcott

« Il me semble parfois ne plus pouvoir attendre que le temps soit venu de fuir la vie urbaine et de retrouver l'air libre des montagnes éternelles. »

Lettre à Charles Walcott, 19-02-1912

Photographie en noir et blanc d'un homme et d'une femme âgés

Mary Vaux Walcott et Charles Doolittle Walcott, date inconnue.

© Archives de la Smithsonian Institution

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